Lunatique.
Ma promenade quotidienne touche à sa fin et je m'approche tranquillement de ma maison. J'ignore encore ce que je vais faire de ma journée mais je compte bien sur mes petits voisins pour me donner quelque chose à réaliser. Alors que je songe encore aux prochaines heures qui m'attendent, je pose ma main droite sur la poignée de la porte d'entrée lorsque soudain, j'entends quelqu'un venir dans mon dos. Avec un peu de malchance, il peut s'agir de Ressetti qui cherche un moyen pour se venger suite à ma rigolade de ce matin. Lorsque je me retourne, je tombe nez à nez avec Olivia.
Cette dernière vient tout juste d'arriver au village et est une chatte blanche avec des oreilles roses, des yeux jaunes, un grain de beauté noir à côté de son œil droit, des pattes et une queue roses tandis que ses paupières sont bleues. Olivia s'est montrée très vite arrogante lors des premières heures de son arrivée et forcément, j'évite de trop la fréquenter. J'ignore pour qui elle se prend lorsqu'elle monte sur ses grands cheveux mais je doute que nous soyons amis un jour. Personnellement, je préfère garder mes distances avec cet animal mais si elle vient me voir ce soir, c'est sûrement parce qu'elle a besoin de moi.
« Bonsoir Jaysher.
- Bonsoir Olivia. Que puis-je pour toi ?
- Qui te dit que j'ai besoin de toi ? Je suis venu te voir car je me posais des questions. »
Se poser des questions au sujet de quoi ? Je ne pensais pas que cette personne serait capable de réfléchir et je suis désormais curieux. D'habitude, elle hurle pour un rien et ne souhaite pas se mélanger aux autres. Cette fille est tellement lunatique...
« Comment fais-tu pour vivre dans ce trou paumé ? D'après ce que j'ai pu entendre, cela fait longtemps que tu es un habitant de ce village, je me trompe ?
- Non, c'est exact.
- Dans ce cas, explique-moi. »
Que dois-je lui dire ? Si je vis dans ce village, c'est parce que je m'y plais et que je ne compte pas en partir aussi rapidement. De plus, je ne suis plus chez mes parents et j'ai enfin droit à cette liberté qui m'était si longtemps interdite. Maintenant que mon père et ma mère ne sont plus sur mon dos, je peux faire ce que je veux et pour rien au monde j'échangerais ma vie actuelle. De plus, le maire me fait suffisamment confiance pour ne pas douter de moi à chaque fois que je viens le trouver.
« J'aime ce village, un point c'est tout. Par contre, si ce n'est pas le cas te concernant, tu peux prendre tes bagages et repartir de là d'où tu viens.
- Je songe faire mes valises mais pas pour retourner dans le village que j'ai quitté au profit de celui-ci. Je vais devoir me trouver un nouvel endroit et les recherches risquent de prendre un certain bout de temps.
- Si tu ne fais rien, c'est sûr. »
