Fausse arme.
Délaissant les filles à leur entraînement matinal, je poursuis mon chemin et j'arrive très vite sur les plages. Tout en me promenant le long de ces dernières, mon regard est immédiatement attiré par quelque chose qui brille au loin et qui semble partiellement recouvert par le sable. Intrigué, je me dirige vers ma trouvaille et lorsque je me tiens à proximité, je me rends compte qu'il s'agit d'un revolver.
« Qu'est-ce que ça fait ici ce truc ? »
Regardant dans les deux directions, je m'aperçois très vite que je suis seul dans le secteur et à ce moment, je pose mes genoux sur la plage afin de prendre l'objet entre mes mains. Je l'observe attentivement et pendant de longues secondes pour constater que celui-ci est en parfait état. Par contre, lorsque mes yeux se promènent sur le barillet, je me rends compte que quelque chose cloche. En effet, cette partie n'est pas détachable alors qu'à la base, elle l'est. Retournant l'arme dans tous les sens, je n'entends pas la personne qui s'approche de moi dans mon dos.
« Bonjour Jaysher. Magnifique journée pour se promener n'est-ce pas ? »
Au son de la voix, je sursaute avant de me retourner pour faire face à mon interlocuteur. Bien sûr, je prends soin de planquer mes mains dans mon dos afin de lui dissimuler ma trouvaille afin de ne pas me mettre dans une situation difficile.
« Tout à fait monsieur le maire et je constate que je ne suis pas le seul à avoir risqué le nez dehors. Difficile de travailler dans ces conditions, n'est-ce pas ?
- A qui le dis-tu ? Néanmoins, je ne peux leur faire le moindre reproche. L'été approche et il est normal de voir des filles faire tout leur possible pour être un minimum séduisante.
- Si vous le dîtes. »
Ces pensées sont bien loin des miennes mais je me garde de lui dire. Pour l'heure, j'aimerai que le maire parte d'ici pour que je puisse continuer mon étude sur l'arme que je viens de trouver mais je pense que c'est peine perdue. En effet, la tortue s'avance et me dépasse quelques secondes plus tard. Du coup, je dois de tourner sur mes talons pour poursuivre la dissimulation de mon trésor.
« Monsieur, j'aurais une question à vous poser.
- Je t'écoute mon garçon.
- Ce village a-t-il compté d'autres humains avant que j'arrive ?
- Non, tu es le premier. Pourquoi cette question ?
- Je viens de trouver ceci. »
N'y pouvant plus, je montre l'objet à la tortue qui, à sa vue, ne peut s'empêcher de sourire.
« Je ne pensais pas le retrouver un jour.
- Parce qu'il vous appartient ?
- Oui. Regarde sur le canon. »
Je m'exécute et là, je vois le prénom du maire inscrit dessus.
« C'est un jouet que je chérissais lorsque j'étais plus jeune mais cela remonte tellement à loin maintenant.
- Vous voulez le récupérer ?
- Tu peux le garder. »
