Et voici le chapitre 7 ! qui vous est livré avec beaucoup de plaisir.

Je suis trop contente d'avoir fini de l'écrire, depuis le temps que je voulais le poster.

Mais je vais vous laisser tranquille et vous laisser découvrir par vous-même.

Bonne lecture à tous et encore merci pour vos derniers commentaires.

XXX

1 an plus tard.

Notes personnelles :

Bientôt 1 an qu'Ahsim et moi avions décidés de mettre fin à notre relation...enfin c'est surtout moi qui l'ai décidé, mais Ahsim n'y apporta aucunes objections. Les motifs de cette séparation furent à mon sens un peu vague je dois dire. Pour être totalement honnête je crois qu'Ahsim était simplement jaloux, jaloux de quoi ? Eh bien...il me reprochait ma relation avec le Commandant Kolya, je crois que pour lui cette relation était trop exclusive.

Oui j'ai conscience que le Commandant agit différemment avec moi mais où est le mal ? Les gens sont tellement médisants ! Je pense, ou tout du moins j'espère que ce semblant de favoritisme avec lequel Kolya me traite est le signe qu'il compte me garder sous son commandement une fois que je serai officiellement Soldat Genii. J'en meure d'envie ! Ce serai mon plus grand rêve.

XXX

1 an plus tard.

Notes personnelles :

Ça y est Padmé à franchi la ligne, depuis le temps que je lui disait de faire attention et de se dominer, rien n'y a fait. La nouvelle est tombée : on la renvoyé. Sans que cela me surprenne personne au sien de notre groupe ne sembla la regretter. Il faut dire qu'elle n'avait jamais rien fait pour s'intégrer, même si nous avions tous fait des efforts pour que ça marche.

J'ai du mal à croire que ça fait déjà plus de 7 ans que nous nous sommes engagés. Et dire que dans un an, une fois que j'aurai atteint mes 20 ans je serai enfin une soldat Genii accompli. J'ai tellement hâte.

Aujourd'hui en revanche j'ai failli faire une attaque. En effet Trégan et ma mère on officiellement annoncés leur mariage à venir. Naturellement je ne m'y suis pas opposée, pourquoi l'aurais-je fait de toute façon. J'ai encore quelques difficultés à communiquer avec ma mère, même si j'y mets de la bonne volonté. Que voulez-vous...il y a des blessures qui ne guérissent jamais, ou bien avec énormément de temps.

Ce n'est pas non plus le grand amour entre Trégan et moi mais disons que nous avons décidés sans même en avoir parlés que nous serions courtois l'un envers l'autre. On s'apprivoise doucement, j'irai plus loin en affirmant que j'ai plus de conversations avec lui qu'avec ma mère. Il parle également de prendre enfin sa retraite pour pouvoir pleinement profiter de sa nouvelle vie.

En parlant de nouvelle vie le choix de la maison c'était posé. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai formellement refusé de quitter ma maison pour aller vivre dans celle de Trégan comme l'avait suggéré ce dernier en commun accord avec ma mère. Ce fut plutôt surprenant mais là où ma mère voulu me résonner, chose où elle échoua lamentablement il faut le dire, Trégan lui se montra très compréhensif et patient. Il proposa donc un arrangement qui convaincu tout le monde : Nous resterions tous dans notre maison à ma mère et moi puis une fois que je serai majeur et diplômée Trégan et ma mère iraient vivre chez lui en me laissant la maison de mon enfance.

Je me demande encore qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire toute seule dans cette maison chargée de souvenirs...peut-être commencer par assouvir un vieux rêve d'enfance : Brûler la chaise de mon père !

Je dois dire que je préfère largement ça plutôt que de vivre en compagnie de ma mère et de mon nouveau « beau-père ». Non pas que leurs présences m'insupporte mais j'ai...comment dire ? Quand ils sont ensembles...je ne parviens pas à partager leur bonheur. Je me sens davantage spectatrice, de plus je crois que je préfère vivre seule pendant un temps.

XXX

1 ans plus tard.

Notes personnelles :

20 ans...j'ai 20 ans ! Je ne parviens toujours pas à y croire. Je me sens tellement euphorique, non sans raisons. Aujourd'hui Ladon, Daryl, Ahsim, mes autres camarades et moi-même avons tous étaient déclarés Soldats Genii ! La cérémonie fut grandiose, je ne pourrais jamais l'oublier.

De leur côté Ladon, bien que faisant toujours partie de l'équipe de Kolya allait également travailler avec des scientifiques Geniis. Daryl et Ahsim eux allaient servirent de sentinelles à la surface. Jusqu'au jour où le Commandant les rappelleraient à lui pour d'éventuelles missions.

