Chapitre 121 : Après Guerre
Ce jour, celui de la défaite de Voldemort, avait laissé une trace indélébile dans l'esprit de chacun des sorciers. Qu'ils y aient participé ou non, tous avaient été touché de près par les répercussions de la fin du Lord. La menace qui pesait sourdement sur leur monde venait de s'éloigner à jamais, mais si chacun avait pu penser qu'ils reprendraient sa vie comme avant, ils déchantèrent rapidement.
Dans les heures et les premiers jours qui avaient suivit, l'ambiance n'avaient pas été à la liesse pour tous ceux qui avaient combattus et perdu autant de camarade, des membres de leur famille. La liste des pertes même si aux vues de la fureur de la bataille, n'était pas si longue, contenait assez de nom pour que tous les sorciers en connaissent au moins un. Il avait fallu du temps pour sortir les survivants de leur hébétude. Il avait fallu beaucoup de tact et de déférence de la part des médicomages pour aider les combattants survivants à affronter une réalité qu'ils avaient dû mal à appréhender. Ils étaient vivants et n'avaient pas à s'en sentir coupable.
Et il faudrait certainement encore du temps pour que les blessures tant physiques que morales se résorbent petit à petit et que les combattants puissent retourner à une vie plus normale. Très peu de défenseurs du monde sorcier ressortaient de la bataille sans séquelles. Et tous, même ceux qui n'avaient fait que subir ou assister de loin à l'affrontement savaient inconsciemment qu'il leur faudrait du temps pour sortir du choc où les avaient plongé la menace qui avait pesé sur eux.
Les messages des morts rapportés par Ron et la Dame Vouivre avaient plus qu'aider les survivants à faire leur deuil. C'était un éléments important mais il n'effaçait en rien la nécessité de laisser le temps panser les plaies de l'esprit qui n'avait épargné personne. Savoir que ceux qui avait dû traverser le Voile, même s'ils ne l'avaient pas fait de gaîté de cœur, n'éprouvait aucune peur ni aucun regret, mais partaient avec la satisfaction du devoir accompli et dans l'attente de retrouver leurs proches, un jour qu'ils espéraient tous lointain, avait agit comme un baume apaisant sur les blessures des survivants.
Bien évidemment la liesse et le soulagement avaient fini par prendre leur juste place dans les jours qui avaient suivit. Après les pleurs de tristesse, était venu ceux du soulagement. Après un temps de recueillement, le monde magique anglais avait fait la fête, comme jamais auparavant. Même après la première défaite du Lord, les festivités n'avaient pas été aussi intense et empruntent d'un bonheur sans limite.
Cette fois, les sorciers ne furent pas les seules à exprimer leur joie et leur ivresse d'être encore en vie et d'être capable de profiter d'un nouveau jour en toute liberté. Les liens qui s'étaient tissé entre les races pendant les affrontements avaient perduré au de là de la bataille. Et même si certains pouvaient paraître gauche, indécis et maladroit dans leur manière de se comporter vis à vis des autres races magiques, pas un sorcier ne considéraient les autres créatures comme inférieurs. Ce qui était un changement plus que notable et que le ministère s'attachait à vouloir maintenir et garantir à l'avenir.
Et puis il avait bien fallut se mettre au travail. Les Chimères avaient donné un sacré coup de pied dans la fourmilière et que ce soit à Poudlard ou au Ministère, il fallait faire des réformes et revenir à des priorités plus en accord avec la Magie elle même pour espérer satisfaire les créatures magiques.
Pour permettre à tous les invités du concile d'être présent, les chimères avaient fixé la date de ce rendez vous à Gringotts dix jours après la fin de la bataille. Ce qui bien entendu ne voulait pas dire que les sorciers s'étaient reposé sur leurs lauriers en attendant cette date.
Sirius soupira en se grattant l'arrière du crâne avant de s'étirer et de se lever de son fauteuil où il se tenait assis depuis des heures à travailler. Il était l'un des sorciers invités à se rendre au concile et cela demandait un minimum de préparation. Il y était convoqué non seulement de part son statut de chef de Clan de créatures magiques, mais aussi en tant que lord conseillé auprès d'Amélia Bones qui remplaçait toujours Fudge. De plus en tant que Lord, Amélia ne l'avait pas lâcher jusqu'à ce qu'il accepte de prendre des responsabilités au sein du remaniement ministériel qu'elle avait à cœur de mener. Si bien qu'il n'avait pas une minute de répit.
