Nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira !

Je tenais à remercier tous ceux qui m'ont rajouté à leur favoris ou qui me suivent désormais dans cette aventure qu'est la fanfiction.

Merci également à elominnie pour sa review...j'espère que ce nouveau chapitre te plaira toujours autant !

N'hésitez pas à me donner votre avis, ce qui vous plait ou ce qui dérange...cette histoire est mon histoire mais aussi la votre...encore merci pour cet accueil et à très bientôt ;)


Les solitaires

Je n'ai pas repensé à mon rêve ni à cette inconnue de la journée. Malgré une envie plus que pesante de mon esprit à vouloir me la rappeler à chaque minute, je fis en sorte de m'occuper. D'ailleurs d'autres problèmes venaient empiéter sur ma vie. En effet, depuis le déménagement je n'ai pas réussi à prendre ou à avoir des nouvelles de mes amis de Newkert. Sûrement une coïncidence, ils ne le font pas exprès. Il faut dire que pendant les vacances nous étions rarement chez nous. Je n'avais donc parlé à personne à l'exception de ma mère depuis mon arrivée. Niveau vie sociale on peut mieux faire. Et l'Enfer ne faisait que commencer.

Demain était le jour de la rentrée, j'arrivais dans une nouvelle école, des nouveaux lieux, des nouveaux professeurs et bien évidement des nouveaux étudiants. Mon Dieu que la vie est injuste parfois. Pourquoi moi ?

Nous autres les humains nous passons la plupart du temps de notre existence à se créer un réseau social digne de ce nom. Et cela commence dès notre naissance par nos parents. Puis s'en suit le reste de la famille et arrive le jour fatidique où l'on nous chamboule notre rythme de vie en nous inscrivant à l'école maternelle. Et c'est à cet instant que l'on comprend que durant toute notre vie nous devrons nous battre pour ne pas errer seul dans l'univers.

Comme toute bonne personne je m'étais donc crée un réseau d'amis sur qui je pouvais compter et avoir confiance, tout du moins je l'espérais. Et voilà qu'un beau jour, par la volonté du saint esprit, je me retrouvais comme au premier jour seule. C'est bien sur inévitable et c'est bien cela le problème.

Je n'ose imaginer mon arrivée et tous ces regards posés sur moi. Toutes ces personnes qui se disent bonjour, qui se remémorent leurs vacances, leurs activées, leurs émois. Et moi seule au milieu du troupeau attendant un berger salutaire pour me sortir de cette galère.

« Alors, prêt pour votre rentrée ? »

- « Pas vraiment mais ai-je le choix ? » Dis-je à ma mère.

- « Moi j'ai hâte, j'ai envie de me faire de nouveaux amis, de pouvoir enfin sortir ! » Répondis Jack en arborant un sublime sourire sur le visage.

Je me demande comment deux être du même sang, de la même famille, peuvent être aussi différent. Jack est d'un optimisme incroyable, il ne doute jamais et croit en la totalité des choses. Moi, je me contente d'avancer dans la vie sans vraiment réfléchir, ou parfois trop, et je suis ce que l'on pourrait dire réaliste. J'aimerai être comme Jack, garder une part d'innocence mais je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à croire que tout peut être beau si on le désir. Je n'aperçoit que les méandres de ma vie parsemée par-ci par-là de quelques moments de pur bonheur.

Je suis contente que Jack soit né. Il est d'une aide précieuse pour ma mère, surtout en cette période de froid avec mon père. Si Jack n'était pas là, ma mère aurait sans doute sombré dans une profonde dépression et je l'y aurai aidé.

Quoi qu'il en soit, la joie remplissait les murs de la cuisine en cet instant et Jack réussi même à me faire sourire.

Nous prîmes tous les deux la routes vers nos écoles respectives, et pour la première fois depuis je ne sais combien d'années nous discutâmes sur le trajet.

« Tu ne crois toujours pas que papa a changé ? » Me demanda-t-il.

