Attention ! Le chapitre se concentre sur le retrait de la flèche. Il peut dégouter les personnes sensibles.


Legolas ne perdit pas son temps à attendre les nains censés l'escorter aux appartements de Thorin. Il était plus rapide qu'eux et connaissait déjà le chemin. Il bondit dans les escaliers et arriva à la lourde porte seul bien gardé par deux nains armés jusqu'aux dents. Il frappa trois coups brefs, impatient et nerveux à l'idée de ce qu'il allait découvrir dans la chambre d'invité de Thorin. Devant l'absence de réponse, il tambourina ensuite à la porte, le poing fermé.

Grâce à la porte laissée ouverte, le tapage finit par attirer l'attention de Gloin qui trainait dans le salon. Le nain à la veste rouge ouvrit la porte principale et fut presque poussé sur le côté par Legolas quand l'elfe jaillit dans la pièce.

« Prince ! s'exclama Gloin avec stupéfaction en refermant la porte. Nous ne vous attendions pas avant deux bonnes heures !

— Mon père… ?

— Dans la chambre ! »

Gloin n'en dit pas plus. Il n'en avait pas le cœur et préférait que Legolas se rende compte de l'état de son père lui-même. La lettre avait un ton alarmiste mais la réalité était bien pire.

Legolas entra dans la chambre. L'odeur de renfermé et de pourriture le prit à la gorge. C'était une odeur malsaine, puissante pour les sens d'un elfe, que dégageaient ceux qui étaient victimes de plaies infectées. Les nains avaient bien changé les draps, nettoyé la chambre et laissé des herbes odorantes fleurir dans des pots aux quatre coins de la chambre, ils n'avaient rien pu faire contre la maladie.

Thranduil reposait sur le matelas, allongé sur le ventre, le torse surélevé avec des coussins en velours. Sa main pendait dans le vide, inerte.

Sa blessure était ouverte, affreusement gonflée et béante, dévoilant les chairs meurtries. Le pus suintait et dégoulinait le long de son dos. Quelques traces d'un baume gris aux reflets verts étaient visibles près de la plaie infectée. La fièvre n'avait pas baissé. Les cheveux de Thranduil avaient été attachés en une queue de cheval basse et écartés de son dos. Couvert de sueur, le visage devenu d'un gris cadavérique, il semblait dormir d'un sommeil troublé. Ses yeux bougeaient rapidement sous ses paupières.

Le visage défait, Legolas s'agenouilla au chevet de son père. Il posa une main tremblante sur la joue de Thranduil sans parvenir à lui tirer la moindre réaction.

« Père ? chuchota Legolas. M'entendez-vous ? »

Ces mots revenaient avec une fréquence qui ne plaisait guère au prince de la Forêt Noire. Il les avait trop dits. Combien de fois allait-il galoper à bride abattue pour trouver la seule famille qui lui restait aux portes des Cavernes de Mandos ?

Le cœur lourd, Legolas prit doucement la main de son père. Il s'assit en tailleur sur le sol et observa le visage de son père alors qu'Oin racontait ce qui s'était passé les derniers jours.

Les paroles de son fils étaient comme une formule magique pour Thranduil. La voix de son fils le tira de ses songes tourmentés. Il mit du temps à reprendre connaissance complètement, tant il souffrait de la fièvre et la fatigue. Ses yeux gris rencontrèrent ceux du prince.

« Legolas ? murmura-t-il.

— Je suis là, père. N'ayez crainte. Comment vous sentez-vous ?

— Toi…comment vas-tu ? Le traitre…

— Je vais parfaitement bien, murmura Legolas. Je suis désolé de ne pas vous en avoir parlé. Je savais que vous désapprouveriez. J'ai réduit les possibilités à cinq. Mais cela n'a pas d'importance. Nous sommes tous les deux en sécurité ! Aujourd'hui au moins, tout le monde va bien.

— Ne recommence plus, souffla Thranduil en tendant la main vers son fils. S'il te plaît ! »

La gorge nouée, le prince acquiesça silencieusement. Il se pencha et déposa un baiser sur le front brulant de Thranduil.

Thorin s'éclaircit la gorge. Il respectait la tristesse de Legolas mais ils n'avaient pas le temps pour les sentiments. Au plus tôt ils retireraient cette maudite flèche, au plus tôt Thranduil irait mieux.

Oin se dandinait sur ses pieds, nerveux. L'heure tant redoutée était venue !

« Thranduil, nous devons retirer la flèche, annonça le guérisseur. Je ferai au plus vite, je vous le promets mais…ce sera douloureux !

— Je sais, souffla lentement Thranduil. Faites…ce que vous avez à faire. »

Legolas serra les mains de son père dans les siennes. Ce serait une épreuve pour lui aussi mais il savait que son père comptait sur lui.

