Tarte à la fraise.

Je me ramène dans mon passé récent car je dois avouer que l'une des habitantes de ce village se prend la tête vraiment pour rien. En effet, lorsque j'ai quitté la boutique des sœurs, j'ai entendu un cri en provenance de l'une des maisons se situant devant le magasin. Aiguisant mon ouïe, je me suis rendu compte que ce bruit venait de la demeure qui se trouvait sur ma gauche et bien sûr, curieux comme je suis, je n'ai pas hésité une seule seconde à m'y rendre. Avec un peu de chance, je pourrais mettre la main sur celle qui vient de hurler et savoir de quoi il retourne.

Dès que j'arrive devant la maison en question, je vois Coco la tête penchée sur le rebord de sa fenêtre, en train de pleurer à chaudes larmes. La voyant dans cet état, mon coeur s'en retrouve touché et je dois faire tout mon possible pour permettre à mon amie de retrouver le sourire. Néanmoins, j'ignore encore si cette tâche sera aisée mais cela ne me fait pas peur. Aussitôt, je lui pose une première question, accompagnée d'une formule de politesse.

« Bonjour Coco, qu'est-ce qui ne va pas ?

- Bonjour Jaysher, dit-elle en relevant la tête pour me regarder. J'ai préparé une tarte aux fraises ce matin et je l'avais posé sur le rebord de ma fenêtre pour qu'elle refroidisse et à mon retour, elle n'était plus là.

- Mince et tu n'as pas eu le temps de voir qui te l'a volé, si jamais c'était quelqu'un ?

- Non et cela m'embête beaucoup. Si j'avais eu le temps de voir la tête de ce ravisseur, t'inquiète que je m'en serais chargée toute seule.

- A ce point ? »

Là, Coco se permet de hocher positivement de la tête en guise de réponse. Franchement, il s'en passe des choses dans ce village et cela commence même à faire beaucoup. Il faut vraiment que quelqu'un s'en occupe car si nous continuons ainsi, j'aurais des raisons de craindre le pire pour le futur de cette bourgade. Dès que j'aurais réussi à remonter le moral de Coco, j'irai voir le maire pour discuter de ce problème. Soudain, une idée me traverse l'esprit et je m'empresse d'en faire part à mon amie.

« Ecoute, que dirais-tu de faire une autre tarte ?

- Je veux bien mais si le voleur repasse une nouvelle fois et voit ma tarte sur le rebord de ma fenêtre, il va encore me la voler.

- Sauf si on l'a fait chez moi.

- Je ne vois pas ce que cela pourrait changer.

- Tout. Tu te souviens que j'ai un étage chez moi ?

- Oui et alors ? »

Tout à coup, Coco voit où je veux en venir et au début, elle ne me fournit aucune réponse. Toutefois, peu de temps après, un sourire se dessine sur ses lèvres et je sais que mon idée l'intéresse beaucoup.

« Je veux bien finalement. »