- « En effet, je n'y arrive pas. J'attends de le voir pour le croire, mais quand bien même il réussirait à me faire changer d'avis, il ne pourra pas effacer les blessures qu'il a causées. Certaines plaies ne se referment jamais. »

- « Moi j'ai hâte de le revoir, il m'a manqué ! »

Comment pourrai-je lui en vouloir de penser cela. Il n'a que douze ans, il a besoin de croire en notre famille, en nos parents et peut-être même en moi. A cet âge, les changements sont nombreux et l'on a besoin d'un équilibre familial pour espérer quelque chose de la vie. Je ne peux donc que l'encourager dans cette voix, même si au fond de moi je crains le pire. Car je n'ose imaginer les conséquences si mon père n'avait pas changé. Ma mère serait une nouvelle fois anéantie et je ne pense pas que la bonne humeur de Jack puisse l'aider cette fois ci. Et Jack, mon pauvre petit frère, lui serait non pas anéantis mais bel et bien détruit. Tout ce en quoi il aurait cru s'effondrerait. Comment ressortir idem d'une chose pareille ? La seule de la famille qui prendrait cette nouvelle avec sourire ce serait moi. En effet, n'étant pas encore dupe, je prendrais cette révélation avec légèreté et j'accuserai le coup sans montrer aucun signe de faiblesse, ça ferait trop plaisir à lui, mon père.

- « A ce soir Jack, bonne rentrée ! »

- « A toi aussi Clarke ! »

J'ai pu voir avant qu'il ne donne sa réponse, une onde de surprise dans son regard. Quand je dis que nous n'avons pas l'habitude de discuter ce n'est pas peu dire. Nous vivons chacun de notre côté et nous ne nous côtoyons qu'à l'heure des repas ou dans les rares réunions de famille.

C'est malheureux à dire mais je ne suis pas très famille. J'aime ma famille, j'aime ma mère, j'aime mon petit frère, mon père c'est une autre histoire mais quant au reste de la famille je ne serais dire si je les aime réellement. Je les apprécie certes, mais de là à les aimer.

Sans que je m'en aperçoive j'arrivais au lycée.

Contrairement au jour de ma première visite, le lycée de Borval était bondé de monde. Je n'aurai jamais cru que Borval comptait autant d'adolescents en ses murs. Et pourtant la réalité est là, je ne suis pas la seule fille de seize ans prisonnière de cette petite ville aux activités douteuses.

Ce n'est pas tant le fait de changer d'école qui m'ennuis, mais le fait de changer d'école en plein milieu de l'année scolaire. Il est vrai, cela aurait pu être pire si j'étais arrivée dans les environs de Février voire Mars, nous n'étions qu'en Novembre et je pouvais donc espérer une tranquillité et une intégration des plus faciles. Cependant, au fond de moi, je sentais que ma vie en ce lieu ne serait pas paisible. J'ai rarement eut autant d'appréhension envers un endroit, peut-être était-ce dû au ciel gris qui surplombait l'entrée du bâtiment. Quoi qu'il en soit, c'est avec de la peur et un zest d'intimidation que je pénétrais pour la première fois dans ce cher lycée.

Le plus difficile lorsque l'on change d'établissement, que ce soit comme moi à cause d'un déménagement ou bien parce que le cursus scolaire l'exige, c'est bel et bien l'orientation. Comment trouver ma salle de cour en espérant ne pas arriver en retard afin de ne pas me faire remarquer ?

Comme je l'avais appréhendé, c'est au bout de dix minutes que je finis par trouver le bureau du principal qui, en me donnant mon nouvel emploi du temps et en me souhaitant la bienvenue dans son établissement, m'indiqua la direction que je devais prendre pour mon premier cours. L'horloge annonçant le début des cours avait sonné depuis au moins vingt minutes et j'étais donc en retard.

Face à la porte B 420, la peur de l'inconnu m'empêcha d'agir. Au fond de moi je me disais qu'il fallait frapper mais mon corps lui ne voulait plus bouger. C'est avec une grande force de courage et de maîtrise sur moi-même que je parvins à sonner les trois coups fatidiques annonçant mon entrer.

A peine avais-je franchis le seuil de la porte que tous les regards se posèrent sur moi. Le professeur, sûrement au courant de mon arrivée me fit un sourire des plus conviviale. Il m'indiqua une place où je pouvais m'assoir et repris son cour normalement.

Je m'installai donc à côté d'une jeune fille aux longs cheveux blonds bouclés et aux yeux noisette.

« Bonjours, tu es nouvelles ? Moi c'est Raven ! »

- « Moi c'est Clarke et ça se voit tant que ça que je suis nouvelle ici ? »

- « Rare sont les élèves qui osent arriver en retard à un cour de Mr Weber, ou alors ils sont suicidaire ! » Me dit-elle dans un éclat de rire.

