Bonjour tous le monde, comme promis voilà le 2ème chapitre. J'y ai travaillé d'arrache pieds et j'espère ne pas vous décevoir...mais bon ça se sera à vous de me le dire.
Merci infiniment à ceux qui m'ont laissé des commentaires, ils sont toujours très appréciés. Bon je vous laisse tranquille et bonne lecture, on se retrouve en bas.
XXX
6 ans plus tard :
-Salut maman ! Je suis rentrée.
La jeune fille posa son sac sur une commode dans le hall et se débarrassa de son manteau. Elle détacha ses longs cheveux roux et réarrangea ses boucles en allant dans la cuisine.
La table n'était pas mise et le repas n'était pas préparé. Cependant Isabeau n'était pas étonnée. Elle soupira puis alla sortir le nécessaire pour faire à manger. Elle sortit une marmite qu'elle déposa sur le feu et découpa plusieurs légumes à côté pour faire un bouillon.
En quelques minutes un odeur agréable s'éleva dans la petite cuisine. La jeune fille mit ensuite la table pour deux et attendit.
2 minutes...5 minutes...au bout de 10 minutes elle sortit de la cuisine pour s'arrêter en bas de l'escalier.
-Maman ! Le dîner est prêt ! Appela t-elle.
Mais personne ne lui répondit. Contrôlant admirablement son irritation, Isabeau monta l'escalier et se dirigea directement vers la chambre de sa mère. Quand elle fut devant la porte en bois sombre elle tapa néanmoins pour signaler sa présence. Toujours aucune réaction.
Elle poussa donc doucement la porte et passa prudemment la tête dans l'entrebâillement. Sa mère dormait, étendu sur le lit. Elle était couchée sur le côté, sa respiration semblait quelque peu laborieuse.
Le plus silencieusement possible Isabeau entra dans la chambre, les rideaux étaient tirés, seul un faible rayon de lumière passait entre deux rideaux. La jeune fille alla s'asseoir à côté de sa mère et l'examina attentivement...elle avait les yeux gonflés, rougis et humides. Isabeau passa délicatement sa main dans ses cheveux lisses et châtains en lui murmurant doucement de se réveiller. C'est alors qu'elle remarqua qu'elle serrait quelque chose contre sa poitrine, avec habilité la jeune fille lui retira ce qu'elle gardait farouchement contre elle et vit qu'il s'agissait d'une photo de son père.
Malgré l'émotion que cette photo provoquait chez elle, Isabeau ne pleura pas. Toutes ses larmes avaient étés versés il y avait maintenant presque 6 ans. Elle avait fini par faire son deuil et accepter la terrible vérité...celle que son père ne reviendrait jamais de la surface, qu'il ne rentrerait pas à la maison. Jamais plus.
Mais pour sa mère ce ne fut pas aussi simple. D'abord elle avait tout nié en bloc ! Refusant d'y croire. Puis quand elle avait finalement compris ce ne fut qu'une longue et douloureuse descente sans fond. Qui aurai pu lui en vouloir ?
Toutefois le décès prématuré de son père et le deuil interminable de sa mère avait forcé la petite fille qu'elle était à se débrouiller seule la plus part du temps.
-Aller maman, lève toi. Insista t-elle en la secouant gentiment.
Sa mère gémit, visiblement contrariée qu'on vienne la déranger puis elle entrouvrit les yeux.
-Isa ? Hum...qu'est-ce que tu...quelle heure est-il ?
-Presque 19h15. Désolée je me suis un peu attardé à l'entraînement.
-19h15 ?! Oh excuse-moi ma chérie, le repas...j'ai complètement...
-Ce n'est rien maman. La coupa t-elle posant une main apaisante sur son épaule. Je m'en suis occupée, c'est prêt.
Sa mère eu une petite moue honteuse puis elle se leva péniblement de son lit.
A table, le repas se déroulait souvent en silence, on entendait que le bruit des couverts. La mère et la fille étaient toujours face à face, toutefois la chaise du père de famille avait été conservé. Isabeau se souvenait du jour où elle avait voulu l'enlever tant elle ne supportait plus la vue de cette chaise vide et inutile ! Sa mère avait tourné complètement folle. Depuis la chaise été resté en place.
Isabeau trouvait cela ridicule, cette chaise comme beaucoup d'autre choses dans cette maison lui rappelait sans cesse l'espoir illusoire de sa mère, comme si elle attendait que d'un seul coup son père franchisse le seuil de la maison et vienne s'installer avec elles.
