Pression.
Lorsque je rentre chez moi alors que la nuit commence à tomber, je vois une silhouette se tenir devant la porte d'entrée de ma résidence. Quand j'arrive à quelques centimètres de l'issue, je ne peine pas à reconnaître la personne qui m'attendait et cette dernière n'est autre que Resetti. J'espère que le maire a eu le temps d'aller le trouver dans la journée pour lui demander de se calmer car s'il est ici uniquement pour m'ennuyer une nouvelle fois, tant pis.
« Tu peux dégager du passage, lui dis-je.
- Tu te prends pour qui pour me parler sur ce ton ?
- Et toi ? »
A son regard, je comprends qu'il est en train de réfléchir suite à ce que je viens de lui rétorquer. Comme il n'arrive pas à trouver, Resetti poursuit dans son comportement et son agressivité me monte de plus en plus à la tête. Très vite, je commence à fouiller les poches de mon pantalon et je suis déçu de ne rien trouver que je pourrais envoyer sur la bestiole.
« Au fait, le maire t'a rendu une petite visite aujourd'hui ?
- Oui, pourquoi ?
- Parce que je n'ai pas l'impression de voir la moindre modification dans ton comportement.
- Et alors ? Ce n'est pas parce que le maire vient me voir pour me dire que les villageois sont fatigués de ma présence que je vais changer quoi que ce soit dans mes façons de faire.
- Tu devrais car si tu continues ainsi, je pourrais très bien faire un ragoût de taupe dans les jours à venir.
- Comme si ta menace me faisait peur. Je pourrais trouver le maire pour lui raconter ce que tu viens de me dire.
- Vas-y mais comme ce dernier est venu te trouver pour tenter de te calmer, il serait en droit de voir ton retour comme un acte suspicieux. De plus, je suis dans ses bonnes grâces alors que toi… Bref, c'est la dernière fois que je te vois devant chez moi et si tu as le malheur de te montrer encore, je te ferais la peau.
- Et si ce n'est pas lui, ça sera moi. »
Resetti tourne sa tête en direction de la voix que nous venons d'entendre et à ce moment, Céleste sort de la pénombre, en compagnie de son grand frère. Ensuite, j'entends des pas dans mon dos et lorsque je me retourne, je constate que Coco, Gabi et Miles viennent nous rejoindre.
« Alors mon cher Resetti, tu ne ressens pas comme une petite pression peser sur tes épaules ? Lui demandai-je. Nous sommes tous unis contre toi et même si le maire n'arrive pas à te calmer, nous nous ferons une joie de nous en charger nous-même.
- Notre conversation est loin d'être terminée Jaysher.
- Je le sais mais je ne te laisserai pas l'occasion de l'achever de toute manière. Comme je t'ai dit, la prochaine fois... »
Connaissant très bien le message de cette phrase, Resetti ne s'attarde pas et plonge dans le sol afin d'y disparaître en y creusant une galerie.
