Il fait chaud.
Cet après-midi, la température s'est mise à monter dangereusement. Il fait tellement chaud que j'ai posé deux transats sur les pavés qui tapissent le sol se situant devant ma demeure et je suis désormais installé à l'ombre des arbres environnants. Sur l'autre siège, Antoine. Alors que nous nous ventilons le visage à l'aide d'éventails que j'ai pu me procurer chez Nook, l'oiseau me fait part d'une remarque.
« Tu sais ce qui serait bien ?
- Non.
- Avoir quelqu'un à notre service pour nous servir des boissons fraîches. »
Je donne mon accord à mon ami tout en songeant aux nombreux services que pourrait offrir un tel avantage. D'ailleurs, je viens de songer que je pourrais songer à embaucher quelqu'un vu la fortune qui repose sur mon compte bancaire et dont les intérêts tombent souvent. Toutefois, cela m'embêterais de le faire car j'aime mieux réaliser les choses par moi-même et non en passant par une tierce personne. Alors que l'air se fait de plus en plus lourd, je m'enfonce davantage dans mon transat.
« Si tu veux, je peux passer voir Opélie et lui dire que tu as besoin de ses services.
- Arrêtes, cela serait cruel de ma part.
- Je sais mais bon, ce n'est pas de ma faute si tu as quelqu'un dans ce village qui a le béguin pour moi.
- Ouais mais ce n'est pas elle qui m'intéresse mais Elisabec.
- Beurk.
- Je te défends de dire ça. »
Désolé mon gars mais tu n'as aucun ordre à me donner. Comment peux-tu être amoureux de cette fille alors qu'elle n'a rien de véritablement attirant. Cette nana, c'est la reine des garces et si elle pouvait passer ses nuits à nous faire des crasses, je suis sûr qu'il y aurait longtemps qu'elle s'en serait donnée à coeur joie.
« Navré Antoine mais tu ne me défends de rien du tout. Comment fais-tu pour trouver Elisabec à ton goût ? J'estime que tu perds ton temps avec elle et tu ferais mieux d'accorder du temps à Opélie qui elle, t'aime vraiment.
- Opélie est immature.
- Alors qu'Elisabec est aigri et ne possède pas une once de sincérité. »
Je sais que mes mots ne vont pas plaire à celui qui se tient à mes côtés mais au moins, il ne pourra pas me reprocher de ne pas être honnête.
« Elisabec sait que tu penses tout ça à son sujet ?
- Sûrement mais si tu veux lui en toucher deux mots, n'hésite surtout pas.
- Non merci, je ne suis pas un causeur d'embrouilles.
- Et c'est fortement regrettable. De toute manière, elle ne se serait jamais pointée chez moi puisque cette fille manque cruellement de courage. Je suis même étonné que personne n'est songé à lui porter préjudice au sein de ce village.
- Ne me dis pas que tu lui souhaites du malheur ?
- Un peu si. »
Là, Antoine me regarde tout en ouvrant grandement sa bouche. Visiblement, j'ai réussi à le choquer mais bon, ce n'est pas de ma faute si mes pensées sont contraires aux siennes concernant cette chipie.