Sa mère essayait toujours d'éviter son regard quand elles mangeaient ensemble. Au début sa fille la fixait avec insistance pour attirer son attention, puis avec le temps elle avait arrêté, comprenant que c'était inutile.
-Ton entraînement c'est bien passé ? Demanda finalement sa mère d'un ton distrait.
-A merveille. Répondit simplement Isabeau.
Un nouveau moment de silence passa entre elles.
-Et...pourquoi est-tu rentrée plus tard ?
Isabeau releva la tête et la regarda d'un air un peu contrarié.
-Je te l'ai déjà dis. Je suis restée plus longtemps à l'entraînement, Ladon m'a raccompagné.
-Oh, excuse-moi...Sa mère sembla hésiter avant de poursuivre. Tu...tu fais beaucoup d'heures supplémentaires après les entraînements.
Sa fille la toisa d'un regard indéchiffrable avant de répondre.
-Il faut vraiment que je sois l'une des meilleurs ! Pour réussi les examens d'entrée dans l'armée Genii. Elle eut un petit sourire. Des fois je dois forcer Ladon à rester avec moi, lui aussi dit que je travaille trop mais il me remerciera quand on sera admis tout les deux.
Pour la première fois depuis le début de la soirée sa mère la regarda avec un rictus qui ressemblait à un sourire.
-Ce Ladon est un garçon charmant. Lui assura t-elle. Si vous êtes admis, vers quelles spécialisations allez-vous vous orienter ?
-Ladon préférait se spécialiser dans le domaine scientifique, moi je n'y comprend pas grand chose. Avoua t-elle en se levant pour débarrasser la table. En ce qui me concerne je voudrais faire partie d'un commando d'élite, voyager dans d'autres mondes, aller à la surface.
Mais le temps qu'elle réalise son erreur, c'était déjà trop tard. A l'énonciation de ''la surface'' sa mère éclata en sanglots. Isabeau répéta cent fois des excuses en la prenant dans ses bras, lui caressant les cheveux pour l'apaiser et elle fini par la guider jusqu'à sa chambre où elle l'installa dans son lit.
La jeune fille borda sa mère jusqu'à temps qu'elle s'endorme puis elle sortit de la chambre en poussant un soupir lasse.
D'un pas traînant elle alla dans la salle de bain et se lava rapidement avant de se changer. Elle enfila un simple débardeur et un pantalon noir, puis à pas de loup elle quitta la maison.
Ce n'était pas la première fois qu'elle sortait en douce de chez elle, mais de toute façon sa mère était trop fatiguée chaque soirs pour s'en rendre compte. Afin d'économiser de l'énergie la ville était presque plongée dans l'obscurité. Isabeau passait discrètement dans les rues, faisant bien attention à ne pas être vue car les mineurs n'avait pas le droit de se promener seuls dans la ville à cette heure tardive. Telle une ombre, elle passait inaperçu et marcha une bonne demi heure avant d'arriver là où elle le souhaitait.
C'était une maison de taille moyenne situé dans un quartier plutôt tranquille. La jeune fille contourna la maison et entra dans le jardin de derrière. La maison possédait un petit pré-haut qui était juste en dessous d'une fenêtre où la lumière brillait encore.
Sur le mur extérieur du pré-haut poussait du lierre dense et résistant, Isabeau s'en approcha prudemment et comme elle l'avait déjà fait à plusieurs reprises, elle y agrippa fermement ses mains et grimpa sur le toit du pré-haut.
Après quoi elle rampa jusqu'à la fenêtre et tapa doucement du poing sur la vitre.
Elle attendit quelques secondes puis un jeune garçon élancé aux cheveux brin lui ouvrit la fenêtre.
-Isa ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ? On ne devait pas ce voir ce soir.
-Je sais Ladon, mais j'avais besoin de prendre l'air. Expliqua t-elle.
Son ami la couva d'un regard compatissant.
-C'est ta mère ?
-Qui d'autre ? Rétorqua t-elle d'un ton amer.
Ladon s'écarta pour la laisser entrer dans sa chambre et tout deux s'assirent sur le lit.
-Elle avait encore oublié de préparer le dîner et ses nerfs ont lâchés quand j'ai mentionné mon projet d'aller à la surface.
-Ma pauvre...Soupira Ladon.
Il discutèrent un moment puis ils finirent pas changer de sujet, le premier étant trop déprimant à leur goût. Maintenant ils parlaient des examens à venir, examens qui serait déterminant pour eux.
-Tiens au fait j'ai une bonne nouvelle pour toi ! S'exclama soudainement Ladon en allant chercher quelque chose dans un tiroirs de son bureau.
