Illico presto.
Je me lève et je me dépêche de prendre mon petit déjeuner car c'est ma première journée de travail. Après en avoir longuement discuté avec le maire, je me suis vu attribuer la charge d'arracher toutes les mauvaises herbes qui ont le malheur de pousser dans le village. Voulant me faire remarquer comme un très bon élément pour la communauté, me voilà dehors, chaudement vêtu. Ma pelle d'or à la main, je commence à m'éloigner de ma demeure afin de trouver une touffe d'herbe lorsque je vois Gaby se promener au loin. Comme d'habitude, elle se hasarde sans but bien précis mais il faut dire que l'air est tellement frais que de rester chez soi est un peu mission impossible. Alors que je m'approche de ce lapin blanc, je remarque une touffe d'herbe et de suite, je change ma destination afin d'effectuer mon travail.
Dès que j'enfonce ma pelle dans la terre glacée, Gaby vient vers moi avec son légendaire sourire sur les lèvres.
- Bonjour Jaysher, débute-t-elle.
- Bonjour Gabi, comment vas-tu aujourd'hui ?
- Plutôt bien et toi ?
- Comme tu peux le voir, je suis déjà à la tâche.
Et en prononçant cette phrase, je retire la touffe d'herbe et la ramasse afin de la mettre dans le sac plastique blanc que je promène avec moi. Le maire aurait dû songer à faire un petit tas de fumier dans le village, loin des habitations. Je sais que le village dans lequel nous habitons n'est pas bien grand mais je sais par avance qu'il y a des coins dans lesquels ont aurait pu le constituer. Il faudrait que j'en touche deux mots à la tortue lors de notre prochaine rencontre. Alors que je suis perdu dans mes pensées, je vois Gabi qui me regarde bizarrement.
- Un souci ?
- Tu es devenu un employé de la mairie pour faire ce travail ?
- Oui. En échange d'un petit salaire mensuel, je dois me charger de la propreté de notre village. Comme je le faisais déjà tous les jours, cela ne me pose aucun problème.
- Je vois. Tu crois que le maire aura du travail pour moi si je lui demande ?
- Peut-être mais si tu veux, on peut se partager ma tâche ?
Gabi regarde ma pelle puis mon sac plastique avant de poser ses yeux sur le trou que j'ai du faire pour arracher la touffe d'herbe. De suite, une petite grimace s'affiche sur son visage et je connais la réponse avant qu'elle soit prononcée.
- Désolée mais je viens de me souvenir que j'avais laissé un truc sur le feu. Je dois filer illico presto.
- Pas de souci Gabi, peut-être la prochaine fois.
- Oui.
Rapidement, le lapin blanc me tourne le dos et file en direction de sa petite maison. Finalement, sa motivation à se rendre utile vient de fondre comme neige en soleil et il faut croire que ce village sera entretenu uniquement grâce à moi. On ne peut pas dire que les villageois soient très courageux.