Pour ma part, oh j'en suis encore folle de bonheur...Je revois la scène un million de fois dans ma tête tant j'aimerai qu'elle y reste gravée pour toujours !

Pendant la fête qui précéda la cérémonie le Commandant Kolya m'avais prise à part. Il m'avait d'abord félicité puis son visage était passé de la gaieté à un sérieux déconcertant. C'est là, à ce moment précis qu'il...qu'il m'a dit qu'il voulait que je sois son Commandant en Second ! J'ai cru mourir de joie ! Je dû même me mordre la langue pour m'empêcher de crier et de lui sauter dans les bras comme une gamine immature.

J'ai quand même eu l'audace de lui dire que je n'avais jamais envisagé ma carrière militaire autrement. Curieusement il avait souri d'une façon énigmatique. Est-ce qu'il s'était douté que c'était ce que je voulais ? Que je ne dirai pas non ? Peut-être. Mais quel importance ?! Mon rêve le plus cher vient enfin de se réaliser ! Que vouloir de plus maintenant ?

XXX

1 an plus tard.

Notes personnelles :

Depuis ma dernière note personnelle je n'ai plus quitté le Commandant Kolya. Je le voyais pratiquement tous les jours. Que se soit sur notre monde ou lors de nos missions. A tel point que j'ai apprit récemment qu'on m'avaient affublé le surnom ridicule, selon moi, de « L'ombre de Kolya ». Bon c'est vrai que partout où il allait je n'étais jamais très loin, mais l'inverse était tout aussi vrai ! Je ne le redirais jamais assez mais c'est incroyable comme les gens sont médisants.

Lors de nos missions je m'évertuais à être irréprochable ! Curieusement même en étant désormais Soldat je ne me sens pas du tout au même niveau que le Commandant, j'ai toujours cette impression d'avoir encore beaucoup de choses à apprendre de lui. Je suis encore son élève. Je ne peux pas me débarrasser de cette impression et peut-être que dans le fond c'est ce que je veux.

Bien souvent nos missions étaient avant tout du repérage ou bien diplomatique, c'est dire qu'il fallait se rendre sur des peuples alliés et assurer la ''bonne entente'' entre nous.

Une routine mouvementée mais qui n'en était pas moins agréable. Quelques fois le Commandant m'invitait chez lui après le travail pour discuter, me demander mes impressions, parler des missions à venir ou même boire un verre. Quand il m'avait invité pour la première fois j'avoue avoir été frappé par la propreté des lieux, la maison était impeccable en tout points ! Je m'étais donc aussitôt promis de mon côté de ranger ma maison dès que je rentrerai chez moi.

D'ordinaire je ne m'attardais pas longtemps chez lui, bienséance oblige. Cependant il arrivait, rarement, que nos discutions nous entraînaient à parler jusque tard le soir. C'était principalement lui qui me posait des questions ou bien je l'écoutais inlassablement parler sans l'interrompre. Quoique une fois il est arrivé que la conversation deviennent vite embarrassante.

Flash-back :

-Et vos autres occupations en dehors du travail ? Demanda Kolya après avoir bu une gorgée de son verre.

-''Autres occupations'' Commandant ?

-Et bien j'ai remarqué que vous passiez beaucoup de temps avec Monsieur Radim...alors je me demandais...

-Oh non non ! S'empressa t-elle de dire. Ladon et moi nous sommes amis depuis l'enfance, il n'y aura jamais rien d'autre.

Kolya poussa un rire faussement gêné.

-Navré, j'étais seulement curieux. Dit-il avec un sourire.

Un silence embarrassant s'installa entre eux néanmoins Isabeau se sentit elle-même curieuse vis à vis de la vie privée de son supérieur car après tout...elle ne savait presque rien à ce sujet. S'armant de courage elle lui posa finalement la question.

-Et vous Commandant, enfin si je peux me permettre, vous êtes marié ?

Elle fut surprise d'entendre Kolya rire d'un rire franc après qu'elle eu posé la question.

-Non, je ne l'est jamais été. Fut sa réponse. Et puis est-ce que j'ai une tête à être un homme marié ?

Isabeau ne répondit rien...elle ne savait pas trop si c'était une question rhétorique ou non. Elle observa son visage grêlé en se demandant si il faisait allusion à ça. Mais maintenant Kolya la fixait avec insistance, apparemment il attendait une réponse.

-Je...je ne crois pas que le mariage repose uniquement sur le faciès Commandant.

Elle vit sur ses lèvres ce qui ressemblait à une ébauche de sourire.

-Vous êtes une jeune femme pleine d'éloquence.

Isabeau sentit ses joues chauffer d'un seul coup. Son siège lui sembla soudainement inconfortable.

-Je vais prendre ça pour un compliment venant d'un homme qui sait si bien parler aux foules. Répondit-elle un peu embarrassée.

