BLACK ADVISER

Auteur : Alice Matsumoto

Fandom : Kuroshitsuji / Black Butler

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, tout est la propriété de Yana Toboso et à Squarenix. Cette histoire est écrite par une fan pour les fans et je ne gagne absolument rien à écrire ces lignes, si ce n'est du plaisir.

Rating : M (comme Maître-de-soi ou Mature). Cette histoire comportera, en temps et en heure, des scènes très explicites… Soyez avertis !

Warning : cette fanfic est un slash –relation homosexuelle entre deux hommes- !

Don't like it ? Don't read it !

Résumé : Après avoir été transformé en démon, Ciel Phantomhive doit composer avec ses nouveaux besoins, tandis que Sebastian Michaellis se voit toujours contraint d'honorer son contrat. Ciel/Sebastian

Note(s) de l'auteur :

- je tente, une nouvelle fois, de me battre contre les jours qui défilent à une vitesse monstrueuse et l'avancée de cette fanfiction… Je m'excuse, à nouveau, pour le délai honteux de publication. Vous pouvez crier, je comprendrai !

- je n'ai toujours pas de bêta-lectrice depuis le chapitre 12. Ainsi, veuillez m'excuser pour les éventuelles erreurs qui auraient pu se glisser dans ce texte. Si vous souhaitez relire cette histoire avant sa parution, n'hésitez pas à me contacter via MP ou review. C'est beaucoup plus rassurant de publier une histoire relue par une tierce personne que par soi-même…

- merci à tous (toutes ?) pour vos gentils commentaires ! Dans ce nouveau chapitre, la réponse concernant le futur de Lady Eleonore tombe enfin... Je vous laisse découvrir tout ça, en vous souhaitant une agréable lecture ! *se penche bien bas puis esquisse une élégante courbette*

Chapitre 13

Le conseiller et la danseuse étoile

« - Ne me trouvez-pas belle, dans ce costume fait spécialement pour moi ?

- Bien sur que si, ma Lady. Vous êtes resplendissante, et vous le serez encore plus dans quelques jours, lorsque vous monterez sur scène.

- Merci beaucoup, Lord Phantomhive ! Venant de vous, ce compliment me va droit au cœur ! »

Au milieu du salon, Eléonore décrivit quelques pas de danses tandis que sa gouvernante tentait non sans mal de la suivre dans ses mouvements, des aiguilles à la main. Peut-être arriverait-elle enfin à terminer le jupon de son costume de danse, si seulement mademoiselle arrêtait de sautiller dans tous les sens !

La nouvelle était enfin tombée dans la matinée, et Lady Eléonore avait été choisie pour le rôle. Ainsi, il était grand temps de terminer sa tenue pour le ballet qui commençait dans quelques jours. Elle devrait également répéter encore et encore les pas qu'elle connaissait par cœur. Pour autant, tous ces efforts n'étaient pour elle que merveilles. Ce rêve d'enfant était enfin réalité, et pour rien au monde elle ne laisserait ce bonheur s'effriter.

Installé confortablement dans un large fauteuil, Ciel observait tout ceci avec une inquiétude contenue. Il avait finalement gagné contre ce Neel Parker, son entrevue avec le courtier en assurance ayant permis de couvrir l'incident de l'entrepôt et, indirectement, de maintenir les finances de l'Ashton Corp. or de l'eau. Par la suite, tout s'était enchaîné tel un château de carte qui s'écroule. Lord Ashton pouvant à nouveau prétendre à ses parts de marché, l'entreprise White avait perdu de nombreux contrats et ses actions s'étaient effondrées.

Les relations du monde économique avaient ensuite joué en sa faveur : puisque l'affaire White n'avait plus le monopole, dame Edwige n'était plus contrainte de nommer l'une des miss de cette grande famille comme vedette de son ballet. Ainsi, son choix s'était tout naturellement portée vers la danseuse la plus douée, soit vers sa protégée...

Parce que là avait été tout le problème de cette affaire ! La pression économique et sociale exercée sur le professeur de danse classique... En effet, Lord White ayant de fortes relations dans le milieu, il avait tout fait pour que ses deux filles, miss Juliette et miss Marie, soient mises en avant dans cette représentation. Pour cela, il n'avait pas hésité à faire miroiter d'importants dons à l'opéra, ces derniers reposant essentiellement sur les bénéfices de son entreprise. Et comme l'institut de danse manquait cruellement de financements pour son spectacle, c'était presque naturellement que dame Edwige se voyait contrainte d'accepter les demandes de ce Lord si généreux.

Cependant, et puisque ses affaires n'allaient plus aussi bien qu'espérées, monsieur White avait du revoir son offre à la baisse, et sa participation pour le ballet ne pesait plus autant dans la balance.

Face à cette perte non négligeable de fonds, l'opéra avait dû trouver un autre bienfaiteur... Ciel avait profité de cette brèche pour se proposer avec finesse dans cette campagne de soutient. Il avait assuré que son cabinet de conseil avait un fort intérêt pour l'art, et que l'une de ses clientes participant à la représentation, il était bien naturel pour lui d'épauler une noble institution telle que celle-ci. Et même s'il n'avait pas usé de cet atout pour influencer le choix du professeur de danse, ce simple détail avait changé bien des choses.

