BLACK ADVISER
Auteur : Alice Matsumoto
Fandom : Kuroshitsuji / Black Butler
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, tout est la propriété de Yana Toboso et à Squarenix. Cette histoire est écrite par une fan pour les fans et je ne gagne absolument rien à écrire ces lignes, si ce n'est du plaisir.
Rating : M (comme Maître-de-soi ou Mature). Cette histoire comportera, en temps et en heure, des scènes très explicites… Soyez avertis !
Warning : cette fanfic est un slash –relation homosexuelle entre deux hommes- !
Don't like it ? Don't read it !
Résumé : Après avoir été transformé en démon, Ciel Phantomhive doit composer avec ses nouveaux besoins, tandis que Sebastian Michaellis se voit toujours contraint d'honorer son contrat. Ciel/Sebastian
Note(s) de l'auteur :
- désolée pour la publication tardive… J'ai sincèrement l'impression de passer mon temps à m'excuser pour le retard entre chaque chapitre. Je dois vous dire que cette année est relativement compliquée pour moi et je cumule quelques soucis. Le dernier en date ? Un accident de la route qui m'a pas mal secouée. En bref, je tente vraiment de faire au mieux…
- un grand merci à Driope, qui a relu et corrigé ce chapitre avec attention !
- merci à tous (toutes ?) pour vos gentils commentaires ! Chacun d'entre eux me donne envie d'avancer cette histoire et de partager avec vous cette intrigue !
Dans ce nouveau chapitre, le subsconcient de Ciel Phamtohive se révèle perspicace… Je vous laisse découvrir tout ça, en vous souhaitant une agréable lecture ! *se penche bien bas puis esquisse une élégante courbette*
Chapitre 22
Le subconscient du conseiller
Comme tout un chacun, et sans même en avoir conscience, le cerveau emmagasine souvenirs, émotions et sensations. Il les analyse, les trie, les ordonne et puis, par moment, renvoie des vérités que l'on préférerait oublier.
Cette nuit-là, alors que Ciel Phantomhive était profondément endormi, son subconscient se mit en marche et, bien contre sa volonté, l'entraîna dans un tourbillon d'images.
Jeune Lord de 18 ans, mais également conseiller et surtout démon, Ciel se tenait au centre de son salon. Lady Eleonore était présente et prenait le thé en sa compagnie, un large sourire sur les lèvres. Elle semblait ravie de le voir et, comme à son habitude, était resplendissante.
Après de futiles conversations, la jeune femme reposa sa tasse sur la petite table et se redressa légèrement. Elle ancra son regard dans le sien, ses pupilles pleines d'innocence le regardant avec espoir.
« My Lord, n'est-il pas temps ? »
Ciel s'entendit lui répondre que si, il se sentit se lever pour lui offrir une main polie. Il se vit ensuite la guider vers le sofa sur lequel il l'installa confortablement et sur lequel il prit lui aussi place. Même si ce détail était imperceptible pour l'œil humain, ses doigts tremblaient légèrement. Il était nerveux.
Sa conscience, elle, savait parfaitement ce qu'il s'apprêtait à faire, mais sa raison ne voulait l'entendre. Alors, il se laissa guider malgré lui vers l'inévitable. De toute manière, avait-t-il la force de faire autrement ?
Résigné, il se penchait déjà au-dessus de Lady Eleonore, tenant avec douceur son visage entre ses mains. Le délicat parfum de la jeune femme parvenait jusqu'à lui et l'enivrait comme un excellent whisky le ferait. Il avait déjà entrouvert les lèvres au-dessus des siennes avant de les refermer brusquement. Il n'en était pas capable. Pas elle... Pas une de plus !
Il rouvrit les yeux pour découvrir le visage inquiet de sa protégée le supplier du regard.
« My Lord... Je vous en conjure, mettez fin à notre contrat. Je ne veux pas que ce soit votre majordome, mais simplement vous... Je vous implore, Ciel Phantomhive. Si vous avez un peu d'affection pour moi, prenez-la. Prenez mon âme. »
Horrifié, le conseiller s'était brusquement relevé, puis avait décrit plusieurs pas incertains en arrière. Pourquoi diable cette jeune femme voulait à tout prix lui appartenir ? Lui, il ne voulait posséder personne, et que ce soit Edward ou même ses précédents contrats, il ne l'avait fait que pour subsister. Lui, il n'en avait que faire de posséder des humains, leurs vies et encore moins leurs âmes ! Il haïssait les êtres faibles, et toutes ces fioritures ! Il détestait leurs manies à vouloir tout lui offrir, sans avoir conscience de leurs actes ! L'innocence n'était que foutaises !
