Chapitre 114 : Duel
Aïnara percuta sa cible de plein fouet, l'entraînant avec elle et écrasant, sans état d'âme, de son avant bras la trachée de son adversaire. La tête de celui-ci heurta durement le sol au moment même où les os de sa gorge rompaient sous la pression que la jeune femme exerçait. Il y eut un court éclair de surprise dans le regard de son ennemi puis plus rien. Elle roula sur elle même, laissant le corps sans vie allongé dans la poussière pour chercher sa prochaine cible.
Des cibles, ce n'était pas ce qui manquaient. Malheureusement. Grognant de colère et montrant les dents quand un adversaire plus fou ou déterminé que ses congénères lui sauta sur le dos, elle l'agrippa et réussi par un effort surhumain à le décrocher pour le plaquer au sol et lui asséner un coup de poing qui mit fin à sa vie. Elle aurait pu chercher à l'immobiliser. A le blesser de manière à ce qu'il ne se relève pas, mais elle préférait mettre un terme rapidement à l'existence de ses ennemis. Tous ses instincts lui dictaient qu'un bon adversaire était un ennemi mort. Sans pitié et sans remord.
Elle se redressa cherchant rapidement du regard les positions de ses alliés et l'évolution de la situation depuis que le combat avait commencé. Pour le moments ses troupes avaient encore le contrôle de la situation. Ils arrivaient à contenir les forces ennemis, mais Merlin seul savait encore pour combien de temps ! Le mieux aurait été de pouvoir les repousser, mais Aïnara ne se faisait pas de fausses illusions. Il était déjà bien et quasi miraculeux que les défenseurs sous ses ordres repoussent l'assaut de Loup-garous de Greyback.
Elle essuya la sueur qui perlait de son front et émis un sifflement aiguë. Bientôt un autre identique retentit sur sa droite, et sans hésiter elle se précipita dans la direction d'où il provenait, chargeant les adversaires qui tentaient de t'interposer entre elle et son objectif. Elle y laissa quelques plumes mais eux y laissèrent leurs vie. Son bras droit la lançait, mauvaise rencontre avec une dague. Son dos la cuisait, un sort perdu. Mais pour chaque blessure, chaque coup qu'elle avait reçu, elle avait frapper et tué.
Elle ne savait pas depuis combien de temps la bataille avait commencé. Depuis bien trop longtemps si elle devait écouter les douleurs de son corps et la fatigue qui embrumait parfois son esprit. Elle secoua la tête pour chasser l'engourdissement qui la gagnait quand elle n'était pas dans le feu de l'action. Percy avait fait d'elle le général stratège de ce flan. Son équipe et elle devaient défendre la zone comprise entre poudlard et la Forêt Interdite. Comme ils l'avaient prévu, Voldemort avait divisé ses forces et ordonné une attaque sur deux fronts et l'une d'elle avait été confié à Greyback et aux Loup-garous qui le suivaient.
Continuant d'avancer, éliminant sans complexe et sans hésitation ceux qui osaient se mettre en travers de son chemin, elle se fit la réflexion que les membres de la meute de Greyback n'étaient pas si nombreux. Bien assez pour les surpasser en nombre, mais bien moins qu'elle ne l'avait craint. Ce qui était une chance non négligeable pour son équipe. Elle n'avait pas eut le temps d'en chercher les raisons, mais elle n'allait certainement pas s'en plaindre. Ron et Percy lui avaient bien soufflé que peut être les autres meutes avaient eut vents du Concile et qu'ils avaient préféré rester neutre. Aïnara cracha par terre, vidant sa bouche du sang provenant d'une plaie dû à quelques dents en moins, pour exprimer son mépris envers ceux qu'elle estimait n'être que des opportunistes lâches.
Comment appeler autrement ceux qui attendaient assis sur leur arrière train que Greyback et elle finissent de se mettre sur la gueule pour décider de quel côté leur allégeance devait pencher. Peuh ! Jamais elle n'accorderait sa confiance à ces arrivistes. De simples chiens qui se contentaient d'attendre de voir dans quel sens le vent tournerait pour retourner leur veste!