Il laissa échapper une exclamation ravi quand il trouva ce qu'il voulait puis il revint vers elle et lui tendis un journal.
-Pourquoi tu me donne ça ? L'interrogea Isabeau, qui ce demandait si son ami se moquait d'elle.
-Regarde à la page 9, rubrique des militaires. Fut la seule explication du jeune garçon.
Elle obéit et ouvrit le journal à la page demandé. Le gros titre de la rubrique s'intitulait « Un commando fait la fierté des Geniis », l'article parlait d'un commando d'élite qui avait réussi à échapper, en entier, à une sélection des wraiths sur un monde où ils étaient chargé d'escorter leur Chef Cowen lors d'une mission diplomatique. Apparemment les habitants survivants de la planète furent tellement impressionnés qu'ils acceptèrent de s'allier à la grande nation qu'était la leur.
Isabeau esquissa un sourire plutôt fier puis regarda à nouveau Ladon.
-C'est vraiment génial, mais c'est ça qui te met dans cet état ?
-Mais non, bécasse ! Lis la suite. Lui dit-il en posant un doigt sur une ligne du texte.
Elle réprima une réplique désagréable et obtempéra.
« ...Notre leader Cowen a également promu le Capitaine Acastus Kolya au rang de Commandant, le militaire a prouvé sa valeur par son aplomb et son courage au cours de cette mission périlleuse.
Selon nos sources le nouveau Commandant Kolya prendra partiellement en charge l'éducation des jeunes recrus de l'armée Genii... ».
Ses grands yeux vert s'écarquillèrent et elle relu plusieurs fois pour être sur d'avoir bien compris. Instinctivement elle posa sa main sur la petite pierre blanche qu'elle portait autour du cou. Il y a longtemps elle avait demander à sa mère de faire faire un embout en argent tout comme la chaîne, depuis elle ne l'ôtait jamais.
-Tu sais ce que ça veut dire ? Lui demanda Ladon. Si tu es admise et que tu es la meilleure tu l'aura peut-être comme entraîneur.
Isabeau releva la tête vers lui avec un immense sourire, osant à peine y croire. C'était vraiment possible ? Est-ce qu'elle avait vraiment une chance de le revoir ? De lui montrer qu'il avait eu raison de la sauver ce jour là ? De l'avoir pour entraîneur ?! Soudain une euphorie extraordinaire s'empara d'elle et le sentiment de déprime qu'elle avait ressentit auparavant s'envola aussitôt.
-Ladon...t'ai-je déjà dis à quel point tu es quelqu'un de formidable ?! S'exclama t-elle en lui sautant au cou.
-Non jamais ! Mais tu peux le dire plus souvent. Dit-il avec un sourire suffisant.
XXX
Jour des examens :
Isabeau ne tenait plus en place tant l'excitation et l'anxiété faisait trembler tous ses membres. Ils étaient une vingtaine de volontaires aujourd'hui, tous entassés dans une salle sombre et austère. On leur avait dit de se regrouper en quatre colonnes bien espacés l'une de l'autre tandis que les trois militaires haut gradé chargés de leur faire passer les examens faisaient l'appel.
Isabeau était au premier rang et se tenait bien droite. Auparavant elle avait aperçu Ladon au deuxième rang, un peu plus à gauche. Il avait l'air calme et serein comme à son habitude mais sa camarade savait bien qu'il devait être dans le même état d'excitation qu'elle.
Parmi les trois instructeur, seul le deuxième retenait vraiment l'attention de la jeune fille. C'était un homme de forte stature, son visage était dur et marqué par les années et ses cheveux étaient grisonnants. Une fois l'appel fini, l'homme se présenta comme étant le général Trégan, Isabeau fut un peu intimidé par sa voix rauque et terriblement autoritaire.
-Peu m'importe qui vous êtes et votre parcoure. Déclara t-il d'un air bourru. Si je sens que vous n'êtes pas à la hauteur je vous renverrai chez vous !
« ça c'est dit ! » Pensa la jeune fille qui sentait son anxiété monter d'un cran.
-Le programme prévoyait que vous passiez tous des tests d'endurance, et bien oubliez ça ! Vous passerez des tests individuels. Les exercices que vous allez faire tiendrons lieux de tests d'admission. Si vous échouez se sera éliminatoire.
« Prends ça dans la figure ! » Pensa t-elle encore avant de se secouer intérieurement. « Non ce n'est qu'une technique pour nous intimider, ressaisis toi ! ».