-S'en été un. Répondit simplement Kolya avec le même regard intense.

Il l'observa une dernière fois de la tête aux pieds puis sentant qu'elle était plus que gênée il changea de sujet.

Fin du Flash-back.

J'avoue que je ne peux pas m'empêcher d'être gênée quand il s'agit de sujets privées. Je me sens toujours vulnérable dans ces moments là. Et il faut que je sois forte ! Surtout devant le Commandant. Je m'en veux tellement des fois de paraître embarrassée en sa présence. Encore un point sur lequel je vais devoir travailler dur...

XXX

1 ans plus tard :

Ce jour là Isabeau se préparait pour sa nouvelle mission, elle attacha ses longues boucles rousses en une tresse puis elle enfila vite son uniforme. Le Commandant avait été plutôt évasif sur le sujet. D'après ce qu'elle en avait comprit ils allaient se rendre dans un bunker pour inspecter les lieux, les soldats qui s'y trouvaient ainsi que les prisonniers.

Cependant le Commandant lui avait dit que cette mission était confidentielle par conséquent ils iraient dans ce bunker en comité restreint, c'est à dire Kolya, deux ou trois autres soldats et elle-même.

Ils partirent très tôt le matin dans la discrétion la plus totale puis passèrent la porte des étoiles. Toujours en se remémorant le peu d'informations que le Commandant avait bien voulu lui dire elle savait que la planète était sensée être inhabité, hormis les occupants du bunker.

Toutefois quand ils débarquèrent sur la planète un petit groupe d'hommes les attendaient déjà devant la porte. Celui qui se trouvait au centre se démarqua du reste du groupe et s'approcha du Commandant.

-Je suis le Sergent Bram, responsable de cette installation. Se présenta t-il d'une voix rauque.

Isabeau l'observa discrètement. L'homme devait avoir presque le même âge que le Commandant et avait une silhouette plutôt petite et opulente, ce qui la surprit beaucoup venant d'un militaire de plus elle avait remarqué ses dents jaunâtres quand il avait parlé ce qui rebuta la jeune femme au plus au point.

-Commandant Acastus Kolya. Dit-il en le saluant d'un signe de tête.

Le Sergent Bram lui rendit son salut puis il se tourna vers un autre homme à côté de lui. Celui-ci en revanche était grand et mince mais avait un air suffisant plaqué sur le visage. L'homme en question lançait d'ailleurs à la jeune femme un long regard graveleux. Isabeau se sentit frémir de dégoût et elle releva fièrement la tête en détournant le regard comme si il était quelqu'un d'insignifiant.

-Et voici Vadim qui assure la bonne marche du bunker avec moi.

Isabeau ne manqua pas leurs regards tournés vers les deux hommes qui les accompagnaient, Kolya également car il sembla prendre un malin plaisir à tendre lentement le bras vers la jeune femme pour l'inviter à approcher, ce qu'elle fit avec joie.

-Isabeau Oujna, mon Commandant en Second. Dit-il une fois qu'elle l'eut rejointe à ses côtés.

Isabeau hocha dignement la tête en guise de salut sauf que personnes ne le lui rendit. Au contraire la stupeur se voyait clairement sur chaque visages des hommes en face d'elle. Elle en fut quelque peu surprise car du plus loin qu'elle se souvienne personne dans sa profession n'avait jamais eut de préjugés parce qu'elle était une femme.

-Bon...très bien. Dit le Sergent Bram en se raclant la gorge, non sans jeter un coup d'œil critique à la jeune femme. Veuillez me suivre.

Le groupe prit alors la route à travers la forêt qui recouvrait l'ensemble de la planète. Isabeau, au vu de l'accueil ''chaleureux'' qu'on lui avait témoigné prit le soin de demeurer à côté de son Commandant.

Ils marchèrent environs trois quarts d'heures avant d'arriver à une grosse trappe métallique, sans doute la plus proche à des kilomètres à la ronde. Ils descendirent à tour de rôle. Une fois qu'elle eut posé le pied à terre, Isabeau observa soigneusement les lieux.

L'architecture était indéniablement Genii. Ces formes droites, strictes et dures, sans extravagance. La couleur des murs était marron-vert, surtout à cause de l'humidité et de la moisissure, mais pouvaient paraître jaune par moment à cause de l'éclaira de mauvaise qualité. La structure était vieille, elle en était sûre. En voyant l'état des lieux la jeune femme se dit qu'elle avait beaucoup de chance de n'avoir jamais été affecté dans un bunker.