- « Pourtant il n'a pas l'air bien méchant »

- « Il ne t'a rien dit car tu es nouvelle, sinon je peux t'assurer que tu aurais passé un sale quart d'heure et je te dis cela en connaissance de cause ! » Me dit-elle toujours en souriant.

Je lui renvoyais son sourire en sentant se dissiper en moi mes doutes ainsi que mes craintes.

- « Et tu viens d'où sinon ? »

- « Newkert, une petite ville qui se trouve à environs deux heures d'ici. »

- « Je vois, et pourquoi tu as déménagé ? »

- « Pour des raisons familiales ! »

- « Ok et tu te plais à Borval ? Je sais, quand on ne connaît pas on se dit que cette ville et à mourir d'ennuis mais je peux t'assurer que d'ici peu tu diras tout le contraire ! »

- « Je l'espère, car depuis mon arrivée on ne peut pas dire que je me suis éclatée »

- « Ca s'est parce que tu me connaissais pas encore ! » Me dit-elle tout en me faisant un clin d'œil.

La sonnerie retentit et nous prîmes la direction du réfectoire. Tout comme dans mon ancien lycée, la nourriture semblait des plus infectes. Comment veulent nous donner envie de bien manger quand la purée qu'il nous serve est liquide comme on ne pourrait jamais l'imaginer. Je prie donc une pomme, une Pink Lady ma préféré, et m'installa aux côté de Raven.

« Clarke je te présente Jasper, Monty, Octavia et Bellamy! Tout le monde je vous présente Clarke, la nouvelle ! »

C'était donc cela, j'étais condamnée à être présentée comme étant la nouvelle, sans répondre je me mis à observer chaque individu précédemment cité.

Bellamy devait être sportif, une carrure athlétique, des épaules larges sûrement nageur, des cheveux courts d'une couleur noire corbeaux, des yeux bleus et un teint parfait. Jasper quant à lui était peu athlétique, mais tout de même très séduisant. Il avait les cheveux mi-long, blond, ébouriffé dans tous les sens et arborait un style vestimentaire décalé. Octavia quant à elle, elle aurait pu être une représentante des filles dites parfaites. Des longs cheveux bruns qui lui tombaient au bas des épaules, des yeux marrons pétillants de joie de vivre, une carrure des plus sublime, une poitrine généreuse renforcée par son décolleté plongeant. De nombreuses filles devaient complexer en la voyant. Monty lui avait un style classique légèrement geek mais relativement classe. Voici donc ma nouvelle bande d'amis, tout du moins pour aujourd'hui qui sait ce que demain sera fait, peut-être ne m'aimeront-ils pas et je devrais me trouver un nouveau clan avec qui je pourrais espérer passer du bon temps et terminer cette année scolaire dans la joie et la bonne humeur.

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« Dit moi Clarke, tu es célibataire ? » Me demanda Bellamy.

- « Ca se pourrait, pourquoi tu es intéressé ? » Ma réponse fit rire le reste du groupe tandis que Bellamy me fit un sourire des plus significatifs.

- « Je te mentirais si je te disais que ce n'était pas le cas ! »

- « Dans ce cas, ne le prend pas mal mais tu n'es pas du tout mon genre mais c'est gentil d'avoir essayé ! »

Monty ris de bon cœur ainsi que le reste de la bande.

- « Elle t'a mis le râteau du siècle mon pote » Rétorqua Jasper.

Bellamy quant à lui ne souriait plus du tout, aurai-je touché à sa fierté ou même à sa virilité ?

- « J'espère que tu ne m'en veux pas Bellamy, ce n'est pas parce que tu n'es pas mon genre qu'on en peut pas être ami. »

Je vis dans ces yeux comme un instant d'hésitation puis revint son magnifique sourire sur le visage

- « J'espère bien que l'on peut être ami !»

Cela m'avait manqué toutes ces petites chamailleries qu'il peut y avoir lorsque l'on se retrouve autour d'une table entre amis. Seule entre mes quatre murs, j'avais désespéré de retrouver une telle situation et je me trouvais entourer de nouvelles têtes entrain de rire et de m'amuser avec eux comme si nous nous connaissions depuis longtemps.

C'est alors que ma tête me tourna…

Clarke, Clarke c'est moi…

Qui moi ?

IL faut que je te voie…

« Clarke, Clarke tu m'entends ? »

- « Hum oui, qu'est ce qui s'est passé ? »

- « Tu t'es évanouis ! »

- « Ca va bien merci ! »

Sans donner une grande conviction dans mon affirmation, je me suis levée et pris le chemin des toilettes.

