Epi.
Depuis quelques minutes, j'ai repris ma promenade là où je l'avais laissé et je traîne désormais du côté des portes du village. En jetant un œil à l'intérieur du petit tunnel, je constate que Chaussett et son acolyte sont toujours à leur poste, ce qui ne m'étonne guère d'ailleurs. Dès que je m'éloigne de l'entrée du corridor dont les parois ont été creusé à même la pierre, je m'aperçois d'un petit détail qui n'est pas si important aux yeux des autres. En effet, je regrette que le village ne comprend pas une petite parcelle consacrée à la culture. Je pourrais en toucher deux mots au maire histoire d'avoir son autorisation mais pour la suite, je me demande comment je pourrais faire pour transformer mes récoltes.
En effet, nous n'avons pas de moulin si jamais je devais cultiver du blé ou une autre céréale et je ne tarde pas à me dire que mon utopie mérite surtout d'être abandonnée. Soudain, une personne que je connais très bien et que je n'ai pas vu depuis longtemps arrive face à moi. Un sourire aux lèvres, je remarque que cet être porte un tee-shirt blanc sur lequel a été imprimé un épi de blé. Des cheveux longs et châtains, des yeux verts, aucun doute, je me tiens devant ma sœur.
« Mélanie ?
- Coucou mon petit poulet. »
Heureux de la voir, je réduis très vite la distance qui nous sépare et je la prends rapidement dans mes bras. Notre étreinte dure plusieurs secondes et lorsque je la libère, me voilà en train de sourire à mon tour.
« Si tu savais à quel point cela me fait plaisir de te voir. Tu es arrivée quand ?
- Ce matin. D'ailleurs, il est drôlement bavard le chauffeur du taxi.
- Tu m'étonnes. Au début, il avait cru que j'étais une meuf mais ce n'est pas pourtant qu'il m'a présenté ses excuses.
- J'imagine que tu lui as gueulé dessus ?
- Non car j'ai tenté de laisser ce trait de caractère loin derrière moi mais ici, je me suis rendu compte que c'était mission impossible.
- A ce point ?
- Tu le constateras par toi-même. Cela te dit de venir chez moi pour qu'on puisse discuter autour d'une tasse de thé ?
- Je veux bien mais tu as oublié que ta maison est désormais la mienne. »
Et elle n'a pas tort. Je vais devoir libérer une pièce si elle souhaite la décorer selon ses goûts, afin qu'elle puisse se sentir vraiment chez elle. Toutefois, j'espère que d'autres personnes ne vont pas débarquer car sinon, je risque de me retrouver avec qu'une seule pièce pour moi et si ce sont des filles, je n'aurais plus la loi à la maison. Trois filles contre un pauvre petit mec comme ma personne, je n'ose imaginer ce que cela pourrait donner. En attendant, nous marchons tranquillement en direction de l'immense maison dont on distingue le toit rose à des mètres à la ronde.
« Tu crois qu'on pourrait avoir un toit bleu ? » Me demande-t-elle.
