BLACK ADVISER

Auteur : Alice Matsumoto

Fandom : Kuroshitsuji / Black Butler

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, tout est la propriété de Yana Toboso et à Squarenix. Cette histoire est écrite par une fan pour les fans et je ne gagne absolument rien à écrire ces lignes, si ce n'est du plaisir.

Rating : M (comme Maître-de-soi ou Mature). Cette histoire comportera, en temps et en heure, des scènes très explicites… Soyez avertis !

Warning : cette fanfic est un slash –relation homosexuelle entre deux hommes- !

Don't like it ? Don't read it !

Résumé : Après avoir été transformé en démon, Ciel Phantomhive doit composer avec ses nouveaux besoins, tandis que Sebastian Michaellis se voit toujours contraint d'honorer son contrat. Ciel/Sebastian

RAR aux gentils anonymes qui ont eut le courage de m'écrire :

- Tsukiko : Comme promis, voici le chapitre 4... En espérant ne pas t'avoir fait trop attendre et que tu en auras pour ton impatience !

- sweety : Comme tu dis, ça se complique ! Mais si tout était merveilleux au sein du manoir Phantomhive, ça ne serait vraiment pas drôle... Le plus difficile, dans la situation actuelle, c'est de comprendre ce qu'il se passe et de prendre une décision. Enfin, et surtout, c'est de reconnaître toutes les conséquences de ce fait. Surtout pour Ciel qui a tendance à se voiler un peu trop la face... Bref, je te laisse découvrir cette suite, en espérant qu'elle te plaise tout autant que les précédents chapitres !

- coccinelle : Bienvenue Coccinelle, et un grand merci pour ce gentil message que tu m'as laissé ! J'espère que cette suite te plaira.

Notes multiples de l'auteur :

- Me suivre : J'ai réalisé la semaine dernière, quand j'ai mis en ligne le chapitre 3, que j'avais mis une annonce sur mon compte twitter... Et je me suis fait la réflexion que, peut-être, cela pourrait vous intéresser de me suivre. Il n'y a pas grand chose d'intéressant sur ce compte, si ce n'est mes déboires d'auteur de fanfictions, ma vie de tous les jours... Mais j'y mettrai également quelques infos concernant mon avancée sur Black Adviser. Quoiqu'il en soit, si le cœur vous en dit, mon pseudo là bas est red_elaiss.

- Un mot pour vous : Enfin, et surtout, merci à tous (toutes ?) pour vos gentils commentaires ! Dans ce nouveau chapitre, on découvre un bout du passé de Ciel Phantomhive au travers de son tout premier contrat... Et surtout, comment il perçoit les choses par rapport à son statut de démon. Je vous laisse découvrir tout ça, en vous souhaitant une agréable lecture ! *se penche bien bas puis esquisse une élégante courbette*

Et un grand merci à Chu-Chan pour sa bêta lecture appliquée!

Chapitre 4

Le conseiller et ses remords

Il se tenait là et ne pouvait bouger d'un seul centimètre. Il n'était qu'un être vaporeux et passif, simple spectateur de quelques noires réminiscences. Sa propre silhouette, âgée de quelques années de moins, était à plusieurs mètres devant lui, penchée au dessus d'Edward. Il pouvait voir ses yeux écarquillés d'angoisse observer le visage paisible de son premier contractant. Ses doigts gantés étaient crispés dans les cheveux bruns de sa victime et sa bouche s'entrouvrait au-dessus de ses lèvres. Il ne pouvait en demander davantage… La douce saveur de cette première âme lui donnait tellement envie, et pourtant ! Il n'y arrivait pas.

Edward rouvrit les yeux, inquiet que rien ne se passe. Les pupilles reconnaissantes et confiantes de son contractant le firent vaciller en arrière. Relâchant au passage sa proie, le jeune Ciel faillit tomber à la renverse. Il se rattrapa de justesse et garda le visage baissé. Il n'avait pas envie que son protégé ne lise la terreur qui le submergeait.

Il lui avait pourtant demandé de garder les paupières closes, et ce quoiqu'il puisse se passer ! Parce qu'il savait… Il avait bien conscience que s'il posait son regard dans le sien, il n'y arriverait pas. C'était au-delà de ses propres forces.

