Cas à part.

Après avoir écrit et poster la lettre pour ma sœur, je décide de rendre une petite visite à Céleste. Même si je sais que je vais la trouver en train de dormir dans son observatoire, je sais déjà que mon passage ne la dérangera pas. Néanmoins, je pourrais attendre qu'il soit plus tard pour le faire car cela ne doit pas être facile pour une chouette d'être réveillée. Sur la moitié du chemin, je ralentis ma cadence et je m'interroge. Je ne devrais pas la tirer de son repos réparateur pour obtenir des nouvelles de sa part.

Je me dois d'attendre et je suis sûr que Céleste saura apprécier ce geste de ma part. Je n'y manquerais pas de lui en parler mais d'ici là, je vais devoir trouver quelque chose à faire. Réfléchissant, je me demande à quel habitant du village je vais rendre visite. Et si j'allais voir Robusto depuis le temps ? Comme je suis déjà en route, je n'aurais pas beaucoup de chemin à faire pour me glisser à l'intérieur du perchoir.

Bien décidé, je poursuis ma route en direction du musée et une fois à l'intérieur, je tourne rapidement sur ma gauche. Là, je trouve l'entrée du café et je m'empresse de descendre les quelques marches qui composent l'escalier. Dès que je me tiens dans lieu où je voulais me rendre, je constate que Robusto est derrière son comptoir, fidèle au poste. Alors qu'il est occupé à essuyer une tasse, je m'installe sur l'un des tabourets et à son sourire, je me rends compte que ma visite lui fait plaisir.

« Bonjour Jaysher.

- Bonjour Robusto.

- Cela faisait un petit moment que tu n'étais pas venu boire un café.

- Je sais et c'est pour cette raison que je me tiens ici. Comment vas-tu ?

- Très bien. Veux-tu du café ? »

Un peu mon neveu. Après lui avoir donné ma réponse positive, l'animal s'active à me préparer une tasse lorsqu'il évoque un certain sujet de conversation.

« J'ai entendu dire que tu étais devenu l'habitant le plus riche du village. »

Sur le coup, je suis un peu surpris de l'entendre parler de la sorte. Tout d'abord, j'ignorais complètement que cette rumeur à mon sujet traînait dans la bourgade et sincèrement, je n'aime pas beaucoup ça. Certes, j'ai un joli chiffre sur mon compte en banque mais tout de même. Ce n'est une grosse somme, cinq millions de clochettes.

« J'ignore si je suis le plus riche Robusto. Pourquoi ? Tu en as après mon argent ?

- Du tout. Je me suis juste dit que tu pourrais m'acheter mon café.

- Arrête de plaisanter s'il te plaît. Je ne tiens pas du tout à faire un tel achat avec mon argent et puis je suis du genre prévoyant. C'est pour cette raison que mon compte en banque est bien fournit.

- Je ne plaisantais pas en te disant ça. »

Cas à part, c'est surtout parce que je ne suis pas doué dans les affaires.