Juge.

Au moment où je décide de rentrer chez moi, je vois une silhouette se tenir à quelques centimètres de ma demeure. Loin d'être inquiet, je décide de poursuivre mon chemin et plus je m'approche et plus je reconnais facilement les traits de la personne qui se trouve dans les environs : Il s'agit de Bonno. Ce dernier est un petit cochon bleu, plutôt sympa mais vu l'accoutrement qu'il porte aujourd'hui, je me pose des questions sur sa santé mentale. Dès que j'arrive à proximité, l'animal prend la voix.

- Bonjour Jaysher.

- Bonjour Bonno. Puis-je faire quelque chose pour toi ?

- Oui. Je t'annonce que tu viens de faire l'objet d'une enquête et comme je suis le juge, je me dois de prononcer la sentence.

- Une sentence ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

En guise de réponse, Bonno plonge l'une de ses mains dans la poche de sa long manteau noir et en sort un rouleau de papier. Très vite, il le déroule et commence à poser ses yeux dessus afin d'énumérer la liste des bêtises que j'ai pu commettre. Toutefois, je suis étonné de faire l'objet d'un tel procès puisque je veille à me comportement le plus normalement possible avec tous les voisins qui habitent dans ce petit village.

- Tu dois comparaître pour gentillesse, générosité et sociabilité. Voilà.

- Heu… Depuis quand devons-nous comparaître lorsque l'on veille à faire le bien autour de soi ?

- Depuis que je prépare une pièce de théâtre.

Voilà ce qui explique son accoutrement un peu particulier et son comportement. De suite, je libère un soupir de soulagement et maintenant que je sais que je ne cours aucune sanction, je me décontracte. Un sourire se dessine sur mes lèvres et je décide de jouer le jeu à fond.

- Comment se fait-il que personne ne soit venue m'arrêter monsieur le juge ?

- Nous n'avons pas assez d'hommes pour ça. Par contre, je compte sur toi pour te tenir tranquille. Je ne tiens pas à ce que cette histoire prenne des proportions terribles, si tu vois ce que je veux dire.

- Pas de soucis monsieur le juge mais depuis quand vous permettez-vous de me tutoyer ? Avons-nous élever les cochons ensemble ?

Suite à cette boutade, Bonno ne réagit pas sur le coup car il ignore quoi répondre. Toutefois, je le vois rougir car je viens de faire sauter son rôle et désormais, l'animal ne peut se comporter comme un véritable juge. Du coup, le cochon baisse la tête et devient honteux.

- Je suis désolé Jaysher. Je tente de faire de mon mieux pour ma préparation mais comme tu peux le voir, je suis loin d'être au point.

- Ce n'est pas grave, cela se travaille et si tu as besoin d'un coup de mains, je veux bien te le filer.

A ce moment, Bonno lève la tête pour me regarder droit dans les yeux.

- Tu es sérieux ?

- Ben ouais. Après, si tu n'en veux pas, je peux le comprendre.