Seule face à un miroir, je pris ma tête entre mes mains et tout en réfléchissant à ce qu'il venait de se passer je chercher une réponse logique.

Malheureusement, j'avais beau me creuser la cervelle en espérant comprendre comment cette inconnue, car oui je l'avais reconnu, sa voix mais aussi ce regard, pouvais entrer ainsi dans mon esprit au point de m'évanouir. Je retournais le problème dans tous les sens mais j'avais bien trop mal à la tête pour y réfléchir.

Je sortis donc, le visage souriant afin de donner le change auprès de mes nouveaux compagnons et pour ne pas les inquiéter davantage.

Le reste de l'après-midi se termina aussi bien que la journée avait commencé. Excepté l'incident au déjeuner, cette journée était parfaite.

En sortant du lycée, je saluais Raven et le reste de la bande et pris la direction de ma maison. Le long du trajet j'eu l'impression étrange d'être suivie, mais à chaque tentative de coincer le soit disant poursuiveur je me retrouvais face au néant, au vide, à moins que la personne qui me suive ne soit dotée du pouvoir d'invisibilité ce qui me semble peu probable. Et pourtant, cette impression ne me quitta pas, même lorsque je pénétrai dans ma maison. Sans doute suis-je trop peureuse ou est-ce tout bêtement le fruit de mon imagination qui me joue des tours. Quoi qu'il en soit, je pris la direction de ma chambre, ferma le volet et alluma la lumière avant de me mettre à mes devoirs.

Mon frère et ma mère rentrèrent plus tard dans la soirée. Avec tout le vacarme que je pouvais entendre, je supposais que mon frère avait passé une excellente journée.

Tout en descend lentement les escaliers, je l'entendis raconter à ma mère dans les moindres détails sa vie passionnante au collège.

« Si tu voyais maman, tout est neuf là-bas. Il n'y a aucun dessin sur les tables, aucun graffiti sur les murs, c'est si propre que je me demande comment cela est possible. On se croirait dans un territoire désinfecté. »

Tout en l'écoutant d'une oreille, ma mère préparait le dîner. Je trouve tout de même que la vie de famille demande du courage. Se lever, aller travailler et lorsque l'on rentre d'une journée bien fatigante il nous reste encore le ménage, le repas et les devoirs ou le bain des enfants quand ceux-ci en ont encore besoin. Heureusement pour ma mère cette période était résolue, elle ne devait plus s'occuper autant de moi ni de Jack, mais il n'en reste pas moins vrai que les tâches quotidiennes telles que le repas, le repassage, les poussières etc.…l'attendait à son retour.

J'ai déjà essayé de l'aider, de me motiver en rentrant de l'école et de l'avancer dans ses tâches journalières mais très vite la fainéantise a repris le dessus. Je sais que je ne suis pas un exemple à suivre, mais Jack ne semble pas le comprendre et tout comme moi il se contente de ranger sa chambre une fois par mois afin de faire bonne impression. Ma mère ne s'en plaint pas, ou alors nous ne le remarquons pas. Mais je sais qu'au fond d'elle, elle espère secrètement que l'on retrousse nos manches et que nous lui donnions un coup de main.

« Tu as besoin d'aide maman ? »

- « Non merci ma chérie mais c'est gentil de le demander ! »

Sans prendre compte de sa réponse, je mis la table avec l'aide Jack. Le repas se passa dans la gaieté et la bonne humeur. Cela faisait maintenant trois semaines que nous vivions à trois à Borval et la maison n'avait jamais était si joyeuse de toute notre vie. Quand nous vivions encore à Newkert, chacun vaguait à ses occupations sans se soucier de l'existence de l'autre, on ne riait pratiquement pas lors des repas, en même temps chacun mangeait dans son coin. Je ne sais pas pourquoi ici, à Borval nous nous mirent à manger tous ensemble. Peut-être est-ce dû aux récents évènements qui affectèrent notre vie, je parle bien évidement de mon père et de sa maîtresse. Peut-être que les blessures causées par mon père nous ont donné envie de renforcer nos liens pour nous donner un semblant de vie normale et de famille. Et moi qui ne suis pas très famille, j'apprécie ces moments de complicités que l'on peut avoir le soir autour d'un bon dîner.