Sa tête lui faisait mal, elle était sûrement au bord de l'explosion, et il avait cette désagréable sensation que le sol sous lui se dérobait. La vision de Lady Eleonore au bord des larmes se brouilla. La lumière se fit de plus en plus sombre alors que de nombreux lys rouges recouvrirent la scène.
Dans son dos, dans le creux de son cou, il sentit un souffle chaud. Ce n'était plus lui le prédateur, mais lui qui était chassé. Terrorisé, il fit volte-face, découvrant un néant sombre et oppressant.
Au même moment, il se réveilla en sursaut. Instinctivement, il porta l'une de ses mains à son cou, là même où il avait ressenti ce souffle contre sa peau. Il n'y avait rien, et bien que cette sensation ait été quasi réelle, ce n'était que création d'un mauvais rêve.
La porte de sa chambre s'ouvrit brutalement, le faisant sursauter et découvrant Sebastian dans le chambranle de la porte. En quelques enjambées rapides, le majordome était déjà à sa hauteur et le prit dans ses bras.
Son jeune compagnon semblait secoué, Sebastian le garda alors de nombreuses minutes contre lui, lui caressant tendrement les cheveux pour lui faire retrouver ses esprits. Et lorsque le conseiller eut à nouveau une respiration calme et tranquille, qu'il s'apprêta à le rallonger dans les draps, ses yeux se plissèrent de colère : avec impudence, un magnifique lys avait trouvé refuge dans le creux des coussins.
Instinctivement, les deux yeux découverts de Ciel suivit le regard de son contractant et il retint un hoquet d'effroi lorsqu'il tomba sur la fleur d'un rouge profond. Il n'y avait aucun doute là-dessus : le souffle qu'il avait ressenti dans son cauchemar avait bien été réel. Neel était venu.
Intérieurement, Sebastian pesta. Comment ce diable était-il entré sans qu'il ne le sente ? Était-il si affaibli qu'il avait perdu un bon nombre de ses sens ?
Fixant toujours les pétales carmin sur les draps, Ciel réalisa combien ce démon avait été proche de lui. Son cerveau lui faisait d'ailleurs la liste non exhaustive de quel danger il avait frôlé. La mâchoire crispée, il se retourna alors lentement vers son compagnon et, avalant difficilement sa salive, prit la parole sur un ton un peu trop grave.
« Avec le lien, je ne risquerai plus rien, et toi non plus. Il faut que nous le fassions.
- Es-tu seulement prêt ?
- Je ne sais pas, et là n'est pas la question, Sebastian ! »
Le grand brun attrapa son protégé par les épaules pour ancrer son regard dans le sien. Dans les prunelles carmins, il y vit toute cette terreur d'être abusé, mais aussi celle d'appartenir à jamais à quelqu'un qu'il n'avait choisi. Une éternité à subir, une éternité à souffrir. Que cela était merveilleux à voir ! Ce qu'il aimait le visage parfait de Ciel déformé par ses angoisses les plus noires !
Malgré ce délicieux spectacle, cela l'enrageait également. Ces émotions n'étaient pas le fruit de ses propres actes, elles ne lui appartenaient pas ! C'était à ce foutu Neel que revenait la grâce de cette beauté ! C'était à ce foutu démon qu'il devait ce délicieux plaisir !
Il espérait bien régler le problème Parker avec l'établissement de leur lien. Pour autant, son compagnon n'était toujours pas prêt, et cela était une certitude. Sinon, ils dormiraient déjà depuis plusieurs nuits dans la même chambre, et indubitablement dans le même lit. Non, ce n'était que cette terreur qui le faisait parler. Ce n'était que cette horreur qui le poussait dans ses bras.
S'il avait écouté son corps, bien sûr qu'il aurait cédé dès à présent à son compagnon. Il l'attendait depuis tellement de temps qu'il en aurait été comblé. Seulement, il n'avait pas envie de profiter de ce moment de faiblesse. Il savait pertinemment que s'il le faisait, la puissance de leur lien en pâtirait lourdement. Non, il ne pouvait se résoudre à abandonner une partie des avantages de leur future relation, et Ciel pouvait bien le détester pour cela, il ne changerait pas d'avis.
