Bien le bonjour tout le monde ! Et vois-ci le chapitre 8 que vous attentiez. J'ai mis du temps à l'écrire mais je n'en suis pas peu fière.
En revanche je le classe M pour la violence et le langage. Vous voilà prévenu.
Bonne lecture.
XXX
Le lendemain :
Isabeau émargea doucement d'un sommeil sans rêves, ses paupières étant agressées par la lumière de la chambre. Elle cligna des yeux plusieurs fois avant de reprendre conscience du lieu où elle se trouvait et surtout avec qui.
Kolya était présentement assis sur le canapé et laçait ses chaussures. Quand il la vit éveillée il la salua d'un ''Bonjour'' aimable auquel elle lui répondit sur le même ton. La jeune femme s'assit ensuite sur le bord du lit et se tressa à nouveau les cheveux avant d'enfiler ses chaussures puis sa veste.
-Quel est le programme aujourd'hui, Commandant ? Demanda-t-elle en fermant sa veste pour ensuite se retourner vers son supérieur.
-Nous allons dans un premier temps aller manger quelque chose. Dit-il très sérieusement en se relevant du canapé. Nous devrions également recevoir les prisonniers que j'ai faits transférer ici mais auparavant nous allons finir notre inspection.
Plus tard ils étaient tous les deux assis dans un grand réfectoire, l'un en face de l'autre. Isabeau regardait d'un œil soupçonneux la boisson énergisante qu'elle avait devant elle mais à la vue de Kolya qui lui se contentait de manger ce qu'il y avait, elle se dit qu'elle n'était pas en position de faire la fine bouche.
-Vous me disiez hier que la gestion était douteuse n'est-ce pas ?
-Effectivement. Acquiesça la jeune femme. J'ai remarqué et souligné plusieurs irrégularités. La plupart de l'argent que notre gouvernement verse à ce bunker passe dans l'électricité, la nourriture, l'eau mais il y a aussi quelques dépenses diverses et variées tel que ''les cigares'' par exemple, mais certaines de ces dépenses sont surtout non-justifiées.
-C'est-à-dire ? Demanda Kolya en grimaçant après avoir bu une gorgée de sa boisson chaude.
-L'argent est dépensé mais on ne sait pas pour quoi. Expliqua-t-elle. Si je peux émettre une impression le Sergent Bram me semble être trop laxiste.
-C'est aussi mon impression. Avoua Kolya. Rien d'étonnant à cela, cet endroit est l'un de nos bunkers les plus oubliés. Certains administrateurs importants au sein de notre nation ne savent même pas qu'il existe encore. Alors c'est naturel que Bram se permette certaines libertés.
-D'où notre présence ici. Conclut Isabeau.
Ils échangèrent le même regard de conspirateur puis après avoir été rejoints par les deux autres soldats qui les accompagnaient ils continuèrent leur inspection. Dans le fond la tâche était plutôt ennuyeuse mais Isabeau se disait que plus vite elle travaillerait et plus vite elle pourrait rentrer chez elle.
Que de paperasse ! De feuilles volantes et désordonnées. Tout ce travail dura trois bonnes heures interminables. Contrairement à ce que la jeune femme avait cru au début le bunker n'était pas aussi mal géré que ça, la gestion était juste maladroite. En revanche elle avait froncé les sourcils quand elle avait examiné la liste des prisonniers durant les dernières années...hormis le wraith tous les autres étaient morts ! Soit de maladies, par la main du wraith pendant les interrogatoires ou tout simplement (et c'était ce qui choqua le plus la jeune femme) mort de vieillesse, la plupart enfermés pour des crimes qui ne méritaient même pas la perpétuité...Ils étaient cruellement oubliés dans ce bunker sinistre.
Isabeau avait du mal à croire que leur chef Cowen ne se sentait pas plus concerné par le sort de leurs prisonniers. Les Geniis n'étaient-ils pas un peuple, certes rigide, mais juste ?
En parlant de prisonnier...Elle n'avait pu se retenir de jeter un œil sur la fiche du wraith. En l'observant attentivement elle constata que Bram n'avait pas menti, le wraith était déjà détenu du temps de son prédécesseur. Isabeau fit mentalement le calcul et quand le résultat apparut dans son esprit elle en resta muette...le wraith vivait ici depuis une cinquantaine d'années maintenant.
Plus tard dans la journée Kolya avait souhaité s'entretenir seuls à seuls avec le Sergent Bram pour lui exposer le résultat de son inspection, laissant Isabeau et ses deux compères vaquer à d'autres occupations. D'un commun accord ils avaient tous les trois décidés de se rendre au réfectoire, assit en face des deux autres soldats Isabeau broyait du noir de son côté, ne comprenant pas pourquoi le Commandant l'avait exclu de cet entretien.
-Quelque chose ne va pas Oujna ? Lui demanda soudainement un de ses compagnons du nom de Nohlan.
Elle se ressaisit et prit une expression rassurante.
-Au contraire tout va bien ! Dit-elle avec un air enjoué. Notre inspection touche à sa fin, je ne sais pas vous mais moi j'ai hâte de rentrer.
-M'en parlez pas ! S'exclama le deuxième qui s'appelait Carwyn. Cet endroit fous vraiment les jetons ! Mais n'oubliez tous les deux qu'il y a également les prisonniers que le Commandant a fait transférer...si vous voulez mon avis on va encore devoir passer la nuit ici.