Chacun rie de bon cœur en racontant sa journée et les autres l'écoute avec attention. Grâce à mon père, si je peux m'exprimer ainsi, notre famille retrouve un semblant de vie de familiale qui avait tant manquée depuis quelques années.

Mais cette situation me pousse à m'interroger. Que va-t-il se passer vendredi soir quand mon père va rentrer pour venir passer le week-end en notre compagnie ? Mangerons-nous tous les quatre autour d'une même table ou chacun reprendra ses bonnes vieilles habitudes le temps du week-end ?

J'appréhende cet instant, je ne suis pas prête à le revoir. Cela fait maintenant deux mois qu'il ne m'a pas vu, que je ne lui ai pas donné de signe de vie. Je ne voulais pas lui pardonner et il m'était trop difficile de le revoir après ce qu'il avait fait. Jack quant à lui avait passé un week-end sur deux chez lui, et semblait s'en être accommodé. Mais depuis cette ressente envie de faire un deuxième essai, et de pardon par ma mère, mon père allait revenir dans ma vie et je ne me sentais pas prête. Nous n'étions que Lundi, il me restait donc quatre jours pour me faire à cette idée mais rien que le fait d'y penser me terrorisais. Qu'allait-on pouvoir se dire ? Allait-il m'en vouloir de ne pas être venu le voir ?

Aujourd'hui avait lieu au lycée l'annuel parcourt d'obstacles destiné à juger de la capacité des étudiants à pouvoir se sortir de situations des plus improbables. Raven m'avait raconté qu'une année, l'une des épreuves du parcourt consistait à plonger dans le lac et d'y repêcher un anneau autour duquel se trouvait la clé qui ouvrait le coffre du gagnant. Si ce n'était que cela, ça devrait aller mais elle m'avait aussi expliqué que le lac en question, personne n'y mettait les pieds de par la nature douteuse de l'eau.

Quand bien même cela semblait assez barbare comme aventure, tous les élèves paraissaient avec enthousiasmes. Pour ma part, j'attendrais de voir ce qu'ils nous réservent avant de porter un quelconque jugement.

Comme chaque année, le parcourt se passait dans la forêt de Hiwet qui bordait la ville de Borval. Je n'avais pas encore eu l'occasion de m'y promener, j'allais donc découvrir pour la première fois cette forêt. Selon Octavia, qui nourrissait une passion folle pour l'environnement, la forêt d'Hiwet comptait dans ses habitants des espèces des plus intéressantes. Octavia m'avait d'ailleurs impressionnée sur ses connaissances liées à cette forêt. Elle me raconta par exemple une de ses légendes.

Selon elle, mais aussi selon tous les habitants nés à Borval, une partie de la forêt serait maudite. Il y aurait de cela cinq cent ans, un groupe de personne y vivait en solitaire. Si bien qu'au fil du temps, les habitants de Borval les nommèrent : Les Solitaires. Ce groupe d'individus était des plus étranges, personne ne réussissait à les approcher et personne n'osait s'aventurer en leur territoire. On raconte qu'à cette époque, quiconque franchissait la limite disparaissait dans d'étranges circonstances. Un jeune homme du nom de Daniel s'y risqua. Il pénétra dans la parcelle interdite et disparu. Ses parents et sa fiancée avaient perdu tout espoir de le revoir un jour. Cependant, par un matin d'été, un jeune homme se présenta à la mairie comme étant Daniel Leroy, fils de monsieur et madame Leroy qui habitaient à Borval. Tout le village se rassembla devant la mairie en espérant apercevoir l'enfant miracle qui avait survécu. Les parents du jeune homme mais aussi sa fiancée pénétrèrent dans l'enceinte de l'habitacle et n'en crurent pas leurs yeux. Daniel était là, devant eux comme la dernière fois où il l'avait vu. Quinze ans avaient passé, et Daniel était resté le même, pas même une ride sur son visage. Le temps sur lui ne semblait pas avoir posé son emprunte. Il expliqua alors qu'il avait bel et bien franchi la limite mais que rien d'effrayant ne l'avait attendu de l'autre côté. Selon lui, ce qu'il a vécu à l'instant même où il rencontra l'un des solitaires était la chose la plus magnifique qu'il lui avait été donné de vivre jusqu'à ce jour.

Personne au village ne compris pourquoi Daniel n'avait pas vieillit. Mais ce qui était le plus étrange dans cette histoire était que le jeune ne sortait plus que la nuit et qu'il refusait toute nourriture. Comment faisait-il pour survivre ? Personne encore aujourd'hui n'a réussi à percer le mystère.

