Bourdon.
Le lendemain matin, je sors de chez moi afin de faire ma promenade habituelle et chercher le baume pour Antoine lorsque je me rends compte qu'il ne fait pas bien chaud dans le village. C'est dans ce genre de situation que je m'aperçois que nous sommes entrés en septembre car les températures ont chuté de plusieurs dizaines de degrés et qu'une petite laine ne serait pas de trop sur mes épaules. Alors que je me demande si je vais retourner chez moi afin de prendre ce type de vêtement afin de me protéger de la morsure de la fraîcheur, voilà que j'entends des pas et un bruit des plus étranges. Quand je me retourne, je vois Céleste courir comme une dératée, tenant dans ses ailes, un filet à papillons. Toutefois, ce n'est pas après l'un de ces insectes qu'elle s'est lancée dans cette course mais pour un autre type de bestioles bien plus dangereux.
En effet, l'animal qui vole à toute vitesse pour échapper à la chouette n'est rien d'autre qu'un bourdon et je suis étonné d'en voir un alors que le temps se fait beaucoup plus frais depuis quelques jours. Rapidement, l'insecte me passe sous le nez et ne semble pas me remarquer, ce qui m'arrange car la plupart du temps, j'ai droit à leurs attaques et j'en ai un peu marre de me faire piquer gratuitement alors que je ne leur fait rien de mal. Lorsque Céleste passe à ma hauteur, je décide de l'interpeller et ma tentative est rapidement récompensée. Très vite, la sœur de Thibou s'arrête et me fait face pour savoir ce que je lui veux.
« Bonjour Céleste.
- Bonjour Jaysher.
- Tu es bien matinale ce matin.
- Oui mais c'est à cause de mon frère. Ce dernier souhaite agrandir la collection d'insectes du muséum et au lieu de les chasser, il me charge de le faire à sa place.
- C'est moi ou ton frangin n'est pas très courageux ?
- C'est sa peur des insectes qui le fait agir ainsi. Heureusement que les dinosaures sont morts depuis longtemps car je n'ose imaginer le peu de courage qu'il aurait s'il devait se lancer à leur chasse afin d'améliorer la collection. »
A ce moment, j'imagine Thibou en train de courir derrière un iguanodon avec un filet à papillons en guise d'armes. Sachant que ce dinosaure est redoutable à cause de ses pouces relevés, il est clair que l'oiseau de nuit ne ferait pas long feu face à ce reptile mais la scène reste cocasse à imaginer. Alors que je rigole tout seul dans mon coin, sa sœur me regarde et se pose des questions. Je décide de redevenir sérieux et je poursuis notre conversation.
« Et ton frère se montre généreux au niveau de ton salaire lorsque tu travailles pour lui, en plus de tes heures à l'observatoire ?
- Même pas. Il part du principe qu'il est normal que je lui prête main forte et du coup, il me dispense de la moindre gratification. »
Là, j'estime que le hibou exagère un peu et qu'il serait temps que je me mêle de cette histoire.
