Nouvelle lune.

Minuit. Je suis encore dehors mais je ne me promène pas. Ce soir, j'ai décidé de me faire plaisir en m'offrant un spectacle gratuit et naturel : la contemplation des étoiles. Pour me détendre complètement, je me suis allongé sur l'une des nombreuses pelouses qui se trouve à côté de ma maison et bien sûr, je n'ai pas laissé Antoine se morfondre. L'oiseau est près de moi et c'est ensemble que nous partageons ce délicieux moment.

« Tu ne trouves pas qu'il manque quelque chose ? Me demande le facteur.

- Quoi donc ?

- Une magnifique pleine lune.

- Pas faux. »

Il est vrai que sa présence dans le firmament aux teintes ténébreuses aurait été du plus bel effet. Malheureusement, on doit composer avec son absence et puis c'est un peu normal qu'elle ne soit pas là puisque l'astre diurne est en train de renouveler son cycle de rotation. Avant de sortir dehors, j'ai dû cocher une croix en date du dix septembre sur le calendrier afin de me souvenir de l'anniversaire de Pécan. Ainsi, j'ai pu remarquer le petit dessin lunaire à la date d'aujourd'hui et en consultant la légende, j'ai pu savoir que le symbole signifiait une nouvelle lune.

« Tu souhaites venir avec moi à l'anniversaire de Pécan ? Dis-je à mon ami.

- C'est quand ?

- Le dix septembre.

- Pourquoi pas mais j'espère que je serais déjà parti d'ici là. »

Je peux le comprendre. D'habitude, lorsque je vois Antoine, c'est lorsqu'il traverse le ciel lorsqu'il effectue l'une de ses livraisons. Là, il est obligé de rester chez moi afin que son corps puisse se remettre de l'accident de la dernière fois. D'ailleurs, j'admire beaucoup sa patience car si j'avais été à sa place, avec ma patience légendaire, je pense que j'aurais pété une durite depuis un sacré moment.

« En tout cas, je te dois un très grand merci Jaysher.

- Mais non.

- Si car ce n'est pas tout le monde qui aurait agit comme toi et vu le monde de fou dans lequel nous évoluons désormais, les mecs comme toi sont devenus rares. »

Il est vrai que la société dans laquelle nous vivons vire à la tristesse. Je m'y reconnais de moins en moins et personne ne fait rien, ce qui est le plus désolant. Je plains sincèrement les générations futures mais bon, j'espère que je ne serais plus là pour voir ça. Alors que je me perds dans mes pensées lors de ma contemplation, Antoine aborde un tout autre sujet.

« Je suis surpris de ne pas voir Elisabec me rendre visite. Je pensais que notre histoire était sérieuse.

- Parce que vous êtes ensemble ?

- Oui.

- Bizarre car ce n'est pas la version qu'elle donne lorsque je discute avec elle lors de ses heures de travail.

- Vraiment ? »

Je me contente de hocher positivement de la tête en guise de réponse. Par contre, j'aimerai bien lui toucher deux mots concernant Opélie et ses sentiments mais je sais par avance que je mêlerais d'une histoire qui ne me regarde pas.