Pas qu'il s'en plaignait. A vrai dire se plonger dans les affaires comme il n'avait jamais eu l'occasion de le faire auparavant lui permettait de ne pas penser que la victoire avait un prix. Même si il ne le leur dirait jamais de vive voix, parce qu'il n'était pas masochiste à ce point et par crainte qu'ils ne lui rajoutent des responsabilités, Sirius était satisfait des demandes et des attentes que les gobelins et Amélia faisaient peser sur lui.
Se plonger sur la gestion de la fortune des Black. Réfléchir sur les lois primordiales de la Magie pour le Ministère. Envisager une nouvelle organisation du système politique et la place qui devait être celle des créatures magique à l'avenir. Les réformes que Narcissa et Augusta envisageaient dans l'éducation et la place des femmes. Tout lui tenait suffisamment l'esprit occupé pour qu'il ne pense pas à autre choses.
Pas aux Weasley qui avait payé un lourd tribut dans cette guerre. Fred et Ginny avaient perdu la vie. Pour la jeune fille, il n'arrivait pas à trancher si sa mort était une bonne ou mauvaise chose. Vu la folie dans laquelle l'avait plongé le contact avec l'horcruxe de Voldemort et la malédiction de Dumbledore, il n'était pas loin de penser que c'était ce qui avait pu lui arriver de mieux. Si la jeune fille s'était réveillée, elle aurait eut à faire face aux conséquences de ses actes, et il doutait qu'elle est eut assez de force pour le faire sans sombrer définitivement. Aussi dure que cela soit à concevoir, son décès était une délivrance et évitait que le poids de ses actes ne retombent sur sa famille. D'un accord tacite et sous le regard bienveillant des chimères, personne n'avait fait allusion aux responsabilités de la jeune fille dans la mort de Harry. Elle était pour les sorciers qu'une victime de la guerre. Une héroïne tombée bien trop jeune et c'était pour le mieux.
La mort de Fred laissait George complètement désarmé et perdu. Le jeune sorcier avait du mal à l'accepter et Sirius pour avoir discuter avec lui savait que parfois bien malgré lui, George pensait que ce n'était qu'une mauvaise blague. Qu'il était impossible que Fred soit mort en le laissant. Et puis la réalité finissait par rattraper le survivant qui se mettait à pleurer silencieusement. Mais avec le soutien des membres restants de sa famille et de ses amis, Georges réussirait à remonter la pente. Il fallait juste un peu de temps et d'amour. Sirius en etait plus que convaincu. Georges avait bien entendu le message de son jumeau et quand il serait prêt à le suivre, ce serait le retour des inventions facétieuses Weasley.
Arthur et Molly s'accrochaient l'un à l'autre comme deux naufragés, cherchant à rassembler ce qu'il restait de leur famille et s'épuisant dans leur travail. Arthur avait pris des responsabilités au Ministère. Il aidait activement au remaniement des lois et soutenait le projet de Narcissa qui visait à changer le système de prise en charge des enfants né de moldu. Il avait perdu assez d'enfant et refusait que l'enfance de Harry arrive à un autre innocent. Chaque naissance d'enfant sorcier était précieuse et il ne fallait pas attendre l'entrée à Poudlard pour les lancer dans le monde magique sans la moindre instruction. Onze ans c'était bien trop tard pour comprendre les traditions et les règles de la magie. Il fallait commencer plutôt et intégrer les parents des enfants né de moldu. Agir de concert dans le seul bien de l'enfant. Et si bien trop intolérant ou craintif devant les pouvoirs de leur enfants, les parents se révélaient incapable d'apporter le soutien adéquat, Arthur voulait que la communauté sorcière prenne en charge ces enfants. Aucun membres de cette commission n'avait encore trouver de réponse sur la meilleure solution de prise en charge mais ils réfléchissaient. Arthur ne présenterait son projet que lorsqu'il serait convaincu de limiter les risques de dérives et que seul l'intérêt de l'enfant serait tenu en ligne de compte.
