Chapitre 105 : Traverser les limbes

Dés que tous le monde eut transplané à Poudlard, Draco et Angus ne perdirent pas une seconde et se dirigèrent vers les cachots où les attendait Melissandre. Même si ni l'un ni l'autre n'avait la moindre idée d'où se trouvait exactement leur point de rendez vous avec la jeune femme, ils n'eurent aucun mal à la retrouver grâce à Poudlard qui semblait leur baliser le chemin. La magie suintait des murs éclairant les couloirs d'une aura lumineuse permettant aux deux loups de courir à vive allure dans les couloirs de plus en plus sombre et tortueux des sous sols de l'école sans prendre le moindre risque d'en percuter un dans leur course effrénée.

En arrivant devant la porte du cachot les deux Inugami eurent la même grimace de dégoût. Les vestiges nauséabonds de la magie perverti qui avait emprisonné l'âme de Melissandre restant toujours présent dans l'air, le rendait aussi puant qu'un charnier pour eux qui possédaient un sens olfactif développé et sensible à la magie. Ils furent même impressionné par les effluves de magie sombre qui émanait encore de l'intérieur de la pièce dans laquelle ils entrèrent avec méfiance.

Melissandre se tenait là mais elle n'était pas seule. Les fantômes des quatre maisons de Poudlard se trouvait à ses côtés ainsi que d'autres dont Millicent et Cédric. Ce rassemblement pour le moins inattendu surpris les deux jeunes gens.

« Nous allons vous accompagner » annonça Millicent avant que l'un ou l'autre puisse pendre la parole.

« Pourquoi ? Nous pouvons nous débrouiller seul... » Assura Draco de sa voix mentale, hésitant entre irritation et inquiétude. Hors de question que ses amis prennent des risques qu'il jugeait inutile, ou qu'ils les ralentissent.

« On en doute pas, Draco. C'est juste qu'on se demande si les dégâts de l'autre coté du voile ne sont pas plus important qu'on ne l'imagine. » Répliqua sur le même ton sa camarade avec un haussement d'épaule dédaigneux. « Loin de nous l'idée de se mettre en travers de votre route. Il se trouve seulement qu'en tant que fantôme cela fait partit de nos devoirs et responsabilités que de veiller à l'étanchéité du Voile.»

« Même si pour le moment, il n'y a pas eut de répercussion directe sur le monde, des vivants, nous pensons que l'entre deux monde est instable. La frontière entre le monde des vivants et celui des morts n'est pas une simple ligne tracé sur une carte. » Expliqua Melissandre attirant l'attention de tous. « Bien évidemment pour la plus part le passage de l'un à l'autre se fait rapidement sans transition, mais nous craignons que pour permettre l'enlèvement de l'âme de Harry, les hauts morts n'aient rendu l'espace de la frontière qu'on nomme aussi les limbes, trop perméable aux esprits. Aux mauvais esprits. »

« Qu'entendez vous par mauvais ? » Demanda Angus qui préférait se lancer à la poursuite de Harry en connaissant tous les risques et obstacles qui pourraient les retenir et les empêcher de retrouver l'âme du jeune brun.

« L'espace entre les deux monde est un lieu qui permet aux âmes en transit de décider de leur nouveau chemin. Le voyage comme l'a dit Melissandre parait généralement instantané. L'âme quitte le corps traverse les limbes et se retrouve devant la grille du non retour. Jusqu'à ce portail, il est encore possible d'y faire demi tour pour revenir et devenir comme nous des fantômes si on en éprouve le besoin. Sauf que ce lieu est fait pour limiter le passage des âmes mal-intentionnée. Ces âmes ne peuvent choisir une autre voie et son généralement expédié rapidement de l'autre coté de la frontière, ou on s'occupe de leur sort. » Développa Héléna en ne pouvant réprimer un frisson en pensant à ce qui attendait certaines âmes de l'autre côté du Voile.