Isabeau s'efforça de ne pas rougir à la perspective de passer une autre nuit avec le Commandant Kolya, elle espérait secrètement qu'ils n'en arriveraient pas là tant cette situation devenait ridicule et embarrassante.
-J'espère bien que non. Avoua-t-elle en un murmure.
-Sauf le respect que je vous dois Seconde, vous n'êtes pas si mal lotie. Lui dit audacieusement Nohlan. Dans le dortoir commun c'est pas la même histoire.
La jeune haussa un sourcil interrogateur:-Que voulez-vous dire ?
-Oh eh bien ils semblent tous avoir un sens aigu de la propriété, vous les auriez vu ! Il y en a deux qui se sont presque battus pour je ne sais pas trop quoi. Dit-il d'un ton dédaigneux. Ils n'arrêtaient pas de nous regarder aussi, comme si on était des intrus.
Ces informations rendirent la jeune Genii songeuse. Sa salle de classe et ses camarades lui semblèrent soudainement très loin, jamais elle n'aurait imaginé se battre avec l'un d'entre eux, non ils étaient bien trop soudés.
-Certains nous ont également posé des questions sur vous. Lâcha Carwyn d'une voix taquine, sans doute voulait-il détendre l'atmosphère.
-Pardon ? Demanda Isabeau avec une froideur déconcertante.
-Oui, ils vous trouvent ''à leur goût''. Dit-il sans se laisser intimider par son ton dangereusement froid.
-N'importe quelle créature ayant des attributs féminins serait au goût de ces imbéciles ! Cracha la jeune femme avec mépris.
Sa réplique mordante provoqua de grands éclats de rires chez les deux hommes, aussi Isabeau se sentit obligé de faire de même.
« La camaraderie Genii, ça n'a pas de prix ! » Se dit la jeune femme qui pour une fois depuis leur arrivée se sentait détendue et presque de bonne humeur.
Elle proposa ensuite d'aller leur chercher quelques une de ces fameuses boissons énergisantes, qui certes étaient amères mais efficaces. Ils acceptèrent bien volontiers et elle se leva d'un bond pour aller préparer les breuvages.
Cependant quand elle revient vers eux quelques minutes plus tard, les tasses chaudes sur un plateau, elle aperçut quelqu'un assit à sa place. Elle s'en approcha silencieusement et n'eut pas de mal à reconnaître celui qui secondait le Sergent Bram : Vadim. Instinctivement ses mains se resserrèrent sur les extrémités du plateau et un frisson désagréable lui parcouru le dos. La jeune femme posa alors le plateau sur une autre table puis elle fit quelques pas vers les trois hommes. Vadim ne la voyait pas car il lui tournait le dos mais elle pouvait sentir et voir la fumée des cigare que fumait Bram. Visiblement son second en était friand lui aussi.
-Elle était son élève depuis l'âge de 12 ans il me semble et elle ne l'a jamais déçu. Il a toute confiance en elle. Dit Carwyn, visiblement mal à l'aise.
-Je ne doute pas que ça puisse être agréable de travailler avec une partenaire qui a un si joli petit cul. Dit Vadim avec un rire grivois, expirant au passage des petits nuages de fumée à l'odeur nauséabonde. Mais quand même une gamine dans l'armée et Second de Commandant en plus...Vous ne pensez pas qu'il y est allé un peu fort ?
Isabeau sentit son sang bouillir furieusement dans ses veines. Pour qui se prenait-il ce misérable ?! Et de quel droit la jugeait-il juste parce qu'elle était une femme ?! Elle fit quelques pas de plus, permettant enfin à ses deux camarades de la voir. Quand ils se rendirent compte de sa présence elle leur lança un bref regard en mettant un doigt devant ses lèvres...Non, Vadim voulait jouer ? Très bien !
-Et vous pensez peut-être être un meilleur candidat pour ce poste ? Lui demanda Nohlan avec un rictus provocateur, sans omettre de jeter un coup d'œil vers la jeune femme.
L'homme s'étouffa presque avec la fumée de son cigare en entendant ça.
-Moi ? Ben je ne suis peut-être plus aussi jeune qu'avant mais j'ai sans doute plus d'expérience dans le métier qu'une morveuse de 19 ans à peine sortit des salles de cours.
-J'en ai 22, pour être plus précise ! Susurra Isabeau d'un voix douce.
Elle vit l'homme sursauter et se retourner subitement puis il eut un mouvement de recul. Pendant qu'il parlait elle s'était approchée silencieusement pour s'arrêter à quelques centimètres derrière lui. La jeune femme se délecta de la surprise qu'elle pouvait lire sur le visage, d'ordinaire si dédaigneux, de cet homme exécrable et suffisant. Cependant cette surprise fut de courte durée car bientôt l'air supérieur qu'il affichait quand il la voyait revint sur son visage.
-Ça vous prend souvent d'écouter les conversations des gens vous?! Dit-il avec hargne.
« Seulement ceux qui m'ennuie... »Pensa Isabeau en réprimant un rire narquois. Cet homme était tellement suffisant, comme si se croyait plus haut gradé qu'elle ! Le seul plus haut gradé pour elle dans ce complexe n'était autre que le Commandant Kolya...Vadim lui n'était qu'un simple raté qui moisissait dans un trou à rat car il n'était qu'un bon à rien. Elle baissa alors les yeux vers son cigare qui dégageait toujours cette odeur qui lui donnait envie de vomir puis, sous le regard médusés des autres soldats elle le lui arracha de la bouche et l'écrasa sur la table.
