Joli sourire.

Lorsque nous arrivons au perchoir, Céleste et moi, nous remarquons que le pigeon est toujours à sa place habituelle, derrière son comptoir. Lorsqu'on se place face à lui, Robusto délaisse l'essuyage de la tasse qu'il tient dans ses ailes afin de prendre notre commande.

« Bonsoir Jaysher, bonsoir Céleste, que puis-je pour vous ?

- On aimerait deux cafés s'il te plaît.

- Une préférence ?

- On te fait confiance.

- Très bien. Installez-vous, je vous apporte vos tasses de suite.

- Merci Robusto. »

Alors que le pigeon s'affaire à nous préparer nos tasses, Céleste et moi décidons de nous installer à l'une des tables du perchoir. Une fois que nos séants reposent sur les sièges en bois, je constate que ma jeune amie a cessé de pleurer. J'y vois là un signe et je juge utile d'en profiter pour aborder d'autres sujets de conversations afin de lui changer les idées.

« Tu viens souvent ici ?

- Très rarement. Je suis tellement absorbée par mon travail que je ne prends pas le temps de me changer les idées. Je devrais le faire d'ailleurs, cela ne pourrait me faire que du bien.

- C'est ce que je pense aussi. Pour ma part, j'y venais tous les matins mais maintenant, j'aspire à de nouvelles habitudes. »

Lorsque cette dernière phrase s'achève dans sa prononciation, Robusto s'approche de notre table en portant un plateau en argent du bout de ses ailes. Dès qu'il arrive près du meuble, il pose l'ensemble sur le mobilier et procède à la distribution le plus tranquillement possible.

« Merci Robusto, lui dis-je.

- A ton service Jaysher. Veux-tu régler la note maintenant ou après ?

- Après, si cela ne te dérange pas.

- Pas de soucis. »

Après cette petite conversation, l'oiseau s'éloigne en n'oubliant pas son plateau et désormais, je peux de nouveau me concentrer sur Céleste.

« Fais attention par contre, les cafés de Robusto sont généralement brûlant.

- Je sais. »

De mon côté, je tente de m'emparer de ma tasse mais comme je viens de le signaler tout à l'heure, l'ensemble me brûle le bout des doigts. Du coup, je suis un peu obligé d'attendre que cela refroidisse et je ne suis pas vraiment du genre patient.

« Il serait bien que Robusto élargisse sa gamme car j'en ai un peu marre de boire tout le temps du café.

- Moi aussi et ce n'est pas faute de lui avoir suggéré à de nombreuses reprises, me répond Céleste.

- Vraiment ?

- Oui mais après tout, c'est lui qui est en charge de cet endroit et donc, c'est à lui que lui revient la façon dont il souhaite procéder. Si Robusto préfère limiter son service à du café, c'est son droit.

- Malheureusement. »

Soudain, je me rends compte Céleste vient de sourire tout en discutant de ce sujet. J'ai bien envie de lui faire la remarque mais si c'est pour la voir se refermer aussitôt, autant que je garde cette constatation sous silence.