Elle arriva enfin à destination. Devant elle, Severus, Lucius et Sirius luttaient au coude à coude pour maintenir les loups de Greyback à distance. Elle eut un rictus satisfait. Le groupe qu'elle dirigeait n'était pas seulement composé des membres de sa meute. Heureusement ! Sinon cela n'aurait jamais été suffisant pour opposer la résistance nécessaire aux troupes ennemis.
Même si elle avait été plus que fière et reconnaissante quand ayant avertit le restant de sa meute qui était resté à l'abri à leur domicile, ceux-ci avaient tous rejoint Poudlard par cheminette, pour livrer bataille à leur côté. Elle avait néanmoins dû accepter la présence de sorcier pour soutenir l'offensive de ses loups. Et vu les combattants sorciers qui se retrouvaient avec eux, elle n'avait aucun doute sur leur capacité à se battre avec la même hargne et volonté que celle qu'elle attendait de la part des siens.
Elle appliquait la même tactique, que Maugrey et les vampires. Sauf que de ce côté -ci de l'école de sorcellerie, la force attaquante c'était elle et sa meute pendant que les sorciers assuraient leurs arrières et tentaient tant bien que mal de contenir l'avancé des loups de Greyback. Mais contrairement aux vampires, elle avait un autre objectif que d'éliminer un maximum d'adversaire. Un objectif plus personnel mais aussi déterminant pour la suite de la bataille. Ce fut la raison pour laquelle bondissant sur un ennemi, elle lui brisa la nuque avant de se tourner vers Severus.
« Où est il ? » Demanda-t-elle d'une voix de commandement empli de rage.
Le sorcier savait que cela n'était pas tourner contre lui. Que l'attitude directe et violente de la jeune femme n'était dû qu'au fait qu'elle laissait la partie sauvage de son être s'exprimer. Ce qui se voyait physiquement. Même sans l'influence de la Lune, les loups de la meute d'Aïnara avaient laissé parler leur nature. Les enseignements que Rémus avait appris d'Ialon, leur étaient plus qu'utile et leur donnaient un avantage non négligeable fasse aux troupes sanguinaires de Greyback. La musculature de la jeune femme s'était épaissie et sculptait son corps pour lui conférer force et endurance. Ses ongles et dents s'étaient allongé devenant plus tranchante que n'importe quelle dague.
« Quelque part sur la colline en face. » déclara Severus en épongeant la sueur qui lui collait sur le front ses mèches de cheveux. « Il a tenter une percée mais on la repousser. »
« Une chance pour nous qu'on ne soit pas à la veille de la pleine lune. » Ironisa Sirius tout en lançant un sort de découpe sur un ennemis qui s'avançaient dans leur direction.
Le sorciers grimaça quand le corps de son adversaire s'arqua avant de se déchirer et de répandre son sang sur le sol et de retomber inanimé. Rien qu'à l'odeur, Aïnara savait que ses allies n'hésitaient pas à utiliser les sorts les plus noirs qu'ils maîtrisaient. Elle plissa les yeux fixant Sirius qui lui rendit un regard, désabusé et las, mais déterminé et il haussa les épaules. Elle comprenait qu'il n'aimait pas ce qu'il faisait.
Elle comprenait qu'ils se sentent salit par la magie qu'ils étaient tous obligé de faire. Elle savait qu'ils n'auraient pas été sinon les hommes droits et fiers qu'elle avait appris à connaître. Et surtout, elle savait qu'aucun d'entre eux ne flancheraient. Pas tant qu'ils leur resterait un souffle de vie et une chance de remporter la victoire. Et même si tout espoir devait les abandonner, elle sentait que pas parmi eux ne se rendrait .
