Menottes.
Ce dimanche matin, je décide de me rendre au perchoir afin de bien commencer la journée. Le ciel a beau être gris aujourd'hui et le climat plutôt humide, rien ne m'empêche d'aller boire une tasse de café afin de me réveiller correctement. De plus, l'air frais ne peut me faire que du bien et cela me fait penser que je devrais faire mon ménage un de ces jours. Bon, je l'admets, je ne suis pas très souvent à la maison mais tout de même.
Alors que je descends les quelques marches qui mènent à l'endroit sur lequel j'ai jeté mon dévolu, je suis surpris de voir un client assit sur un tabouret. Quand je vois sa casquette sur sa tête, je sais de suite à qui j'ai affaire et c'est avec un sourire aux lèvres que je me pose sur le siège se situant à côté du sien.
- Bonjour Jaysher.
- Bonjour Robusto.
- Une tasse de café ?
- Oui, s'il te plaît.
- Pas de soucis. Une préférence ?
- Non, pas vraiment.
- Très bien.
Alors que le pigeon abandonne son torchon afin de me servir une tasse de café, je me tourne vers celui qui se tient à ma gauche. Je dois avouer que cela faisait un petit moment que je ne l'avais pas vu et de suite, des souvenirs me reviennent en mémoire.
- Bonjour Amiral, cela fait plaisir de te voir dans les parages.
- Merci mais je passe bien plus souvent que tu le crois.
- Vraiment ?
- Oui.
Bizarre car jusqu'à maintenant, j'ai dû le voir dans ce café une ou deux fois, pas plus. A mon avis, je ne passe pas aux bonnes heures mais bon, je ne peux pas passer tout le temps au perchoir. J'ai un travail maintenant et puis je dois passer un peu de temps avec les villageois pour être sûr que tout se passe bien pour eux. Soudain, je me rends compte que la tenue habituelle que porte Amiral me fait songer à autre chose.
- Tu n'as jamais songé à travailler pour la police ?
- Non, pourquoi cette question ? Me dit-il.
- Comme ça…
Je n'insiste pas pour éviter de le mettre dans l'embarras et à cet instant, je vois Robusto déposer une tasse sous mon nez. Celle-ci est remplie correctement et le parfum du liquide chaud ne tarde pas à me chatouiller les narines.
- Merci beaucoup Robusto.
- A ton service.
Peu après, le pigeon reprend son morceau de tissu et ne perd pas une seule minute pour reprendre l'essuyage de ses outils de travail. Toutefois, l'oiseau a entendu notre petite conversation et décide d'y participer.
- Je comprends la question de Jaysher. Tu as une tête et un costume à passer les menottes.
- Quoi ? Mais vous n'allez pas bien tous les deux.
- Ben si. Tu n'as jamais songé à te reconvertir ?
- Non car j'aime beaucoup mon travail et je ne le changerai pour rien au monde.