Molly, elle maternait ses enfants et tous ceux qui en avait besoin. Ne ménageant pas sa peine, elle s'occupait des blessés avec l'aide des medicomages. Quand on la remerciait pour sa présence ou ses mots de réconfort, elle chassait bien vite les compliments d'un geste de la main assurant que ce n'était pas grand chose. Mais pour les enfants qui se réveillèrent orphelins après la bataille, sa présence rassurante et maternelle fut une bouffée d'air frais et une lueur d'espoir. Jamais elle ne repoussa un enfant. Même les fils et filles de mangemorts. Eux avait quasiment tout perdu dans la bataille. Et si certain ne regrettait pas vraiment l'absence de leur parent, ils n'en avait pas moins l'impression que leur avenir venait de leur être volé et qu'ils avaient tout perdu. Molly les avaient rassuré, les avait consolé et les avait aimé comme s'il n'était pas diffèrent des autres. Elle avait même insisté auprès de Gringotts pour que les enfants ne perdent pas l'argent familial. Certains bureaucrate du ministère avait voulu réquisitionné les fortunes des mangemorts pour renfloué leur propre caisses, mais Molly n'avait pas laissé faire. De même qu'Amélia, ce qui ne l'avait pas rendu populaire auprès des politiciens, mais lui avait assuré après un de ces discours enflammé, le soutien de la population sorcière et le respect des Gobelins. Tout ceci avait contribué rendre Amélia et Molly encore plus populaire que certains aurors qui avaient combattu sur le chemin de Traverse. Elles étaient les premières héroïnes de la reconstruction d'après la bataille. Les deux petits frères de Blaise avaient trouvé en Molly une figure maternelle et la quittaient rarement.
Percy et Bill soutenait leur parents et leur frère du mieux qu'ils pouvaient et ce lançaient eux aussi corps et âmes dans les reformes et les projets que leurs supérieurs mettaient sur les épaules. L'un servant de liaison entre les gobelins et les sorciers et l'autre tombant sous la coupe d'Amélia qui ne se contenta pas d'en faire un simple secrétaire mais qui lui confia des responsabilités et le poussa à prendre en charge et à organiser le ministère de manière plus fonctionnel en en chassant les éléments les plus corrompu. Tout cela sous le regard fier et satisfait de Funestar.
Ne pas penser à Ron qui ne s'était toujours pas réveillé et qui ne le ferait peut être jamais. Le roux avait donné énormément de lui même pour assurer la cohésion des troupes et les soutenir tout au long des combats. Physiquement le garçon allait bien mais les medicomages étaient sceptique sur le fait qu'un tel acte de magie ne laisse pas de séquelle dans le fonctionnement psychique de Ron. Sa présence mentale était encore bien là quelque part dans l' esprit de tous les combattants.
Même si elle était plus en sourdine. En se concentrant, Sirius était capable de le sentir, mais cela n'avait rien de comparable à la manière dont le lien avait brille au cours de la bataille. Ron avait été comme un phare au cœur de la tourmente. Les chimères avaient assuré que Ron s'en sortirait mais qu'il devait retrouvé son chemin tout seul pour que tout se passe bien. La seule chose qu'il pouvait faire était tenté à leur tour d'éclairer le chemin de l'adolescent par leur présence et leurs mots de réconfort.
Pas à Pansy qui se retrouvait sans ses parents et dont les jambes ne fonctionneraient plus jamais suite à l'effondrement du mur d'enceinte de Poudlard. Elle n'avait plus de maison, plus de famille. Elle n'était pas la seule, malheureusement. Et le monde sorcier se demandait comment venir en aide à tous ses enfants qui venaient de perdre une partie de leur repère. Les plus vieux avaient une meilleure vue d'ensemble de la situation, mais pour les plus jeunes, il était vraiment difficile de faire la part des choses. Sirius avait accepté de prendre chez lui les enfants qui n'avaient nulle part où aller et il n'avait pas été le seul. Les Malfoy et d'autres grandes famille avait accepté d'héberger les enfants qui n'avaient plus de foyer. L'idée était venu des enfants même. Les héritiers n'avaient pas voulu que leur amis traversent cette épreuves seul et sans soutien. Et les parents qui pour la plupart avait encore les discours d'Amélia dans les oreilles, ne pouvait se résoudre à trahir le nouveau sentiment d'appartenance qui les liaient à l'ensemble de la communauté depuis la fin de la bataille.
