Destin.

Je suis assit face à mon petit bureau en chêne se trouvant dans ma salle de divertissements et je regarde le ciel étoilé grâce à l'unique fenêtre. Le meuble est accolé au mur où se trouve cet observatoire et mon nez est caressé par les parfums qui se dégagent de ma tasse de chocolat chaud. Ouais, ce soir est parti pour être bien tranquille et sincèrement, cela ne peut me faire que du bien. Alors que je contemple la voûte céleste qui s'est habillée de sa robe la plus sombre, je ne peux m'empêcher d'être nostalgique. Je me revois encore sur le perron de la maison de mes parents, leur disant adieu car il était venu l'heure pour moi d'embrasser mon destin.

Pour celle qui m'a mise au monde, ce moment de ma vie fut un véritable déchirement. Dans un sens, je peux la comprendre puisque je suis son seul enfant mais tout de même, je me dois d'agir comme un homme. D'ailleurs, je ne regrette pas ce choix puisque je peux faire tout ce que je veux. J'arrive très bien à gérer ma vie et je suis fier d'avoir obtenu un boulot au sein de ce village que j'aime tant. Bon, je dois reconnaître que c'est un travail plutôt ingrat que je dois faire mais malgré sa rudesse, je me plais à l'effectuer de bon coeur.

Le salaire ne vole pas très haut mais il me suffit à placer quelques économies en sécurité. Comme ça, si une misère devait frapper ce petit village, je serais en sécurité et je pourrais peut-être même en faire profiter ceux et celles qui seront de passage ici. Mon coeur est grand et j'aime aider les gens. Au tout début, leur gratitude était à peine palpable car étant le seul humain à vivre parmi eux, ils se montraient plutôt méfiants. Maintenant, ce souci appartient au passé et désormais, je suis apprécié à ma juste valeur.

Parfois, certains d'entre eux passent me voir afin de me donner quelques présents. Avant, je rougissais facilement lorsque l'on me témoignait cette gentillesse mais maintenant, je gère beaucoup mieux mes émotions. Alors que je remue la cuillère dans ma tasse de chocolat chaud, j'entends du bruit qui provient de l'autre côté de la vitre. Curieux, je regarde dans cette direction et remarque une grosse masse collée contre cette dernière. En haut, au milieu, un gros trou bien noir alors que le reste de cette forme est plutôt marron clair.

- Bouh !

Suite à ce cri, je sursaute sur ma chaise et je n'ose plus faire le moindre bruit. Serait-ce possible qu'un monstre se promène dans le village, aux heures nocturnes ? Soudain, la forme se met en mouvement et cette fois, le trou se referme tandis que deux petits yeux me regardent. En voyant la lampe frontale sur son casque de chantier, je reconnais de suite mon visiteur.

- Resetti !

Celui-ci s'éloigne de ma fenêtre même si avant cela, cette taupe a eu le temps de me balancer un « cassos ».