Boyaux.

Sincèrement, depuis quelques jours, j'ai la sensation que ma vie au sein d'Haruville est en train de changer. Comment ? Je n'en sais rien. Disons que je vois les choses sous un œil bien différent et j'ai bien comprit que je n'aurais jamais ma place parmi ces animaux agissant comme des êtres humains. Je sais aussi que tout pourrait être dissipé si je prenais le temps d'en discuter avec quelques-uns de mes amis mais je n'agirais pas de la sorte. D'ailleurs, mon comportement envers eux s'est profondément modifié. Désormais, lorsque j'ai l'occasion d'éviter le chemin de l'un de mes voisins, je le fais bien volontiers.

Toutefois, ce matin, j'avais envie de me changer un peu les idées et me voilà en train de marcher sur l'une des nombreuses allées du village. Soudain, je vois quelque chose qui repose sur le sol et rapidement, je m'interroge. Qu'est-ce que cela peut-être ? Intrigué, je m'approche de la chose en question et une fois que je me trouve près d'elle, les questions sont toujours aussi nombreuses. Tout d'abord, je suis face à un sac plastique blanc mais celui-ci présente d'autres teintes sur sa partie inférieure. D'ailleurs, il y a bien autre chose à l'intérieur et j'espère sincèrement que ce n'est pas un insecte. Si cela devait être le cas, j'en connais un qui risque de courir dans tout le village en criant et forcément, je risque d'attirer l'attention sur moi.

Prudent, j'ose un œil à l'intérieur et je me rends compte que ce sont des boyaux de petite taille qui reposent à l'intérieur. C'est vraiment dégueulasse, surtout dès le matin, comme ça. J'ignore qui s'est permis de se montrer aussi pollueur mais une chose est sûre, j'ai bien envie de lui sonner les cloches si jamais je parviens à mettre la main dessus.

- Jaysher ?

Je tourne ma tête suite à la prononciation de mon prénom et je me retrouve nez à nez avec Céleste. Il est rare de la voir en dehors du musée et je me demande bien ce qu'elle fait ici, surtout qu'il fait jour.

- Bonjour Céleste, comment vas-tu ?

- Bien mais je suis embêtée.

- Que se passe-t-il ?

- Je me suis rendu au village voisin cette nuit pour m'acheter des boyaux de souris et en volant, j'ai fait tombé mes achats. Du coup, je suis à sa recherche depuis que je suis de retour.

Donc, ce qui repose à mes pieds lui appartient ? Pas de souci, cela ne m'étonne pas qu'elle se soit montré maladroite sur le chemin du retour. Du coup, je ne peux pas trop lui en vouloir mais qu'elle ne compte pas sur moi pour ramasser le sac plastique. C'est tellement répugnant.

Néanmoins, je veille à m'écarter sur ma droite pour lui permettre de voir son achat. Lorsque ses yeux se pose sur le sac plastique, un sourire se dessine sur son bec et la voir soulagée me fait du bien. En fait, j'aime bien Céleste.

- Je viens juste de le trouver mais la prochaine fois, fais attention s'il te plait.