Sable volant.

Aujourd'hui, le temps est plutôt maussade. Hier soir, ils ont annoncé un très mauvais temps à la météo mais comme on ne peut s'y fier vraiment, je me suis dit qu'ils avaient faux. Malheureusement, lorsque j'ai ouvert ma porte d'entrée afin de me rendre à l'extérieur, je me suis rendu compte que pour une fois, le présentateur ne s'était pas trompé. Pour le moment, aucune goutte de pluie n'est encore tombée mais les nuages gris qui ne cessent de s'amonceler au-dessus de ma tête me font clairement comprendre que cela pourrait se produire dans les minutes qui vont suivre. Alors que j'ai entamé ma promenade quotidienne, je me retrouve très vite sur les plages et je ne tarde pas à ramasser ce qui se trouve sur le sable : porcelaine, peigne de Vénus, coquille Saint-Jacques et j'en passe.

Toutes ces petites trouvailles s'échouent dans ma besace même si je sais qu'à leur vente avec Nook, elles ne me rapporteront pas grand-chose. Ce n'est pas grave, je toucherai une somme qui deviendra mon argent de poche de la journée et au pire, si j'ai besoin de toucher un peu plus, je pourrais toujours me lancer à la chasse aux insectes ou à la pêche aux poissons. Avec un peu de chance, je pourrais même déterrer un fossile et le faire expertiser pour connaître la nature de ma découverte. De plus, je pourrais toujours le refourguer à Nook car cela fait déjà plusieurs mois que j'ai compléter la collection de fossiles qui repose au sein du muséum de notre village. Je me souviens encore à quel point Thibou m'avait remercié suite à cet événement et sur le coup, le hibou était prêt à m'offrir un verre d'alcool de sa cave personnelle.

Je ne savais pas qu'il s'en envoyait derrière le cornet de temps en temps et depuis ce jour, je le regarde d'une toute autre manière. Alors que je quitte mes pensées pour ramasser un nouveau coquillage, voilà qu'un vent plutôt fort parvient à soulever du sable et celui-ci ne trouve rien de mieux que de se loger dans mes yeux. Forcément, ils s'en retrouvent très vite irrité et me voilà en train de me frotter les paupières dans l'espoir de chasser les grains qui se sont glissés en-dessous.

« Jaysher ? »

Malgré cette voix, je ne peux voir mon interlocuteur et je m'empresse de m'en excuser.

« Désolé mais j'ai du sable dans les yeux.

- Voilà pourquoi tu n'arrêtes pas de te les frotter. Si tu ne m'avais pas reconnu, sache que c'est Miles qui te parle.

- D'accord et merci de me le dire. Comment vas-tu ?

- Bien mais ce n'est pas ton cas. Veux-tu venir chez moi pour que je m'occupe de tes yeux ?

- Je ne tiens pas à te déranger Miles.

- Et ce n'est pas le cas puisque je te le propose. »

Comme pour lui indiquer que j'accepte, je dirige l'une de mes mains dans sa direction et aussitôt, l'éléphant l'attrape dans ses pattes et me guide au sein du village.