Garde à vous !

Maintenant que Pécan a retrouvé son bloc-note et que cette dernière a prit le temps de me remercier comme il se devait, je retourne à mes occupations et me voilà en train de marcher sur le chemin qui doit me mener jusqu'à chez moi. Lorsque j'arrive à hauteur des arbres qui cerclent mon habitation, je sens rapidement des vibrations dans le sol et forcément, je ne peux m'empêcher de me poser quelques questions. Peu de temps après, je vois un trou se creuser devant moi et aussitôt, Resetti en sort.

- Bonsoir Jaysher, j'espère que je ne te dérange pas ?

- Bien sûr que si et d'ailleurs, pourquoi continuez à me poser la question alors que tu sais très bien que je ne te porte pas dans mon coeur ?

- Tu es sincère ?

- Oui.

Juste après, Resetti se montre triste et baisse son visage comme pour me le dissimuler. Malgré la faible intensité de la lumière qui arrive jusqu'ici, je parviens à voir son trouble et sur le coup, je m'en voudrais presque de lui avoir parlé ainsi. Néanmoins, lorsque je me souviens de quelle façon il s'adressait à moi à chaque fois que je quittais ce monde sans prendre le temps de sauvegarder, je me dis que je ne devrais pas avoir le moindre remord.

- Bon, qu'est-ce que tu veux ?

A cette question, Resetti lève la tête pour me regarder droit dans les yeux et ose enfin me dire pourquoi il est ici.

- Voilà. Je vais recevoir la visite du chef des taupes et comme je souhaite tout faire correctement, je m'entraîne à faire le garde à vous.

- Le garde à vous ? Comme à l'armée ?

- Oui et j'aurais voulu savoir si tu pouvais me donner ton avis ?

- Et j'aurais quoi au retour ?

- C'est dingue ça ! Commence-t-il à s'énerver. On ne peut rien demander aux gens sans que ces derniers exigent quoi que ce soit au retour.

- Ben si tu n'es pas content mon petit gars, trouve quelqu'un d'autres pour écouter tes conneries.

- Ton langage…

- Et alors ? Si cela se pose un souci, tu peux dégager et à force de m'énerver comme tu le fais, il se pourrait bien qu'il t'arrive des bricoles un jour.

- Des bricoles de quel genre ?

- Je serais toi, j'éviterai de me montrer trop curieux.

Estimant en avoir terminé avec cette maudite taupe, je poursuis mon chemin sans me soucier de cette dernière. Une fois que plusieurs centimètres sont entre nous, je l'entends m'adresser quelques mots.

- Tu es vraiment un être méprisant, tu le sais ça.

Enervé, je m'arrête de marcher et je tente de me reprendre pour ne pas laisser ma colère prendre le dessus. Néanmoins, ma volonté n'est pas aussi forte que j'aurais voulu le croire et me voilà en train de faire demi-tour, fonçant à toute vitesse vers la bestiole, les bras levés au-dessus de ma tête.

- Je vais te tuer !