« - Lord Phantomhive, quelque chose ne va pas… ?

- Non, My Lord, ne vous en faites pas… Tout va pour le mieux. »

Il reprit ses esprits. Ce n'était pas le moment de flancher. S'il se laissait engloutir par ses propres peurs, son contractant en pâtirait sûrement plus que ce qu'il ne devrait. Ainsi, il reprit son expression impassible et releva le visage. Là, il s'approcha à nouveau d'Edward et lui offrit sa main. L'homme d'affaire l'accepta volontiers avant de se laisser attirer par le jeune démon.

« Je pense qu'il serait bon de vous allonger, My Lord, et de garder vos yeux clos. »

Il guida l'humain jusqu'à son lit avant de l'y allonger. Enfin, il passa sa main gantée sur le front d'Edward avant de glisser ses doigts sur les paupières de ce dernier.

« Bien, c'est parfait. Reposez-vous quelques instants, je n'en ai que pour quelques instants. »

Le jeune Ciel se redressa. Là, il retira son cache œil alors que, les mâchoires crispées, il chuchota le nom de son majordome. Le maître de maison arriva en quelques secondes à peine et s'inclina devant son maître avec respect. Les ordres ne tardèrent pas : les lèvres du jeune démon murmurèrent quelques mots alors que son iris mauve se mit à scintiller de tout son éclat.

« Sebastian, fais-le. »

La voix de Ciel n'était qu'un souffle, tout au moins assez faible pour préserver l'humain qui se reposait non loin. Il avait contrôlé au mieux ses émotions pour ne pas céder à la panique, mais maintenant qu'il voyait la réponse de son humble serviteur qui avait hoché négativement de la tête, son cœur rata un battement. Comment ça, non ? Ce n'était pas possible ! Sebastian se devait de lui obéir ! Il y avait le pacte ! Et il venait de lui donner un ordre !

La main du majordome se posa sur l'épaule du jeune démon. Se penchant jusqu'à son oreille, il lui souffla ses plus plates excuses en lui expliquant qu'il en était incapable. Enfin, le serviteur resserra ses doigts pour lui donner un peu de courage.

« C'est à vous de le faire, My Lord. »

A cette idée, Ciel ferma les yeux. Il savait que son maître de maison avait raison. C'était lui qui avait passé ce pacte avec Edward, et c'était donc son rôle de lui ôter la vie. Il prit une longue inspiration durant laquelle Sebastian se recula de quelques pas avec respect. Enfin, il rouvrit les paupières et s'approcha une nouvelle fois de son contractant. Il s'assit sur le bord du lit avec douceur. Là, il laissa ses yeux glisser le long de ce visage à moitié endormi. Il retira ses gants et laissa la paume de sa main rencontrer la joue chaude de cet humain qu'il avait servit durant deux longues années. Peut-être s'y était-il attaché ? Assurément, oui, et peut-être était-ce cela qui rendait les choses si difficiles.

Non, il n'y avait pas que ça. Il y avait aussi le fait d'arracher une âme. Il y avait cette culpabilité qui grandissait avant même qu'il n'ait fait quoique ce soit. Songeant aux nombreuses craintes qui bientôt l'asserviraient, il se pencha au-dessus d'Edward. Il devait le faire maintenant, tant qu'il avait un tant soit peu le courage. Après, il serait perdu.

Alors qu'il entrouvrit ses lèvres au-dessus de celles de son contractant, il sentit une pression réconfortante sur sa nuque. C'était la main de Sebastian qui, avec douceur, soutenait son port de tête dans cette terrible épreuve. Il entendit également sa voix lui murmurer quelques mots réconfortants.

« My Lord, aspirez doucement… Vous pouvez le faire. »

La vision se brouilla devant les yeux de Ciel. L'âme venait de s'infiltrer entre ses lèvres et glissait contre sa langue. Elle était tellement chaude, douce et sensuelle qu'il en eut les larmes aux yeux de bonheur. Il resta d'ailleurs interdit quelques instants, non certain de savoir réellement où il se trouvait. Et puis il récupéra ses esprits. Edward n'était plus, et il en était le responsable. Il se releva brusquement, perdit l'équilibre sur Sebastian qui ne put le retenir à temps, et s'étala de tout son long.