Pas à Minerva qui se retrouvait prisonnière de Poudlard tout comme Mélissandre. Quitter l'enceinte de Poudlard pour l'une ou l'autre reviendrait à signer son arrêt de mort. La fille de Rusard l'avait toujours su et s'en accommodait parfaitement. Mais Minerva avait sacrifié sa liberté pour défendre ses valeurs. Pas qu'elle le regrettait. Sirius savait que la directrice de l'école de sorcellerie ne manquait pas de travail. Entre la reconstruction et les réformes envisagé par la communauté, elle ne devait pas toucher terre, elle non plus. Mais il savait combien la vieille femme aimait se promener dans la lande.
Pas à tous ceux qu'il ne connaissait pas et qui de près ou de loin devaient faire face aux conséquences de la bataille. Sirius ne se sentait pas particulièrement coupable de tous les chamboulements que l'arrivée des Chimères provoquaient. Il n'était pas du genre à se sentir coupable des malheurs du monde. Il avait déjà bien assez à gérer avec ce qu'il estimait de sa responsabilité pour ajouter un poids supplémentaire à ses regrets. Mais il ne pouvait s'empêcher de penser que la renaissance du monde magique ne se ferait pas sans mal et que les sorciers n'allaient pas tarder à retrouver certains de leur travers et espérer tirer le meilleur profit de la situation. Il y avait quelques rumeurs au sein du Ministère et certaines n'étaient pas vraiment de bonne augures.
Et enfin pas à Harry. L'animagus savait que son filleul était une chimère. Il savait que le garçon une fois sa tache accomplie, allait s'en aller. Sirius ne voulait pas y penser. Il avait bien conscience qu'il ne pouvait pas changer cette situation et il ne le souhaitait pas vraiment. Ce qu'il regrettait c'était de ne plus faire partie de la vie du garçon. Il savait qu'il n'avait pas été à la hauteur ni d'un grand secours pour Harry. Il n'avait aucun doute sur les liens qui unissait les membres de la famille que la jeune chimère s'était construite. Il n'était pas aveugle pour ne pas voir que l'enfant considérait vraiment Ialon et le marcheur d'Ombre comme ses parents et qu'il avait encore besoin d'eux.
Il n'était pas égotiste au point de vouloir s'imposer dans la vie du garçon . Et il avait parfaitement conscience qu'il avait beaucoup de chose à faire ici, qu'on avait besoin de lui ici, dans le monde sorcier pour supplier son filleul de le laisser partir avec lui. Il y avait trop de personne qui dépendait de lui et à qui il ne pouvait tourner le dos.
Remus, quand il s'en était ouvert à son ami, lui avait dit qu'il avait enfin gagné en maturité, avec un rictus ou se mélangeait moquerie et fierté ce qui l'avait fait rougir. Sirius ne se considérait pas vraiment comme mature. La vie qu'il avait mené avait laisse des blessure indélébiles chez lui aussi et il connaissait ses erreurs et ses faiblesses. Il avait juste appris à avancer avec et a accepter le poids de ses responsabilités. Et surtout à ne plus fuir devant elle. Ce n'était pas grand chose. Pas de quoi en être fier à son âge mais comme le lui avait soufflé Ron, il n'était pas trop tard.
« Bon maintenant que le quart d'heure mélo et auto-apitoiement est fini, si tu te remettais au travail ? » Grogna la petite voix qui n'avait cesser de l'accompagner mais qui c'était faite plus silencieuse ces derniers jours.
Sirius inspira plusieurs fois profondément et retourna s'asseoir à son bureau. Malgré l'heure tardive, il avait encore beaucoup de choses à régler avant de pouvoir sortir de la pièce et comme la voix le lui avait fait si gentiment remarquer, il n'avait pas le temps de se perdre dans ses pensées.
« Content de t'entendre à nouveau. » Ironisa-t-il dans son esprit. « J'avais espéré que tu me laisserais à partir de maintenant... »
« Avoue que je te manquais, plutôt. » Fit sarcastiquement remarquer la voix avec une pointe de satisfaction.
Sirius aurait bien voulu démentir mais il était devenu trop honnête avec lui même pour nier une évidence comme celle là. Il savait que la petite voix appartenait à l'Awa du clan Il avait convenue et reconnue depuis longtemps qu'elle l'avait soutenue et maintenue sain mentalement pendant son enfermement à Azkaban et même après elle avait continué, toujours à sa manière, de le faire réfléchir et de le guider pour qu'il puisse prendre les meilleurs décisions. Cela n'avait pas marcher à coup sûr, mais Sirius savait qu'il n'aurait pas pu vivre sans elle.