L'odeur de la moisissure embaumait le long couloir qu'ils venaient d'emprunter pour se rendre dans le bureau du Sergent. En réalité le bunker était bien plus grand qu'il en avait l'air, le couloir exiguë par lequel ils étaient arrivés donnait une fausse impression de la taille réelle de l'endroit. C'était un vrai labyrinthe de couloirs. La jeune femme demeurait silencieuse, marchant derrière Kolya qui interrogeait le Sergent Bram sur divers sujets concernant le bunker.

Quelques fois ils croisèrent d'autres soldats, tous les saluaient mais ils avaient également la même expression de surprise en apercevant la jeune femme. D'autres plus téméraires n'avaient pas hésité à la siffler de façon appréciative. Isabeau avait alors dû se faire violence pour ne pas s'arrêter et leur donner une paire de gifles bien sentit.

« Ils me prennent pour un bout de viande ou quoi ?! » Pensait-elle avec rage.

Mais elle se força à continuer son chemin la tête haute. Quand ils arrivèrent enfin dans le bureau de Bram, Isabeau pour sa part s'y sentit à l'étroit. Cette pièce sombre et petite lui rappelait curieusement la petite salle où bien des années auparavant Kolya lui avait fait passer son entretien. Sauf qu'une odeur nauséabonde semblait imprégner toute le bureau, une odeur âcre qui agressait tout ses sens et lui donnait l'envie de vomir.

Le Sergent Bram alla ensuite s'asseoir dans son fauteuil en invitant le Commandant Kolya à faire de même mais ce dernier préféra rester debout. Le Sergent ouvrit ensuite une boite sur son bureau et en sortit un gros cigare marron. Après ça Isabeau ne se posait plus de question à propos de l'odeur repoussante du bureau ainsi que sur le dent jaunies du Sergent.

-Bien Commandant, dîtes moi ce que je peux faire pour vous aider dans votre inspection. Dit-il en allumant son cigare.

Kolya ne se fit pas prier et se lança dans une longue énumération de ce qu'il souhaitait obtenir : les dossiers de chaque soldats présents dans le bunker; les plans de l'endroit; les comptes-rendus des journées et des missions en extérieur; les documents relatant de la gestion des ressources, eau, nourriture, électricité, etc...; les comptes-rendus des derniers interrogatoires et pour finir la liste des quelques prisonniers présent dans la zone carcérale.

Pour ce derniers point un mince rictus apparu sur la mine renfrogné du Sergent Bram. Il consentit néanmoins à fournir tout ce que le Commandant lui avait demandé et il envoya un de ses hommes chercher les documents.

-En ce qui concerne les prisonniers Commandant...Commença t-il avec une lenteur délibéré. Il se trouve que le plus ancien de nos détenus devrait vous plaire. Pour tout vous dire il était déjà là du temps de mon prédécesseur.

Kolya fronça les sourcils, le visage légèrement intrigué.

-Votre détenus ne doit plus être bien jeune dans ce cas.

-Pour sûr qu'il ne l'est plus ! S'exclama Bram en crachant sa fumée qui tournait de plus en plus la tête à Isabeau. Mais ça n'a pas d'importance, il est solide ! Et c'est notre meilleure arme quand il faut être ''persuasif''.

-''Meilleure arme''... ? Répéta Kolya, exigent plus de précisions.

Le rictus du Sergent se changea lentement en un faible sourire suffisant avant qu'il ne daigne répondre.

-Il s'agit d'un wraith, Commandant. Lâcha t-il abruptement.

Comme s'ils partageaient le même esprits, les mêmes émotions, Kolya et Isabeau se regardèrent droit dans les yeux. Ils semblaient se demander mutuellement si ils avaient bien entendu la même chose. Puis à l'unisson ils reposèrent leur attention sur le Sergent. Cette fois Kolya était clairement intéressé, son regard avide d'en savoir plus. En revanche Isabeau ne savait que penser...un wraith vivant...ici dans une cellule...Certes elle avait déjà aperçu des wraiths lors de ses missions sur d'autres mondes mais toujours de loin. Jamais elle n'en avait vu un de près.

« D'un côté heureusement ma vieille ! » Pensa t-elle narquoisement. « Car lorsqu'on rencontre un Wraith c'est souvent pour la première et dernière fois ».

Tandis que le Commandant exigeait de voir ce prisonnier si spécial, la jeune femme, elle, se sentait partagée...partagée entre l'appréhension naturelle que ressentait tout humain face à ce terrible prédateur, mais elle était également fascinée à l'idée de pouvoir en observer un de près. De quoi avait-il l'air ? Était-il aussi terrifiant que les gens le racontaient ?

Le Sergent Bram ne se fit pas prier pour les inviter à le suivre jusqu'à la zone carcérale. Kolya semblait ailleurs, plongé dans des pensées que même Isabeau ne parvenait pas à deviner. Au fur et à mesure qu'ils s'engouffraient dans les couloirs la luminosité baissait rendant l'atmosphère encore plus sinistre.