Le général Trégan les informa qu'ils passeraient tous trois examens après avoir passé des tests médicaux. Il y aurai un examen sportif, l'épreuve était tiré au sort, ensuite il y aurai un examen intellectuel...idéal pour les futurs scientifiques. Et pour finir il y avait un entretien seul à seul avec un des instructeurs.
Quand ils furent envoyés se faire examiner par des médecins, Isabeau chercha Ladon du regard et quand elle l'aperçu elle remarqua qu'il avait l'air plus tendu. La jeune fille le gratifia d'un sourire discret mais encourageant auquel il s'efforça de répondre.
On sépara les filles et les garçons dans deux salles différentes pour passer les tests médicaux. Isabeau commença par un test auditif, le médecin lui avait mit un casque audio et lui passait plusieurs séquences de sons plus ou moins élevés. Il fallait dire si elle percevait le son et si le médecin le lui demandait elle devait l'identifier.
Ensuite on testa sa vue, la faisant regarder, à une certaine distance, une affiche avec des lettres et des chiffres de différentes tailles. Par chance ces deux premiers tests ne furent guère difficiles étant donné que son ouï et sa vue ont toujours étés excellentes.
On lui fit faire également quelques petits exercices physique pour évaluer sa motricité et son rythme cardiaque. Et pour finir on lui demanda de remplir un questionnaire sur d'éventuels allergies ou antécédents médicaux. En ce qui la concernait Isabeau n'était presque jamais tombée malade, pas de maladie grave en tout cas. Elle mentionna en revanche sa facture à l'avant-bras gauche il y avait maintenant 6 ans et ne manqua pas d'ajouter qu'elle n'en avait gardé aucune séquelle.
Une fois les tests médicaux finis, la jeune fille avait conscience que le plus dur restait à faire. Toutefois quand elle tira au sort pour son examen sportif elle réprima un soupir de soulagement : Épreuve de rapidité et d'agilité. Un instructeur l'emmena alors à l'extérieur du bâtiment, dans une cour aménagée en parcours d'obstacles de toutes sorte. Isabeau prit le temps de bien mémoriser les obstacles tandis que l'instructeur parlait. Il y avait des murs d'escalades, des fils de barbelés où il fallait ramper en dessous pour traverser, des cordes à attraper pour se balancer de l'autre côté d'une petite fosse, des filets de cordes à traverser, des poutres d'équilibres et autres obstacles.
L'instructeur lui expliqua le parcours qu'elle allait devoir effectuer, c'est à dire 2 tours de 60 m en moins de 2 min et 15 secondes. La jeune fille allait devoir courir jusqu'à un obstacle de saut, grimper un mur d'escalade pour ensuite marcher en équilibre sur une poutre, ramper sous les fils de barbelés et revenir au point de départ.
Isabeau avala péniblement puis souffla pour évacuer la pression. Elle avait déjà fait ce genre d'exercices pendants les entraînements, tout allait bien se passer. Il fallait qu'elle reste calme et qu'elle ne perde pas de vue son objectif...être la meilleure ! Être la meilleure pour avoir le simple droit d'espérer l'avoir lui comme entraîneur. Il fallait qu'elle se dépasse, qu'elle se démarque des autres.
La jeune fille resserra bien le chignon qu'elle s'était fait pour cette journée et se présenta sur la ligne de départ. Il était temps, il était temps de montrer à tout le monde qu'elle était faite pour ça, qu'elle en était capable.
Le coup de sifflet de l'instructeur retenti en un son strident et désagréable puis Isabeau partit comme une flèche ! Elle couru à un rythme soutenu jusqu'à sauter au-dessus de la petite fosse et d'attraper la corde pour se balancer de l'autre côté. Ne perdant la le rythme, elle escalada le mur avec énergie, toujours en se répétant intérieurement de tenir le coup.
Elle traversa la poutre en bois et se retenu de pousser un juron quand elle se rendit compte qu'elle était mouillée, elle avait bien fait de ne pas se précipiter dessus. Puis arriva le plus éprouvant, quand elle fut à proximité des fils barbelés elle se jeta à terre et se mit à ramper. Elle se piqua et se griffa à plusieurs reprises mais rien n'aurai su la faire ralentir.
« Continue, tiens bon ! » Cette phrase tournait en boucle dans sa tête alors qu'elle retournait à la ligne de départ pour entamer le prochain tour. Ses poumons commençaient à brûler dans sa poitrine tandis qu'elle reproduisait le parcours avec la même rapidité que la première fois.