« Tu finiras par partir. » Marmonna à mi-voix l'animagus.
Tout comme Harry. Cette petite voix finirait par le quitter pour suivre ses frères là ou elle devait se rendre, le laissant seul.
« Les chimères vont partir, mais je ne suis pas obligé d'en faire autant. En fait, cela serait bien plus constructif si tu acceptais de rester en contact avec moi, ainsi tu ...»
« Vraiment ?! » S'exclama Sirius avec enthousiasme.
«Apparemment, il semblerait que je sois nécessaire à ton équilibre et donc... »
Sirius avait l'impression qu'on lui avait ôté un poids énorme de son cœur. Comme s'il venait de s'alléger d'un fardeau qu'il n'avait pas eut conscience de porter. Plus que de voir partir Harry et les chimères, il avait eut peur de se retrouver seul. Et découvrir que malgré tous les sarcasmes qu'elle lui réserverait la petite voix allait rester avec lui, le rassurait plus qu'il ne l'aurait jamais admis de lui même. Mais c'était ce qu'il y avait de bien avec les voix mentales, pas besoin de mots pour se faire parfaitement comprendre.
« Donc, nous nous sommes mis d'accord pour que tu puisses continuer à m'entendre et à communiquer avec moi et ce malgré la distance. Je te manquerais trop dans le cas contraire. »
« Je te retourne le compliment. » rit de bon cœur Sirius.
« Cependant, il y aurait une contre partie. Un tout petit service que tu pourrais nous rendre. »
« Tout ce que vous voulez... » Promit l'animagus avec sincérité et émotion. Il s'attendait un peu à cette demande. Et franchement il était prêt à accepter beaucoup de chose pour garder la voix avec lui.
« T'emballe pas tu veux, laisse moi t'expliquer de quoi il retourne. » rit à son tour la voix de l'Awa devant l'enthousiasme de Sirius. « Si les Gobelins s'occupent des richesses des familles tombées au cour de la guerre. Personne n'a pris encore en considérations la situation des elfes de maison leur appartenant. Et c'est un problème qu'il va falloir prendre en compte assez rapidement. »
« Il me semble que Hermione à un petit projet pour eux depuis... »
« Ce n'est pas une solution saine selon la Magie et ce n'est pas ce que souhaite les elfes. » Trancha Ialon. « Hermione est assez intelligente, pour le comprendre, si quelqu'un lui indique ce que représente vraiment le fait d'appartenir à une famille magique pour un elfe selon les lois primordiales d la Magie. »
« Heu je n'ai pas la moindre indications sur le sujet... »
« Je sais bien ! Ce n'est pas ce que je te demande. Dobby ira lui faire la leçon en compagnie d'un ancien de Poudlard. Ils auront les bons arguments. Non, ce que nous voudrions, c'est que tu montres l'exemple en acceptant d'accueillir au service des Black, au moins un elfes de maison sans famille. Kréattur est vieux et même si sa vie est encore longue, il est trop fatigué pour prendre en charge le service de la Famille sur ses seules épaules.»
Selon Sirius, c'était une manière assez polie, pour dire que malgré tous ses efforts, Kréatur resteraient avec un tempérament instable du aux années qu'il avaient passé à protéger l'horcruxe dans l'attente que quelqu'un de puissant ne l'aide à le détruire. L'elfe avait fait de son mieux et sa vaillance se trouvait bien mal récompensé
De plus, avec les remaniements ministérielles et les nouvelles charges qui lui incombaient, Sirius allait remettre les Black sur le devant de la scène politique. En fait, il commençait à s'interroger sur les réelles motivations d'Amélia à l'impliquer sur ses différents projets de lois. Les Black avaient toujours eut une réputation aussi noire que leur nom et même lui selon les anciens critères du ministère n'était pas spécialement une personne fréquentable. Il était encore il n'y a pas si longtemps un fugitif recherché et menacé du baiser des Détraqueurs !
Mais tout cela c'était avant. Avant la bataille. Avant qu'il ne devienne un des héros qui avait permis la libération du monde Magique. Un lord qui s'investissait dans le changement et qui agissait pour le bien de la communauté. Un lord porté vers l'avenir et montrant l'exemple. Sirius soupira. Maintenant qu'il prenait les choses sous cet angle, il avait vraiment l'impression de s'être fait avoir et d'être devenu l'une des figures de proue de la révolutions que comptait mener non seulement Amélia mais aussi Minerva, Lucius et Narcissa. Car étrangement eux ne faisaient pas beaucoup parler d'eux.