La pièce des cellules ressemblait davantage à un long et large couloir. Les cellules étaient en curieuse forme de triangle et étaient côte à côte les unes aux autres. Bram s'avança le premier jusqu'à la dernière cellule au fond du couloir.

-Voici la bête. Dit-il en levant le bras pour désigner la cellule.

Kolya et Isabeau s'approchèrent doucement de la grille en fer rouillé. La cellule était très sombre, seul un faible rayon de lumière passait au milieu de l'espace, permettant seulement de distinguer une forme noire assise au fond de la cellule. Kolya et Isabeau échangèrent encore un regard, naturellement ils voulaient en voir plus.

-Eh remue toi ! Tu as de la visite. S'exclama Bram à l'adresse de l'être assis dans l'ombre.

Un bas grognement lui répondit puis deux étincelles bleues brillèrent dans le noir. Isabeau essaya de distinguer ce que ça pouvait être jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il s'agissait des yeux du wraith. Il les regardait sans plus émettre le moindre son mais il ne semblait pas non plus disposé à bouger.

Kolya jeta un regard en biais au Sergent, ce dernier comprit le message et appela deux soldats pour entrer dans la cellule.

-Amenez ce fainéant ! Dit-il en ouvrant la grille. Que nos visiteurs puissent l'admirer.

Les deux hommes entrèrent, apparemment sans crainte, l'un d'eux tenait une barre électrique dans sa main droite et quand il fut près du wraith il l'utilisa contre lui. Il y eu un bruit de grésillement puis un cris rauque et caverneux résonna dans la pièce. Après les soldats empoignèrent le wraith et l'amenèrent à la lumière.

Isabeau sentit tout son corps se raidir à la vue de ce prédateur si proche. Toutefois, malgré le fait que les soldats le soutenait le wraith tenait à peine sur ses jambes. Son dos semblait voûté comme celui d'un vieillard, son uniforme de cuir marron était sale et déchiré.

Ses longs cheveux blanc était dans le même état déplorable que son uniforme. En observant bien son visage la jeune femme vis un curieux tatouage autour de son œil gauche, on aurait dit une sorte d'étoile éclatée. Mais ce n'était pas ça qui la surprenait, c'est le teint maladif, souffrant du wraith. Cette créature semblait dépérir lentement.

Non pas qu'elle avait pitié, certainement pas ! Les wraiths ne méritaient pas la moindre compassion mais elle devait admettre être un peu déçue. Elle aurait était bien plus impressionnée si le wraith n'avait pas cet épais gant de cuir sur sa main mortelle et si il avait était comme ceux qu'elle avait déjà aperçu de loin...fier et terrifiant. Mais sans doute l'avait-il été autrefois. Maintenant ce n'était qu'une ombre.

Le Commandant Kolya sembla penser la même chose car il poussa bientôt un rire moqueur en évaluant le wraith de la tête au pieds.

-Ça, un wraith ?! Plutôt une pâle imitation. Cependant malgré ses moqueries la lueur d'intérêt n'avait pas disparu des yeux de Kolya.

-C'est sûr qu'il est plus convainquant quand on le nourrit un peu. Se défendit le Sergent Bram. Seulement nous n'avons pas eut de prisonniers à interroger depuis presque un mois et demi.

Brusquement les paroles du Sergent atteignirent le cerveau de la jeune femme et elle fini par en saisir toute l'horreur. Quand Bram avait parlé d'arme de persuasion elle avait naïvement cru que ce n'était que de l'intimidation pas qu'ils donnaient réellement les prisonniers en pâture à ce wraith. Isabeau repensa soudainement au sort de son père...il avait était emporté par les wraiths...et il avait sûrement fini dévoré. Et dire qu'il se passait la même chose ici mais que c'était des humains qui infligeaient ça à d'autres. Ce wraith n'était qu'un instrument.

-Hum...c'est un problème qui pourrait être résolu. Murmura Kolya plus pour lui-même.

XXX

De retour dans le bureau, plus tard dans la journée :

La jeune femme se sentait encore toute retourné de cette rencontre avec le wraith mais elle fit en sorte de ne rien laisser paraître. Isabeau parlait peu ou quand elle le faisait c'était surtout pour approuver son Commandant. Ce dernier c'était d'ailleurs mis en tête de satisfaire une certaine curiosité scientifique vis à vis du wraith, c'est pourquoi il avait demander à rester deux ou trois jours de plus dans le bunker. Il s'était également engagé à faire transférer des prisonniers des prisons Genii pour les amener ici. Un échange de bons procédés disait-il, bien qu'Isabeau ne fut pas entièrement de cet avis.

Bien évidemment le Sergent Bram ne refusa pas cette proposition, toutefois il souleva un point particulier.

