Mue.
Suite à ce mauvais rêve, je me presse de sortir de mon lit afin de démarrer cette nouvelle journée. Première chose que je fais : regarder par l'une des fenêtres de ma chambre afin de savoir le temps qu'il fait à l'extérieur. Lorsque je me rends compte que le soleil brille de tous ses rayons, une certaine joie anime mon coeur et je suis désormais pressé de pointer mon nez dehors. Bien sûr, avant de m'y rendre, je prends le temps de me nourrir un peu, de me laver et de m'habiller. Dès que je suis prêt, je sors de ma résidence et j'entame très vite ma première balade de la journée.
Au moment où je dépasse le cercle d'arbres que j'ai pris soin de planter autour du parvis de dalles, mes yeux remarquent un petit détail qui aurait pu passer inaperçu si j'étais de mauvaise humeur. Très vite, je m'approche d'un cerisier et là, je me rends compte que mon regard s'était posé sur un cocon qui est en train d'ouvrir. La créature qui se trouve à l'intérieur tente de s'en extirper et avec un peu de chance, je suis sûr que je suis en train d'assister à la naissance d'un papillon.
« Jaysher ? »
Je tourne mon visage vers la voix qui vient de m'appeler et je vois Antoine se poser devant ma boîte aux lettres. Celui-ci est probablement en train d'effectuer l'une de ses tournées journalières et forcément, je me montre ravi de le voir. Toutefois, je n'ai pas très envie de quitter le spectacle que m'offre mère Nature et je ne me prive pas pour lui faire savoir.
« Bonjour Antoine et navré si je ne viens pas te rejoindre mais j'assiste actuellement à la naissance d'un papillon.
- Vraiment ? »
Je me garde de lui répondre puisque je tourne mon visage une nouvelle fois afin d'admirer l'insecte qui commence à sortir de sa protection. Lorsque celui-ci se tient complètement debout, il pose une première patte hors de son cocon afin de le poser sur la branche sur lequel il s'est transformé pendant de nombreuses semaines. Ensuite, c'est une deuxième qui vient la rejoindre, puis une troisième et une fois que le facteur du village se tient à mes côtés, l'animal est complètement à l'air libre. Toutefois, il lui faut encore un peu de temps avant que ses ailes soient sèches et c'est pour cette raison qu'elles sont ouvertes.
« Il a de la chance que je ne sois pas un prédateur.
- Pourquoi ? Tu aurais bondit dessus afin de le manger ?
- Oui car une telle occasion ne se présentera pas deux fois.
- Certes mais dis-toi que je ne t'aurais pas laissé le toucher.
- Vraiment ? »
Au fond de moi, je suis un grand défenseur de la cause animale et il est vrai que je n'aurais pas autorisé Antoine d'y toucher. Tant pis si notre échange aurait fini en bagarre, j'aurais fait tout mon possible afin que ce papillon puisse prendre son premier envol afin de mener sa vie comme il l'entend.