« Ciel, ce n'est pas le moment d'envisager une telle chose. »
En entendant la réponse négative de son aîné, le petit brun ne put s'empêcher de grimacer. Il aurait préféré que ça se fasse dès à présent, même si son esprit n'était pas capable de raisonner clairement. Il serait enfin égérie, Sebastian récupérerait sûrement un peu de sa force, et Neel ne serait plus qu'un lointain souvenir.
Alors que le petit brun fronçait des sourcils, son majordome lui tamponna doucement le visage avec un linge blanc avant de le prendre à nouveau dans ses bras. Dans ce cocon protecteur, Ciel comprit qu'il n'arriverait pas à le faire changer d'avis, et surtout que le comportement de son domestique l'exaspérait. Qu'avait-il, a le couver comme cela ? Que lui prenait-il, à vouloir le chérir comme un humain le ferait ? Il ne voulait pas de cela. Cela n'était pas pour lui, que d'être traité comme un être faible et misérable. Il préférait nettement lorsque Sebastian s'amusait de ses peurs, le taquinait sur sa faiblesse et s'arrangeait pour lui faire faire ce qu'il désirait sans même qu'il ne s'en rende compte. Cela était un véritable jeu, un duel qui n'avait jamais de fin, mais auquel il prenait un réel plaisir. Car c'était comme cela qu'il se sentait exister... Parce que, dans ces moments-là, Sebastian le considérait à la hauteur de ce qu'il était, comme un être à part, un être unique.
Il claqua de la langue dans un geste nerveux, trahissant là sa forte contrariété, avant de reprendre sur une voix qui se voulut calme et posée. Cependant, et malgré tous ses efforts, son timbre trembla légèrement de colère et d'orgueil.
« Soit, puisque telle est ta décision, sors immédiatement de cette chambre. »
Sebastian se redressa légèrement et ancra son regard cuivré dans celui de son cadet. Ciel avait retrouvé sa vindicte naturelle, et cela le rendait d'autant plus beau. Ses lèvres étaient pincées avec amertume, et il avait relevé légèrement le nez avec suffisance. Les émotions qui traversaient le corps fin et harmonieux de Ciel Phantomhive lui étaient entièrement et délicieusement dédiées.
Avec malice et insolence, Sebastian ne perdit tout de même pas son sang-froid. Il soutint avec fermeté le regard de son cadet et serra un peu plus ses doigts sur ses fines épaules.
« Et pourrais-je savoir pourquoi monsieur ne désire plus de mon agréable compagnie ?
- Parce que je ne veux pas d'un humain comme compagnon. »
La phrase était partie telle une bombe, sciant littéralement le majordome sur place. Lui qui s'était efforcé, justement, à avoir un comportement bienveillant à son égard, voilà qu'il se le prenait en pleine face !
Ciel grimaça de dégoût avant d'ajouter d'une voix froide et odieuse.
« Sebastian, si de devenir chaperon te rend si mièvre, je préfère encore Neel. Lui, au moins, sait mener ses contrats à terme. »
Le majordome dut prendre un temps de réflexion avant d'être certain d'avoir compris le sens de cette pique. Et il venait de recevoir le message cinq sur cinq : Ciel pouvait encore changer d'avis. Oui, le jeune comte en était capable. Pire, il oserait.
D'un geste brusque, Sebastian lui attrapa fermement la mâchoire entre ses doigts ganté pour le forcer à le regarder directement dans les yeux.
« Parce que tu penses que je vais te laisser faire, Ciel Phantomhive ?
- Comme si tu en avais le droit.
- Que je l'aie ou non, je le prendrai.
- Sebastian, tu m'agaces. Sors d'ici. Maintenant !
- Non. »
Toujours coincé entre la poigne de son majordome, le petit brun haussa un sourcil de surprise. Son domestique venait de réfuter l'un de ses ordres, et cela lui déplu au plus haut point.
« Bien. Puisque tu refuses d'obéir à ton maître, je vais être dans l'obligation de te renv... »
Ciel ne put finir sa phrase, Sebastian l'ayant saisi par la taille et l'ayant soulevé au-dessus de lui. En moins de temps qu'il n'en fut pour le dire, le petit brun se retrouvait assis à califourchon sur son compagnon, maintenu par des mains puissantes. Rageur d'avoir été ainsi pris par surprise, confus devant la position plus que suggestive que le domestique leur avait fait prendre, Ciel commença à vouloir se dégager. Peine perdue.