Angus, s'il n'avait pas été quelque peu pressé par le temps aurait bien demandé quelques explications détaillées sur cette sélection qui lui semblait partial et quelque peu injuste. Selon lui, il était tout à fait probable qu'une âme quelque soit le mal qu'on lui attribue de son vivant puisse vouloir se racheter. Alors pourquoi les priverait on de la possibilité de revenir à l'état de fantôme. Mais il n'avait pas le temps de s'arrêter sur ces considérations pour le moment et comme si elle avait suivit son raisonnement et ses interrogations, Héléna lui sourit et prit la parole.

« C'est une explication simpliste des lois de l'au de là du voile. Pour que vous compreniez les faits et les règles comme elles sont établis. Bien évidemment il y a des exceptions mais rentrer dans le détail serait fastidieux et inutile pour la tâche que vous devez accomplir. » énonça la fantôme de la maison serdaigle.

Angus aurait voulu montrer son acquiescement mais il se voyait mal hocher la tête et fut assez surpris quand il sentit ses oreilles s'agiter ce qui agrandit le sourire de la dame grise qui lui sembla-t-il compris son intention dans ce geste.

« Et pourquoi venir chercher Harry à-t-il rendu ce lieu plus perméable à ceux qui ne pouvaient le traverser avant ? » Voulu savoir Draco qui ne se laissait pas détourner de son objectif et considérait cette conversation comme un retard inutile. Harry ne possédait pas une mauvaise âme et ne pouvait selon toute logique créer un tel déséquilibre.

« Parce qu'ils ont autorisé le passage d'une âme damnée pour récupérer Harry. » Intervint Helena avant d'être interrompu par Millicent.

« C'est ta tante Bellatrix qui est venu chercher, Harry. Et nous craignons que cela ait suffit à déséquilibrer les limbes pour permettre à d'autres esprits noir de franchir à nouveau le Voile. Avoue que ta tante est complètement cinglée ! »

« Super ! » Ironisa Draco. Il n'avait pas imaginer que les hauts morts irait se servir de sa tante à l'esprit plus que dérangé pour venir enlever l'âme de Harry. En même temps, après quelques secondes de réflexion, ils n'avaient pas dû avoir à la convaincre beaucoup pour lui confier cette mission. Il était prêt à parié que Bellatrix avait jubilé rien qu'à l'idée de voler son âme à l'ennemi de son maître.

« Donc vous allez ramener Harry. Nous nous occuperons de tout obstacle qui déciderait de se mettre en travers de votre route. Puis nous renforcerons la grille de ce côté ci et nous nous assurerons qu'aucun mauvais esprit ne traverse. » Résuma Melissandre.

« Vous aussi ? Mais...Comment ? » s'étonna Angus en fixant la jeune femme qui eut un triste sourire. Pour lui, elle était vivante et il ne comprenait pas comment elle pourrait les accompagner.

« Je ne suis en vie que parce que Poudlard me prête sa force et sa magie. C'est la magie, cadeau de Dénal qui me tient en vie entre les murs de l'école. Il y a bien longtemps que je suis morte. Le temps que j'ai eu depuis ma délivrance de ce cachot est un cadeau inestimable, mais je n'ai aucun regret d'y renoncer si c'est pour protéger l'avenir. »

Il y eut un temps de silence assez pesant pendant que les deux inugamis analysaient les paroles de la jeune femme qui les fixait avec nostalgie mais sans regret.

« Renoncer ? Pfff » fit Draco avec un sourire carnassier qui aurait fait reculer n'importe qui. « Vous n'avez pas intérêt à renoncer ! Aucun de vous n'a intérêt de faire un seul pas dans les limbes avec l'idée ou l'envie de renoncer ! On ne va pas sauver ce foutu griffon pour qu'il se jette à nouveau dans les ennuies pour vous sauver quand il saura ce que vous avez fait pour lui ! »

Il marqua une pause s'asseyant sur son arrière train. Sa queue balayant la poussière derrière lui et ses babines se retroussant encore davantage, montrant des crocs de belle taille. Une aura puissante et déterminée irradiait de Draco et rapidement une force similaire se joignit à elle en provenance d'Angus.

« Alors oui, vous venez ! Oui, vous nous épaulez puisque c'est votre choix et qu'il est possible que votre présence nous aide à progresser rapidement, mais en aucun cas vous ne renoncez ! Si vous voulez jouer aux martyrs, restez ici et sortez au devant des mangemorts qui se rassemblent devant nos murs, explosez devant eux et emmener un maximum d'entre eux ! » Termina-t-il les yeux luisant de magie.