« Tout à fait d'accord. » Renchérit Lucius lançant ensuite un sort d'éclair qui fit hurler de douleurs plusieurs opposants qui avaient pensé qu'une attaque groupé serait une bonne opportunité. « Par une nuit de pleine lune, on aurait pas eu une seule chance. Sans vouloir dénigrer votre propre force, Madame. »
Aïnara leur accorda un hochement de tête. Elle partageait cette analyse de la situation. Sans l'influence de la Lune, les loups de Greyback restait du menu fretin. Surtout avec l'avantage que conférait les connaissances que leur avait fournit la plus vieille des Chimères. Mais une part d'elle aurait bien aimé pouvoir libérer complètement le pouvoir de la bête qui était en elle. Elle aurait voulu savoir si cela décuplerait encore ses forces. Mais peut être si elle survivait à ce jour, en aurait elle l'occasion. Elle l'espérait.
De plus vu l'absence de Lune, le venin des loups n'était pas actif. Même mordu, il était peut probable qu'un sorcier se voit transformer si par le plus grand des hasards il avait possédée la bonne disposition de gêne comme le leur avait expliqué Ialon. Et c'était un éléments rassurant pour ceux qui se battaient à leur côté.
Elle allait leur répondre quand une ombre gigantesque passa au dessus d'eux, balayant les ennemis en les faisant culbuter cul par dessus tête pour les plus chanceux alors que les autres s'empalaient sur les griffes de la Vouivre. Elle aussi laissait son esprit sauvage prendre le dessus et elle semblait apprécier de livrer un combat sans avoir le besoin de réprimer sa nature.
La voix de Ron leur annonça alors le début de la deuxième vague. Les sorciers hochèrent donc la tête et partirent en direction des murs de l'école pour se replier. Aïnara, elle grogna de mécontentement. Elle aurait voulu terminer sa mission avant que la deuxième vague ne passe à l'action. Cependant, elle s'était bien rendu compte en livrant ses combats qu'elle n'aurait pas pu aller plus vite. Il y avait eu bien trop d'opposant. Bien trop à faire avant de pouvoir atteindre Greyback.
Voyant une ouverture en ce repli surprenant, Greyback du haut de la colline où il se trouvait exhorta ses soldats à charger en direction du point de repli des sorciers et de l'école. Les loup-garous sous les ordres de Greyback, malgré la confusion, manœuvrèrent pour obéir, se regroupant sans savoir qu'ils faisaient ainsi le jeu de leurs opposants. La dame Vouivre fit un second passage, éliminant par la même occasion les plus téméraires alors que de son dos descendaient les deux garçons de la délégation française.
« Montez sur mon dos, Aïnara. Je vais vous conduire à votre adversaire. Il a bien compris le danger à s'approcher au plus fort des combats. Il va rester en retrait à donner ses ordres. Votre seule chance de le défier, est d'aller lui enfoncer vos dents dans sa gorge. » Déclara la dame Vouivre alors que son escarboucle luisait d'un éclat flamboyant.
« Dame, je ne crois pas que vous ayez raison sur ce point. » coupa Aurèle avec un sourire en coin. « Si Dame Aïnara plante ses crocs dans sa gorge, il en sera fini de ce triste sire. »
« Tu m'en vois navrée, Aurèle. » Répondit sarcastique la dame.
« Je regrette que nous n'ayons pu éliminer davantage d'opposants. » s'excusa la louve alors qu'elle grimpait sur le dos de la vouivre. « J'espère que votre tache ne sera pas trop éprouvante... »
« Ne vous inquiétez pas. Vous avez fait plus que nous ne l'avions crut possible et pour vous faire honneur nous ne pouvons pas faire moins que l'impossible. » Déclara François sur le ton charmeur qui était habituellement le sien et qui fit lever les yeux au ciel à Aurèle et Aïnara.
« C'est une femme mariée, François. » crut bon de préciser Aurèle avec un sourire en coin.
« Et alors ? » sourit en réponse le français de la Salamandre en saisissant les longues dagues, à la lame acérée, qu'il avait à la ceinture. « Arrête de nous sortir des évidences et met toi en position nos clients arrivent et je ne voudrais pas les faire attendre. »
« Les autres ne sont plus à porté ? » Demanda Aurèle en fermant les yeux et en joignant les mains devant lui, comme en prière.
