Génial.
Lorsque je ressors dehors, je vois certains villageois qui portent Damia dans leurs bras, afin de l'emmener chez elle. Dans quel but ? Je l'ignore complètement mais voilà ce qui se passe lorsqu'on vit dans un village qui ne compte aucun médecin. On doit se remettre aux remèdes de grands-mères et à cela se rajoute quelques prières pour les plus désespérés d'entre eux. Toutefois, alors que ce petit monde s'éloigne rapidement de ce qui pourrait être considéré comme la place de la mairie, Océane se tient là, devant le panneau.
Intrigué par cette mise à l'écart volontaire, je m'approche d'elle et me montre curieux.
« Tu ne vas pas avec ceux ? »
La chatte tourne son visage pour me regarder avant de concentrer une nouvelle fois son attention sur Damia. Après avoir libéré un soupir, le félin se confie.
« Tu crois qu'elle a simulé ?
- Non.
- Génial. »
A ce moment, je regarde la chatte et je remarque qu'un joli sourire vient tout juste de se dessiner sur ses lèvres. Pour savoir ce qui motive ses raisons qui m'échappent encore, je me lance dans la récolte de quelques confessions.
« Il est vrai qu'elle est énervante.
- A qui le dis-tu mon pauvre Jaysher ? Je l'ai surpris l'autre jour en train de dire du mal d'Herbert en discutant avec Teddy.
- Cela ne m'étonne pas. D'ailleurs, sache que je l'ai grillé en train de parler de certains villageois en compagnie d'Herbert.
- Rien ne semble pouvoir l'arrêter mais c'est génial qu'elle se retrouve dans cet état.
- Pourquoi ?
- Parce que cela me fait une rivale de moins dans le secteur pour un certain sens. Si je me débrouille bien, tous les hommes de ce village seront à mes pieds et je pourrais exiger d'eux tout ce que je désire. »
Ensuite, la voilà qui éclate de rire mais cette attitude me fait peur. En effet, son rire n'est pas habituelle et donne l'impression de connaître ce qui motive une telle réaction. Voulant ne pas être la première victime de sa folie, je fais marche arrière en veillant à me montrer le plus discret possible. Cependant, ma prudence n'est pas suffisante puisque Océane constate mon éloignement lorsqu'elle retrouve son sérieux.
« Qu'est-ce que tu es en train de faire ?
- Tu es folle.
- Quoi ? Comment oses-tu dire d'une fille ravissante et bien élevée comme moi qu'elle est folle ?
- C'est pourtant la pure vérité. Je te souhaite une bonne journée Océane. »
Craignant pour la sécurité de ma propre existence, je fais demi-tour et détalle en prenant mes jambes à mon cou. Dès que je suis suffisamment loin d'elle, Océane sourit et parle à voix haute.
« C'est qu'il facilement retournable notre petit mouton. Je sens que je vais apprécier lui jouer des petits tours dans les jours à venir. »
Heureuse de son coup, la chatte me regarde encore quelques secondes avant de s'éloigner de la place. Avec de telles idées en tête, il est clair que ma vie tranquille risque de s'en retrouver bouleversée.