A nouveau il y eut un silence. Encore plus lourd et pesant que le précèdent. Les fantômes présents se demandant si les deux loups de magie n'avaient pas perdu la tête ou le sens des priorités.

« Draco, mon héros ! » s'exclama Millicent en se jetant au cou du loup et brisant ainsi le silence.

La réaction du fantôme de la serpentarde faisait perdre son coté solennel et menaçant à la déclaration de l'Inugami mais elle était si spontanée et sincère que le jeune homme ne savait pas comment réagir.

« Je suis sérieux, Milli... » Tenta de reprendre Draco avant que le rire de sa camarade rapidement accompagné par celui de Cédric ne résonne dans le cachot chassant l'impression d'oppression dégagé par la magie noire.

« On sait bien Malfoy que tu penses chaque mot que tu dis. Mais il y a quand même quelque chose de comique dans le fait de dire à des morts de ne pas renoncer à leur existence. » déclara Cédric en haussant les épaules avant de se tourner vers Melissandre. « Comme si notre existence avait de l'importance et comptait peu importe notre forme, n'est ce pas ? »

« Vous être peut être prête à renoncer à votre existence, mais je ne pense pas que Poudlard vous laissera faire. Elle aussi doit se reconstruire après des années et des années de silence. Dénal dont elle est le nid, lui à fait cadeau de votre lien et je ne crois pas qu'elle y renonce. Tout comme notre chère chimère. » Assura Millicent en relâchant son étreinte autours du cou du loup et en fixant tous les autres fantômes présent. « Cédric et moi on est encore de jeune et inexpérimenté fantôme et certaines pratiques sont encore pour nous des mystères. Nos mentors ont fait au mieux avec le temps qu'on leur a accordé. On a certainement encore beaucoup à apprendre mais votre manière d'appréhender ce voyage ne nous plaisait pas...Sauf qu'on avait aucune solution de rechange et aucun argument pour vous convaincre, alors on était presque arrivé à la conclusion que c'était le mieux à faire, mais Draco a su trouver les mots et . ..»

Melissandre et le fantômes fixaient les deux jeunes gens et les deux loups avec incrédulité. Eux qui étaient prêt à sacrifier toutes leur énergie spirituelle et leur magie pour ouvrir le passage vers l'au de là du Voile et assurer l'imperméabilité des limbes, étaient plus que touché par les paroles du jeune Malfoy et de Millicent.

« Vos paroles sont un réconfort et un soutien incommensurable, mais nous n'avons pas le temps pour réfléchir à un autre plan... » commença Melissandre émue alors que la porte du cachot s'ouvrait dans un grincement sinistre.

« Pourquoi chercher alors que je sais comment faire sans que vous ne preniez plus de risque que nécessaire ? » questionna la voix mélodieuse et claire de Luna qui venait d'entrer dans la pièce comme si elle était la dernière personne attendue dans cette étrange réunion.

« Pourquoi tu ne l'a pas dit plus tôt ? On perd un temps... » Maugréa Draco alors que Millicent se précipitait vers sa nouvelle amie avec l'intention de la serrer dans ses bras pour son intervention.

Se souvenant cependant que contrairement à Draco sous sa forme de loup, Luna n'était pas faite d'énergie magique et qu'elle ne pourrait donc pas la toucher, Millicent s'arrêta à quelque pas refermant les poings déçu de ne pouvoir étreindre son amie.

« Des mots doivent être dit et des choses faites pour que je puisse intervenir. Tu le sais. » rit doucement la jeune fille blonde en s'avançant dans la pièce. « Un temps pour chaque chose et chaque chose en son temps. »

Une aura de magie se déploya de Luna jusqu'à entrer en contact avec chaque fantôme présent dans la pièce. Il était peut être impossible à un esprit d'étreindre un être de chair mais il était possible à la magie de toucher l'énergie dégagé par les esprits. Et Millicent, comme tous les autres eut bientôt le sentiment d'être étreint par deux bras dans une embrasse rassurante et apaisante.