-Vous savez ce qu'on dit des hommes qui ont une grande gueule Vadim? Demanda-t-elle en reportant son attention sur lui après avoir lâché le cigare sur la table, elle laissa s'écouler quelques secondes avant de répondre, tous étaient suspendus à ses lèvres...On dit que tout le reste est minuscule !
Cette fois elle ne cacha pas son sourire moqueur et sa victoire fut totale lorsqu'elle vit que ses compagnons affichaient le même sourire qu'elle !
Elle vit néanmoins le visage courroucé de Vadim passer de toutes les nuances de rouge et il se redressa d'un coup prêt à répliquer quand ils entendirent un grésillement sonore. Isabeau baisa alors les yeux vers la petite radio attachée autour de son poignet et l'activa en la portant à ses lèvres.
-Ici Isabeau, je vous entends Commandant.
- « L'entretien avec le Sergent Bram est fini. Veuillez me rejoindre avec vos coéquipiers. Terminé. »
La jeune femme remercia silencieusement le Commandant pour cette transmission opportune puis elle ignora superbement Vadim et se tourna vers Nohlan et Carwyn.
-Allez messieurs, nous avons mieux à faire ! Dit-elle en leur faisant signe de la suivre.
XXX
Présentement Isabeau regardait d'un mauvais œil le Commandant Kolya interroger quelques prisonniers en utilisant le wraith comme convenu. Et dire que son père était sans doute mort de cette façon...
En général les prisonniers ne se faisaient pas prier pour divulguer tout ce qu'ils savaient rien qu'en voyant le wraith. Mais même les plus téméraires ne tenaient pas bien longtemps. La jeune femme était volontairement resté en retrait et s'efforçait d'être le plus détachée possible, elle ne devait pas faire preuve de faiblesse maintenant...surtout pas après avoir tenu tête à de nombreuses reprises à Vadim qui avait dû s'empresser de le dire au Sergent Bram.
Le prisonnier interrogé était attaché à une chaise métallique, dans une pièce sombre et exiguë. Si les informations étaient suffisamment importantes alors le Commandant renvoyait le prisonnier sur leur planète où il serait jugé sous les plus brefs délais. Dans le cas contraire le wraith pouvait ''finir le travail''.
Le processus de drainage était effroyable ! Du moins il l'était aux yeux d'Isabeau, elle en avait bien sûr entendu parler mais jamais elle en avait été témoin...et là elle était aux premières loges. Quand les cris de douleur du prisonnier résonnaient dans la pièce elle usait de toute sa volonté pour ne pas détourner le regard, essayant vainement de se dire que cet homme, quel qu'il soit l'avait mérité ou bien elle pensait simplement à autre chose.
Et là où la jeune femme désapprouvait en silence, Kolya lui observait la scène avec une froide indifférence comme si il était bien au-dessus de ça même si de temps à autre il laissait échapper un sarcasme.
Les rugissements du wraith en revanche fascinaient malgré tout la jeune Genii. Son visage si inexpressif quand il était entré se métamorphosait en une expression de plaisir sauvage quand il se nourrissait puis il exprimait pendant un court instant de la déception quand on le forçait à lâcher sa proie à l'aide d'un bâton électrique, pour redevenir impassible.
Cependant pendant une fraction de seconde...ou bien peut-être l'avait-elle imaginé, elle aurait juré que le wraith l'avait regardé. L'étrange frisson qu'elle avait ressenti à cet instant semblait le lui confirmer.
Puis les ancêtres ont dû entendre ses pensées car Kolya, après des heures d'interrogatoires, déclara la fin de cette séance de torture. Cependant il émit le souhait de renouveler l'expérience au grand drame d'Isabeau.
XXX
Le soir venu dans leur chambre chacun vaguaient à ses occupations. Isabeau terminait son rapport en silence tandis que Kolya était une fois de plus à son bureau travaillant sur quelque chose qu'Isabeau ignorait et dans le fond elle n'était pas sûre de vouloir savoir.
Comme la veille elle acheva son rapport sur son lit puis elle le posa négligemment dessus, se sentant soudainement lasse. Et dire que ce manège absurde allait continuer demain...
Elle détacha ses cheveux en se relevant puis entrepris d'ôter sa veste. Elle commença par enlever les boutons puis abaisser la fermeture métallique quand elle sentit celle-ci se bloquer. Ce n'était pas la première fois que ça arrivait, la jeune femme baissa les yeux sur son torse et vit le fermoir coincé au même endroit que d'habitude, légèrement en dessous de la poitrine. Elle pesta de rage un moment, essayant de forcer sur la fermeture mais rien n'y fit.
-Un problème ? Entendit-elle la voix familière de Kolya dans son dos.
Elle se retourna instinctivement vers lui et constata qu'il la regardait bel et bien.
-Rien de grave, c'est juste cette saleté de fermoir ! Dit-elle en forçant davantage.
Kolya se redressa alors de sa chaise, s'approcha d'elle d'un pas déterminé et avant que la jeune femme n'ait pu comprendre pourquoi il empoigna d'une main une partie de son col et de l'autre le fermoir de sa veste. Isabeau sentit son cœur battre plus vite que jamais, le visage de son Commandant était si proche du sien qu'elle pouvait ressentir son souffle chaud dans son cou. Par les ancêtres, que c'était gênant !
Il força à son tour, jouant avec la fermeture pour la faire céder, amenant la jeune femme plus près de lui. Son expression était si concentrée qu'Isabeau n'osa pas esquisser le moindre geste. Cette proximité prolongée lui permit bientôt de percevoir la chaleur que dégageait son corps qui la dominait en taille comme en volume. Lui qui dégageait cette aura d'autorité qui l'avait paralysé sur place, qui l'avait rendue muette.
