Brosse à dents.
Poursuivant ma promenade, j'arrive très vite sur la place de la mairie et là, je m'immobilise suite à ce que je suis en train de voir. Depuis quelques jours, j'avais l'impression que tout était rentré dans l'ordre au sein de cette bourgade mais avec ce que je vois, mon jugement est balancé aux oubliettes. Sous mes yeux, Alice et Gaston s'amusent ensemble et prennent des pauses un peu bizarres.
- En garde, mousquetaire ! Lui dit ma meilleure amie.
Cette dernière tient une brosse à dent dans l'une de ses pattes et se tient comme si elle était en train de donner des cours d'escrime. Depuis quand sait-elle manier les armes, aussi fictives soient-elles. De son côté, Gaston n'est pas mieux et les deux protagonistes semblent vraiment se prêter au jeu. Personnellement, je me demande bien pourquoi ils agissent ainsi et pourquoi sur la place de la mairie et non pas devant chez eux. Trop curieux, je m'avance d'un pas et leur pose ma question.
- Heu… Vous faîtes quoi là ?
Alice évite de me regarder pour ne pas troubler sa concentration mais je sens bien qu'elle ne souhaite pas me laisser dans l'interrogation la plus totale.
- Nous sommes en train de préparer notre numéro pour le feu d'artifice de samedi soir.
- Un numéro ? Vous plaisantez ?
- Du tout. Tu veux participer ?
- Heu… Non merci.
- Dommage.
Je me vois très mal en train de faire le clown avec ces deux personnages, sincèrement. Je regrette d'avoir sous les yeux un tel numéro sachant qu'à des centimètres au-dessus de nos têtes, un feu d'artifice aura lieu. Après tout, nous sommes à la pleine saison et j'ai bien peur que mon plaisir soit gâché par une telle représentation. Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit que je vais passer mon samedi soir au Perchoir, comme à mon habitude. De toute manière, je préfère cent fois écouter de la bonne musique plutôt que de voir un spectacle dans lequel je n'y trouve aucun intérêt.
Songeant qu'il est peut-être temps de regagner ma maison, je tourne le dos aux deux habitants du village et commence à m'éloigner de la place de la mairie. Alors que mes pas m'emmènent hors des sentiers, mon esprit se permet un petit vagabondage et je me dis qu'il serait bien que je m'isole un petit moment. C'est bien de se mélanger aux autres et je suis même pour mais là, je crois que je vais avoir besoin d'un peu de temps. Bref, je crois que je suis en train de déprimer et c'est pour cette raison que je souhaite m'isoler des autres. Pourtant, on pourrait croire que je vais très bien mais ce n'est pas le cas.
Mon sourire est juste là pour rassurer les autres… Pas moi. Une fois devant chez moi, je m'empresse d'ouvrir la porte et de me glisser à l'intérieur de ma résidence. Dès que l'accès est fermé, je me glisse le long de cette dernière et je me retrouve très vite assit sur le sol. Mais qu'est-ce qui m'arrive bon sang ?
