Cerisier.

Après notre petit goûter fort sympathique, Quenotte me quitte afin de retourner chez elle. Maintenant que je suis de nouveau seul, je décide de sortir le nez dehors pour savoir si j'ai loupé quelque chose d'important. Alors que je marche tranquillement vers la mairie, je passe devant la maison de Curt et j'entends beaucoup de bruit venant de l'intérieur. Intrigué, je décide de changer mes projets et de me rendre chez lui afin de savoir ce qui se passe. Dès que je me tiens devant sa porte d'entrée qui est, bien sûr, fermée, je décide de frapper sur celle-ci afin de manifester ma présence.

Lorsque l'ours m'ouvre, j'ai comme l'impression que je le dérange mais bon, je ne l'ai jamais vu sourire aussi.

- Oui ? Me demande-t-il.

- Salut Curt et excuse-moi de te déranger mais j'ai entendu beaucoup de bruits chez toi et je me suis inquiété.

- Vraiment ? C'est très gentil de ta part dis-moi.

De l'ironie… Venant de sa part, je ne m'attendais pas à autre chose et je devrais peut-être y aller. Je n'aime pas m'imposer et puis ma curiosité, dans ce village, serait de type maladif. Lorsque je vivais encore chez mes parents, je n'allais pas chez les gens comme je le fais ici. En étant entouré d'animaux, j'ai l'impression que je peux me permettre tout ce que je veux alors que ces êtres sont tous aussi bien éduqués que moi. Non, je dois arrêter d'agir de cette façon, cela ne me ressemble pas du tout.

- Excuse-moi de t'avoir déranger Curt.

Au moment où je tourne sur mes talons pour quitter l'ours, celui-ci ouvre sa porte un peu plus en grand et prononce mon prénom. Voulant savoir ce qu'il me voulait, je fais demi-tour pour lui faire face et là, j'attends.

- En fait, si je fais beaucoup de bruit aujourd'hui, c'est parce que je suis en train de ranger mes affaires.

- Ha bon ? Pourquoi ?

- Je déménage.

Je ne suis pas du tout sous l'effet du choc mais cela me fait un petit pincement au cœur tout de même.

- Surtout, je te demande de ne pas me retenir. Je suis vraiment décidé à partir d'ici et personne ne me fera changer d'avis.

- Rassure-toi, je n'avais pas l'intention de te dissuader de ce choix.

Au contraire, c'est une très bonne chose. On va enfin pouvoir se débarrasser du grincheux du village et puis cela fait un sacré moment qu'il est ici. Soudain, en promenant mon regard tout le long de la façade de sa maison, je me rends compte qu'un petit cerisier a été planté. Celui-ci se trouve très près de la demeure et je me demande bien s'il va réussir à prendre.

- J'ai décidé de planter cet arbre pour laisser un petit souvenir de moi, après mon départ. Bien sûr, il pourrait bien mourir car je n'ai pas la main verte.

- Si tu veux, je pourrais veiller sur lui une fois que tu seras parti.

- Fais comme tu veux.