Kolya agrippa plus fermement le col de sa veste puis d'un dernier coup sec il parvient à abaisser la fermeture jusqu'en bas. Il esquissa un mince sourire de satisfaction comme celui de quelqu'un qui vient de réussir une tâche pénible. Toutefois son sourire mourut quand ses iris sombres croisèrent ceux extraordinairement verts et troublés de la jeune femme.
Il parut alors surpris de sa propre initiative mais ne recula pas. Ils s'observèrent longuement, sans dire un mot. Pour une raison qui lui échappait la jeune femme fut presque choquée de se sentir bien sur le moment, étrangement elle avait conscience que le teint rougi de ses joues était davantage dû à la puissante bouffée de chaleur que dégageait son propre corps plutôt qu'à de l'embarras et à cet instant elle vit dans les yeux de Kolya une lueur qui lui été inconnue jusqu'ici.
Ce fut sans doute cette lueur qui la ramena à la réalité.
-M...merci. Fini t-elle par murmurer faiblement.
Mécaniquement, sans cesser le contact avec les yeux de son Commandant, elle fit doucement glisser sa veste le long de ses bras puis la jeta nonchalamment sur le bord du lit. Pourtant ce geste ne fit qu'accentuer le regard qu'il lui lançait ainsi que cette tension palpable entre eux.
-Il...il faudra que je la fasse réparer. Continua-t-elle en essayant de paraître détendue.
-Ce serait...préférable. Lui répondit-il d'un air absent.
Le son grave et rauque de sa voix eut sur elle l'effet d'une décharge électrique et elle retrouva l'usage de ses jambes. Elle bredouilla une excuse puis fonça jusqu'à la salle de bain en se plaquant dos à la porte une fois qu'elle fut à l'intérieur.
Elle souffla longuement pour calmer le tumulte de ses émotions, ses yeux hagards se posèrent sur le lavabo et elle s'en approcha à grands pas puis se passa de l'eau sur le visage. Qu'est-ce qui c'était passé ? Se demandait la jeune femme. Pourquoi tous les membres de son corps s'étaient tendus au contact de son Commandant ? Elle pouvait encore sentir son souffle sur son cou et un délicieux frissons la secoua.
Sa tête se redressa et elle pu se contempler dans le petit miroir au dessus du lavabo. Ses lèvres étaient un peu charnus, ses joues encore roses des émotions de tout à l'heure, ainsi que des pommettes hautes. Ses yeux étaient en amande et bordés de grands cils roux avec ces iris si singulier composés de plusieurs nuances de vert. Sans parler de son indomptable crinière de boucles rousses qui encadraient son visage.
Tel un songe lointain des paroles, des gestes qu'avait eut le Commandant Kolya lui revinrent en mémoire...Le nombre incalculable de fois où il avait remit une de ses mèches rebelles derrière son oreille; Quand il posait une main, voir les deux, sur ses épaules; Le jour de son premier entretien avec lui, qu'avait-il déjà ? « Quelle jeune fille précoce »; Lors de la fête des héros : « Voilà une charmante apparition »; Pendant sa première mission pourquoi s'était-il sentit obligé de démentir ce que le vieux Rilam avait supposé ? « Non cette charmante personne n'est pas ma fille »; Enfin la veille quand il avait laissé entendre qu'elle était selon lui « Une jolie jeune femme »; Et maintenant ce contact rapproché, certes innocent mais qui les avait visiblement tous les deux troublés, puis cette curieuse lueur dans ses yeux...
« Est-ce que...est-ce qu'il a un faible pour moi ? »
L'ampleur de cette question la frappa soudainement et une fois de plus elle se traita « d'idiote » tant elle avait l'impression d'être ridicule. Bon...peut-être bien que Kolya la trouvait jolie et alors ? Ce n'était pas un crime ! Et il n'était même pas le premier à le lui avoir dit. Il pouvait très bien lui trouver quelques attraits sans pour autant avoir des sentiments autres que ceux qui unissent normalement un, ou en l'occurrence une soldat à son supérieur. Tous ces mots, ces gestes étaient innocents et dépourvus de sous-entendus...n'est-ce pas ?
« Tu perds la tête ma pauvre fille ! » Se dit-elle en se repassant de l'eau froide sur le visage.
Et elle ? Avait-elle des sentiments pour lui ? Honnêtement elle ne le savait pas. Les réactions de son corps, son embarras quand il était là, son cœur qui battait si fort qu'il menaçait d'exploser dans sa poitrine. Mais son esprit rationnel lui criait que non, elle ne s'en sentait même pas le droit en plus.
Cependant une petite voix au fond d'elle semblait narguer ses pensées septiques et elle eut le sentiment que désormais elle ne verrait plus son Commandant de la même façon.
Au moment de sortir de la salle de bain elle eut un moment d'hésitation.
« Allez un peu de courage ! » Se dit-elle pour se donner de la volonté. N'avait-t-elle pas survécu à bien pire ?! Pourquoi d'un seul coup le fait de franchir cette simple porte lui paraissait si dur ?
Isabeau cessa de réfléchir et ouvrit la porte. Elle chercha Kolya du regard puis le vit encore debout devant le lit sauf que cette fois-ci il tenait une feuille blanche à la main qu'il semblait lire avec attention.
La jeune femme fit quelques pas hésitant dans la pièce, se demandant se qu'il faisait cependant elle ne tarda pas à le savoir.
