T-shirt imprimé.
Après avoir offert une visite de ma demeure à Ginette, celle-ci s'en est allée afin de retourner dans la sienne. Dès que je ferme la porte d'entrée après son passage, je ressens le besoin de lâcher un soupir tout en permettant à mes épaules de se détendre. Je n'aime pas qu'on débarque chez moi à l'improviste et je ne savais pas que vingt-trois heures était un horaire où on peut s'offrir quelques visites chez les autres. Les gens de ce village manquent totalement de respect et de politesse, pour la plupart d'entre eux et le constater une nouvelle fois me fait froid dans le dos. Que pourrais-je faire pour les aider à s'améliorer ?
Tout en réfléchissant à cette idée, je m'éloigne de la porte contre laquelle j'avais le dos appuyé et m'approche de la table du salon. De suite, mes yeux se posent sur un petit paquet que je n'avais pas encore remarqué et sur le coup, je me demande de quoi il retourne. Bien sûr, le meilleur moyen de le savoir est de l'ouvrir et c'est une tâche à laquelle je m'applique aussitôt. Quelques secondes plus tard, je tiens un t-shirt entre mes mains et je dois avouer qu'il est particulièrement joli. Les épaules sont imprimés de tâches et l'ensemble fait penser à la peau d'un quelconque félin. Un léopard je dirais.
Soudain, quelque chose se détache du vêtement et tombe par terre. De suite, pensant que c'est une araignée qui vient de se manifester, je lâche le t-shirt tout en posant un cri qui a dû s'entendre à des kilomètres à la ronde. Ayant peur de ce genre de bestioles, me voilà agenouillé sur l'une des chaises de la table et j'attends de voir s'il y a un peu de vie sous mon cadeau. Ne remarquant aucun mouvement, je tends mon bras droit pour attraper le balai qui traînait par là et utilise son manche pour soulever le t-shirt. A ce moment, l'objet que j'ai pris pour une vulgaire araignée n'est rien d'autre qu'un bout de papier plié.
Intrigué, je descends de mon perchoir tout en admettant que mon comportement était tout simplement ridicule. Encore heureux que je vis seul car je ne me serais pas permis cet écart de conduite de ma part sous peine que celui-ci tombe dans des oreilles indiscrètes. Je ne tiens pas à me voir attribuer une réputation de trouillard alors que je sais l'être dans certains moments. Au bout d'une minute, le bout de papier est entre mes mains et je me dépêche de le déplier pour connaître son contenu. A l'écriture qui repose dessus, je devine facilement qu'il s'agit de ma petite sœur et à la fin de sa lecture, j'ai comme l'impression que nos esprits se soient rencontrés.
La benjamine de la famille souhaite s'envoler de ses propres ailes et elle me demande si j'ai de la place chez moi pour l'accueillir. Cette question ne pouvait pas me faire plus plaisir et le meilleur moyen de lui répondre est de passer par internet. J'espère maintenant qu'elle est encore connectée à cette heure.
