Vanne.

Encore tout traumatisé de ce mauvais tour qu'a osé me jouer Resetti, je décide de me confier à l'un des villageois afin d'obtenir son avis. Bien sûr, j'ai attendu que la nuit passe afin de me calmer un peu mais même avec ces quelques heures de repos, je suis toujours sur les nerfs. C'est d'ailleurs ainsi que je me suis présenté à Gaby et cette dernière a évité le moindre jugement. Fort heureusement car je ne suis pas très patient aujourd'hui. Actuellement, nous sommes dans sa maison et tandis qu'elle se pose sur son divan blanc, je préfère rester debout.

- Et tu ne sais pas pourquoi cette taupe t'a fait cette mauvaise vanne ?

- Bien sûr que non car tu te doutes bien que je ne serais pas dans cet état aujourd'hui. Je dois lui rendre la monnaie de sa pièce mais j'ignore comment.

Et j'ai beau cherché une solution dans les quatre coins de mon esprit, rien ne me vient. De son côté, Gaby ne semble pas inspirée non plus et je commence à me dire que j'ai frappé à la mauvaise porte. De toute façon, ce n'est pas de sa faute si elle ne trouve aucune idée car cette fille est très gentille. Parfois, il lui arrive de mal parler mais si on oublie ce détail, je ne l'ai jamais vu faire du mal à quelqu'un. En fait, j'aurais dû voir ce gorille de malheur car je suis sûr qu'il m'aurait filé un coup de mains. Les plans tordus sont son domaine de prédilection et il est clair que j'aurais trouvé un maître en la matière.

Alors que le silence s'impose dans la pièce bien malgré nous, voilà qu'un projet germe dans ma tête. Le trouvant plutôt excellent, je décide d'en faire part à mon amie.

- Je sais comment l'avoir.

- Vraiment ?

- Oui. Je vais devoir rentrer chez moi pour y réfléchir calmement mais une chose est sûre, si le coeur de Resetti ne lâche pas suite à ma mauvaise plaisanterie, je n'y comprendrais rien.

- Heu… Parce que tu comptes nous en débarrasser ?

- Si cela doit s'achever ainsi, oui. De toute façon, il ne manquera à personne puisque je ne connais aucun habitant qui puisse l'encadrer.

- Et tu n'as pas peur de finir en prison ?

- Pas vraiment.

- J'ignore si c'est du courage ou de la stupidité.

- Pareil mais mon intuition me dit de tenter. D'ailleurs, je vais te laisser et voir les sœurs doigts de fées pour savoir si elles peuvent me coudre un costume sur-mesure.

- D'accord et je te souhaite bonne chance, même si j'estime que tu n'en as pas besoin.

- Merci Gaby, c'est très gentil.

Ni une ni deux, je me dirige tranquillement vers la sortie de la maison et quelques secondes plus tard, me voilà dehors. Alors que je marche en direction de la boutique des deux sœurs, je continue de songer à mon plan et voilà que je sens mes lèvres se déformer pour qu'un sourire s'affiche sur ces dernières.