Oh pas qu'ils remettaient en doute les changements et les décisions décidé par le nouveau ministère. Juste qu'ils donnaient l'impression de suivre et soutenir les actions du gouvernement dont lui Sirius semblaient être le premier maillon. Et tout cela lui donnait le tournis.
« Et c'est repartit pour l'angoisse mélodramatique et les questionnement idiots ! » s'exaspéra la voix.
« Pourquoi moi ? » osa tout de même demander Sirius sur un ton légèrement boudeur et plaintif.
« Ton profil était idéal. Tout simplement, pas de quoi en fouetter un chat ! Et puis si cela peut te rassurer tu n'es pas le seul à être mis en avant. Percy au ministère est en train de changer l'image des bureaucrates, ce qui n'est pas une mince affaire. Cela ne lui apportera pas que des amis, mais heureusement nos forces de l'ordre sont intègres et fortes ce qui empêchera tout débordement dans un premier temps. Tonks aussi est mise en avant et pas seulement aux regards de sa victoire dans le duel final, mais aussi par ce que c'est une jeune femme indépendante et sûre d'elle qui a décidé de suivre son cœur et sa magie plutôt que de suivre les convenances. Et ils sont encore nombreux, ceux qui s'élèveront pour bâtir le monde magique comme il aurait dû être.»
« Je vois. » Marmonna Sirius après un dernier soupir résigné. En fait, quand Ialon avait commencé à énumérer des nom, il avait commencer à en faire autant et il devait bien reconnaître qu'ils étaient nombreux à agir pour cette étrange révolution. « Alors que dois je faire exactement cette fois-ci pour vous être agréable ? »
« Tout ce que tu as à faire c'est accueillir et à accepter au service de ta famille des elfes ayant perdu leur maison. »
« Kréattur risque de le prendre mal. » Objecta Sirius avec une grimace, imaginant déjà la scène qui allait suivre quand il en informerait le vieil elfe.
« Si tu sais lui présenter les choses, je suis convaincu qu'il sera plus qu'enchanté de cette initiative. D'ailleurs pourquoi attendre , convoque le, tu va régler cela de suite...»
« Quoi ? Maintenant mais... » balbutia Sirius avant de réaliser que tergiverser avec l'Awa ne le mènerait nulle part. En tout cas nulle part où il voudrait se rendre sciemment. « ...Kréattur ! »
Malgré l'heure tardive, le vieil elfe apparut dans le son caractéristique d'un tranplanage. Depuis que Sirius s'était installé au Square, le vieil elfe ne ménageait pas sa peine et ses efforts pour plaire à son maître et à ses invités.
« Maître Sirius désire-t-il quelque chose ? Que peut faire Kréattur pour servir le maître. »Demanda obséquieusement l'elfe en s'inclinant bien bas devant celui qu'il reconnaissait maintenant comme le digne lord des Black.
Sirius lui à vrai dire ne se faisait pas à la servilité de l'elfe. Il aurait voulu que le vieux serviteur de sa famille soit un peu plus comme Dobby ou ceux de Severus qu'il avait eut l'occasion de voir lors de son séjour au Manoir des Chimères.
« Tu n'a qu'à lui dire que tu ne veux plus qu'il suive les préceptes erronées de tes ancêtres mais qu'il retourne aux lois primordiales de la Magie. » souffla la voix de la chimère à Sirius . « Puis dit lui que la grandeur de ton nom va reprendre sa juste place et qu'il va donc lui falloir de l'aide pour accomplir sa tache et être à la hauteur de tes attentes. »
Sirius hocha seulement la tête et commença à révéler à Kréattur ce que lui avait dicté la voix de l'Awa. L'animagus fut grandement surpris quand les yeux de l'elfe, si expressif, se teintèrent d'une grande fierté alors qu'un halo de magie explosa autour du vieil elfe comme s'il se libérait de quelques chose. Le sourire qui orna ensuite la bouche déjà disproportionnée de la créature donnait vraiment l'impression de faire le tour de sa tête et Sirius dut faire appel à tout son self-controle pour ne pas éclater de rire tant cela lui donnait un air plus que comique.
