Faites-le taire !
Ce matin, je me suis réveillé avec un horrible mal de crâne. Sur le moment, je me suis interrogé sur le fait de rester chez moi toute la journée ou au contraire, risquer mon nez à l'extérieur ? Même si je souffre, je peux encore me traîner et je suis sûr que l'air pur du dehors me ferait le plus grand bien. D'ailleurs, cela me fait penser qu'il ne me reste plus de paracétamol que ma mère m'avait envoyé et je me demande bien de quelle façon je pourrais faire passer mon mal. Soudain, je songe au baume que vend Nook et j'espère que l'article est toujours en vente.
Ni une ni deux, je sors de chez moi et veille à fermer la porte d'entrée dans mon dos. Quand je me retourne, je sursaute car je tombe nez à nez avec Resetti. Celui-ci se tient debout devant moi et me toise.
« Bonjour Jaysher.
- Salut et désolé de ne pas rester plus longtemps mais j'ai une course à faire.
- Dis plutôt que tu cherches à me fuir.
- N'importe quoi. J'ai mal au crâne ce matin et là, je vais me rendre chez Nook pour lui acheter un baume. »
Et voilà. Grâce à son attitude qui me sort des yeux, je suis en train de m'énerver et cela n'arrange pas mon mal de tête. Alors que je fais un premier pas en avant pour m'aventurer sur le sentier invisible qui doit me conduire jusqu'à la boutique, la taupe s'interpose.
« Putain, dégage de là Resetti car je te jure qu'il va t'arriver un truc.
Je tente de forcer le passage mais l'animal se montre obstiné. Un moment, n'y pouvant plus, je cède à mon impatience et je le pousse violemment. Suite à cet excès de ma part, la taupe recule de plusieurs pas avant de tomber lourdement sur son séant. Choqué par mon attitude, Resetti me regarde avec de grands yeux mais je m'en tape complètement. Maintenant que le chemin est libre, je m'empresse de me rendre à la boutique afin d'y trouver le baume dont j'ai tant besoin.
Toutefois, lorsque j'arrive devant les portes du magasin, je tombe sur Bill et Teddy qui discutent tranquillement sur les dalles qui recouvrent le sol.
« Bonjour, me dit le premier.
- Bonjour les garçons.
- Arrêtez-le ? Il m'a poussé ce cassos ! »
Je fais demi-tour sur mes talons et je me rends compte que Resetti s'est permis de me suivre. Bien sûr, je me doutais bien qu'il s'empresserait de faire la mauvaise presse de ma violence et aussitôt, l'ours et le chien me regardent.
« C'est vrai ?
- Oui. J'ai un putain de mal de crâne depuis mon réveil et comme il me bloquait le passage, je n'ai pas hésité.
- J'aurais fait pareil, réagit Bill.
- Quoi ? S'offusque la taupe. Mais vous êtes tous des voyons dans ce village ! »
Alors que la taupe ne cesse de gueuler, ma douleur au crâne ne cesse de s'amplifier.
« Mais bordel, faites-le taire ou je le fume ! »