Encore une fois, Oin fit boire une potion au blessé pour l'engourdir au maximum sans lui faire perdre connaissance. Il installa ensuite sur la table de chevet ses instruments, parfaitement nettoyés : deux pinces et trois couteaux de tailles différentes, de nombreux bandages, des aiguilles et du fil pour recoudre la blessure, une bassine d'eau chaude et une multitude d'autres instruments aux formes diverses. Il avait prévu un tisonnier placé dans le feu de la cheminée pour le cas où les sutures ne suffiraient pas à refermer la plaie. Oin avait pensé jusqu'à prendre une petite scie.

Douze fioles d'onguent et de potions étaient alignés juste à côté, à portée de main. Si certaines allaient désinfecter la plaie, d'autres pouvaient limiter les saignements, rendre à Thranduil un peu d'énergie ou le plonger dans un sommeil artificiel si profond qu'il était impossible d'en savoir à l'avance l'issue.

Thorin retira son manteau et le posa sur une chaise dans un coin. Paranoïaque depuis la découverte d'un traitre chez les elfes, il ne souhaitait pas laisser d'autres nains approcher Thranduil dans un moment aussi délicat. D'autant qu'il était parvenu à dissimuler la gravité de l'état de l'elfe à ses sujets !

Le nain s'assit sur le matelas près de l'elfe et posa ses larmes mains calleuses sur les frêles épaules de Thranduil, prêt à l'immobiliser dès que les choses sérieuses commenceraient. Gloin lui agrippa les jambes.

Ne restait plus que Legolas, assis à même le sol, qui ne cessait de murmurer des paroles réconfortantes à son père. Il n'arrivait pas à lui changer les idées et l'épreuve qui l'attendait avait rendu Thranduil livide. Une rapide prière à Illuvatar ne suffit pas à calmer les battements effrénés de son cœur.

« Je vais commencer », murmura Oin.

Si c'était possible, le guérisseur était aussi blanc que son patient. Seule son expérience issue de dizaines d'années de guerre et de misère parvenait à le préparer à la suite. Sa prise se raffermit sur le plus petit des scalpels.

Thorin se pencha sur Thranduil et lui glissa une lanière de cuir entre les dents. L'elfe ferma brièvement les yeux, se préparant au pire. De la sueur maculait à nouveau son visage émacié. Il serra les mains de Legolas avec l'énergie du désespoir.

Oin avait passé de longues minutes à affuter le scalpel pour que chaque coupure soit la plus nette possible. Le tranchant était parfait, la lame brillait. Sans aucun défaut ! Il posa la pointe sur la peau, quelques centimètres plus hauts que les bords de la plaie, trop petite pour lui laisser le champ libre. Il incisa sur quatre centimètres puis tailla une autre ouverture à l'horizontale pour former une croix purulente.

Très peu de sang s'écoula de la plaie. A la place, ce fut un torrent de pus. Avant de retirer la flèche, Oin dut nettoyer la plaie profondément infectée. A plusieurs endroits, la chair était blanche et il devait la retirer avant de progresser.

Thranduil ferma les yeux. Chaque incision provoquait une douleur atroce, lancinante, qui irradiait de son dos et se propageait dans tout son corps affaibli. La mâchoire serrée, tous ses muscles contractés, il mordait de toutes ses forces dans le cuir. Ses mains tremblaient et il serrait celles de Legolas avec l'énergie du désespoir. Thranduil se concentra sur sa respiration. Ne pas penser à la douleur, ne pas penser à la flèche, uniquement respirer. Inspirer, expirer. Juste cela. Inspirer, expirer.

« Ça va aller, murmura un Legolas aussi blême que son père. Ce sera bientôt fini, père…Imaginez que nous sommes dans la forêt…Au temps de Vertbois ! Nous nous baladions avec Mère sous les arbres pour voir le soleil se lever… »

Oin termina d'évacuer le pus de la blessure. L'odeur était insoutenable, la vue n'était pas meilleure. Il utilisa une bonne partie de l'eau, des linges et d'une potion désinfectante pour terminer le nettoyage de la plaie, qui ressemblait à présent à un vaste trou de huit centimètres de diamètres. Les os des côtes étaient à vif. Oin apercevait même une vertèbre. Un moment, le nain avait craint qu'eux aussi ne soient contaminés. Par chance, cela n'avait pas été le cas mais les muscles intercostaux n'avaient pas été épargnés et il avait été forcé d'en enlever une bonne partie.

Le guérisseur s'empara ensuite de la plus petite des pinces. Heureusement, la hampe s'était brisée à cinq centimètres de la pointe. Cela allait faciliter son retrait en lui offrant une prise. Oin n'eut aucun mal à enfoncer la pince dans la plaie et en resserrer les mâchoires autour du bois.