François regarda en direction des murailles de Poudlard et vit un dôme de lumière luire d'un éclat blanc non loin de la position où s'étaient retranchés les sorciers. Il devait s'agir du bouclier un peu particulier que les sorciers devaient placer pour se protéger de ce qui allait suivre. Il prit aussi étrangement soin de vérifier la direction du vent , laissant tomber des brins d'herbe qu'il avait pris la peine de ramasser. Satisfait de la manière dont la légère brise emporta l'herbe, il donna sa réponse à son camarade.
« Ils sont ok. Tout comme le vent. Je dirais que les conditions son idéal pour toi.» annonça-t-il à Aurèle qui lui retourna un simple hochement de tête pour montrer qu'il avait entendu. « Vous devriez vous éloigner maintenant et dire à vos hommes d'en faire autant. »
« Bonne chance ! » Leur souffla Aïnara alors que la dame vouivre prenait son envol.
Puis Aïnara siffla le plus fort qu'elle pu pour prévenir les membres de sa meute qu'ils devaient s'éloigner le plus possible de la zone d'action des deux garçons. Elle vit et reconnut sur le sol en dessous d'elle, son époux et Rémus qui luttaient côte à côte, lever rapidement un regard dans sa direction avant qu'ils ne se mettent à courir suivant l'ombre de la vouivre. Elle sourit.
Elle aurait dû parier que ces deux là ne suivraient pas le plan et feraient tout pour l'aider. Encore heureux qu'ils pensent à garder leur distance d'avec la zone d'action du pouvoir qu'allait enclencher Aurèle. Cela les retarderait et elle aurait quelques minutes en tête à tête avec Greyback. Minutes qu'elle espérait amplement suffisante pour abattre l'autre chef de meute et prendre ainsi l'ascendant sur ce qu'il restera des membres de celle-ci quand Les français en auront fini. Elle pu voir d'autres membres de sa meute, s'éloigner de la zone de combat en direction des aires de replis, non sans en finir avec les adversaires qui voulaient les retenir.
Puis elle n'eut plus le loisir de se préoccuper d'autre chose que de l'ennemi qui se trouvait en dessous d'elle. Elle ne prit pas le temps d'attendre que la vouivre se pose, elle sauta en direction de Greyback comme un chat, toutes griffes dehors, avec un hurlement guerrier qui tétanisa un court instant le chef des loup-garous.
Ce fut au moment où elle touchait le sol qu'elle entendit dans le lointain une douce mélodie. Un sourire carnassier se peignit sur son visage alors qu'elle faisait face à son adversaire. Elle secoua la tête sentant les effets de la mélodie la frapper. Elle se trouvait pourtant à bonne distance mais la puissance du chant parvenait quand même jusqu'à leurs oreilles et ce n'était pas uniquement dû à l'ouïe sur-développé des Loup-garous.
La voix qui modulait les sons étaient envoûtante, enivrante. Elle était tenté de se laisser emporter par la mélodie. De se laisser berner par l'illusion, le rêve que provoquait la voix et qui menait lentement ceux qui s'en imprégnaient dans une folie ravageuse et meurtrière. L'autre, amis ou opposant, devenait une menace. Une personne à abattre pour que le son envoûtant de la musique continue de résonner comme une douce chaleur dans leurs oreilles et dans leur cœur. Il ne devait en rester qu'un, qu'un seul être debout pour profiter de la musique enchanteresse. Tous allait se battre et s'entre tuer pour être celui-là.
Presque malgré elle, tout comme Greyback, Aïnara se tourna vers l'origine de la voix envoûtante qui les attirait dans ses filets. Presque parce que le sentiment qui l'emportait chez elle était la curiosité. Avec la distance et le vent qui les protégeait le chant n'était pas aussi prenant et enivrant que pour ceux qui se trouvaient dans sa zone d'action. Aurèle qui se trouvait être le chanteur n'était pratiquement qu'un petit point au loin, mais elle pouvait voir l'aura de pouvoir qui émanait du Français au même rythme que son chant. Le jeune adulte luisait de magie et plus le temps passait plus son chant se renforçait et plus les cadavres s'amoncelaient devant lui. Si elle avait eut un doute sur la présence de sang de créature magique dans les veines du jeune français, la qualité d'envoûtement de son chant suffisait à le lui confirmer. L'adolescent devait être un ondin et certainement pas n'importe lequel vu la portée et la délicatesse de son chant.
