Chapitre 1

Le déménagement.

Ma mère avait insisté pour que nous déménagions dans cette petite bourgade de province peuplée d'à peine cinq cents habitants. Cette charmante petite ville au attrait bien que limité se faisait appelé Borval. Nous étions au début des vacances scolaires et je me retrouvée dans une nouvelle ville où je ne connaissais personnes hors mis ma mère, et mon petit frère Jack âgé de douze ans. Nous n'avions seulement que quatre ans d'écart et pourtant nous ne nous comprenions pas. Un fossé nous séparait sans qu'aucun de nous ne veuille le franchir. Je m'étais habituée à ma vie de solitaire, je vivais comme une fille unique dans cette famille qui, malgré l'image qu'elle renvoyait, partait un peu plus chaque jour en fumée.

- « Clarke, tu veux bien mettre ce carton dans la cuisine ! »

Tel un robot pré programmé j'obéissais à cet ordre sans rechigner, sans pour autant montrer un quel conque intérêt dans cette tâche. J'étais contre ce déménagement, j'étais contre cette ville, et ce n'était pas en montrant de la joie que je ferai passer mon message. Pour la première fois de mon existence, je me sentais incomprise, j'avais comme l'impression d'étouffer. Mon frère quant à lui, arborait un sourire parfait et des étincelles dans ses yeux bleus. Il y en avait au moins un qui trouvait une bonne raison d'être ici.

- « Quand vas-tu ouvrir ta galerie maman ? »

- « La semaine prochaine si tout va pour le mieux. Tu pourras venir avec moi si tu veux Jack, on passera devant ta nouvelle école et tu pourrais prendre connaissance des lieux. »

- « Ca me ferait plaisir »

- « Et toi Clarke, quand penses-tu ? »

- « Hum comment ? »

- « Ca te dirait de venir avec ton frère faire un tour des horizons ? »

- « Pourquoi pas, je ne rien à faire de toute façon, ce n'est pas comme si j'avais des amis ici ! »

Sans ajouter un mot, je pris le dernier carton sur lequel était marqué au marqueur rouge « chambre d'Clarke » et me dirigea vers ma chambre.

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, le seul endroit dans lequel je me sens bien dans ma maison c'est ma chambre. J'y passe le plus clair de mon temps, j'écoute de la musique, je lis, je tchatche et parfois même il m'arrive d'écrire. Rien de plus banale pour une fille de seize ans. C'est mon espace, le seul endroit où je peux interdire l'accès à qui ne le mérite pas.

Que vais-je pouvoir faire durant ces deux semaines de vacances obligatoires, sortir ? Il n'en ait pas question ! Pour que l'on me regarde comme une bête curieuse, comme la nouvelle du village…non merci…je préfère encore rester ici.

Le lendemain fut assez pénible. Je fus réveillée par le bruit d'une voiture qui roulait à toute allure sans faire attention à ce qui s'appellent « panneaux de signalisation ». Etre réveillée n'est pas ce qui m'insupporte le plus, mais être réveillée si tôt alors que rien d'intéressant n'est prévu aujourd'hui, ça oui, je ne le supporte pas.

Heureusement pour moi, ma mère s'était arrangée avec les anciens propriétaires afin que nous ayons la connexion à Internet dès notre arrivée.

« Bonjour ! »

- « Bonjour ma chérie, tu es bien matinale aujourd'hui, bien dormi ? »

- « On peut mieux faire »

Sans lui lancer un seul regard je pris le paquet de céréales.

- « Tu comptes faire quoi aujourd'hui ? Jack est déjà dehors, il compte faire un tour dans les alentours avec son vélo. Tu pourrais faire de même ! »

- « Non merci, très peu pour moi et puis j'ai quelque chose de prévu aujourd'hui. »

- « Et quoi donc ? »

- « Installer l'ordinateur et retrouver ce que j'aime appeler la civilisation…tu sais mes anciens amis qui heureusement pour eux ont pu rester dans cette magnifique ville qu'étais la notre »

- « Je vois, écoute Clarke… »

- « Non maman je sais ce que tu vas dire, si mon père n'avait pas était aussi étroit d'esprit on n'en serait pas là, mais ce n'est pas le cas alors je dois me faire à la situation. Je veux bien m'y faire mais ne me demande pas de l'accepter car j'en serais incapable ! »

Et sans lui laisser le temps de répondre, je pris la direction des escaliers et de la salle de bain.