Alors qu'elle courait elle sentit son pendentif sautiller sur sa poitrine. Sans s'en rendre compte elle le serra très fort dans sa main puis le glissa dans sa veste.
« Tu peux le faire, vas-y ! »
Elle y était presque...plus qu'un petit effort. Elle rampa à nouveau sous les fils de barbelés à une vitesse fulgurante puis elle atteignit enfin la ligne d'arrivée à bout de souffle. Elle l'avait fait !
Isabeau sentait son cœur battre furieusement dans poitrine tandis que l'instructeur terminait d'écrire ses notes sur un calepin. La jeune fille fixa son visage dans le but d'y voir un signe quelconque qui lui permettrait de savoir si elle avait respecté le temps demandé, mais l'instructeur était totalement impassible, ce qui la frustra fortement.
Puis quand il leva enfin les yeux vers elle ce ne fut que pour lui dire:-Bien Mademoiselle Oujna, vous pouvez retourner à l'intérieur. Vous avez une demi-heure pour vous remettre avant le deuxième examen.
Et il la congédia sans un mot de plus.
La jeune fille retourna donc dans le bâtiment en ruminant. Elle entra dans la salle où on les avaient accueilli et remarqua qu'on y avait installé des chaises. Isabeau prit place sur l'une d'elles et tenta de se détendre un peu...selon elle l'examen suivant ne serait pas trop difficile, on leurs poserait sûrement des questions basiques, culturelles et naturellement il y aurait un peu de science.
En fait elle avait surtout hâte de passer l'entretiens avec un instructeur...elle espérait néanmoins ne pas tomber sur celui qui lui avait fait passer son épreuve sportive, mais elle angoissait un peu a l'idée d'être avec le général Trégan car il n'avait pas l'air très avenant non plus.
Isabeau se frotta les yeux et étira son cou se qui l'apaisa quelque peu. N'ayant plus d'épreuve où cela serai encombrant elle détacha ses cheveux qui retombèrent nonchalamment dans le creux de son dos. Autrefois sa mère lui avait dit que ce serait sans doute plus judicieux de les couper si elle voulait entrer dans l'armée, mais elle avait catégoriquement refusé. C'est pour ça qu'elle les attachait souvent en chignon ou en tresse, même si elle préférait de loin les laisser détachés comme maintenant.
Soudain un frisson lui parcouru le dos. Curieux...elle n'avait pas froid pourtant. Non ce n'était pas ça, ça ressemblait plus à cette sensation que l'on éprouve quand on se sent épié. Isabeau regarda autour d'elle mais les quelques jeunes qui étaient avec elle discutaient entre eux et ne semblaient pas lui prêter la moindre attention.
Qu'est-ce que c'était alors ? Elle continua d'observer la salle jusqu'à ce qu'elle lève les yeux un peu plus haut et aperçoive des fenêtres donnant sur une autre pièce. Ça venait sûrement de là cependant elle ne pouvait pas vraiment savoir si quelqu'un la regardait car les vitres étaient teintées.
-Salut Isa! La salua une voix familière.
La jeune fille sursauta et tourna la tête vers son interlocuteur.
-Salut Ladon, alors tu es tombé sur quoi toi ?
-Ils m'ont fait faire une épreuve d'athlétisme...l'horreur ! Dit-il en s'asseyant à côté d'elle.
-J'imagine oui, moi c'était rapidité et agilité.
-Ah ça explique ton état déplorable. Se moqua t-il gentiment.
Isabeau arqua un sourcil et baissa les yeux sur ses vêtements...elle était couverte de terre et le tissu était déchiré à certain endroits. En effet elle n'était pas très présentable. Même si ça ne fit pas une grande différence elle frotta ses mains sur ses vêtements pour en enlever un peu de terre.
-Et dire qu'on a un entretien à la fin ! Râla t-elle en se frottant énergiquement.
-Oh tu sais je pense que ça leur est égale, j'ai même entendu dire que certain on eut natation comme épreuve ! Alors toi ça peut aller.
-Merci de ta sollicitude...
Pour l'examen suivant ils furent installés à des bureaux d'une place puis on leurs distribua des feuilles de questionnaires, les instructeurs leurs rappelèrent au passage que quiconque serai surprit à tricher serai immédiatement éliminé.
Isabeau et Ladon ne se faisait pas trop de soucis car ils avaient passés des nuits entières à réviser pour cet examen.
Les questions en elle-même n'étaient pas si compliqués :
1) A l'origine, comment était constitué la nation Genii et pourquoi n'a-t-elle pas perduré ?
