Empreinte.
Tout en poursuivant ma promenade matinale, je ne tarde pas à remonter la seconde partie du village, séparée de la première grâce à la rivière qui coule entre les terres. Lorsque je vois le pont au loin, je sais que je ne vais pas tarder à longer la série de maisons qui se trouve à ma gauche. Très vite, je dépasse la première et lorsque j'arrive à la hauteur de la seconde, mes yeux sont attirés par un détail plutôt troublant. A ce moment, je décide de m'arrêter et je baisse ma tête pour savoir de quoi il retourne.
« Une empreinte ? »
Logiquement, une telle marque ne devrait pas m'intriguer tout autant mais ses dimensions et sa forme restent tout de même originaux. En effet, l'empreinte fait dix centimètres de long pour trois de large et ressemble à s'y méprendre à celle d'un oiseau. Néanmoins, je n'ai jamais vu un volatile laisser une telle marque derrière lui et c'est pour cette raison que je m'interroge. Soudain, alors que je contemple toujours la source mystérieuse, voilà que Bill sort de sa maison. Dès qu'il ferme la porte d'entrée de sa demeure, le chien bleu se retourne et m'aperçoit.
« Bonjour Jaysher. »
Je lui retourne sa politesse lorsque mes yeux se posent sur ses pieds. En effet, sur ces derniers reposent d'étrange bottes rouges dont les semelles présentent des fantaisies ressemblant à des doigts d'oiseau. Est-ce que mon voisin serait à l'origine de cette empreinte qui ne cesse de m'interpeller ?
« Dis-moi Bill.
- Oui, dit-il en s'approchant de moi.
- C'est toi qui a laissé cette empreinte ? »
Le chien me répond positivement et me parle de ses nouvelles bottes. Il a reçu ce présent de la part de sa maman hier et ce dernier attendait que la terre soit assez humide pour les essayer. Comme ce matin, l'endroit était assez malléable à cause de la pluie qui est tombée dans le courant de la nuit, il a vu là une très belle occasion. Forcément, je me sens soulagé d'avoir trouvé une explication car j'étais à deux doigts de m'alarmer. Ben oui, je n'ose imaginer ce qui se serait passé dans notre village si jamais un oiseau d'une taille hors du commun se promenait dans les parages.
Si celui-ci aurait été découvert et que son existence se serait ébruitée, des journalistes auraient pu venir ici dans l'espoir de l'apercevoir et d'en faire la une de leurs journaux. A cet instant, on aurait pu dire adieu au calme qui règne dans Haruville et bien sûr, qui dit article à sensation dit aussi touriste. Non, je suis bien content que Bill soit à l'origine de cette empreinte car de cette façon, je sais que rien ne perturbera la tranquillité de notre bonne vieille et petite bourgade. Ne voulant pas embêter davantage le chien, je décide de reprendre la suite de ma promenade tout en veillant à lui souhaiter une bonne journée. Néanmoins, il se pourrait bien que je le recroise d'ici là.