Neel avait bien tenté de s'y opposer, mais que pouvait-il réellement y faire ? Prétexter qu'il tentait d'acheter le choix de dame Edwige ? Il aurait pu, mais cela aurait été toute somme mal placé alors que le Lord White lui-même avait d'ores et déjà glissé de nombreux cadeaux dans la loge du professeur de danse.

En bref, le conseiller avait finit par couper l'herbe sous le pied de Neel en anticipant ses manœuvres et en usant des mêmes armes. Ainsi, l'adversaire ne pouvait l'accuser de quelque chose que lui-même avait déjà tenté, de peur d'être également mis en cause.

Il réalisa que tout ceci l'avait quelque peu désappointé. Non pas que l'idée d'avoir gagné l'actuelle partie ne créait pas d'enthousiasme, mais ce dernier était entaché par le manque de combattivité de son adversaire. Ciel s'était attendu à un peu plus de mordant de la part de Neel, et l'admiration qu'il lui vouait quelques jours auparavant s'en était presque envolée. Pire, un sentiment de déception l'envahissait, et il trouvait cette sensation fort déplaisante.

Perdu dans ses pensées, il ne vit que distraitement Sebastian entrer et chercher Eléonore des yeux. Alors que son domestique demandait à la jeune femme où elle avait mis ses chaussons de danse, qu'elle lui répondait avec une joie non dissimulée, il se rappelait avec nostalgie le jour où il avait rencontré la demoiselle.

C'était une nuit d'hiver particulièrement froide. Au milieu du brouhaha de la vie, il avait entendu sa faible voix appelant à l'aide. Guidé par ses instincts, il était rapidement arrivé là où elle gisait, à moitié nue, au milieu d'immondices et autres gravas.

La ruelle dans laquelle on l'avait laissée pour morte était sombre et puait la crasse des bas fonds de la ville. Elle, elle n'avait connu que ça. Les rues délabrées, sales et nauséabondes. Née de parents trop pauvres pour subvenir à son éducation, elle avait été placée dans un institut pour jeunes filles. Ce n'était pas le genre de pensionnat modèle... Il fallait travailler dur pour payer le peu de pain et de pommes de terre qu'on daignait leur offrir. Pour autant, cela lui avait permis de survivre.

A l'âge de sa majorité, elle fut mise à la porte. L'institut ne pouvait garder tout le monde, et elle se retrouva bien trop jeune dans la rue, livrée à elle-même. Que faire, lorsque l'on a seulement 17 ans ? De petits boulots en petits boulots, passant de serveuse à danseuse dans les bars les plus louches, les ennuis finirent par la rattraper.

Elle, elle ne demandait rien, mais son innocente beauté faisait tourner bien des têtes, et son patron finit par réaliser quel potentiel financier il avait là. Pour autant, cela ne dura qu'un instant. Révoltée devant sa condition, elle lui assura que plus jamais elle ne recevrait de clients dans sa chambre. Le premier coup fusa, les insultes aussi. « Tu ne veux plus ? Parce que tu penses que je te donne le choix ? C'est moi qui te nourris, ma belle ! C'est moi qui t'offre un toit ! Alors tu feras ce que je te dis, et tu ne discutes pas ! »

La suite n'avait été qu'enfer. Elle avait continué son activité quelques temps, terrorisée par son patron, mais les clients n'étaient plus réellement au rendez-vous. La jeune femme avait perdu du poids et, les joues creusées, les yeux continuellement emplis de larmes, elle n'était tout bonnement plus aussi attrayante.

Réalisant qu'il avait un manque à gagner conséquent, son employeur explosa une nouvelle fois de rage... Une fois de trop. Il l'avait frappée, encore et encore, avant de la jeter à la rue.

Ciel l'avait alors trouvé comme cela. Les lèvres bleutées par le froid et tremblante de peur, elle luttait pour respirer. Elle était couverte de contusions, ses habits déchirés laissaient apercevoir son corps endolori.

Lorsqu'elle l'aperçut se pencher au-dessus d'elle, elle lui demanda faiblement s'il n'était pas un ange. Elle toussa, ferma les yeux, et demanda une nouvelle fois de l'aide. Elle sentait ses forces la quitter lentement et n'arrivait à s'y résoudre. Parce qu'elle avait un rêve, celui d'être un jour danseuse étoile, et qu'elle ne pouvait concevoir laisser le destin lui guider sa vie.

Le pacte fut ainsi scellé. Ciel ferait d'elle la plus belle danseuse étoile que l'opéra de la Nouvelle Orléans connaîtrait... Elle ferait une saison entière sur les planches de la scène et lui offrirait ensuite ce qui lui était le plus précieux.