-Bien entendu vous pouvez dormir ici Commandant, cependant...Il toisa de façon quelque peu dédaigneuse la jeune femme à côté de Kolya. Il se trouve que le bunker a été conçu pour que les soldats dorment dans une salle commune. Et il n'y a que deux chambres individuelles, la mienne et celle réservée justement pour les hauts-gradés en visite.

Isabeau ne fut pas surprise d'entendre ça et elle-même comprenait le dilemme que ça impliquait. Car elle préférait mille fois dormir à la belle étoile que dans une salle commune entouré d'hommes qu'elle ne connaissait pas. Elle échangea encore une fois un regard silencieux avec son supérieur, lui-même avait l'air de réfléchir sérieusement à une solution. Car oui étant donné qu'ils n'étaient pas sensés rester au départ, Kolya n'avait pas songé ce ''petit'' problème.

-Alors on va montrer leurs quartiers à ses messieurs et à la donzelle. Proposa Vadim en regardant Isabeau avec un sourire en coin.

La jeune femme sentit ses poils se hérisser sous l'effet de la colère cependant elle se contenta de lui répondre par un sourire moqueur.

-Certainement pas ! Ça vous ferez trop plaisir. Cracha t-elle avec dédain. Et vous savez où vous pouvez vous le mettre votre ''Donzelle'' ?!

Le dénommé Vadim perdit brusquement son sourire pour paraître maintenant complètement scandalisé.

-Je vous trouve bien seule dans votre pauvre uniforme pour tenir de tels propos. Dit-il en s'avançant d'un pas menaçant vers elle.

-Et qu'est-ce que j'ai à craindre d'un idiot prétentieux ? Répliqua Isabeau du tac au tac en croisant ses bras contre sa poitrine.

Le soldat ouvrit la bouche, sans doute pour lancer quelques paroles piquantes et vénéneuses mais le Commandant Kolya les arrêta tout les deux en s'exclamant bien fort : « Ça suffit ! »

Isabeau reprit aussitôt une attitude calme et détachée, mais Vadim, lui, eu plus de difficultés à contenir sa colère. Aussi il lança un dernier regard pleins d'avertissements en direction de la jeune femme avant de retourner près du Sergent Bram.

-Je partagerai la chambre avec elle. Déclara Kolya sans la moindre émotions apparentes. Vous y voyez une objection Oujna ?

-Pas la moindre. Mentit Isabeau.

En vérité l'idée de partager une chambre avec son supérieur lui semblait presque aussi intimidante que dormir dans cette fameuse salle commune. Elle se demandait même pourquoi le Commandant n'avait pas eu la simple courtoisie de lui laisser la chambre pour elle toute seule. Elle vit alors le Sergent Bram et Vadim se regarder de façon entendue, ce qui failli lui monter le rouge aux joues. Qu'est-ce que ces deux abrutis allaient s'imaginer ?! Jamais son Commandant n'oserai la toucher. Jamais il n'y avait eu ce genre sous-entendu entre eux.

« Alors pourquoi ça te gêne idiote ! » Pensa t-elle « Reprends-toi et ne pense pas à eux ! ».

Oui elle devait passer au-dessus de ça. Ce ne serait que pour une ou deux nuit en plus, rien d'insurmontable.

Plus tard quand on les amena à ''leur chambre'' la jeune Genii essayait d'ignorer du mieux qu'elle le pouvait le regard pesant de Vadim sur elle. Qu'est-ce qui lui voulait encore ?! Si les choses continuaient ainsi elle n'était plus sûre qu'elle allait pouvoir retenir sa main qui la démangeait depuis quelques minutes.

Kolya fut le premier à entrer dans la chambre, elle n'était pas très grande et comportait juste un lit de taille moyenne, un canapé et un petit bureau. Toutefois Isabeau remarqua une porte au bout de la pièce et supposa que ça devait être la salle de bain.

-Bon et bien je vous laisse vous installer. Déclara Vadim derrière eux.

La jeune femme se retourna pour le voir sur le seuil de la porte, un rictus goguenard aux lèvres. Elle marcha donc à grandes enjambées pour s'emparer de la poignée de la porte en l'affrontant du regard.

-Et bonne nuit. Ajouta t-il sans équivoque.

-Merci, ma nuit risque d'être plus agréable que la votre en effet ! Dit-elle avec hargne.

Puis elle lui claqua sans ménagement la porte au nez.

-Mais quel bande de crétins ! Ne pu t-elle s'empêcher de dire à voix haute.

-Je ne peux qu'approuver. Susurra soudainement Kolya.

Isabeau sursauta, se rappelant brusquement sa présence. Il se tenait bien droit au milieu de la pièce, l'observant légèrement amusé.

