Ventouse.
Ce matin, me voilà devant une nouvelle maison qui a prit la place de celle où se situait la résidence de Bonno. Je suis un peu étonné de voir que le nouveau voisin ou la nouvelle voisine s'est déjà installé et forcément, comme à mon habitude, il ne me tarde de lui dire bonjour. Ainsi, je pourrais faire sa connaissance et voir si je serais enchanté de le croiser souvent dans le village ou alors, son contraire. Trépignant d'impatience, je me rends jusqu'à la porte d'entrée et au moment où j'allais frapper sur celle-ci, une voix me fait faire demi-tours sur mes talons. Lorsque je suis dos à l'accès, mes yeux aperçoivent une souris grise évoluant sur le sable de la plage, à l'aide de deux ventouses.
De suite, j'ai l'impression d'avoir affaire non seulement au propriétaire des lieux mais visiblement, ce dernier m'a l'air un peu original. J'ai vraiment hâte de faire sa connaissance et c'est la raison qui pousse mes pieds à avancer jusqu'à lui. Dès que mon petit voyage me conduit au bord de la plage, je m'arrête et prends la parole.
« Bonjour. »
Aussitôt, la souris s'arrête de s'amuser et se tourne vers moi. Je suis étonné de voir avec quelle facilité il utilise ses ventouses et surtout, à quel point ces dernières lui servent d'échasses.
« Bonjour, me répond-il d'une voix plutôt mature.
- Je me nomme Jaysher et je suis l'un de vos voisins.
- Un paysan ? Comme c'est charmant.
- Ben non, je ne suis …
- … Je suis Gruyère et je viens de la ville. Si tu veux, je t'apprendrai à tricher au poker et comme ça, nous pourrons dévaliser ce village.
- Hein ? »
Mais quelle est cette personne qui se tient devant moi ? Je voulais être gentil en voulant lui dire bonjour et lui souhaiter la bienvenue dans notre village mais j'aurais mieux fait de rester chez moi. Le maire sait-il qu'il a autorisé un individu malhonnête à venir vivre ici ? J'espère que cette souris saura se tenir tranquille car je n'ai pas envie que Kéké se retrouve avec de nouveaux disques volés.
« D'ailleurs, tu penses que nos victimes sont à redouter ? »
Ne sachant quoi répondre à cette question, je me réfugie dans le silence et je m'interroge sur le fait si je dois rester là ou partir. Alors que la souris approche de moi en se déplaçant à l'aide de ses curieuses échasses, mon choix s'effectue. Très vite, j'adresse mes salutations à mon nouveau voisin et je pique un sprint pour me tenir loin de lui. J'ignore la tête qu'il doit faire en me regardant agir de cette manière mais sur le moment, je m'en fous complètement. En tout cas, une chose est sûre : Le village risque de s'animer et je me dois de garder un œil sur tout ça.
Toutefois, à l'instant où je cesse ma course de l'autre côté du village, je me dis que ce Gruyère s'est peut-être joué de moi ?