La tête baissée, les mèches bleutées glissèrent le long de ses joues. Il n'arrivait à se redresser, complètement ankylosé par ses propres tourments. Ce ne fut qu'après de longues secondes qu'il entendit la voix de son majordome l'appeler. Il releva alors les yeux vers ce dernier, le visage crispé. Sebastian lui tendait une main pour l'aider à se relever mais, au lieu de la saisir, il se laissa glisser un peu plus au sol. Enfin, sa tête roulant sur le côté, il ne lui offrit qu'un regard désespéré. Edward n'était plus.

« Sebastian ! Qu'ai-je fait ?! »

Dans le silence paisible, un cri effroyable fit trembler les murs de la grande bâtisse. Ciel Phantomhive venait de se réveiller en sursaut et il avait hurlé toute sa détresse. Recroquevillé sur lui-même, il se tenait le visage entre ses doigts tremblant. Sa respiration haletante, il tentait de retrouver son calme. Comment avait-il pu… ?!

Une voix paisible emplit sa chambre.

« Ne soyez pas trop dur avec vous, My Lord. Vous êtes quelqu'un de bon. »

Le jeune homme releva la tête brusquement. Depuis quand était-il là ? Et d'ailleurs, que racontait-il encore, comme inepties ? Il n'était plus que l'ombre de lui-même, un monstre, et lui osait dire le contraire ! Il foudroya son majordome du regard avant de perdre patience et de s'emporter.

« - Parce que de dévorer l'âme d'innocents, c'est être bon ?!

- Maître, vous le faites pour vous nourrir, et non pour un quelconque plaisir. Je ne suis pas certain de pouvoir en dire autant… »

Debout aux côtés du lit de son seigneur, Sebastian garda quelques instants le silence. Il se souvenait quelle délectation il avait lui-même ressentit lors de ses premières chasses, et même ce jour merveilleux où il avait rencontré Ciel. Il avait pressenti l'unique douceur de cette âme et n'avait pu rester de marbre face à une telle saveur. Alors non, il était loin de la pureté de son protégé, et il ne laisserait pas ce dernier se fustiger de la sorte.

« Pourquoi me dis-tu ça, Sebastian ? Tu penses me réconforter en m'assurant que je ne fais rien de mal ? »

Ciel avait les yeux exorbités de frayeur. Son iris mauve reflétait de nombreuses couleurs et étincelait de tout son éclat. Il perlait de sueur, ses cheveux bleus se collant à son front tandis qu'il tremblait. Il était comme à bout d'une longue course, ses nerfs étant prêts à céder à tout moment.

« - Je n'ai pas dit ça, my Lord, juste que vos contractants ne sont pas à plaindre. Ils ont leur part du marché, bien plus que ce qu'ils n'auraient espéré, et vous êtes probablement l'un des démons le plus doux que cette Terre n'ait jamais connu.

- Qu'est-ce que tu en sais ?!

- Je connais le soin particulier que vous apportez à vos protégés, et avec quelle douceur vous les considérez, ce qui n'est pas le cas de bien d'entre nous. Vous rappelez-vous de Claude Faustus ? »

Se concentrant sur les paroles de son majordome afin de ne pas perdre la face, Ciel hocha lentement la tête dans un signe affirmatif.

« Ce vil personnage prenait un malin plaisir à jouer avec sa victime avant son repas. De longues heures d'agonies et de souffrances, tout comme la perfide araignée qu'il était. Sans compter les longues années durant lequel le contractant est piégé dans son être. Dans son malheur, le jeune Trancy a finalement eut une terrible chance que de croiser notre chemin… »

Au souvenir du blond, les pensées du jeune démon vagabondèrent. Il revoyait très nettement le visage souriant du compte ainsi que ses yeux bleus plein de vie. Il se souvenait également de sa folie, celle de vouloir toujours attirer son attention et de souhaiter l'avoir auprès de lui. Le blond se mettait alors à rire aux éclats, partant dans un délire que lui seul comprenait. Le regard toujours dans le vague, Ciel reprit d'une voix absente.