Mon meilleur ami, Alex un passionné d'informatique, avait pris plusieurs fois le temps de m'expliquer comment fonctionne un ordinateur ce qui me permit d'arriver à mes fins plus rapidement que prévu.

Connexion en cour…Que Dieu bénisse Internet.

C'est bien ma veine, personne de connecté, ils sont sûrement tous au lac ou au Kicks. Le Kicks était notre lieu de rendez-vous, notre lieu de débauche. On passait le plus claire de notre temps entre le Kicks et le lac qui bordait les rives de mon ancienne ville. Y a-t-il au moins un endroit semblable ici ? Pourrais-je au moins espérer retrouver un semblant de familiarité en trouvant un lieu qui me corresponde, où je pourrais méditer sans avoir peur d'être dérangée ? Faut-il encore que je sorte de ces quatre murs et faut-il encore que j'ai le courage d'affronter la réalité. Je me retrouvais donc recroquevillé sur moi-même à méditer sur mon futur à Borval. Sans que je ne m'en aperçoive, le temps défila devant mes yeux et l'heure de dîner sonna. Tout en traînant les pieds dans les escaliers, j'entendais mon frère raconter ses découvertes.

« J'ai vu une maison, on dirait qu'elle est hantée »

- « Hantée ? » Renchérie ma mère.

- « Je t'assure, lugubre, sombre ! J'ai même eut des frissons quand je me suis arrêté devant, c'était très bizarre on aurait dit qu'elle était abandonnée mais en même temps habitée. J'ai cru voir une ombre à l'une des fenêtres encore intacte. »

- « Dans ce cas, je préférerais que tu n'y retournes pas, qui sait le genre de personnes qui peut s'amuser à traîner là bas. »

- « A part des paysans je ne vois pas ! » M'amusais-je à répondre.

Un blanc s'installa, mon frère me fusillant du regard et ma mère fit bouger sa tête dans un signe de saturation. Cependant, un sourire fit surface sur son joli visage et tout en se tournant vers moi elle me demanda :

- « Et toi ma chérie, ta journée s'est bien passée ? »

- « Pas vraiment, personne n'était connecté, ils étaient sûrement tous entrain de traîner au lac ou mieux encore au Kicks. » Pendant que moi je pourrissais ici petit à petit…

- « Bah demain tu pourras peut-être leur parler »

- « Espérons. »

Le dîner se termina sans autre incident, je ne pris même plus la parole. Mon frère quant a lui prit une joie immense, je pouvais la voir dans son regard, à diriger la conversation. Je ne l'écoutais pas, j'avais l'esprit ailleurs, je revoyais défiler devant mes yeux les quelques mois qui ont précédé notre départ. Et je m'en voulais d'en vouloir à ma mère pour la situation dans laquelle nous étions aujourd'hui. Elle n'y était pour rien, je le sais car le seul responsable était celui que j'aimais autrefois appeler papa, et pourtant je n'arrive pas à ne pas lui en vouloir.

Mon père nous avait abandonné sans aucune raison du jour au lendemain, enfin aucune raison… il nous expliqua quelques mois plus tard qu'il s'était épris d'une de ses collègues et qu'il ne pouvait pas ne pas suivre ses pulsions. Pulsion ! Et quand n'est-il de l'amour dans tout cela ? Quand n'est-il de la famille ? Toute ces instituions balayées en un rien de temps par un homme qui préfère sa liberté d'action à sa vie de famille. Ma mère en avait été anéantis et moi déchu de mes belles illusions. Pourtant, sans vouloir vraiment y croire, ils s'étaient donnés une nouvelle chance. Ma mère affectée par une mutation pris une maison avec nous à Borval, tandis que mon père restait dans son appartement non loin d'ici.

Ma mère et mon frère attendaient avec impatience ce week-end car mon père viendra le passer avec nous comme ils l'avaient convenu. Moi, cette pseudo réconciliation sonnait faux et je n'arrive pas à y croire réellement. Seul le temps nous dira qui avait raison, est-ce moi et ma vision de la réalité, ou mon frère et ma mère avec leur deuxième chance.

Cependant je ne peux m'empêcher de lui accorder le bénéfice du doute, d'ailleurs ne dit-on pas que tout le monde à le droit à une deuxième chance ?