Restait maintenant à tirer dessus pour déloger la flèche sans aggraver la blessure. Le cœur de Thranduil était si près ! Le moindre mouvement trop à gauche et il percerait la paroi du ventricule. Le fait que la chair de l'elfe s'était refermée autour de la flèche rendait la tâche encore plus délicate. Et le corps de Thranduil était secoué de tremblements qu'il n'arrivait pas à réprimer ! En retenant sa respiration, le nain tira le plus lentement possible, prenant garde à ne pas tordre la flèche et à tirer droit.

Cette fois, la douleur franchit les limites de ce que Thranduil pouvait supporter. Il hurla. Le cuir étouffa son cri. Sa tête se renversa brutalement en arrière. Son corps se contracta dans un réflexe pour échapper à la souffrance intolérable. Legolas posa la main sur le front de son père, espérant que sa présence suffirait à faire la différence, et lui murmura les rares formules magiques que les guérisseurs elfes enseignaient aux soldats. Thranduil n'entendit pas les paroles réconfortantes de son fils. Il était à deux doigts de perdre connaissance. Seule la main fraîche sur sa peau brulante le reliait encore à la réalité, l'empêchait de lâcher prise totalement. C'était son dernier lien avec la réalité car ses oreilles sifflaient tant qu'il ne parvenait plus à entendre et son corps n'était plus que douleur.

A présent que la concentration de Thranduil était complètement brisée, Thorin et Gloin avaient toutes les peines du monde à le maintenir en place. Les mouvements saccadés de l'elfe, réflexes face à l'immense souffrance, avaient failli faire lâcher à Oin la flèche. Les deux nains finirent par s'abattre de tout leur poids sur leur patient pour parvenir à atténuer les convulsions.

Les trois premiers centimètres de la hampe furent extraits. Encore un peu et elle apparut entièrement. Ne restait plus que la pointe ! Peu à peu, elle surgit également, maculée de sang et de reste de pus.

Enfin ! Oin se débarrassa de la flèche dans un mouvement de rage en la jetant derrière lui. La plaie saignait abondamment. Avait-il touché une veine ? Le nain saisit un linge et appuya avec force sur la plaie pour colmater la blessure. Il espérait ne pas avoir à droguer davantage Thranduil, ignorant combien de potions l'elfe pourrait encore ingurgiter sans effets indésirables, et ne tenait pas à le recoudre à la manière des nains, ignorant si cette méthode porterait atteinte à la magie régénératrice des elfes.

Au bout de deux minutes, le guérisseur retira le linge. Le saignement avait diminué mais pas suffisamment. Thranduil ne bougeait plus et respirait à peine. A ses côtés, Legolas était immobile, le visage fermé et les yeux clos. Une main posée sur le front de son père, l'autre sur sa poitrine, il murmurait des phrases en langue elfique. Aucun des nains ne les comprenaient mais tous surent qu'il s'agissait de formules de guérison. Les seules que le prince connaissait mais qui semblaient suffisantes pour empêcher Thranduil de franchir les derniers pas qui le mènerait aux cavernes de Mandos.

Oin se résigna. Il s'empara d'une aiguille et du fil préparé à l'avance et commença à recoudre les bords de la plaie. En à peine deux minutes, tout fut refermé et il inspecta son œuvre avec angoisse. La blessure n'était pas totalement nette mais il avait fait de son mieux. Peut-être Thranduil garderait-il une cicatrice toute sa vie et peut-être devrait-il prendre garde à ne pas la rouvrir mais au moins Oin l'espoir de le guérir de l'infection qui le minait depuis des jours.

Il s'empara d'une fiole puis désinfecta une dernière fois la plaie avant de laver l'elfe pour le débarrasser des dernières traces de sang.

« C'est terminé, murmura-t-il. C'est terminé Thranduil ! »

L'elfe ne répondit pas. Les yeux à moitié fermés, il flottait dans un état de semi-conscience. Legolas enleva doucement le morceau de cuir. Thranduil l'avait mordu tellement fort que la trace de ses dents y était restée imprimée. Le prince le laissa tomber sur le sol sans y accorder un regard.

Thorin relâcha l'elfe. Deux fois qu'il le maintenait immobile ! Il espéra de tout cœur qu'il n'y en aurait pas de troisième. Les traces de ses mains s'étaient imprimées en rouge sur la peau blanche de Thranduil.

« Je dois mettre un bandage », déclara Oin, d'une voix plus basse qu'à l'ordinaire.

Legolas fit doucement basculer son père sur le côté, passa un bras derrière ses épaules et le souleva aisément du lit ensanglanté. Thranduil ne fit pas un geste. Sa tête glissa contre le torse de son fils et reposa contre son épaule.

Pendant que Gloin changeait les draps souillés, Oin enroula une épaisse bande de coton blanche autour de la poitrine de Thranduil.