« - Je me demande bien ce qu'il serait, s'il était encore en vie…

- Vous voulez parler d'Alois Trancy, monsieur ?

- Hum.

- Il se serait sûrement empressé de passer un contrat avec vous, my Lord. »

Le jeune homme se mit à rire nerveusement. Alois, passer un contrat avec lui ? Le blond avait toujours voulu le tuer ! Quel délire l'aurait poussé à un tel extrême ?

« - Arrête de te moquer de moi, Sebastian !

- Loin de moi cette idée, monsieur. Cependant, vous ne pouvez nier qu'Alois avait une réelle obsession pour votre personne et, à défaut de pouvoir vous posséder, il aurait tout fait pour vous appartenir.

- Soit. De toute façon, tout ceci n'est que suppositions, puisqu'il est bel et bien mort. »

En disant cela, Ciel ne réalisa pas combien sa voix était emplie d'amertumes. Sans que son protégé ne le remarque, Sebastian ne put se retenir de froncer les sourcils de contrariété. Que Ciel pense à Alois Trancy était une chose, qu'il soit emprunt de désappointement à l'idée qu'il n'était plus en était une autre. Et cette dernière était particulièrement dérangeante pour sa propre personne. Maîtrisant son ton, le domestique finit par mettre des mots sur sa crainte.

« - Le regretteriez-vous, monsieur ?

- Ce fou prétentieux ? Pas le moins du monde. »

Cela n'était tout bonnement que de l'agacement lié à son changement de nature, et uniquement cela. Trancy était le seul et l'unique responsable de cette tragédie. C'était à cause de lui s'il était désormais obligé de se nourrir d'âmes, et si Sebastian ne pouvait obtenir le dû de son propre contrat. Ah, il était beau, le bel ange blond ! Il les avait mis dans une situation plus que fâcheuse et s'en était allé comme si de rien n'était !

Ciel garda le silence, imité respectueusement par Sebastian qui, sans rien ne laisser paraître, fut soulagé par ces quelques mots. Finalement, après quelques instants de calme, le majordome réalisa que cet échange avait fini par calmer son protégé. Et, comme à chaque fois, il l'invita d'une main douce et réconfortante à sortir de son lit. Là, il attrapa un linge propre qu'il tamponna avec délicatesse sur le visage du plus jeune avant de le déshabiller et de lui enfiler un pyjama propre. Enfin, il le fit asseoir sur un large fauteuil, lui mit une couverture sur les épaules et s'employa rapidement à changer les draps. Ces derniers étaient, comme à chacun de ses cauchemars, trempés de sueur.

Ciel l'observait d'un air absent. Son visage était fermé et restait quelque peu chamboulé par ses rêves tourmentés. Il revint à la réalité lorsque Sebastian l'invita à se relever et à s'allonger de nouveau dans son lit.

« My Lord, vous devriez vous reposer. Demain sera un autre jour, et vous avez besoin de sommeil. »

Il ferma les yeux lentement, réalisant qu'il était encore là. Il avait réussi à garder la tête haute depuis sa petite enfance et malgré ses plus grandes terreurs, il était resté digne de son rang. Il en serait de même avec son actuel contrat, miss Eleonore. Inévitablement, il devrait faire face à sa monstruosité, et comme toutes les autres, il l'attraperait.

~o~

Dans le prochain chapitre... Nous verrons combien Ciel est tourmenté par l'état de santé de son majordome, mais également par son propre fardeau. Il y aura également un nouveau personnage qui fera son apparition, mais je ne vous en dit guère plus de peur de vous gâcher la surprise... En bref, je vous donne rendez-vous Samedi prochain pour le chapitre 5 s'intitulant "Les inquiétudes du conseiller".

Et si vous avez... des remarques, questions, critiques ou même quelques envies de meurtres... N'hésitez pas à remplir le petit encadré présent sous ce texte ! En plus de me faire très plaisir, de me motiver à écrire encore plus vite, je serai ravie de répondre à vos commentaires !