Test.

Finalement, Nook n'avait aucun article qui me plaisait et puis de toute façon, je m'y attendais lorsque j'ai mis un pied dans sa boutique. Désormais, je suis dehors et je traîne du côté de la mairie. Pourquoi cet endroit ? Je ne sais pas mais si mes pas m'ont emmené jusqu'ici, c'est pour une bonne raison. Soudain, alors que je passe devant l'une des fenêtres de la structure administrative, j'entends l'allumage du porte-voix et surtout, du grésillement. Le soleil s'est couché il y a plusieurs minutes déjà et tandis que le jour décline lentement mais sûrement, je suis surpris de constater qu'Opélie ne sait toujours pas faire marcher le micro de la mairie. Pourtant, je ne compte plus le nombre d'annonces qu'elle a pu faire dans le passé et ce détail m'intrigue beaucoup.

Curieux, je décide d'entrer dans le bâtiment et je regrette aussitôt mon initiative. En effet, la personne qui se tient de l'autre côté du comptoir de la mairie n'est pas Opélie mais sa sœur, Elisabec. Sur le coup, je souhaite faire demi-tour mais malheureusement, l'oiseau femelle m'a bien remarqué et n'hésite pas à le faire savoir. Tout en s'éloignant du micro, elle m'adresse quelques mots.

- Tu es encore vivant ? Inutile de te dire à quel point je suis surprise.

Je me retourne pour lui faire face et sur le coup, j'ignore complètement quoi lui répondre. De plus, je me demande bien de quoi elle peut me parler. Forcément, de l'interrogation doit se lire sur mon visage car celle qui se trouve derrière le comptoir juge utile de m'apporter un éclaircissement.

- J'avais pensé que la cuisine de ma sœur t'aurait tué mais non. Faut croire que la carne est beaucoup plus résistante que le laisse présager sa légende.

- Justement. Tu te serais regardé dans la glace ce matin, je pense que tu aurais pu le constater par toi-même.

Ma remarque fait rouge car je vois Elisabec rougir de rage suite à ce que je viens de dire. Elle s'apprête à répliquer lorsque je lui coupe l'herbe sous le pied et là encore, je n'hésite pas à me montrer cruel.

- Et puis bon, une employée de mairie qui n'est pas capable de faire marcher un micro, sincèrement, si j'étais le maire, je me poserais des questions. Peut-être qu'un petit renvoi te ferait le plus grand bien, va savoir.

- Et fort heureusement pour moi, tu n'es pas le maire.

- Non mais je suis l'un de ses employés depuis quelques jours. Je suis sûr que si je lui glissais un petit mot te concernant, des mesures seront prises. D'ailleurs, tu me fais penser que je dois me procurer un couteau de cuisine.

- Pourquoi ? Ma sœur t'a donné des recettes ? Dit-elle ne pouffant.

- Non. Je me dis que je pourrais t'attendre à la sortie de la mairie demain matin et que là…

Pour accompagner mes mots, je promène mon index droit sur mon cou, sur toute sa largeur. Suite à cette image, Elisabec ne dit plus rien et je me dis que j'avais bien raison de la tester un peu aujourd'hui.