Quand les loup sous l'emprise du charme ne s'entre déchiraient pas. Quand l'un d'entre eux plus chanceux ou téméraire s'approchait un peu trop près du jeune homme, François apparaissait et dans un ballet de lame fluide et rapide exécutait le ou les gêneurs qui avaient l'espace d'un instant touché l'espoir d'atteindre le paradis promis par la musique.
« Vous avez autre chose à faire que de bailler aux corneilles ! » S'exclama la vouivre en écartant les ailes alors que son escarboucle flamboyait et qu'un dôme de lumière magique encadrait les deux loup-garous. « Vous avez un duel à gagner. Ne vous laissez pas distraire ! »
A dire vrai, même elle était assez choqué par la puissance de la magie d'Aurèle. La Dame Vouivre savait qu'il avait du sang du peuple de l'eau dans les veines du garçon. Elle n'ignorait pas qu'il avait éveillé son héritage très jeune ce qui lui avait valut le poste d'héritier, mais elle n'avait jamais oser imaginer que le jeune prince des ondins posséderait un chant si ravageurs. En théorie, elle savait que c'était possible. Et franchement elle aurait préféré ne pas assister à cette expérience de visu durant le temps de son règne. Mais elle était tout de même fier des héritiers qui reprendraient le flambeau après elle. A voir aussi comment François défendait son camarade, elle comprenait encore mieux pourquoi celui-ci était l'héritier de la Salamandre. L'adolescent maîtrisait sa rage tout comme ses lames. Et contrairement à ses adversaires, la magie du chant d'Aurèle n'avait pratiquement aucune influence sur lui.
Tout comme elle était fière des filles qui devaient se trouver de l'autre côté de l'école pour affronter les mangemorts restant et porter l'attaque dans le camp adverse, elle éprouvait une grande fierté à voir combattre L'héritier de la Salamandre. Les membres de cette confrérie n'étaient peut être pas ce qu'on pouvait qualifié de sorcier, mais leur technique et leur maîtrise des combats rivalisaient certainement avec celles des meilleurs duelliste sorcier. Sans oublier un avantage, non négligeable quand on devait faire équipe avec un ondin capable de vous rendre fou, une grande résistance à la magie et aux enchantement et ce quelque soit leur forme. Aurèle et François faisaient un sacré tandem qu'elle n'aurait pas apprécié devoir affronter.
« Désolée » Marmonna Aïnara légèrement contrite en détournant les yeux et secouant la tête pour chasser les vestiges de l'influence du chant. « Mais c'était si tentant... »
Greyback secoua la tête comme pour chasser les dernières emprises de la musique sur son esprit et chargea Aïnara sans plus d'avertissement, l'interrompant dans sa phrase. Cependant la jeune femme parvint à le repousser et a prendre l'initiative dans l'assaut suivant ce qui étonna le loup plus âgé qui recula par précaution. L'initiative fut rompu et il reprit ses distances pour réévaluer les capacités de cette femme qui semblait pouvoir rivaliser avec lui en force et en maîtrise.
Malheureusement pour lui, Aïnara n'était pas décidé à faire traîner les choses, elle passa donc à l'attaque à son tour, cherchant un point faible dans la défense de son adversaire qui se sentit acculé par la puissance de son adversaire. Pour Greyback, il était impossible qu'une femme, même loup-garous et alpha, puissent rivaliser avec son propre pouvoir. Il était le chef de la plus puissante meute de toute l'Angleterre ! Personne ne pouvait s'opposer à lui ! Tous les autres chefs de meutes pliaient devant lui et ce n'était pas une femelle qui allait se mettre en travers de sa route.