« Trop facile ! » Songea Isabeau. Tout les Geniis savaient ça dès qu'on leur apprenait à parler. Les Geniis étaient autrefois une grande confédération de planètes, mais les attaques incessantes des wraiths pendant des millénaires les avaient obligés à se cacher pour survivre. Tout simplement !
Il y avait d'autre questions semblables et d'autre un peu plus complexes. Mais rien d'insurmontable, oui décidément ce n'était pas l'épreuve la plus difficile.
Après ça vint ce qu'Isabeau redoutait le plus...l'entretien ! Leur entraîneur leur en avait vaguement parler, comme quoi une personne allait leur poser des questions sur eux, sur leur motivation, sur la spécialisation qu'ils souhaiteraient faire, etc...
Maintenant elle attendait dans une plus petite pièce. Elle se tenait debout face à une porte qui lui semblait trop grande. Le stress lui nouait le ventre, elle inspirait et expirait. C'était la dernière ligne droite. Plus que cet examen et elle en aurait fini.
« Respire ma grande ! » Il fallait vraiment qu'elle garde le contrôle d'elle-même. L'instructeur allait sûrement l'évaluer sur le stress, il fallait qu'elle se calme.
Soudain elle entendit des bruits de pas et elle se tenu bien droite en attendant son tour. La porte s'ouvrit et un jeune garçon en sortit suivit du troisième instructeur.
-Alors...dit-il en regardant la liste de nom entre ses main. Mademoiselle Oujna ?
La jeune fille acquiesça d'un signe de tête.
-Veuillez entrer, installez vous et attendez quelques instants s'il vous plaît.
Isabeau obéit et entra dans la pièce. C'était un petit bureau avec une chaise juste en face. La pièce était sobre, sans excentricité. Il y avait peu de lumières dans la pièce, la rendant encore plus austère.
Elle attendit quelques minutes, plutôt surprise que l'instructeur ne soit pas déjà en train de lui poser des questions. Est-ce que c'était une technique pour voir si elle allait angoisser davantage ? Ou quelque chose comme ça.
Et puis finalement elle entendit la porte s'ouvrir derrière elle, mais elle ne se retourna pas, la jeune fille attendit que l'instructeur prenne place en face d'elle.
Elle inspira une dernière fois. Un homme vint alors s'asseoir et quand son visage fut éclairé par la lumière Isabeau le reconnut immédiatement. A cet instant une gifle aurai eut beaucoup moins d'effet que cette rencontre impromptu.
Naturellement il avait changé, il devait avoir presque 30 ans aujourd'hui. La jeune fille l'observa minutieusement, plus que la bienséance ne le tolérait. Ses cheveux lui semblait un peu plus longs et plus clairs. Il avait aussi quelques rides sur le coin des yeux, mais un détail la troubla...la peau de son visage, y compris celle de son cou, semblait grêlé, couvert de petites cicatrices. Dans son souvenir sa peau était jeune et lisse cependant, malgré ces marques et les années en plus, il était resté très reconnaissable. Son regard en particulier était toujours aussi magnétique et insondable.
Il ne sembla pas contrarié par cette contemplation plutôt indiscrète car lui-même ne se gênait pas pour l'observer sous toutes les coutures. Mais Isabeau n'aurait pas su dire si il la reconnaissait ou non, rien sur son visage ne permettait de le lui certifier.
Pourquoi était-il ici ? Se demanda t-elle. Non pas qu'elle en était contrariée, mais c'était si soudain, elle ne s'y était vraiment pas préparée...et il avait dût le voir en plus.
« Calme toi, calme toi, calme toi... » s'écria t-elle intérieurement. Elle n'aurait jamais supporté de paraître pour une angoissée devant lui, non il fallait qu'elle se comporte normalement.
Jusque ici il n'avait rien dit, il s'était seulement contenté de la fixer. Puis quand il estima que c'était le bon moment il prit la parole.
-Bonjour à vous, Mademoiselle Oujna. Dit-il d'une voix monocorde et tranquille en regardant ses feuilles. Au cours de cet entretiens je vais simplement vous poser quelques questions, veuillez y répondre le plus simplement et le plus honnêtement possible.
La jeune fille acquiesça, mais elle devait avouer être un peu déçue...il ne semblait pas se souvenir d'elle. D'un côté elle n'était qu'une gamine à l'époque et il avait dût en sauver d'autres comme elle. Mais tout à coup un détail la chiffonna : il l'avait salué mais il ne s'était pas présenté...est-ce que ça voulait dire qu'il supposait qu'elle connaissait déjà son nom ? Et que par conséquent il se souvenait d'elle ? Franchement elle ne savait pas.