-Vous avez eut une altercation avec Vadim...Dit-il plus comme une constatation.
Évidemment c'était son rapport qu'il était en train de lire.
-Effectivement. Affirma-t-elle en retrouvant un peu de son assurance habituelle à l'énonciation du prénom de cet homme qu'elle méprisait. Il s'était montré très irrespectueux je me suis donc permise de le remettre à sa place. Les soldats Nohlan et Carwyn peuvent le confirmer.
Kolya avait retrouvé son masque d'impassibilité, ceux qui soulagea quelque peu Isabeau.
-Je ne doute pas une seule seconde qu'il ai pu avoir un comportement discourtois, mais n'oubliez pas que si vos compagnons et moi-même sommes vu comme des intrus pour ces hommes vous êtes pire ! Déclara t-il en avançant dans sa direction.
-Pourquoi ? Parce que je suis une femme, c'est ça ? Demanda-t-elle avec agacement.
-Bien entendu ! Rétorqua Kolya très sérieusement.
Il observa sa mine amère et renfrognée. Il voulait vraiment qu'elle se rende compte qu'ils n'étaient pas en sécurité ici.
-Nous partons demain soir. Dit-il en usant d'un ton rassurant, à ces mots il vit le visage de la jeune femme reprendre vie.
Il lui tendit son rapport qu'elle attrapa.
-Au fait...vous n'avez pas fait mention de vos impressions vis à vis des interrogatoires d'aujourd'hui.
« Ah nous y voilà ! » Pensa la jeune femme en rangeant son rapport, elle-même surprise que le Commandant ne le lui demande pas plus tôt, chose qu'il faisait souvent...cependant elle devait aussi avouer qu'elle n'osait que très rarement lui demander ses impressions à lui. Elle fit une petite grimace qui ressemblait à un sourire.
-Vous vous doutez bien de ce que je pense de tout ça.
-Peut-être, mais je veux vous l'entendre dire. Insista-t-il en la couvant de son fameux regard perçant.
Isabeau s'arma de courage pour lui répondre car elle savait qu'à ce moment là leurs avis respectifs étaient strictement opposés l'un à l'autre. Toutefois il ne manquait jamais de patience et d'estime envers elle pour s'enquérir de ses pensées.
-En vérité Commandant...Commença t-elle en choisissant bien ses mots. Je comprends facilement votre ''intérêt'' envers ce wraith, cette méthode peu conventionnelle à su se montrer efficace je dois l'admettre. Cependant...c'est sans doute mon côté humain qui me pousse à désapprouver cette méthode. Ou plutôt...je la désapprouve si votre intention est d'en user de façon régulière.
Pendant qu'elle parlait il n'y eut aucune étincelle de colère ou de mécontentement dans les yeux de Kolya. Le fait qu'elle soit contre cette ''Méthode'' comme elle l'avait appelé ne l'offusqua pas le moins du monde et il l'observait avec un intérêt poli.
-De plus après les résultats que vous avez obtenu aujourd'hui, je ne vois pas pourquoi nous devons rester une journée de plus. Conclut Isabeau en croisant ses bras contre sa poitrine.
-Le fait de partager cette chambre avec moi une nuit de plus est-il si insupportable ? Demanda Kolya avec un rictus railleur.
La jeune Genii haussa un sourcil à cette remarque. « Il se moque de moi ou quoi ?! » Se dit-elle, n'avait-elle pas été assez clair l'autre soir ? Non ça présence ne lui était pas insupportable et puis...et puis ça n'avait rien à voir avec ce qu'elle venait de dire ! « Ah...il ne veut tout simplement pas répondre » Réalisa-t-elle brusquement, cette fois Isabeau décida de ne pas se laisser prendre et elle se permit même de pousser une petit soupir tolérant, comme un adulte le ferait avec un enfant capricieux.
-Ne jouez pas à ça. Dit-elle avec patience.
-A quoi ?
-A m'embarrasser pour ne pas répondre à ma question. Dit-elle en se sentant plus hardi. Votre avis est très important pour moi aussi. Ajouta-elle cependant pour ne pas paraître trop effrontée.
Kolya haussa les sourcils, légèrement stupéfait par l'audace de la jeune femme, puis il laissa échapper un ricanement amusé. Il se détourna d'elle en retirant sa propre veste qu'il posa sur le canapé.
-Vous avez raison de vous poser cette question, votre point de vue sur ma façon de procéder aujourd'hui est également compréhensible. Vous êtes encore jeune et idéaliste.
« Jeune et idéaliste ?! » A force de prendre de l'âge et de l'expérience la jeune femme supportait de moins en moins quand il prenait cet air moralisateur. Il se retourna vers elle pour poursuivre.
-Entre nous félicitation pour votre performance, à aucun moment votre véritable ressentit est apparu sur votre visage pendant les séances. Dit-il visiblement satisfait du self-contrôle de son ancienne élève. Par contre pour répondre à votre question puisque vous teniez tant à savoir mes motivations...Le visage de Kolya devint grave. Je n'ai pas fait transférer tout ces prisonniers pour le plaisir de faire des expériences. Avez-vous remarqué que les rares détenus qui ont étés renvoyés sur notre monde sont eux-même des Geniis ?
Isabeau acquiesça d'un signe de tête.
-La raison étant que le pénitencier de notre planète est tout simplement surpeuplé. Que ce soit par des traîtres qui complotaient contre Cowen, des déserteurs ou bien des espions venant d'autres peuples qui ont malencontreusement découvert notre secret, ainsi que des citoyens Geniis coupables de graves délits.
