Je suis stupide.

Lorsque je rentre chez moi sans avoir trouvé les deux employés de Nook, j'aperçois une silhouette familière qui se tient face à ma demeure. Curieux, je décide de m'approcher davantage lorsque je me rends compte que la personne qui vient me rendre visite n'est autre que ce bon vieil Antoine. Des lettres au bout de ses ailes, l'oiseau attend que quelqu'un vienne lui ouvrir mais le voilà qui sursaute lorsqu'il entend ma voix lui venir de son dos. Se remettant à peine de sa frayeur, le facteur se tourne vers moi et attend quelques secondes avant de me parler.

- Bonsoir Jaysher. Je ne m'attendais pas à ce que tu surgisses dans mon dos.

- Désolé de t'avoir fait peur Antoine et bonsoir à toi.

Rapidement, le distributeur de courrier me tend deux missives et au dos de l'une d'entre elle, la signature de Coco. A mon avis, comme elle vient juste d'arriver, je pense qu'elle doit m'inviter à son anniversaire ou à une fête du même genre. Néanmoins, lorsque je regarde la lettre, je me rends compte que ce n'est pas mon prénom qui figure dessus mais celui d'un autre habitant du village.

- Heu… Est-ce moi ou tu t'es trompé de destinataire ?

Intrigué, l'oiseau regarde le nom qui figure sur l'enveloppe et se rend compte de son erreur.

- Mince, qu'est-ce que je peux être stupide par moment.

- Je pense surtout que tu dois avoir un petit souci qui te rend plutôt distrait.

- Peut-être.

D'habitude, Antoine n'hésite pas à ouvrir son sac lorsqu'il en a trop sur la patate. Aujourd'hui, il est plutôt discret et c'est toujours avec le même silence qu'il attrape la lettre se situant entre mes mains, afin de me donner la bonne. Tout en fouillant dans sa besace, l'oiseau se confond en excuse.

- Pardonne-moi Jaysher mais aujourd'hui n'est pas une bonne journée.

- C'est ce que j'ai cru comprendre. Tu veux en parler ?

- Cela ne changera rien, crois-moi. J'en ai juste marre de son indifférence alors que je fais tout pour attirer son attention.

Visiblement, la cause des problèmes d'Antoine proviendraient d'une autre personne. Devrais-je mener ma petite enquête pour savoir de qui il s'agit ou dois-je continuer à le soumettre à mon petit interrogatoire pour connaître le fin mot de tout ce mystère ? Sincèrement, je ne me sens pas trop le courage de me mêler de ses affaires mais comme ce facteur est à mes yeux, un ami, je ressens le besoin de lui proposer mon aide. Alors qu'il me remet la bonne lettre, j'en profite.

- Tu sais Antoine. Si cela ne s'arrange pas dans les jours à venir, n'hésite pas à venir chez moi pour en discuter. Ma porte te sera ouverte et il n'est jamais bon de tout garder pour soi. Un moment ou à un autre, la cocotte-minute explose.

- Je suis au courant mais pour le moment, je veux voir si elle va faire un effort de son côté ou si elle va rester inactive.