Mon père ? Un grand sujet de conversation au vertu thérapeutique mais aussi philosophique. Je ne sais plus quoi en penser ni même comment me comporter dès que l'on aborde ce sujet. Est-ce que je l'aime encore ? Est-ce que je le hais ? Peut-on seulement haïr une personne qui nous a donné la vie, qui s'est occupée de nous durant plusieurs années ? J'aimerai croire en le fait que haïr mon père soit une chose des plus évidente, et pourtant je ressens au fond de moi comme de l'amour qui ne cesse de vouloir me rappeler qui il est, ce qu'il a fait pour moi et ce qu'il fera sans doute encore. Mais la peine, la trahison, la détresse dans laquelle je me suis retrouvée par sa faute ne cesse de hanter mes nuits.

Je me revois au tour de cette table, le visage meurtri de mes larmes qui ne cessaient de couler sur mon visage en apprenant la sinistre vérité. Comment pourrais-je lui pardonner ?

« Clarke, ma chérie ça ne va pas ? »

Avec toute ces interrogations j'en avais oublié le dîner et par conséquent mon frère et ma mère.

- « Très bien maman, si tu le veux bien je vais aller me coucher »

- « Maintenant mais il n'est que 20h30 et tu es en vacances »

- « Je suis fatiguée, bonne nuit à demain »

Plus les secondes passaient plus la distance qui me séparait de ma chambre me paru être une éternité. Me vautrant littéralement sur le dos au milieu de mon lit, je me mis à penser à ce que devait faire les autres, ma bande comme j'aimais l'appeler. Sont-ils encore au Lac ? Non vu l'heure ils sont sûrement autour d'une bonne bière pression comme c'est si bien le faire Andy. Andy était le barman du Kicks, il avait à peine vingt et un an et petit à petit il s'était introduit dans notre cercle d'amis. N'allait pas croire qu'il nous incitait à boire ni même qu'il nous faisait des réductions, ce n'est pas du tout son genre. Mais à notre époque, ce serait se voiler la face que de ne pas admettre que la jeunesse d'aujourd'hui aime l'alcool. Autrefois les anciennes générations préféraient le cannabis, la cigarette, la cocaïne etc.…Nous, nous nous contentons d'un peu d'alcool dans le sang pour nous sentir vivant. Cependant, ce serait mentir que de ne pas avouer que j'ai déjà touché ne serait au moins une fois lors d'une soirée à la clope et au cannabis. Qui dans ce bas monde peut jurer devant Dieu de sa sainteté ? Nous avons tous des vis cachés, des désirs refoulés, des actes inavouables qui viennent bercer nos nuits de leurs doux chants mélodieux et qui, au levé du soleil, nous rappel un peu plus qui nous sommes sur cette Terre. L'alcool dans mon sang me fait sentir différente, j'en ressens les effets des la première goûte offerte à mes lèvres. Tel un poison je sens le liquide descendre dans ma gorge et venir s'éparpiller dans mon corps en m'offrant une poussé d'adrénaline. C'est si bon, si frais, si excitant que je ne pourrais m'en passer.

Et pourtant depuis que je suis ici je n'ai pas bu une seule goûte d'un de ces magnifiques breuvages. Je suis clin, une gentille petite fille propre sur elle qui regarde passer le temps à travers ses fenêtres. Mon Dieu que c'est pathétique de vivre ainsi. Si seulement j'avais des amis, au moins une personne avec qui je pourrais étendre ma soif d'aventure.

Le soleil vient de se coucher, je sens venir en moi une nouvelle crise d'insomnie. Je l'ai toujours dis, je suis faite pour le monde de la nuit, les ténèbres m'ont toujours attirés et je les entends parfois m'appeler.

Clarke, Clarke…c'est moi Clarke..

Qui moi ?

Viens j'ai besoin de toi

De moi ?

Toi seule peux nous aider, je t'en prie rejoints moi

Mais où ?

En Enfer !

Dans un bond de frayeur j'ouvris les yeux. Ce n'était qu'un rêve. Mais quel rêve ! Cette voix qui semblait si triste, et celle pleine de rage et de haine qui m'invitait en Enfer. Des voix bien distinctes et si différentes. Qu'est ce que cela signifie ?