« Il y en a au moins un de nous deux que ça fait rire ! » Songea t-elle en soupirant mentalement.

-Ils n'ont jamais vu de femmes ou quoi ?! Dit-elle avec exaspération.

-Eh bien ce n'est sûrement pas à vous que je vais faire remarquer qu'il y a peu de femmes dans l'armée. Dit-il avec un faible sourire en coin. De plus on évite de les mettre dans des bunkers afin d'éviter certains...problèmes.

Isabeau comprit tout de suite à qu'elle genre de ''problèmes'' il faisait allusion. Évidemment ça serai bien trop frustrant pour des hommes et des femmes de vivre en communauté sans avoir le droit aux moindre contacts physiques. Sans parler des soucis tels que les sentiments amoureux, la jalousie, etc...

-Et il ne faut pas oublier que ces hommes vivent ici depuis des mois, certains des années même. Continua Kolya en ôtant son épais manteau puis le posant sur le dossier de la chaise du bureau. Alors c'est normal qu'ils...s'émoustillent à la vue d'une jolie jeune femme.

« Jolie jeune femme ? » Se répéta mentalement Isabeau, incrédule.

-De plus je ne connais pas ces hommes et l'abstinence engendrant la frustration je ne pouvais pas prendre le risque que l'un d'eux vienne vous rendre visite la nuit en sachant que vous seriez seule.

La jeune femme sentit subitement un poids s'envoler de ses épaules. Mais quelle idiote elle avait été de douter de lui ! Comment avait-elle pu penser qu'il essayait de profiter de la situation. Son raisonnement était logique en plus : Mieux valait que ces soldats sans cervelles pensent qu'elle dormait avec le Commandant plutôt que toute seule. Au moins maintenant ils n'oseraient pas l'importuner. Toutefois le fait de se retrouver dans une situation aussi délicate ne la rassurait pas vraiment.

-Ah je vois, en fait vous êtes là pour me protéger. Dit-elle sur un ton qui se voulait plus ironique qu'elle ne l'était présentement.

-Pour quoi d'autre ? Rétorqua Kolya en se retournant vers elle.

Isabeau éprouva à nouveau cette sensation d'embarras. Pourquoi ? Pourquoi était-elle si gênée. Après tout ce n'était pas comme si elle ne s'était jamais retrouvé seule dans une chambre avec un homme...enfin, en y repensant bien Ahsim était surtout un jeune homme à l'époque et Kolya lui...ce n'était pas un juste un homme. C'était un homme d'âge mûr et son supérieur de surcroît. C'était peut-être ça qui la mettait mal à l'aise ? Elle eut l'impression d'être vulnérable tout à coup sous les yeux perçants de son Commandant puis elle chercha du regard quelque chose pour détourner la conversation.

-Je prends le canapé ! S'exclama t-elle faussement enjouée.

Cependant elle eut à peine le temps de faire quelques pas vers le vieux divan que Kolya l'arrêta.

-Non c'est moi qui vais le prendre. Déclara t-il sur un ton qui ne souffrait aucune contestation.

La jeune femme le regarda un moment, interdite.

-Prenez le lit. Dit-il en radoucissant sa voix. Je vous impose déjà ma présence alors c'est le moins que je puisse faire.

Elle le laissa s'asseoir sur le canapé, curieusement les mots sortirent tout seuls de sa bouche, sans qu'elle y réfléchisse.

-Vous ne m'imposez rien Commandant.

Le temps qu'elle se rende compte de ce qu'elle venait de dire Kolya avait déjà redressé la tête et l'observait comme si elle venait de dire quelque chose de surprenant.

« Quoi ?! Mais qu'est-ce que j'ai dit ! » Se cria t-elle dessus intérieurement. « Mais quelle idiote tu ne pouvais pas te taire ! Qu'est-ce qu'il va penser maintenant ?! ».

-Euh enfin...ce que je veux dire c'est que si ça me dérangeais je serai allé dormir dehors tout simplement. Dit-elle nerveusement. Mais ce n'est pas le cas, alors...m...merci de me laisser le lit.

Sur ce elle se retourna précipitamment et commença à se défaire de ses armes en ignorant le regard de Kolya toujours posé sur elle.

XXX

Plus tard dans la soirée :

Kolya lisait attentivement les dossiers des soldats présents dans le bunker et ne fut pas surprit d'apprendre que la plus part avaient étés affectés ici suite à des fautes graves lors de divers missions. Isabeau de son côté s'occupait de lire les documents sur la gestion des ressources. Ses yeux lui faisait mal à force de lire toutes ces séries de chiffres de plus la faible luminosité n'arrangeait rien néanmoins elle remarqua quelques irrégularités ce qui lui permit de croire que la gestion était plutôt douteuse.

