Gazouiller.

Si je me suis levé ce matin, c'est à cause d'une personne, du moins, je pense, ou d'un animal. En effet, alors que je dormais encore les poings fermés, une curieuse mélodie vint me caresser les oreilles. Encore, si ce chant était mélodieux, je me serais levé dans les meilleures conditions possible mais là…

Une fois debout, je me suis rapproché de l'une des trois fenêtres de la pièce et me voilà en train de regarder dans la direction où se trouve le musée. A ce moment, j'aperçois une silhouette perchée sur le toit du bâtiment et semble être à l'origine du vacarme que je suis en train d'entendre. Voulant savoir la raison d'un tel bruit, je décide d'aller voir de mes propres yeux et lui suggérer d'arrêter par la même occasion car si cette personne continue ainsi, j'ai bien peur que des problèmes surgissent. Néanmoins, avant de sortir dehors, je prends le temps de m'habiller correctement afin de ne pas être la risée de mes voisins. Quelques secondes plus tard, me voilà fin prêt et c'est bien décidé que je risque mon nez en dehors de ces murs.

Très rapidement, j'avale la distance qui me sépare du musée et lorsque j'arrive à ses pieds, je me rends compte que la personne qui se montre bruyante n'est autre que Céleste, la sœur de Thibou. Inquiet de la voir ainsi, je n'hésite pas à lui soumettre une question pour être sûr que tout tourne correctement dans sa tête.

« Bonjour Céleste. Qu'est-ce que tu fais ? »

Entendant ma voix, la petite chouette me regarde aussitôt et me fournit une réponse.

« Je suis en train de chanter.

- Parce que tu appelles ça chanter ?

- Que dois-je comprendre ?

- Que tu chantes comme une casserole. Tu te rends compte que tu m'as sorti de mon lit à cause de tout ce raffut ?

- Tu es sincère quand tu dis ça ?

- Oui. Tu as de la chance que je ne sois pas quelqu'un de dangereux car si j'avais eu une carabine sous la main, un cadavre aurait fait la une de toutes les conversations. »

Remarquant à quel point je suis énervé par ce réveil désagréable, Céleste se montre triste et cesse de chanter. Ensuite, elle descend de son perchoir à l'aide de ses ailes et lorsqu'elle se pose devant moi, l'animal ne sait quoi dire ou faire.

« Franchement, si tu veux vraiment chanter, prends des cours déjà et fais-le dans ton bureau car la prochaine fois, je ne pense pas que je serais aussi gentil.

- D'accord. Pardon Jaysher. Je voulais savoir pourquoi les autres oiseaux aimaient tant gazouiller mais il faut croire que je ne suis pas douée pour en faire autant.

- Si tu travailles ton chant, peut-être que tu pourrais nous offrir des concerts le samedi soir au perchoir. Pour l'heure, évite si tu ne veux pas te retrouver avec un deuxième trou de balle. »

Choquée par mon expression, Céleste me regarde avec des grands yeux et ne dit plus rien.