Draco marmonna encore dans sa barbe quelques paroles incompréhensibles à propos du sans gène des voyants et de leur manque de formalisme ce qui ne sembla soutirer à Luna qu'un sourire plus heureux et satisfait qui fit détourner le regard à l'inugami.

« Et si nous commencions ? » Reprit la jeune fille de Serdaigle.


Harry avait cessé de se débattre. Pas parce qu'il avait renoncé, ni parce qu'il imaginait qu'il n'avait aucun chance de maîtriser son agresseur. Non. Il avait arrêté car il avait compris que maintenant qu'il se trouvait là, il avait mieux à faire que de lutter contre l'inévitable. Maintenant qu'il se trouvait là, autant aller jusqu'au bout de sa démarche et rencontré les Hauts-morts, leur dire leur quatre vérité et peut être changer ce qui devait l'être ici aussi. Ce n'était pas son rôle, sa mission, mais il n'avait rien demandé et c'était eux qui était venu le trouver. Il allait leur en donner pour leur compte.

De plus, il savait que Natsume avait réussi à maintenir le lien avec lui actif et s'il se concentrait dessus quelques secondes, il pouvait sentir la partie de sa conscience qui était Dénal lutter pour ne pas sombrer à cause de son absence. Le jeune ambassadeur avait pris énormément de risque pour lui et Harry savait qu'il ne pourrait jamais le remercier assez pour l'aide qu'il lui apportait. Le garçon et lui se se connaissaient pas depuis plus de deux jours et pourtant Natsume s'était mis en danger pour lui sans hésiter. Il pouvait sentir le soutien que lui apportait ses frères mais aussi Ron et le jeune japonnais et à travers eux, tous ceux qui croyaient en lui et ne voulaient que son bien.

Ron avait réussit un exploit formidable et même s'il avait été un peu gauche et pataud dans sa manière de procéder, il n'en avait pas moins touché un nombre important de personne. Très important. Harry n'avait pas crut possible qu'autant de personne tienne sincèrement à lui. C'était pourtant bien le cas et même s'il en voulait encore à Ron pour ne pas avoir ouvert les yeux et lutter plus fortement contre les compulsions de l'ancien directeur, il sentait que le jeune roux n'avait qu'une parole et qu'il était effectivement prêt à prendre tous les risques pour l'aider. Harry savait aussi que Ron ne considérait pas sa dette comme payé.

Objectivement, Harry aurait pu admettre que son action et son soutien expiait en grande partie son manquement vu l'influence qu'exerçait sur lui Dumbledore, mais ce qu'il avait convaincue de la sincérité et de la réelle contrition du roux était bien son désir de tout faire pour continuer à se racheter. De ne plus jamais considérée une amitié comme acquise et comme un dû mais de travailler chaque jours pour que la confiance revienne.

Sentir le soutien et l'amour de tous ceux qui avaient répondu à L'appel de Ron avait donc permit au jeune sorcier de faire le point sur sa situation et il avait rapidement conclu qu'il devrait attendre qu'on vienne le chercher. Ce qui cependant ne voulait pas dire qu'il devait se tourner les pouces en suivant l'esprit complètement fou de Bellatrix Lestrange.

La sorcière le tirait sans ménagement par le poignet peu décidé à le lâcher ou à lui laisser trop de liberté de mouvement. Par moment, elle le regardait et laissait échapper un rire de démente qui Harry en était sûr, aurait donné la chair de poule à n'importe qui. Elle ne lui faisait cependant pas peur. Elle avançait dans l'étrange brouillard qui les entourait d'un pas ferme et soutenu comme si elle savait parfaitement où elle devait se rendre.

Harry lui ne distinguait rien dans la brume blanche et épaisse qui les entourait depuis qu'ils avaient quitté le monde des vivants. Il n'y avait rien ici. Aucun son, aucune odeur, aucune autre présence que la leur. Un espace vide empli de volute de fumée blanche. Cela aurait pu paraître contradictoire et impossible qu'une espace vide soit plein, mais c'était pourtant l'impression désagréable que laissait cette endroit. Un lieu ou on ne désirait pas s'attarder. Ni lui, ni sa geôlière.