Le prince caressa doucement les cheveux de son père, comme Thranduil l'avait fait si souvent avec lui quand il était enfant. Entendre les hurlements de souffrance de son père à peine assourdis par le morceau de cuir lui avait brisé le cœur. Legolas continuait à serrer la main de son père dans la sienne. Il avait l'impression que s'il le lâchait, Thranduil disparaitrait immédiatement.

« Tout va bien, père, murmura Legolas. Vous allez vous remettre. Je vais rester avec vous. Quand vous irez mieux, nous rentrerons ensembles chez nous. »

Les draps furent changés, le sol nettoyé. Les bandages sales et les instruments d'Oin attendaient d'être jetés ou lavés dans le couloir. En quelques minutes, les nains s'activèrent si bien que la chambre sentit le propre et que toute trace de l'opération fut effacée. Gloin remit de l'eau à chauffer dans la cheminée pour le cas où Legolas ou Thranduil voudraient boire quelque chose. Le brave Dori pensa même à apporter un vase de fleurs fraîches ! Le ballet des nains finit par cesser et tous sortirent de la salle, à l'exception de Thorin et Oin.

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Le roi des nains observa quelques temps les deux elfes. Legolas tenait toujours son père inconscient dans ses bras. Les mots elfiques qu'il murmurait doucement dépassaient les connaissances de Thorin et les phrases restèrent mystérieuses pour lui. Il finit par s'incliner vers Legolas et reculer de quelques pas. Il tendit les mains vers son manteau posé sur la chaise. Il arrêta son geste en plein milieu. Des taches de sang maculaient son bras. Il renonça à se rhabiller, jeta son manteau sur son épaule puis remit sa couronne sur sa tête.

Il ne comptait pas retourner travailler de la journée, soigner Thranduil lui ayant donné envie de boire un tonneau de bière à lui seul. Peut-être qu'après un bain, il pourrait passer le reste de la journée dans une taverne de la montagne, cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas bu une choppe avec ses sujets. Gloin l'attendait dehors pour quitter la chambre. Il s'occupait d'un Oin physiquement et mentalement épuisé qui s'était effondré sur un fauteuil.

Thorin s'apprêtait à quitter la pièce quand les yeux pâles du prince des elfes se levèrent vers lui. Le nain se retourna et le fixa de ses yeux bruns.

« Je vous remercie pour ce que vous avez fait pour mon père, déclara-t-il solennellement en inclinant la tête vers le roi d'Erebor. Il n'existe de mots assez forts pour décrire ma gratitude. Je serai éternellement votre débiteur, tout comme notre royaume.

— Non, réfuta Thorin en secouant la tête. Aujourd'hui, j'ai payé ma dette. Thranduil m'a sauvé la vie. Je lui ai retourné la politesse ! Reposez-vous bien. Je passerai vous voir demain matin. Toi aussi, Oin ! »

La porte se referma doucement derrière le nain. Legolas reprit sa veillée silencieuse près de son père. Il reprit les rares incantations médicales qu'il connaissait. Avec le peu de magie qu'il avait en lui hérité de Thranduil, il ne s'attendait pas à soigner son père mais espérait au moins diminuer la douleur.

Finalement, au bout de quelques heures, Thranduil se réveilla. Il battit les paupières plusieurs fois avant de parvenir à ouvrir les yeux. Il inspira lentement, la douleur pulsant en rythme de sa poitrine malgré toutes les potions avalées. Il essaya de parler mais aucun son ne sortit.

Legolas sourit. Il se pencha vers son père et déposa un léger baiser sur la main décharnée. La fièvre n'était pas encore tombée. Le prince appliqua un linge humide sur le front de son père. Se souvenant du froid dont avait souffert Thranduil, Legolas remonta les couvertures jusqu'aux épaules de son père.

« Chut, père, souffla Legolas. Vous êtes en sécurité. Reposez-vous. Vous êtes passé par une terrible épreuve ! »

Thranduil ferma à nouveau les yeux. Il n'avait aucune force, pas même celle de rester conscient plus longtemps. Il sombra dans un sommeil si profond qu'il revint à nouveau devant les portes des cavernes de Mandos. Le Valar se tenait juste devant lui. Il souriait, prêt à accueillir Thranduil comme il avait accueilli son épouse il y avait bien des années.

Seule la voix de son fils qui lui parvenait le retenait de franchir les derniers mètres. Legolas ne quitta pas son chevet.


J'espère ne pas avoir perdu trop de lecteurs en cours de route XD

Merci aux review anonymes de Lotra, Anwa, Essy et Livius.

Les elfes ne se retrouvent pas sans chef ! Il y a encore Tauriel : elle est insoupçonnable et avait un rang élevé avant sa trahison.

1 pari sur Cyriel, 1 ! Donc les estimations pour le moment sont : 1 pour Turlion et 1 pour Cyriel. Vous verrez !