Le reste de ma nuit se fit sans encombre, je n'ai plus rêvé de cette voix si étrange qui m'avais appelé. J'aurai aimé en parler à quelqu'un mais le problème était, à qui ? Ma mère qui me prendrait sans doute pour une folle et qui me dirait que ce n'étais qu'un rêve. Mon frère, à qui je n'adresse la parole que pour dire bonjours et bonne nuit, non merci. Sans en avoir réellement envie, j'allais devoir garder cette histoire pour moi toute seule. Malgré la meilleure volonté du monde, cette voix restée bien ancrée dans mon esprit.

Pourquoi est-ce que cela m'obstine tant, j'ai déjà fait de drôles de rêves au par avant mais aucun n'avait eut une telle ampleur sur moi. Peut-être à cause de cette voix, elle semblait si réelle. Un peu plus et j'aurai pu sentir les flammes de l'Enfer se poser sur ma peau. Il faut que j'arrête de penser à cela et me concentrer sur la rentrée qui approche.

En effet, plus que deux jours et je devrais affronter le monde réel et non plus celui des rêves. Je n'avais toujours pas quitté ma maison à l'exception d'une fois où j'avais accompagné ma mère à sa nouvelle galerie.

Ma mère était conservatrice, elle avait lancé sa propre galerie d'art à Newkert notre ancienne ville et comptait en ouvrir une nouvelle ici à Borval. Je n'ai jamais vraiment compris en quoi consistait son travail, si ce n'est qu'elle entreposait des vieilleries dans ses locaux, les exposaient et quelque fois les vendaient. Pourtant, même si cela n'avait pas l'air d'être très intéressant ni même excitant, elle semblait y tenir beaucoup et je devais au moins admettre cela. Ce n'est pas donné à tout le monde de savoir ce qu'il veut faire dans sa vie.

Moi par exemple je n'en ai aucune idée. J'ai bien sur quelques idées qui traînent à droite à gauche mais rien de très concret. Il m'arrive parfois de m'imaginer en hôtesse de l'air, ainsi je pourrais voyager comme bon me semble, puis la seconde d'après je me vois chef d'entreprise couvert d'obligations, de paperasses mais d'argent également, et pour finir il m'arrive aussi de me voir en simple ouvrière d'usine, obligée de trimer chaque matin pour nourrir sa famille regrettant à chaque seconde qui passe de ne pas avoir assez travailler à l'école pour avoir un travail un peu plus généreux et agréable. Mais le futur me fait peur et je n'aime pas trop m'éterniser sur le sujet.

J'ai peur car je n'arrive pas à me projeter vers cet inconnu qu'est l'avenir. Qui peut savoir ce qui nous attend ? Ce dont demain sera fait ? A quoi bon programmer quelque chose si demain matin en sortant de la rue je peux me faire écraser par un semi remorque ou mourir d'une crise cardiaque à cause de mon abus de tabac dans le passé. Pourquoi donc devrais-je perdre du temps à mon construire un avenir alors qu'il suffit d'un incident pour le balayer tel un coup de vent faisait tomber le château de carte qui représente mon existence.

On pourrait croire que je suis défaitiste que je ne suis guère optimiste ou bien encore que je broie du noir. C'est vrai, il m'arrive de ne plus croire en rien, de trouver la vie fade et d'en vouloir à ma mère de m'avoir mis au monde. Mais ce n'est pas pour autant que je n'aime pas la vie. J'aime vivre, j'aime rire, j'aime pleurer, j'aime le chocolat, j'aime l'odeur du blé fraîchement coupé, j'aime la pluie, j'aime regarder les nuages et leurs donné des formes…J'aime tout simplement vivre dans le sens littéral et non pas sous son sens matérialiste.