Plus ils s'enfonçaient dans ce qui semblait être les limbes, plus le brouillard donnait l'impression de s'épaissir. Il fallut qu'ils marchent un certain temps, que Harry ne pu qualifier de court ou de long, ayant perdu la notion du temps qui passe, avant qu'il ne remarque les premier trous dans la brume. Bellatrix semblait se diriger vers l'un d'eux.

« Ils t'attendent avec impatience de l'autre côté petit Potter. Tes maîtres ont fait plus d'une chose qui leur a déplut et c'est sur toi qu'ils ont décidé de faire peser leur courroux. Tu n'ai décidément pas nez sous une bonne étoile ! » ricana la mangemorte en le traînant plus fortement vers le trou dans la brume.

C'était la première fois depuis qu'elle l'avait emmené qu'elle s'adressait à lui. Et le ton qu'elle utilisait le fit frissonner. Même si elle ne lui faisait pas peur, la jubilation malsaine et folle qui transperçait sa voix donnait la chair de poule à l'adolescent.

« Le maître n'aura plus de problème maintenant que tu es là. La victoire lui est acquise. Et le sort qui t'attend de l'autre côté de ce trou n'a rien d'enviable, petit Potter. »

Maintenant que Bellatrix avait commencé à parler, elle semblait intarissable. Hystérique même.

« Je vais adorer les regarder te torturer. Ton âme se désagréger petit à petit, ronger par... »

« Les fantasmes délirant d'une dégénérée consanguine ne m'intéressent pas. » coupa froidement Harry. «Ne croyez pas que ceux à qui vous me menez apprécient de voir le monde des vivants tomber entre les mains de votre maître, qui a leur yeux enfreint l'un des grand principes sur lequel est fondé leur pouvoir. »

« De quoi tu parles ? Que sais tu sur l'au de là du voile que j'ignore ? Tu n'es qu'un sang mêlé. Ta connaissance de la magie et du voile est inexistante et... »

«Vous avez toujours été un pion. Vous n'avez jamais réfléchis par vous-même. Vous ne savez pas raisonner de manière saine et c'est pour cela que vous êtes morte. Vous êtes revenu ramper auprès du Lord après le désastre de Gringotts alors que n'importe qui ayant une once d'intelligence aurait compris le sort qui vous y attendait. Certains de vos camarades mangemorts ont eu l'intelligence de suivre leur instinct de conservation lors de notre affrontement dans le cimetière. »

« Au moins je suis restée loyale à mes convictions. » S'emporta Bellatrix en tirant plus fort sur son poignet pour lui faire franchir le trou. « Mourir pour mourir autant ne pas le faire en lâche. Quel sort attend les traîtres si ce n'est la mort ? »

« Ils paieront pour leurs crimes mais tous n'en mourront pas. » assura Harry avec détermination.

« Te voilà bien présomptueux d'en décider, petit Potter. Même si tu n'étais pas mort, crois tu que ton avis aurait fait pencher la balance sur la question ? » ricana la mangemorte.

« Ceux qui feront preuve d'un repentir sincère et dont les crimes pourront être expier par le travail ne seront pas exécuter. Le monde magique est exsangue de part la politique menée au cour des derniers siècles. Tuer un grand nombre de sorcier ne permettra pas à ce pays de se relever. »

Bellatrix éclata alors d'un rire de crécerelle qui écorcha les oreilles de Harry qui serra les mâchoires et lui lança un regard noir.

« Pauvre petit Potter ! Même mort, tu regardes le monde au travers un prisme déformant. Ce ne sont pas tes beaux idéaux qui vont changé quelque chose à la pourriture qui gangrène le monde magique ! Pour en finir avec une telle infection, il faut trancher dans le vif. »

« Peut être, mais je ne suis pas le seul à croire en ces idéaux.. »

« C'est la guerre qui attend les vivants Potter. Une guerre longue et sanglante. Tu devrais me remercier d'être venu chercher ton âme et de t'épargner les désillusions qui ne vont pas manquer de briser les rêves de tes alliés. Ils seront incapable de venir à bout des forces du Lord. Ils souffriront et maudiront ton nom pour l'espoir dont tu avais nourrit leur fantasme. La réalité, elle se chargera de les briser !»