Comme tous les autres auparavant, la marque du démon s'était incrustée dans sa peau, sur sa poitrine, à l'emplacement même de son cœur. C'était sûrement pour cette raison que le jeune conseiller était si bon chasseur. Son emblème, un papillon enlacé par diverses arabesques, se dessinait toujours à la source des sentiments les plus humains... Et chaque contractant avait la même sensation, celle d'être en paix. Car un seul regard de Ciel Phantomhive sur eux suffisait à les calmer, les rassurer et leur redonner espoir. Car, en une seule seconde, ils se sentaient se consumer de l'intérieur sous cette unique prunelle rouge...

Lady Eléonore ne manquait pas à la règle, et elle aussi n'attendait qu'une chose : lui appartenir pleinement. Il en avait eut la confirmation la veille, alors qu'au bord du lac, elle lui avait avoué combien elle attendait ce moment.

Ainsi, il tentait d'analyser l'extase qu'il lisait sur ses traits, en cet instant où Suzanne réajustait une fois de plus la dentelle qui était accroché à son jupon. A quoi donc était-elle vouée ? Au bonheur d'être danseuse étoile et de voir un rêve de petite fille s'accomplir ? Ou à celui de sentir la finalité du contrat approcher ?

A cette pensée, il ne put s'empêcher de froncer des sourcils. Il n'arrivait pas à comprendre tous ces humains qui souhaitaient volontairement lui appartenir. Lui-même, lorsqu'il avait été à leur place, il n'avait ressentit qu'une profonde acceptation. Il s'était fait à cette idée, rien de plus, rien de moins.

« Vous savez, my Lord, il existe de nombreuses et merveilleuses manières d'appartenir à quelqu'un… »

Il avait sursauté alors que son majordome venait de lui faire discrètement cette judicieuse remarque au creux de l'oreille. Elle n'avait été que quelques mots chuchotés avec malice... Et bien qu'il ait parfaitement entendu son allusion, Ciel ne la comprenait absolument pas. A quoi pensait-il ? Que Lady Eléonore souhaitait partager plus que quelques balades en sa compagnie ?

Désirer un démon ? Quelle folie ! Et d'ailleurs, pouvait-il réellement appliquer cette raison à Edward ? Non, résolument, Edward était un garçon !

Oh, l'idée n'était pas nouvelle. Il voyait bien les nombreux regards lascifs qu'il suscitait autour de lui, qu'ils proviennent de la gente féminine comme de la masculine. Pour autant, Sebastian semblait parler de bien plus qu'une simple attirance physique, et l'éventuelle pensée qu'un être puisse ressentir des sentiments à son égard le révoltait. Cette notion était même carrément surréaliste !

Son esprit s'était entièrement focalisé sur cette incompréhension qu'il n'arrivait à percevoir. Son cerveau refusait en bloc cette possibilité dont il n'arrivait à dessiner les contours. Pour autant, il revenait sans cesse analyser les moindres éléments, tentant de trouver là une explication logique et rationnelle à tout ceci.

« Bocchan, vos traits vous trahissent. Lady Eléonore va finir par s'en inquiéter... »

Réalisant qu'il avait pincé les lèvres sans même s'en apercevoir, il se ressaisit. Il sortit alors de ses pensées et se leva avec entrain de son large fauteuil. Là, il posa son regard dans celui de son domestique avant de lui intimer un ordre avec politesse.

« Tu as raison, Sebastian, Lady Eléonore mérite qu'on la fasse danser pour cet heureux événement. Voudrais-tu nous jouer son morceau préféré ? »

Le majordome s'exécuta et s'installa derrière le large piano. Il posa ses doigts gantés sur les touches et laissa les notes emplir l'espace. Devant ses yeux, il pouvait apprécier le spectacle que lui offrait son protégé en compagnie de Lady Eléonore. Ciel se concentrait uniquement sur la présence de sa contractante, ses traits s'étant enfin détendus...

Le maître de maison ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Il avait réussi à planter une petite graine dans l'esprit du jeune conseiller sans que ce dernier ne s'en rende réellement compte. Parce que le comte avait assurément mordu à l'hameçon ! Sinon, il serait tout bonnement resté indifférent à sa remarque. Au lieu de cela, la contrariété causée par l'incompréhension avait prit le dessus, un air boudeur s'étant installé malgré lui. Ce que c'était de bon augure, pour ses propres projets !

Bientôt, l'idée germerait sans même qu'il n'ait à lever le petit doigt, et Ciel comprendrait. Mais pour cela, il fallait encore que le dernier pion fasse sa part du travail, et ce à son insu. Et puisque cet individu était complètement imprévisible, il devait douloureusement s'en remettre à son bon vouloir...

~o~

Alors... Comment avez-vous trouvé ce petit interlude dans l'intrigue ? Et, plus important, comment diable Sebastian va-t-il réussir à charmer Ciel ?

Dans le prochain chapitre...Ciel sera face à une proposition des plus inattendues. Je vous donne donc rendez-vous au prochain chapitre, " Le conseiller au ballet étoilé "

Et si vous avez... des remarques, questions, critiques ou même quelques envies de meurtres... N'hésitez pas à remplir le petit encadré présent sous ce texte ! En plus de me faire très plaisir, de me motiver à écrire encore plus vite, je serai ravie de répondre à vos commentaires !