« Sebastian, lâche-moi immédiatement !
- Non. »
Sous lui, le majordome esquissait un large sourire. Cela lui plaisait, de voir Ciel commencer à paniquer parce qu'il n'avait pas la force de se libérer. Cela était même grisant de le voir se débattre, de lui hurler dessus qu'il n'était qu'un rustre et infâme démon, et qu'il le détestait ! Il se mit d'ailleurs à rire lorsque le petit brun tenta de le faire céder en lui assenant de nombreux coups sur la poitrine. Comme si ces petits poings pouvaient ne serait-ce que l'égratigner...
Joueur, Sebastian finit tout de même par relâcher sa poigne, faisant partir le petit brun en arrière. Ciel découvrit avec douleur le parquet au sol, mais se releva rapidement. A nouveau sur ses pieds, il toisa du regard son majordome qui était resté à moitié affalé sur le lit, rieur.
« Sebastian, je t'interdis de me toucher ! »
Comme pour se protéger ou se donner un peu plus de prestance, Ciel pointait un doigt aristocratique sur son domestique. Il s'efforçait à garder un semblant de tenue, mais il savait très bien que l'ensemble de ses réactions corporelles le trahissait. Son cœur battait bien trop vite, ses pupilles étaient dilatées d'effroi, et son bras tendu devant lui tremblait légèrement. Il fit même un pas en arrière, incertain, lorsqu'il vit Sebastian se relever, un sourire moqueur sur les lèvres.
Les yeux du grand brun se mirent à briller avec malice lorsqu'il lui répondit sur un ton moqueur.
« Et que vas-tu faire pour m'en empêcher, hum ? »
Le majordome n'attendit pas un instant de plus et fondit sur le conseiller qui l'évita de peu. Lorsqu'il se retourna, il découvrit son jeune compagnon à l'autre bout de la pièce, la lourde commode entre les mains, prêt à la lui jeter en pleine face.
« Ciel, n'en as-tu pas marre de jouer avec les meubles ? Tout comme le salon, il faudra les faire changer, et il est dommage d'abîmer des objets d'une telle qualité... »
Il vit bien que le petit brun ne l'écoutait absolument pas, et il le laissa volontairement faire. Le bois craqua en venant s'écraser contre le mur, marquant son impact en une trace sombre. La commode fut rapidement suivie par le petit secrétaire, sa chaise, et enfin la lourde armoire. La chambre de monsieur avait désormais une allure apocalyptique, le parquet ayant été défoncé par endroit, les rideaux ayant été arrachés de leurs anneaux, et les murs enfoncés sur de larges surfaces. Il ne restait plus que le lit, seul au milieu des dégâts, a avoir été épargné...
Toujours aussi rageur d'avoir loupé sa cible, Ciel s'approcha dangereusement du dernier meuble intact. Il comptait bien, avec cette ultime arme, venir à bout de ce visage moqueur qui le narguait.
Pourtant, au moment même où il posa ses mains sur le montant en bois, il sentit une force le pousser en avant. Retombant à plat ventre sur le matelas, une poigne ferme vint se refermer autour de ses poignets. Sebastian avait profité de sa fureur pour l'immobiliser. Plaqué entre le lit et son corps, Ciel pesta tandis que, dans son dos, il entendit une voix amusée le taquiner.
« Toujours contrarié, bocchan ? Je pensais que vous saviez mieux maîtriser vos émotions, mais il semblerait que vous ne soyez toujours qu'un enfant...
- Sebastian, je te... !
- Oui, je sais... Tu m'interdis de te toucher, n'est-ce pas ? »
En disant cela, les mains du majordome s'étaient déjà faufilées sous la chemise de nuit du jeune homme. Ciel sentit alors les doigts habiles de son domestique glisser sur ses hanches. Ce contact n'était que peu de chose, mais il suffit à le faire frémir malgré lui de plaisir. Sebastian s'en rendit rapidement compte et continua.
« Je vois que tu es tout de suite plus docile, lorsque tu acceptes ta place d'égérie... »
Ciel s'insurgea, voulu lui dire qu'il arrête ça tout de suite, et que cela était un ordre ! Pourtant, les seuls sons qui purent réellement sortir de sa bouche ne furent que grommellements à moitié étouffés par le matelas.