« La guerre sera douloureuse mais elle sera brève. Et vous perdrez. »

« Tu es bien sûr de toi. » S'étonna Bellatrix arrêtant pour la première fois leur progression alors qu'il venait de franchir le trou pour atteindre un nouvel espace qui semblait moins oppressant à Harry sans pour autant être rassurant.

Elle le fixa droit dans les yeux, cherchant un signe de faiblesse et d'inconfort dans le regard vert de Harry mais ne trouva rien. Rien qu'une assurance profonde bâti sur une détermination sans faille. Harry sentit la poigne de la cousine de Sirius vaciller sur son poignet mais il ne tenta aucun mouvements pour se libérer. Il resta là à rendre regard pour regard à la sorcière.

« Contrairement à vous, je ne me contente pas d'obéir en embrassant la poussière sur les chaussures d'un fou arrogant. Je ne sers personne. Je n'ai pas de maître comme vous dites si bien. Les chimères connaissent tout de moi et jamais elles ne demanderont de notre part un comportement servile. Bien au contraire, elles attendent de nous que nous prenions position et que nous défendions nos opinions dans le respect de l'autre. Et que de notre capacité à échanger naisse des accords capable de nous permettre de vivre les uns avec les autres. »

« Utopie. »

« Peut être. Certainement même. Mais c'est bien pour cela qu'elles reviendront, encore et encore. Tant que nous nous égarerons, tant que nous douterons, elles viendront pour nous aider. Nous n'avons pas à être parfait. Nous avons juste à continuer d'avancer. »

Il y eut un temps de silence pendant lequel Bellatrix le tira de nouveau vers l'avant l'obligeant à marcher sur un rythme plus soutenu. Elle semblait plongée dans ses réflexions et Harry se demandait s'il était possible que ses paroles aient touché quelque chose en la sorcière. Quelque chose qui n'était pas corrompu par la vie qu'elle avait mené. A la regarder, il en doutait. Elle avait toujours la même expression sombre et folle sur les traits de son visage. Mais il sentait que quelque chose avait changé, de manière infime mais c'était là et il devait tenter sa chance. La pousser plus loin.

« Les hauts morts ne feront rien pour aider Voldemort. » déclara-t-il finalement alors qu'ils continuaient à marcher dans les volutes blanches qui se faisaient moins présentes et moins oppressante.

« Avoir précipité ta mort est bien suffisant pour aider le Lord. » Assura Bellatrix.

« Vous ne comprenez pas. » soupira Harry. Il prit soin aussi de prendre un ton doux et apaisant comme celui d'un père ou d'un professeur. « Je ne suis pas mort. »

« Le dénie ne te sied pas, Potter. » Répondit Bellatrix déstabilisée par la tournure de la conversation et hésitant à continuer à écouter les divagations de son prisonnier.

« Je ne suis pas mort. » Insista Harry en haussant les épaules. « Si les hauts morts vous ont envoyé me chercher, c'est pour avoir une monnaie d'échange. Comme je vous l'ais déjà dit, ils ne s'allieront pas avec Voldemort, car ils considèrent que ce qu'il a fait pour gagner son immortalité est un crime impardonnable. Créer un horcruxe en déchirant son âme est un acte abominable à leurs yeux. »

« Contre quoi voudrait il t'échanger ? »

« Contre Le Ciboire. La Coupe vivante est une injure à leur puissance, tout autant que les horcruxes même si c'est pour une raison différentes. »

« Cette histoire de Coupe n'est qu'une légende inventé par les vampires pour attirer des moldus à leur services ! » cracha la sorcière.

« Non, le ciboire existe et les chimères l'ont rendu aux Vampires. Ce que les Hauts morts n'apprécient pas. Mais ils font fausses routes s'ils imaginent réussir à arriver à leur fin en utilisant de tel procédés.»

A suivre...

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais grâce à votre soutien cette histoire dépasse les deux milles commentaires...Oui je sais je suis un peu en retard pour en faire la remarque mais mieux vaut tard que jamais! Donc Merci encore et toujours à vous pour vos encouragements et votre soutien!