Toutes ces belles choses que l'on nous vend à nous pauvre mortel ne m'intéresse guère. Je trouve que le monde est si beau que l'on n'a pas besoin d'autre chose que la nature pour être heureux. D'ailleurs l'homme invente un peu plus chaque jour des objets et l'un d'eux finira pas nous tuer sans que l'on ne s'en rende compte. Prenons par exemple l'énergie nucléaire, quelle belle invention ! Qui de nos jours peut encore mettre le nucléaire sur un pied d'estale. Prenons l'exemple de Tchernobyl et de tous ces pauvres gens qui sont mort dans le seul but d'améliorer notre existence. Pensons également à toutes ces personnes qui aujourd'hui encore après plus de vingt ans souffrent des conséquences du nuage toxique qui s'est étendu. L'évolution technologie pour moi, cela ressemble plus à une évolution grotesque vers la mort. D'ailleurs ne sommes-nous pas entrain de payer le prix pour toutes nos belles évolutions marketing ? La planète se meurt un peu plus à chaque heure et personne ne semble prendre cela bien au sérieux. Enfin, certains essayent je l'admets, mais pour que cela fonctionne il faudrait un engagement mondial et immédiat et ce n'est pas demain que sonnera à notre porte l'heure de la véritable évolution.

Décidé à terminer cette journée qui a mal commencé, je me lève du bon pied et descend prendre mon petit déjeuner. Ce que je déteste par-dessus tout c'est de me réveiller et d'entamer une journée par une longue réflexion philosophique sur ma triste existence qui ne mène nulle part. Hors c'est exactement ce que je viens de faire et je ne peux m'empêcher de penser à mon futur. Que ferais-je dans dix ans ?

Pour la première fois depuis longtemps je suis la première levée, il faut croire que tout le monde a décidé de faire une grasse matinée, tout le monde sauf moi. En mangeant mon bol de céréales je me remémore mon rêve. J'ai beau y mettre tout la bonne volonté du monde je n'arrive pas à distinguer la voix. Elle ne m'est pas familière et semble être celle d'un garçon, un jeune homme en l'occurrence. Un inconnu qui me parle dans mes rêves, de plus en plus étrange. Est-ce moi qui devient étrange ou est-ce cette ville qui m'influence ? C'est la première fois de ma vie qu'une chose pareille m'arrive. Enfin, je ferai mieux de ne plus y prêter attention et de penser à autre chose. L'anniversaire de maman n'est plus qu'à quelques semaines et je ne sais toujours pas ce que je vais lui acheter. J'avais pensé à un joli tableau vu il y a peu dans une vitrine du centre ville mais elle ne me laissera sûrement pas y aller toute seule même si j'ai mon permis depuis deux mois.

Il va donc falloir que je sorte en ville et que je découvre enfin mon nouveau centre ville et ses boutiques. C'est décidé cette après midi je sors faire du shopping.

Je n'aurai jamais imaginé que Borval était comment dire, si petite mais si bien remplie. En effet pour une petite ville, le centre commercial était des plus convenables. Bien sur aucune de mes boutiques préférées ne s'y trouvait mais j'ai tout de même repéré quelques boutiques intéressantes. Notamment une qui vendait des objets de décorations.

Je n'avais jamais vu une boutique aussi sublime. L'intérieur était parsemé de fleures magnifiques, un style très exotique pour tout vous dire. Les étagères étaient en bois massif, un éclairage tamisé, un parfum de fleure de vanille embaumé toute la pièce. Je m'y sentais sereine, heureuse. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les décorations à vendre venaient des quatre coins de la terre. Il y en avait pour tous les goûts, le style africain très populaire à une époque, le style indien mais aussi chinois voire japonais et même le style européen. Bref, un éventail de choix s'offrait à moi.

Le plus impressionnant dans cette boutique était que chaque style de décoration avait son coin de la pièce et sa propre décoration et installation propre à celui-ci. Par exemple, au fond à gauche se trouvaient les objets de décoration chinoise. Et bien figurez-vous que les objets étaient placés sur des étagères en bois de couleur très sombre, le tout sur un mur blanc cassé sur lequel on voyait se dessiner des symboles chinois mais aussi des ombres chinoises. Le coin de cette pièce était éclairé par des réverbères en papier de formes rondes et très colorés comme on en trouve lors du carnaval chinois. Ainsi comme je le disais, cette boutique était des plus impressionnante. Je ne pouvais que trouver mon bonheur.

Je me mis donc en quête du cadeau parfait pour ma maman. J'hésitais entre une reproduction de Bouddha ou un tableau représentant le yin et le yang. Après mure réflexion j'opta pour le n'était que trois heures de l'après midi et l'idée même de rentrer chez moi ne m'enchanté pas. Je pris donc la route du lycée afin d'en avoir un aperçu avant le jour fatidique.