Dans son dos, le majordome avait un large sourire. Il approcha ses lèvres de l'oreille de son compagnon avant de lui murmurer quelques mots taquins.
« Enfin calmé, bocchan ? »
Il osait se moquer de lui ?! Ciel voulu faire volte-face, lui mettre une belle et bonne claque, mais les bras puissants qui lui tenaient les poignets l'en empêchaient. Alors il pesta toute sa rancœur, hurlant presque à s'en faire mal à la mâchoire.
« Tu m'as désobéi !
- Oui, et je suis ton compagnon. J'ai moi aussi mon mot à dire concernant ma présence à tes côtés. Et que tu le veuilles ou non, Ciel, je ne renoncerai pas. Tu m'appartiens depuis ce jour où ma marque s'est incrustée dans tes chairs. Tu m'as toujours appartenu. »
Ces mots eurent l'effet d'une douche froide sur le jeune démon. Sa fureur s'était évanouie comme elle était venue, seul l'épuisement de la colère restait. Sous lui, Sebastian le sentit se relâcher complètement, signe que le petit brun abdiquait.
Ciel ferma les yeux un instant, écoutant sa lente respiration se mêler à celle de son compagnon. Oui, Sebastian avait raison. Il lui appartenait de droit, et ce pleinement. Parce qu'avec son immortalité, il n'était plus dans la capacité de remplir sa part du contrat. Cela était donc bien normal qu'il accorde le privilège d'être son chaperon, n'est-ce pas? C'était là sa propre damnation, comme s'il payait finalement le prix de toutes ces longues années de loyaux services.
De plus, il n'avait pas le droit de traiter son compagnon de cette manière. Ce n'était pas parce qu'il n'obtenait pas tout ce dont il avait envie que son majordome devait irrémédiablement en payer le prix. C'était une idée diaboliquement difficile à accepter, lui-même n'étant absolument pas habitué à faire la moindre concession... Pour autant, sa future place d'égérie lui imposait ce genre de contraintes. Il n'était pas certain d'être capable de contenir sa colère à chaque fois, mais cela était-il réellement dérangeant ? Sebastian aurait toujours la force de le maîtriser et de lui imposer ses choix. Ils devraient changer les meubles, et puis voilà.
Enfin, et il ne s'en rendait compte que maintenant, c'était le changement de comportement de Sebastian. Son majordome avait enfin mis de côté sa bienveillance surfaite, sa complaisance insupportable et sa mièvrerie écœurante. Il était à nouveau lui, calculateur, mesquin et... démon.
Toujours écrasé par le poids de son compagnon, le petit brun fut submergé par un bon nombre d'émotions. Son cœur s'était mis à battre plus rapidement alors que son esprit semblait bien plus tranquille.
Enfin, la voix calme et posée de Ciel finit par emplir le silence.
« Je crois que je le suis.
- Quoi donc, bocchan ?
- Prêt. »
Sebastian se détacha légèrement de Ciel pour le faire se retourner et lui soulever légèrement le menton. Il posa ses yeux dans les siens, observant avec plaisir sa propre marque brillant de tout son éclat dans l'iris droit du jeune homme.
« Ciel, tu es épuisé, il est hors de question que je pose mes mains sur toi maintenant.
- Mais je... »
Pour empêcher le jeune démon de le contredire à nouveau, Sebastian venait de mettre son index sur ses lèvres avant de les embrasser tendrement. Profitant de ce simple baiser, il prit le petit démon dans ses bras pour les faire basculer sur le côté. Enfin, d'une main habile, il attira les couvertures sur leurs deux corps avant de laisser ses doigts glisser dans les cheveux bleus foncés de son compagnon. Il savait parfaitement comment faire taire le petit brun, massant avec application certaines zones stratégiques de sa nuque. Apaisé, Ciel finit par s'endormir : Sebastian avait gagné.
~o~
Alors... Comment avez-vous trouvé cette petite dispute ?
Dans le prochain chapitre...Les choses deviennent-elles réellement sérieuses entre nos deux personnages préférés ? Je vous donne rendez-vous au prochain chapitre, " Le conseiller et les plaisirs de la chair ".
Et si vous avez... des remarques, questions, critiques ou même quelques envies de meurtres... N'hésitez pas à remplir le petit encadré présent sous ce texte ! En plus de me faire très plaisir, de me motiver à écrire encore plus vite, je serai ravie de répondre à vos commentaires !