La jeune femme sentit des sueurs froides couler le long de son dos en comprenant tragiquement où le Commandant voulait en venir.
-Donc en transférant ces prisonniers...
-Nous faisons de la place dans notre pénitencier. Acheva gravement Kolya. Bien sûr nous ne pouvons pas amener tous ces détenus dans ce bunker mais étant donné que les cellules y sont vides, dans le cas de ceux qui ne sont pas de notre peuple ils ne repartiront pas d'ici.
Que d'émotions chaotiques dans l'esprit de la jeune Genii...Tout se mêlait, pitié, dégoût, désapprobation mais aussi une certaine résignation, un sens du devoir infaillible. Après tout si c'est individus étaient prisonniers ce n'était pas pour rien ! Et quelque part elle devait admettre que l'idée que son Commandant ait fait exécuter ces prisonniers par soucis de surcroît de population plutôt que pour son plaisir, comme elle l'avait cru au début, la rassurait. En parlant de rassurer...maintenant qu'il avait fini de s'expliquer Isabeau remarqua que son Commandant attendait une quelconque réactions de sa part, son expression alternait entre l'inquiétude et la méfiance.
-Vous auriez dû me le dire. Soupira t-elle en allant s'asseoir au bout de son lit.
Les traits de Kolya se détendirent un peu en la voyant réagir de cette façon, même si elle semblait assez mitigée.
-J'avoue que je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre de vous si vous aviez su tout de suite mes intentions.
-Pourtant c'est vous qui avez voulu que je vous seconde ! Lui rappela t-elle sur un ton incisif. Si vous ne me faite pas suffisamment confiance pour divulguer ce genre d'informations alors vous n'avez qu'à me désister de mes fonctions.
Cette fois Kolya parut complètement atterré par ce qu'elle venait de lui suggérer. Qu'est-ce qui lui prenait tout à coup ? Depuis quelques temps il avait du mal à savoir sur quels pieds danser avec sa jeune protégée. La plus part du temps elle se montrait docile et compréhensive puis d'un seul coup elle devenait téméraire et agressive comme maintenant. Peut-être devait-il être plus prudent et moins individualiste avec elle.
-Ne le prenez pas comme ça Isab...
-Je ne peux pas le prendre autrement je regrette ! Le coupa t-elle.
Les yeux du Genii se plissèrent légèrement, contrarié d'être ainsi interrompu, mais il renonça à sévir. Non, ce n'était pas le meilleur moyen de faire avec la jeune femme et il le savait depuis longtemps. Il s'approcha doucement et vint s'asseoir à côté d'elle sur le lit en l'évaluant minutieusement.
Là où il avait ''dressé'' ses autres élèves avec une main de fer il en était tout autre avec Isabeau. Avec elle c'était différent...ça avait toujours été différent. Elle, il l'avait apprivoisé, modelé avec la même discipline que les autres mais surtout avec de la douceur après les coups, s'assurant ainsi non seulement son efficacité, sa dévotion mais aussi son affection. Maintenant il savait qu'elle resterait à ses côtés quoi qu'il arrive. Après ce qu'il venait de lui révéler elle était certes en colère mais elle était toujours là.
Ce que Isabeau ne savait pas en réalité c'est que ce n'était pas en elle qu'il n'avait pas confiance...Kolya se méfiait de son jeune âge...et oui encore et toujours son âge le rendait méfiant. Elle était imprévisible et il ne pouvait tout simplement pas se permettre de ne pas parvenir à anticiper le moindres gestes, les moindres actions venant de celle qu'il avait prit pour Second.
Leurs épaules se touchaient presque vue qu'il s'était assis à côté d'elle de façon à entrer dans son espace, et maintenant ils s'évaluaient tous les deux. Elle, la mine un peu rebelle et courroucée, lui le visage à la fois sérieux, calme, serein. Puis son regard se radoucit alors qu'il posa sa main sur celle de la jeune femme et il jura l'avoir sentit frémir à son contact.
-Isabeau...je suis navré si ma prudence excessive vous ai poussez à croire que je n'avais pas confiance en vous.
A l'instant même où il avait prononcé ses excuses toute traces de résistance disparu du visage de la jeune femme, ce que Kolya prit déjà comme une victoire...oui il avait encore gagné, à tel point qu'il osa même ajouter une dernière phrase.
-Vous avez ma confiance depuis des années...et ça fait bien longtemps que je ne vous considère plus comme mon élève.
XXX
Le lendemain se fut le même rituel. Kolya et Isabeau se levèrent puis ils allèrent déjeuner pour être rejoints par les deux autres soldats qui les accompagnaient.
Puis les interrogatoires recommencèrent.
Les détenus défilèrent à tel point qu'Isabeau avait vite cessé de compter. Comme la veille elle s'était efforcé de ne pas y penser, souhaitant simplement être ailleurs que dans cette pièce sinistre.
Elle ne participait jamais aux interrogatoires, elle n'était que spectatrice. C'était sans doute ça qui était le plus pénible, elle était obligé d'assister à ça comme s'il s'agissait d'un divertissement.
Encore une fois elle se surpris à regarder davantage le wraith que l'humain dont il se nourrissait. C'était si étrange d'être témoin de ce genre de scène. Pour un peu elle en était révoltée, voir une de ces créatures se nourrir d'un des leurs sans rien faire...décidément elle ne s'y ferai pas.