-Pour commencer présentez vous rapidement, nom, prénom, âge, situation familial.
Isabeau se demandait bien pourquoi il voulait qu'elle lui dise ça, car il avait certainement tout ces renseignements dans son dossier cependant elle devait répondre.
-Je m'appelle Isabeau Oujna...mais tout le monde m'appelle Isa. Ajouta t-elle volontairement, mais il ne fit aucun commentaire. J'ai 14 ans et je vis avec ma mère.
-Et votre père ?
-Il est décédé.
-Je vois. Dit-il sans trahir la moindre émotions.
Il jeta encore un coup d'œil sur ses feuilles avant de continuer.
-Dîtes-moi, depuis quand avez-vous le projet de faire une carrière militaire ? Lui demanda t-il sans vraiment la regarder.
-Depuis 6 ans monsieur. Répondit-elle très sérieusement.
Il leva les yeux vers elle en la fixant étrangement.
-Vraiment ? Intéressent...Il posa ses coudes sur le bureau, les mains jointes. Et vous avez suivit des séances entraînements très jeune il me semble, c'est exact ?
-En effet, j'ai commencé à l'âge de 10 ans avec l'entraîneur Kelric. Expliqua t-elle en espérant que cela jouerai en sa faveur.
-Oui je le connais, c'est un homme compétent. Concéda t-il. Figurez-vous qu'il a ajouté une lettre de recommandation à votre dossier, il dit que vous êtes une jeune fille très déterminée.
Vraiment ? Son entraîneur avait écrit une lettre pour lui donner plus de chance ? Il ne lui en avait pas parlé. Peut-être pensait-il que ça la rendrait trop sûr d'elle si elle avait su ?
-Comment se fait-il qu'une si jeune personne soit aussi sûr de ce qu'elle veut ? Demanda t-il avec le même calme du début. Vous pourriez très bien changer d'avis en cours de route...
Soudain, sans trop savoir comment Isabeau sentit une bouffée de courage et d'effronterie monter en elle.
-Avec tout le respect que je vous dois j'en doute sincèrement monsieur. Déclara t-elle d'un ton très sûr. J'ai su très tôt que s'était à ça que je souhaitais consacrer ma vie.
-Et pourquoi ? Demanda t-il du tac au tac. Qu'est-ce qui vous a donné une telle envie ?
Isabeau choisi je bien prendre le temps avant de répondre. Si elle répondait tout de suite elle aurait pu paraître trop sûr d'elle, presque prétentieuse, hors ce n'était pas l'image qu'elle voulait donner. Mais elle supportait difficilement qu'il mette en doute ses motivations alors qu'elle était si décidée ! Alors elle le regarda directement dans les yeux avant de dire d'une voix clair et sans ambiguïté:
-C'est un militaire qui m'a donné cette envie, qui m'a donné l'exemple.
Un long silence s'abattit alors entre eux, silence durant lequel ils se regardèrent en chien de faïence. Isabeau ne savait pas si elle avait bien agit, mais elle n'avait jamais été si angoissée, elle avait l'impression que son cœur allait exploser tant il battait vite. « Comment fait-il pour rester si neutre ?! » Pensa t-elle de plus en plus frustrer de ne pas connaître ses pensées. C'est alors que pour la première fois depuis leur entretiens elle aperçu un faible rictus sur le coin de ses lèvres et une lueur d'intérêt dans ses yeux si sombres.
-Mademoiselle Oujna...Dit-il d'un ton doucereux. Votre dossier est excellant, votre entraîneur vous couvre d'éloge et d'après mes fiches vous avez été compétente lors de vos examens. Mais...si je jugeais que malgré cela vous n'êtes pas prête, et que je jugerai plus sage de vous recaler...que feriez vous ?
La jeune fille se sentit monter à un niveau de pression dangereux. « Calme-toi, calme-toi, calme-toi... ». Il essayait de la déstabiliser, de lui faire peur, c'était évident. Là il fallait se montrer plus déterminée que jamais.
-Si je dois échouer aujourd'hui monsieur...vous pouvez compter sur ma présence l'année prochaine ! Car je n'abandonnerai pas. Je...je n'ai jamais rien voulu d'aussi fort que ça monsieur...et si j'échoue maintenant soit ! Mais ce sera parce que je n'aurai pas été assez préparée ou même assez douée, mais certainement pas parce que j'aurai manqué de courage et de détermination.
