Infect.

Ce soir, je suis chez Opélie et chez Elisabec. La veille, je suis venu trouver la première afin de lui demander quelques renseignements et nous nous sommes tellement bien entendus sur le sujet qu'elle a décidé de m'inviter à dîner chez elle. Comme les deux sœurs habitent en dehors de la ville et qu'elles viennent à la mairie grâce à leurs ailes, Opélie a contacté le chauffeur de taxi et me voilà dans sa résidence. Celle-ci est plutôt bien décorée et de nombreuses broderies sont accrochées aux murs. Alors que mon hôte prépare la table en vue du repas qui s'annonce, je suis étonné de ne pas voir sa sœur. Dans un sens, c'est une bonne chose car je ne l'aime pas trop et je pense que cela doit être réciproque. Alors qu'Opélie pose la dernière assiette sur la table qui va nous recevoir pour le dîner, voilà qu'une drôle d'odeur commence à se faire sentir dans la pièce. Sur le coup, je commence à me poser des questions lorsque l'oiseau femelle se montre bavarde.

- Cela doit être ma fricassée de poissons. Je vais voir si elle est cuite.

Opélie s'excuse auprès de moi avant de quitter le salon afin de se rendre dans sa cuisine. Pendant ce temps, je patiente et voilà que mes yeux se posent sur une photo qui trône sur l'un des meubles. En m'y approchant, je me rends compte qu'il s'agit des deux sœurs et chose étrange, Elisabec sourit. La voir ainsi me surprend beaucoup et il est clair qu'elle n'a rien à voir avec celle qui se tient derrière le comptoir de la mairie, le soir. Lorsque Opélie est de retour, cette dernière tient une marmite grise dans ses mains et le couvercle repose dessous. L'étrange odeur persiste encore et se veut plus forte mais cela n'empêche pas mon hôte de me demander de venir près de la table. Dès que je m'installe sur l'une des chaises, Opélie reste debout et là, je n'hésite pas à me montrer curieux suite à ma découverte.

- Cela m'a fait bizarre de voir ta sœur sourire sur cette photo. Qu'est-ce qui s'est passé pour qu'elle tire la gueule en permanence ?

- Franchement, je ne le sais pas moi-même et je n'ai pas trop envie de le savoir. Je dois faire avec et de toute façon, tout ça sera bientôt de l'histoire ancienne.

- Pourquoi ?

- J'envisage de déménager.

- Et ta sœur est au courant ?

- Non et je ne tiens pas à ce qu'elle le sache. Une fois que je serais partie d'ici, je voudrais minimiser mes contacts avec elle. C'est une femme très négative et je n'ai pas besoin de ça dans mon entourage.

- Je vois.

Autant que j'évite d'en rajouter car je ne tiens pas à gâcher cette soirée à cause du sujet qui fâche. Très vite, Opélie soulève le couvercle et l'odeur qui se dégage de sa fricassée est purement infect. Le parfum est tellement fort que je dois me boucher le nez pour ne pas gerber.