« Les wraiths...si j'en avais le pouvoir je le les ferai tous disparaître dans un nouage de fumée et le monde serai bien meilleur ! » Songea-t-elle avec amertume.
Est-ce qu'ils y arriveraient un jour ? Malheureusement si la réponse était oui Isabeau ne pensait pas le voir de son vivant. La tâche était trop ardu. Néanmoins ils avaient un peu de répit en ce moment étant donné que la plupart des wraiths étaient présentement en hibernation et ce pour de nombreuses années à venir.
La jeune femme attendit désespérément la fin de cette fichu séance qui commençait à être interminable. Quand ce moment arriva elle rayonnait presque à l'idée de rentrer chez elle, mais c'était surtout la perspective de sortir de cet endroit lugubre qui l'enchantait.
Kolya l'envoya donc chercher les comptes rendus qu'il avait laissé dans leur chambre tandis qu'il réglait les derniers détails avec le Sergent Bram avant de partir pour de bon.
Isabeau ne s'était pas fait prier et s'était alors hâté de retourner dans la chambre pour rassembler les documents le plus vite possible. Elle espérait sincèrement respirer l'air frais à la surface très prochainement.
C'est à ce moment là qu'elle entendit le grésillement caractéristique de la radio accrochée à son poignet.
-Ici Isabeau Oujna, qui y a t...
Mais elle n'eut pas le temps de finir que son interlocuteur lui coupa brutalement la parole.
- « Oujna ! Venez vite au quartier carcérale, il y eut un accident avec le wraith ! Le Commandant est blessé ! ».
Isabeau ne reconnu pas la voix de cet homme mais elle s'en fichait ! Ce qu'il venait de lui crier lui glaça le sang. Non ! Ce n'était pas possible. Son monde sembla s'écrouler tandis que sans réfléchir ses jambes l'emmenèrent à toute allure vers la salle des cellules.
Il était arrivé quelque chose au Commandant Kolya ! Comment cela avait-il pu se produire ?! Pourquoi maintenant alors qu'ils allaient repartir. Et que faisait le Commandant dans aux cellules ? Comment le wraith avait-il pu lui faire du mal de quelque façon que ce soit. Ce wraith...si par malheur c'était vrai, sur sa vie, elle allait lui tirer une balle dans la tête !
Elle couru si vite et si bien qu'elle mit peu de temps à arriver dans la zone carcérale. Elle entra à bout de souffle, appréhendant ce qu'elle allait y trouver...
Rien ! Il n'y avait rien n'y personne !
Ses yeux s'écarquillèrent d'incrédulité à cette constatation. Le long couloir était vide. Elle qui s'était imaginé les pires scénarios, elle ne comprenait vraiment pas se qui se passait.
C'est à ce moment que la jeune femme sentit deux bras fort l'encercler, plaquant ainsi ses bras le long de son corps. Passé le moment de surprise Isabeau se débattit violemment contre son assaillant qui osait l'attaquer dans le dos.
-Brave petite soldat Genii. Susurra alors une voix moqueuse que la jeune femme connaissait bien.
D'entre les ombres surgit alors Vadim, visiblement très satisfait. Isabeau fulminait de rage, ne parvenant toujours pas à se défaire de la prise de l'autre homme. Un piège ! C'était un piège grossier et elle elle était tombé dedans la tête la première. Qu'est-ce qui leur prenaient à ces deux-là ? Était-ils fous ?
-N'est-ce pas attendrissant, hein Audrin ? Continua Vadim en s'adressant sans doute à son complice. Elle avait peur pour son Commandant.
-Lâchez-moi tout de suite ! S'écria Isabeau avec force. Vous êtes malades !
Elle entendit les deux hommes ricaner puis celui qui la maintenait fermement contre lui pencha sa tête près de son oreille.
-Navré chérie, mais nous avons d'autres projets.
La respiration de la jeune femme s'accéléra brusquement alors qu'elle sentait la main gauche du dénommé Audrin errer lentement sur son corps. Elle se raidit, trouvant ce contact particulièrement désagréable, puis elle se débattu de plus bel.
-Vous vous souvenez des vilaines paroles que vous m'avait dites hier ? Lui demanda Vadim en jubilant.
-Bien sûr que je m'en souviens, et je les maintient ! S'écria-t-elle rageusement. M'attaquer à deux et par surprise, vous prouvez vous-même que j'avais raison !
Elle le vit perdre de sa superbe, pour son plus grand plaisir à elle. Qu'est-ce qu'il avait cru ? Qu'il suffisait de se ramener avec un type grand et musclé pour qu'elle prenne peur et s'aplatisse en pleurant ?! Même en rêve ça ne se produirait pas !
Pourtant le Genii reprit vite contenant, il franchi la distance qui les séparaient jusque là et le lui envoya son poing dans le ventre.
Isabeau poussa un cri étranglé et se courba bien malgré elle sous la vive douleur qu'elle ressentait à l'abdomen.
-Lâche-la. Ordonna subitement Vadim.
-Quoi ?!
-Lâche-la je te dit !
Audrin ne chercha pas à se le faire répéter et la poussa violemment au sol. On ne lui laissa même pas le temps de se redresser que Vadim avait déjà commencé à la marteler de coups de pieds. Isabeau porta automatiquement ses mains au-dessus de sa tête pour couvrir son visage même si ça ne faisait qu'atténuer les coups. Vadim sembla il prendre un malin plaisir alors qu'il s'acharnait sur elle.