Isabeau était au bord de la crise de nerfs, est-ce qu'elle avait bien fait ? Est-ce qu'elle en avait trop fait ou bien est-ce qu'elle l'avait convaincu ? Puis finalement elle sentit la pression se relâcher quelque peu quand elle le vit sourire plus ouvertement.
-Et bien...quel passion mademoiselle Oujna. Dit-il légèrement sarcastique. Maintenant que nous sommes tous deux d'accord sur vos motivations, savez-vous que je serai moi-même chargé d'entraîner des jeunes recrus ?
Ça y est c'était repartit, son rythme cardiaque s'emballait à nouveau. De plus cette question ne laissait plus place au doute : ils s'étaient tous deux reconnu, depuis le début. Isabeau dû faire un effort surhumain pour ne pas l'implorer de lui en dire plus à ce sujet. De plus il semblait prendre plaisir à lui poser des questions dans le seul but de la rendre encore plus nerveuse.
-Oui...c'était mentionné dans le journal, à la rubrique militaire...tout comme votre récente promotion.
-Ainsi donc vous vous tenez aussi au courant de se qui se passe dans votre nation...Constata t-il un peu surpris. Quelle jeune fille précoce.
Le rouge lui monta aussitôt aux joues et pour une fois elle fut ravie que la pièce soit peu éclairée. Mais malgré sa gêne elle ne pu s'empêcher d'avoir une pensée reconnaissante pour Ladon.
« Ladon Radim...quand je sortirai d'ici je t'embrasserais !... » Se jura t-elle. « ...sur la joue, évidemment ».
-Bien, je pense que nous en avons fini mademoiselle. Déclara t-il subitement. Vous recevrez une réponse dans quelques semaines. Vous pouvez disposer.
« Hein ? C'est tout ?! » Pensa la jeune fille prit de court. Il n'allait pas lui en dire plus ? Pourquoi est-ce qu'il la congédiait maintenant ? Ça n'avait pas de sens. N'y comprenant rien, elle se leva machinalement en le remerciant puis elle prit le chemin de la porte, à nouveau déçue de la façon dont se terminait l'entretiens.
-Oh une dernière chose mademoiselle Oujna...l'interpella t-il soudainement.
Isabeau se retourna et le vit debout, il la fixait avec insistance et un amusement à peine voilé.
-Il n'y a encore rien d'officiel...Dit-il en prenant son temps. Mais je vous attends dans 1 mois à mon premier cours.
La jeune fille ne réagit pas tout de suite, n'était pas sûr d'avoir bien comprit. Puis d'un seul coups ses mots atteignirent son cerveau. Elle se retenu de pousser un grand cri de joie mais ne parvint pas à cacher son sourire tant elle était submergée par le bonheur. Tout son acharnement, toutes ces heures de travail, tous ses sacrifices aux cours de ces dernières années avaient finalement fini par payer ! Et aujourd'hui elle avait bien plus que ce qu'elle n'espérait.
-Merci ! Lui dit-elle sincèrement. Merci Commandant Kolya !
Enfin elle l'avait dit, elle l'appelait par son nom. C'était trop ! Trop pour qu'elle puisse se contenir d'avantage. Elle le salua une dernière fois et se força à ne pas courir pour quitter la pièce afin de se permettre une petite danse de la joie une fois qu'elle fut sortit.
Isabeau était au bord des larmes, tant elle rayonnait et déjà elle se languissait du jour où elle allait le revoir en tant qu'entraîneur. En tout cas, aujourd'hui était le plus beau jour de sa vie !
A suivre...
XXX
Salut tous le monde, j'espère que ça vous a plut. Entre nous vous avez intérêt parce que j'en ai vraiment bavé pour écrire ce chapitre car je ne connaissais vraiment rien sur l'armée, et je pense avoir été cool en plus !
Et voilà Isabeau va être une des élèves de Kolya mais ça vous l'aviez sans doute deviné depuis longtemps ! ^^
Alors je préfère vous prévenir tout de suite si certain se pose ce genre de question :
1) Pourquoi c'est Kolya qui l'a interrogé au lieu d'un des trois instructeurs ? Et bien figurez-vous qu'il y a une excellente raison à ça...que vous ne saurez que dans un autre chapitre, je ne sais pas encore lequel. ^^'
2) Pourquoi Kolya a des petites cicatrices sur le visage ? Vous ne le saurez pas avant un moment désolée.
Je suis infecte quand je m'y mets.
A bientôt pour la suite et merci encore de suivre ça me rend folle de joie !