Je lui avais alors demandé en quoi cette histoire montrait que la forêt était maudite. C'est alors qu'elle me raconta la suite mais aussi la fin de cette sinistre histoire.

Daniel décida de rester au village mais rêvait de retourner dans cette forêt. Un soir d'automne, sans que personne ne puisse l'en empêcher, Daniel se réfugia au cœur de la forêt interdite mais contrairement à la dernière fois il revînt le lendemain en fin d'après-midi. Il revînt certes, mais ce n'était plus le même.

En plus de ne sortir que la nuit et de refuser toute nourriture qu'il lui était offerte, Daniel était devenu méchant, terrorisant tous les villageois qui croisait sa route. Puis un soir, l'effroyable se produisit. Le corps de monsieur et madame Leroy mais aussi la promise de Daniel furent retrouvés baignant dans leurs sangs dans la chambre du jeune homme. Le voisin Mr Pick, intrigué de ne plus voir la famille Leroy, avait prié les gendarmes de bien vouloir forcer la porte. Arrivée dans la chambre de Daniel, un sinistre spectacle s'offrait à eux, mais l'incroyable était que Daniel était resté là, paisible, assis dans un rocking chair, un sourire sur les lèvres. Mais pas n'importe quel sourire… de ses lèvres coulaient un filet de sang. Dans un rire démoniaque il sauta par la fenêtre et plus personne ne l'a jamais revu.

A la fin de son récit, je ne pus réprimer un frisson qui parcouru toute ma colonne vertébrale. J'avais imaginé la scène dans les moindres détails, et le sourire démonique de Daniel hantait mon esprit.

Octavia m'avait expliqué, que depuis ce jour il était interdit de franchir la limite de peur qu'une autre personne devienne comme Daniel. Cinq cent ans avaient passé et pourtant selon elle, toute la population de Borval n'osait y pénétrer.

D'ailleurs, notre sortie scolaire se faisait bien loin de cette frontière et était délimitée par des rubans de couleur très visible selon Bellamy.

« Tu penses que les solitaires existent encore ? »

- « Je ne sais pas Clarke, mais ce que je sais c'est qu'il faudrait être fou pour oser s'aventurer en leur territoire. Car avant Daniel, personne n'en était revenu et quand on voit comment fini l'histoire, je ne pense pas qu'il soit prudent de s'y risquer. »

Elle ne semblait pas à l'aise avec cette histoire. Avait-elle vraiment peur de ce qui pouvait se passer dans cette forêt ? Elle semblait y croire dur comme fer.

« Bon écoutez-moi tous, comme vous le savez une partie de la forêt est interdite. Comme chaque année, Madame Burton et moi-même avons délimité la zone dans laquelle vous pouvez circuler. Cette année l'activité sera course d'orientation. »

Des mécontentements retentirent dans la foule.

« Je sais, cela ne semble pas très passionnant mais écoutez-moi. Chaque équipe aura une couleur de ruban. Chaque couleur ayant son propre parcourt, nous évitons ainsi toute tricherie. A la fin du parcours, se trouve une épreuve finale pour départager les deux équipes qui y arriveront les premières. Cette épreuve consistera à monter en haut d'un arbre sécurisé ne vous en faites pas, et d'en descendre un objet. Est-ce que tout le monde à bien compris ? »

- « Que se passe-t-il si on se perd ? » Demanda une jeune fille pas très rassurée.

- « Si l'un de vous se perd, ou même une équipe entière se perd, vous n'aurez qu'à souffler dans le sifflet que l'on vous donnera avec votre carte d'orientation et un professeur viendra vous chercher. »

- « On gagne quoi ? » Demanda Bellamy.

- « Vous gagnez quoi Mr Blake? La fierté d'avoir gagné tout simplement ! »

« Pff c'est nul, on aurait au moins pu avoir un petit quelque chose ! » Railla Bellamy.

- « Tu as raison, mais t'inquiète pas, si tu nous fais gagner je te payerai un verre ce soir pour fêter notre victoire, qu'en penses-tu ? » Demanda Raven.

- « Je pense qu'on va gagner ! »

Et tous ensemble nous nous mirent à rire en imaginant la tête de Bellamy devant son verre en signe de victoire. Et c'est ainsi que nous prîmes la direction des bois.