Peu de temps après Kolya se leva et disparu derrière la porte de la salle de bain. La jeune femme en profita pour se détendre les muscles de son cou et se frotta les yeux. Quand elle entendit finalement l'eau couler dans l'autre pièce elle reposa les feuilles de papier et se leva en grognant.

Elle retira ensuite sa veste pour rester en simple débardeur noir puis elle détacha ses cheveux. Et dire qu'elle avait encore son propre rapport à faire ! Elle réajusta alors les oreillers et s'assit sur le lit en s'adossant contre le mur, prit de quoi écrire et commença son rapport.

Plus tard quand Kolya ressortit de la salle de bain, ce fut pour trouver la jeune femme sur le lit en train d'écrire. Il referma doucement la porte derrière lui, observant son visage très concentré encadré pas ses volumineuses boucles rousses. Autrefois il avait été surprit de constater qu'elle n'avait jamais coupé ses cheveux plus court que le milieu de son dos. D'ordinaire les femmes dans l'armée les coupaient courts pour plus de commodité mais pas elle...elle avait su rester féminine malgré tout. Et lui avait apprit à apprécier ça.

Une fois de plus il fut étourdit de constater à quel point le temps passait vite. Elle avait maintenant 22 ans mais demeurait encore si jeune. Son visage pale s'empourprait dès qu'elle était gênée, bien souvent quand il était là ou lorsqu'il abordait des sujets trop intimes avec elle. Il avait presque envie de rire quand elle se comportait de façon aussi mutine alors que d'ordinaire elle était d'un sérieux irréprochable comme maintenant.

Il s'avança le plus silencieusement possible du lit, essayant de voir jusqu'à quel point elle était absorbé parce qu'elle faisait.

-Que faîtes-vous ? Demanda t-il aussi fort qu'un murmure.

La jeune femme sursauta brusquement, lâchant ce qu'elle tenait dans les mains. Puis elle aperçu le Commandant juste à côté d'elle, visiblement fier de la frayeur qu'il lui avait causé.

-Euh pardon ? Dit-elle un peu confuse.

-Qu'est-ce que vous faîtes ? Redemanda Kolya.

-Oh ! Et bien j'écrivais mon rapport. Expliqua t-elle ramassant les affaires qu'elle avait laissé tombées. J'ai cru bon de le faire car j'ai déjà examiné plus de la moitié des feuilles de gestion, qui selon moi est mal gérée soit dit en passant et...

-Du calme Isabeau, du calme. La coupa t-il en lui faisant signe de s'apaiser. Je ne vous ai pas demandé de vous justifier.

Elle eu un bref moment de réflexion intérieur puis elle soupira en riant de sa propre nervosité.

-Désolée Commandant, je dois être un peu fatiguée. Avoua t-elle.

Il hocha la tête puis il retourna à son bureau pour continuer de travailler. Isabeau termina alors son rapport dans un silence presque religieux puis elle rangea soigneusement ses affaires avant d'aller à la salle de bain.

Là encore rien d'extraordinaire, juste une douche, un miroir au-dessus d'un lavabo et des sanitaires miteux. Mais à quoi pouvait-on s'attendre dans un endroit pareil. Elle ne perdit pas plus de temps pour se déshabiller, sentant déjà la fatigue l'assommer un peu plus chaque minutes, puis laissa avec plaisir l'eau couler sur sa peau. Contre toute attente il y avait de l'eau chaude, mais la jeune femme attribua ce miracle au fait qu'elle était dans une chambre pour les officiers gradés.

Elle resta un moment immobile, méditant sur la curieuse journée qu'elle venait de passer, sur la situation incongrue qu'elle vivait en ce moment pour finalement cesser de penser et profiter de ce petit bonheur.

Quand elle sortit de la salle de bain, habillé de son débardeur noir et de son pantalon bien entendu, elle fut surprise de voir que le Commandant Kolya avait finalement quitté son bureau et était étendu sur le canapé visiblement endormi.

La jeune femme s'étonna de le trouver particulièrement serein dans son sommeil puis décida qu'il était plus sage de faire de même. A pas de loup elle éteignit la lumière et rejoignit le lit. Elle se glissa ensuite sous les draps, non sans jeter un dernier regard dans le noir sur la silhouette de Kolya dans le canapé.

« Et bien...si j'avais imaginé vivre ça un jour... ».

A suivre...

XXX

Voilà voilà chers lecteurs ! Perso je n'aime pas m'envoyer des fleurs mais je suis trop contente de ce chapitre et j'ai bien hâte d'écrire la suite.

Comme promis Todd viens de faire son entrée, pas très glorieuse certes et pas très longue non plus mais je peux vous assurer qu'il sera beaucoup plus présent dans le chapitre suivant.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez surtout.

A plus tard pour la suite.