-Sale pute ! Tu fais moins la fière maintenant ! L'entendait-elle s'exclamer en haletant entre chaque coups de pieds. Hein ? À te pavaner devant nous. Inutile de se demander comment elle l'a eut sa promotion ? Ça fait sa mijaurée alors qu'elle se fait sauter par son supérieur !
Isabeau sentit le goût ferreux du sang lui monter à la bouche alors que Vadim vomissait sa haine sur elle. Son esprit s'embrouillait, elle ne savait plus quoi faire. Tout son corps la faisait atrocement souffrir, dans cet état face à deux militaires elle n'avait aucune chance en misant sur la force.
-Eh l'abîme pas trop non plus ! S'exclama soudainement Audrin en retenant Vadim par le bras. Comment tu veux qu'on s'amusent avec elle si tu nous la tue maintenant ?!
C'était sa chance ! Pensa Isabeau. Si elle ne pouvait pas se battre elle pouvait au moins tenter de les effrayer.
-La seule personne ici...qui va s'amuser...c'est moi ! Dit-elle en respirant difficilement. Quand j'assisterai à votre exécution pour m'avoir malmené.
-Exécution ? Non mais tu l'entends cette petite garce ! Cracha Vadim en lui envoyant une fois de plus son pied dans le ventre. Ne te surestime pas ! On se fera engueuler tout au plus.
Mais contre tout attente la jeune femme se força à redresser la tête vers eux en leur riant au nez.
-Le Commandant Kolya n'a rien à voir avec ce bon à rien de Bram ! S'exclama t-elle en laissant bien couler toute la menace dans sa mots. Il va vous jeter tous les deux en pâture au wraith pour avoir osé lever la main sur moi. Vous êtes déjà morts !
Pour la première fois elle vit le doute traverser le visage de Vadim, quand à son acolyte, lui, il semblait bel et bien considérer ce qu'elle venait de dire.
-Merde ! Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?!
-Tais-toi Idiot ! Lui ordonna Vadim.
-Tu m'avais dit que c'était sans risques ! Continua Audrin.
-Mais tu vas la fermer oui ! Ragea-t-il de plus bel, il réfléchit à toutes allures quand soudainement une étincelle machiavélique brilla dans ses yeux.
Il se pencha alors près de la jeune femme affaibli et lui arracha la radio de son poignet.
-Le wraith...quelle bonne idée, Donzelle !
Sa main fondit alors sur sa tête et il lui agrippa sauvagement les cheveux, tirant dessus pour la forcer à se relever malgré son corps endolorie. Isabeau comprit ce qu'il comptait faire et ressentit une bouffée d'angoisse la saisir alors qu'il la traînait au fond du couloir...droit vers la cellule du wraith.
-Non ! Lâchez-moi ! Quoiqu'il puisse m'arriver il saura que c'est vous ! S'écria-t-elle désespérée.
-Vadim t-es vraiment sûr de toi là ?! Demanda Audrin sur un ton peu assuré.
Mais il n'eut pas de réponse. D'un seul coup il lâcha la jeune femme après l'avoir amené à destination, il sortit des clés de sa poche et sans hésiter il ouvrit la cellule.
-Eh toi, voici un plat de premier choix ! Interpella t-il la créature à l'intérieur. Profite s'en bien.
Il attrapa à nouveau Isabeau et la jeta sans ménagement dans la cellule avant de refermer très vite la porte. Reprenant soudainement ses esprits la jeune Genii s'aida des barreaux pour se hisser et se ramener en une position assise dans l'angle que formait le mur de pierre et la grille.
-Vous ne vous en sortirait pas tous les deux ! S'exclama t-elle en toisant Vadim d'un regard haineux. Laissez-moi sortir d'ici tout de suite !
Le Genii se contenta de pousser un rire sinistre puis s'en alla, suivi d'un Audrin toujours hésitant.
-Je vous tuerai tout les deux ! S'écria t-elle en usant de toute la force qui lui restait dans les poumons avant de toucher sous l'effort.
Mais quand elle entendit le bruit de la porte qui se refermait elle su que ça ne servait plus à rien.
-Bande de salopards ! Murmura t-elle entre se dents.
Et dire qu'après des années d'entraînements elle venait de prendre une raclée monumental par deux vauriens ! Quel déchéance !
Puis...tout à coup...un bas grognement rauque parvenu jusqu'à ses oreilles. Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent de terreur en se rappelant soudainement où elle se trouvait et elle se retourna lentement, redoutant ce qu'elle allait voir. Le fond de la cellule était plongé dans la pénombre la plus totale cependant le son caractéristique de chaînes que l'on traîne résonna dans la cellule, trahissant la présence d'un deuxième locataire. Puis en faisant bien attention, Isabeau pu distinguer deux yeux brillants d'une étrange lueur bleue dans le noir qui la regardait.
« Commandant...aidez-moi ! ! »
A suivre...
XXX
Et voilà ! Vous en pensez quoi ?
Encore un chapitre qui m'a donné beaucoup de fils à retordre, il est 2h34 du matin pour tout vous dire.
En plus, ce n'est peut-être pas grand chose pour vous, mais quand je suis arrivée au passage où il a fallu écrire des insultes ça à failli m'achever ! C'est plus fort que moi je ne supporte pas la vulgarité mais je me suis forcé pour cette fois, histoire que le moment soit plus crédible.
Encore merci à ceux qui me suivent et maintenant si ça ne vous dérange pas je vais rejoindre les bras de Morphée qui m'attend depuis un moment déjà. ^^'
PS : le chapitre 9 sera principalement dédié à Todd.
Bisous à tous !