Une action peu trop téméraire de la part d'Aïnara lui offrit une ouverture sur son flan droit et il en profita pour lui asséner un puissant coup de poing, cherchant à planter ses ongles acérés dans la chair de la jeune femme. Aïnara sentant le danger, mais ne pouvant éviter le coup direct, encaissa l'attaque avant de bondir en arrière pour éviter qu'il ne puisse lacérer son ventre. A nouveau le combat fut rompu et les deux adversaires s'observerent.
Aïnara reprenait son souffle. Contrairement à Greyback, elle n'avait pas fait qu'attendre sur le haut d'une colline en regardant ses hommes se battre. Il était nettement moins fatigué qu'elle et il le savait et comptait bien en profiter. Il était dans son intérêt de faire durer le combat tout en portant des coups décisif pour l'affaiblir.
Elle par contre savait qu'elle devait venir à bout de l'autre chef de meute le plus rapidement possible. Pas seulement à cause de sa fatigue. Pas seulement parce que l'alpha qui s'imposerait déciderait du destin de tous les loup-garous se trouvant sur le territoire anglais. Pas seulement parce que tous les loups sous l'autorité de Greyback n'était pas libre d'agir en toute connaissance de cause et qu'il mourrait comme des mouches sous l'influence du chant du jeune français, alors que si elle gagnait, elle pouvait leur offrir le choix de rejoindre sa meute ou de mourir. Mais surtout à ses yeux, parce que son époux et Rémus arrivaient vers eux et qu'elle ne pouvait pas les laisser s'impliquer dans ce combat. Elle ne pouvait pas les laisser interférer dans son combat.
C'était un combat d'alpha. Un combat pour la domination et le pouvoir. Elle ne pouvait pas s'appuyer sur les deux loup-garous qui pourtant chacun à leur façon lui apportaient beaucoup pour son propre équilibre. Elle devait gagner seule. Elle devait se montrer plus puissante, plus rusée et plus déterminée que son adversaire. Si elle perdait, elle savait que Victor et Rémus achèveraient le travail et quitte à y laisser la vie eux aussi, ils vaincraient Greyback.
Mais penser à sa défaite n'était pas une option envisageable pour un chef. Pas plus pour Greyback que pour Aïnara. Alors ils chargèrent en même temps se percutant de leur poings et de leur torses, cherchant à faire tomber leur adversaire. A le blesser pour l'immobiliser et enfin pouvoir lui proter un coup fatal. Mais les deux étaient assez souple rapide et aguerris pour esquiver et parer les attaques les plus dangereuses.
Aïnara était gênée dans ses mouvements par les blessures qu'elle avait reçu quelques instants plutôt et ses mouvements étaient un peu plus lent que ceux de son adversaire mais en contre partie, elle avait un meilleur instinct que Greyback. Certainement grâce à la fusion entre ses instincts sauvages et sa conscience de combattant. Ses coups portaient plus souvent et les dégâts qu'ils occasionnaient était plus important que ceux que l'autre alpha parvenait à lui causer. Mais elle sentait bien que sa force et sa résistance diminuaient et qu'elle ne pourrait pas tenir ce rythme plus longtemps. Elle devait pousser l'autre combattant à la faute. Rapidement.
La vouivre qui observait le combat entre les deux loup-garous avait elle aussi conscience de la situation périlleuse ou se trouvait son allié. Et intérieurement, elle bouillait de ne pas pouvoir intervenir pour lui prêter main forte. Mais elle savait qu'il lui était impossible de se mêler d'un tel affrontement. Intervenir ne ferait que briser la fierté de la louve alpha. Alors malgré la faiblesse qui frappait Aïnara, elle se contenta de continuer à observer le duel en espérant que Greyback ne s'aperçoive pas de l'état réelle d'épuisement où se trouvait la jeune femme.
Espérer et croire en la force d'Aïnara était tout ce qu'elle pouvait faire pour soutenir la jeune femme dans son combat dont l'issue semblait incertaine.
A suivre...
