Révolution.
En fin d'après-midi, alors que j'estime avoir prit suffisamment de distance avec les sœurs doigts de fée, je décide de pointer mon nez dehors pour la seconde fois de la journée. Du coup, je me promène un peu avec la peur au ventre et sans faire exprès, j'arrive devant la boutique de Nook. Je suis surpris car au tout début, je pensais avoir mis beaucoup de distance entre nous mais non, ma déprime m'a joué un tour. Ce n'est pas grave, je dois me relever car je n'y suis pour rien dans cette histoire de lavage. Alors que je me rebooste, je vois Méli et Mélo devant l'entrée du magasin. Chacun tient une petite pancarte brandit au-dessus d'eux, tournant dans un cercle invisible, clament leurs revendications. Cette scène me fait beaucoup sourire car j'ai l'impression d'assister à une révolution des salariés.
Etant toutefois intrigué par ce comportement, je décide de me montrer curieux. Dès que je me trouve à proximité d'eux, je me lance.
- Bonjour Méli et Mélo, qu'est-ce qui se passe ?
Là, les deux petits mammifères s'arrêtent et lèvent leur tête dans ma direction afin de me regarder droit dans les yeux.
- Bonjour Jaysher, on en a marre !
- A marre ! Répète la seconde boule de poil.
- On travaille plus de dix heures par jour et nous n'avons pas droit à des pauses pour souffler un peu. Mais où va le monde sérieux ?
- Sérieux ?
- Nous sommes des employés de la génération moderne et il est hors de questions qu'on se laisse piétiné sans réagir.
- Sans réagir.
A ce moment, je bascule violemment ma tête sur le côté et je plonge mon auriculaire droit dans mon oreille du même côté. Quand je le ressors, je tente de voir si mon audition me fait toujours défaut car c'est pénible d'écouter avec cette sensation d'écho…
- Si nous n'avons pas des pauses toutes les deux heures, on sera obligé de le prendre en otage pour attirer les médias sur nous !
- Sur nous !
Je vois que les deux petits sont très remontés et qu'ils savent ce qu'ils veuillent. Nook va devoir faire attention s'il ne veut pas voir son chiffre d'affaire diminuer à cause de cette sombre histoire. Je me demande bien comment ce gérant amoureux de l'argent va se tirer de ce mauvais pas. Sur le coup, j'ai bien envie de me joindre à ses deux employés pour faire part de mes propres revendications. Avec un peu de chance, il acceptera tout et je pourrais le ruiner…
…
Super bonne idée !
Aussitôt, je demande aux deux salariés s'ils ont une autre pancarte et bizarrement, Méli va en trouver un, attendant sur le mur de la boutique des sœurs doigts de fées. Il faut croire qu'on n'échappe pas au destin mais tant que je ne suis pas à l'intérieur de ce magasin, je dis tant mieux. Quelques secondes plus tard, je marche dans le cercle en brandissant ma pancarte et en réclamant une baisse des prix.
