Route.
Ce matin, je suis déjà à la mairie car monsieur le maire voulait absolument me voir aujourd'hui. J'espère que cela n'a rien à voir avec mon travail de désherbage car s'il trouve quelque chose à redire, je ne pourrais pas riposter. D'ailleurs, je me demande bien ce qu'il peut me reprocher concernant ce travail que je m'applique à faire tous les jours. Alors que le comptoir de la mairie est vide de la présence d'Opélie, je vois la tortue venir vers moi. Dès qu'elle arrive devant le meuble de fonction, elle s'arrête et me regarde droit dans les yeux.
- Navré de te déranger Jaysher mais j'avais besoin de te voir le plus vite possible.
- Un souci avec mon travail ?
- Ton travail ?
Il faut quelques secondes à la tortue pour savoir de quel sujet je parle. Aussitôt, elle s'empresse de me rassurer.
- Non, tout se passe très bien de ce côté donc, ne t'inquiète pas pour ça.
Forcément, suite à cette annonce, je sens un poids libérer mes épaules et je m'empresse de lâcher un soupir comme pour marquer mon soulagement.
- Dans ce cas, que se passe-t-il ?
- Je voulais avoir ton avis concernant un projet que je mûris depuis fort longtemps, au sujet du village.
- Je vois. Quel est ce projet ?
- C'est simple. J'envisage de faire goudronner l'une des allées du village pour en faire une route.
- C'est une sacrée avancée dans l'amélioration d'Haruville, monsieur le maire. Vous pensez que les gens sont prêts pour ça ?
- Je l'ignore car je me suis gardé de leur poser la question.
- Mince. Voulez-vous que je fasse un petit sondage parmi mes voisins pour connaître leur opinion ?
- Tu ferais ça ?
- J'aime me sentir utile donc, oui.
- Et tu penses que tu en aurais terminé pour quelle heure ?
- Minimum une heure voir deux. Tout déprendre de l'endroit où se cache mes voisins.
Là, je vois la tortue qui baisse la tête pour s'accorder quelques secondes de réflexions. Lorsqu'elle relève son visage, elle me donne sa réponse.
- Très bien. Je t'attends ici dans deux heures et ensuite, tu me donneras ton avis si jamais tu reviens bredouille.
- Entendu.
Et ni une ni deux, je quitte le comptoir pour me diriger vers la sortie de la mairie. Je n'ai pas attendu de savoir si le maire avait terminé mais désormais, j'ai une mission à accomplir et je me dois de l'exécuter au mieux. Une fois dehors, je reste devant la porte et je veille à balayer les environs de mon regard pour voir si l'un de mes voisins se promène dans le coin. Non. Génial, je vais devoir courir dans tout le village pour mettre la main sur l'un d'entre eux et ils sont actuellement huit. J'espère que cette mission ne traînera pas trop et le meilleur moyen de la débuter et de s'y mettre de suite. Du coup, me voilà en train de courir dans tout le village pour avoir la chance de croiser l'un des habitants.