« Les elfes se sont laissé emprisonner par les chaînes invisibles que les sorciers au cours du temps ont finit par leur apposer. En le libérant, tu lui rends bien plus que tu ne peux l'imaginer. Passe à la suite maintenant ! »
Sirius voyait bien à la manière dont Kréattur le regardait avec adoration, tout en se penchant en avant sur un rythme effréné qu'il n'avait pas finit d'entendre les remerciement de son elfe de maison. A moins bien sûr que lui annoncer qu'il devrait partager avec d'autre ne soit pris comme une punition.
« Ceci étant dit et fait Kréattur, arrête de bouger tu va me donner la nausée. Bref, ceci étant, la noble maison Black va regagner l'influence et le pouvoir qu'elle avait dans le temps et de ce fait tu ne peux pas rester le seul elfe de maison à servir en notre nom. »
« Bien évidemment, maître Sirius. Kréattur en a conscience. » Répondit l'elfe après avoir arrêté de le saluer mais avec une petite pointe de tristesse dans la voix qui n'échappa pas à Sirius. « Kréattur n'a pas bien fait son devoir. Il a mal servit sa famille. Il sera heureux si le maître veut bien seulement le garder auprès de lui. Kréattur promet qu'il respectera les elfes qui viendront rejoindre les effectif de la maison Black et il se pliera aux ordres du Premier des elfes que le maître nommera. »
« C'est quoi cette histoire de Premier ? » questionna Sirius tant pour Kréattur que pour l'Awa.
« Le Premier est l'elfe responsable de tous les autres. » Lui révéla Ialon alors que Kréattur dansait d'un pied sur l'autre hésitant de peur de se montrer arrogant. « Il y avait bien plusieurs elfes au service de ta famille dans ta jeunesse. Kréattur était et est encore le Premier. »
Sirius à sa plus grande honte devait bien admettre qu'il n'avait jamais prêter attention à la hiérarchie chez les elfes de maison dans sa famille et cela lui avait encore moins parut important quand ils avait commencer à disparaître sous l'emprise de la folie de sa mère. Si Kréattur était le premier, et à l'heure actuelle le seule elfe des Black, pourquoi ne revendiquait il pas sa place au lieux de se dandiner d'un pied sur l'autre d'un air gêné ?
« Tout simplement parce qu'il ne s'en estime pas digne. Il est convaincue que tu ne lui fais pas confiance et qu'il ne le mérite pas. »
« Idiotie ! » S'exclama Sirius en se levant d'un bond et frappant de la paume de la main son bureau. « Kréattur, tu es et tu restera le Premier des elfes Black. Car les erreurs des maîtres ne doivent pas retomber sur leurs serviteurs, surtout quand ceux-ci n'ont pas d'autres options pour survivre. Tu a su garder ta fierté de servir notre famille. Tu as su faire les choix qui s'imposaient pour remplir ta mission, la plus importante. Celle confier par Régulus. Et pour cela tu n'as pas desservit notre maison mais lui à redonner de sa grandeur et si personne ne le sait en dehors de nous, peu importe, ton maître le sait, Kréattur et il est fier que tu sois le Premier de sa maison ! »
Si Sirius avait crut que le sourire d'avant sur le visage de Keattur avait quelque chose de comique, il dut vraiment lutter pour garder son sérieux quand la mâchoire de l'elfe sembla se décrocher sous le choc après sa déclaration et que ses yeux donnèrent l'impression de lui sortir davantage des orbites.
« Bien ceci étant dit, voici le premier elfe placé sous tes ordres, Kréattur. Il s'appelle Motej et je sais que son histoire est déjà connu parmi vous. » Se fit entendre la voix de Ialon non plus seulement à l'intérieur de la tête de Sirius mais dans tout le bureau .
Il y eut un pop de transplanage alors que la chimère parlait et un jeune elfe aux oreilles décollées et aux yeux globuleux apparut devant le bureau. Sirius crut voir un frisson parcourir Kréattur quand la chimère parla mais il ne sût pas vraiment ce qui faisait trembler le vieil elfe. La puissance et le commandement dans la voix de la Chimère ou le nom de l'autre elfe. Les paroles que prononça ensuite Kréattur ne l'aidèrent malheureusement pas à faire la part des choses.
« Oui, Seigneur de la Magie. Kréattur connaît son nom et son histoire. Il sera fait selon votre volonté » répondit Kréattur avec un sourire en coin qui fit frissonner l'animagus.
A suivre...