Arrivée devant le bâtiment, une jeunne femme attendait devant la porte d'entrée. Je ne l'avais jamais vu au par avant, encore aurait-il fallut que je sorte de ma tanière. Elle me fixa d'un regard perçant, un petit rictus sur les lèvres. A peine ai-je fais un pas pour m'en approcher qu'elle avait disparu. Je ne sais pas pourquoi, mais cette femme m'intriguait. J'avais comme l'impression étrange de l'avoir déjà rencontré alors qu'il ne m'est jamais arrivé d'oublier un visage. Mais ses yeux, d'un vert perçant et ses lèvres rouges comme le sang ne m'était pas inconnus. Sans même lui avoir adressé un mot, je me sentais fébrile sous son regard. Pourquoi était-elle partie si vite ?

Sans avoir vraiment le cœur à cela, je me remis à ma tâche d'observation. Quand bien même Borval était une petite ville, elle ne cessait de m'étonner. Ce lycée avait l'air plus grand que mon ancien. D'ici je pouvais vaguement distinguer un terrain de football américain ainsi qu'une piscine. C'était donc une école sportive.

Je me mis en route vers ma maison, de toute façon je verrai mieux le jour J.
Durant toute la soirée, le visage de cet homme hanta mes pensées. Cela ne m'était jamais arrivée au par avant. Comment un inconnu pouvait-il s'introduire aussi facilement dans ma vie, dans mes pensées même les plus intimes ?

Clarke, Clarke…c'est moi Clarke...N'est pas peur je ne te ferai pas de mal

Qui est-ce ?

Ce n'est rien mon enfant, laisse-toi aller, laisse-toi aller à ta vraie nature

Mais où suis-je ?

Chut ne parle pas, bois ça…

Qu'est-ce que s'est ?

Du sang !

Oh mon Dieu quelle horreur ! Encore un rêve mais quel rêve, j'ai rêvé de sang ? Non pas de sang d'animaux mais bel est bien de sang humain. Je suis entrain de devenir folle, oui c'est cela, non mais rêver de boire du sang… quelle personne normale peut se mettre à rêver de chose pareille ?

Oh oui… mais qu'est-ce que s'était bon, cette force, cette puissance qui a traversé mon corps lorsque mes lèvres ont goûté à ce nectar de jouvence. Un léger goût métallique et une pointe d'épice, je sens encore le goût dans ma bouche et la sensation d'écoulement dans ma gorge. Comment une chose aussi répugnante peut-elle être aussi bonne.

Je ne suis définitivement pas normale ! Comment puis-je penser cela du sang ? Boire du sang devrait me paraître ignoble et je me trouve là entrain d'en venter les mérites. Il faut que je me change l'esprit, une bonne douche devrait faire l'affaire.

Je me suis trompée, la douche ne fait qu'empirer la situation. La chaleur de l'eau sur mon corps me brûle la peau, et je me surprends cependant à frissonner. Je frissonne non pas de froid mais bel est bien de plaisir. Je ne peux m'empêcher de passer ma langue sur mes lèvres, de me remémorer cette scène dans la tête.

Si seulement je pouvais revenir en arrière, je prendrais le temps d'apprécier ce goût si exceptionnel. L'eau sur mon corps continuait de tomber, tandis que plongé dans mes pensées je me remémorais mon dernier rêve, et sans que je ne m'en rende compte un visage se dessina. Etait-ce enfin le visage de la personne qui me parler dans mes songes. Au fur et à mesure que la vapeur embaumé mon corps, les traits devenaient de plus en plus fin. J'aperçu un nez, une bouche puis les yeux.

Dans un sursaut je sortis de la douche et m'enroula dans une serviette. C'est impossible… comment est-ce que cela a pu se produire ? Je ne le connais même pas ! Quelques frissons continuaient de parcourir mon corps, mais ce n'était plus des frissons de plaisir, mais bel est bien des frissons de terreurs, car oui, je l'avais reconnu. Ce visage angélique aux lèvres rouges comme le sang, au regard perçant …ma belle inconnue.


Bonjour à tous,

J'espère que ce premier chapitre vous aura plus. N'hésitez pas à me faire un retour afin que je puisse répondre à vos questions et m'améliorer...A bientôt pour le prochain chapitre...

PS : pas de Lexa pour le moment mais ne vous en faite pas...elle arrive ^^