Homonyme.

Tout en me promenant comme j'ai l'habitude de le faire comme chaque matin, je tombe sur Damia. Celle-ci semble toute retournée et face à cet état, je me dois de lui venir en aide dans l'espoir de la rassurer.

« Bonjour Damia, que se passe-t-il ?

- J'ai reçu une lettre mais je crois qu'Antoine s'est trompé de destinataire.

- Vraiment ?

- Oui, regarde par toi-même. »

Damia me tend rapidement une petite enveloppe rose qui passe de ses mains aux miennes. Aussitôt, je risque un œil sur l'endroit précis où se trouve les coordonnées de l'habitante et je m'aperçois que ces dernières sont exactes. Du coup, je me demande bien pourquoi elle ne se porte pas au mieux de sa forme.

« Tout semble correct non ?

- Regarde à l'intérieur s'il te plaît mais surtout, n'en fais pas tout un foin car je ne pourrais jamais m'en remettre si d'autres villageois se mêlent de cette histoire.

- D'accord. »

Voilà une bien étrange recommandation. Je ne vois pas pourquoi je dois me contenir car je suis sûr qu'une lettre toute innocente repose à l'intérieur de cette jolie enveloppe colorée. Quand je commence à tirer ce que je crois être une simple missive, je suis surpris de voir autant de couleur sur sa partie supérieure. Une fois que j'ai fini de l'exposer à la lumière du jour, je me rends compte qu'il ne s'agit pas d'une lettre mais d'une photo particulièrement osée. Sur celle-ci se trouve un poulpe qui porte une tenue de policier, exhibant ses parties intimes à l'aide de ses tentacules.

« Damia ? Ne me dis pas que …

- Mais qu'est-ce que tu vas t'imaginer sombre crétin ? Je suis une demoiselle respectable et jamais je m'amuserais à ce genre de pratique. Tu comprends maintenant pourquoi je ne suis pas bien ?

- Oui et il y a de quoi.

- Mais qu'est-ce que je vais faire ? Si jamais les autres sont mis au courant au sujet de ces photos, je te dis pas la réputation que je vais avoir et il me restera plus qu'à partir. »

En prononçant ces mots, la villageoise se met à pleurer et même si je ne la porte pas dans mon coeur à cause de son attitude hautaine, je suis quand même touché. Je me dois de lui venir en aide.

« Puis-je conserver ces photos ?

- Tu comptes en faire quoi ? Parvient-elle à articuler entre deux sanglots.

- J'irai les détruire ce soir, une fois que la nuit sera tombée. Avec un peu de chance, je pourrais agir tranquillement et si tu souhaites avoir l'esprit tranquille, je te donne rendez-vous sur la plage qui se trouve devant la maison d'Hubert, vers vingt-et-une heure.

- Je veux bien mais tu me fais la promesse que tu ne diras rien à personne ?

- Bien sûr que non, pour qui tu me prends ?

- Pardon. »

Heureuse du dénouement de cette bien curieuse histoire, Damia me prend dans ses bras et me remercie.