Bonjour à tous,
Nouveau chapitre...j'espère qu'il vous plaira !
Je tenais à vous remercier car vous êtes de plus en plus nombreux à rajouter mon histoire à vos favoris ou à votre liste de suivi. J'espère ne pas vous décevoir au fil des chapitres.
N'hésitez pas à me laisser une petite review...cela me ferait plaisir et m'encouragerais dans mes écris...Je suis ouverte à toute critique ou suggestion permettant d'améliorer l'histoire ou mon écriture..
Je vous laisse à votre lecture et vous souhaite un bon week-end !
La rencontre
Aussi loin que je m'en souvienne, je ne me rappel pas m'être promenée en forêt. Pourtant j'aime son odeur… j'aime l'odeur des arbres et des fleurs. Contrairement en ville ou même dans les plus petits villages qu'ils puissent exister, la forêt a une odeur bien particulière. En s'y rendant, on se sent pousser comme des ailes de libertés, de puretés. Dans cet endroit, j'ai l'impression d'atteindre l'extrémité de la perfection. Il n'y a plus de barrières, plus de voitures, plus de population, plus de pollution, juste moi, les animaux et la nature.
Suite à ce qu'Octavia m'avait raconté sur cette forêt, je m'attendais à pénétrer dans un endroit lugubre, obscure, effrayant mais il en était tout autre. Les quelques rayons du soleil qui réussissait à franchir la barrière des branches des arbres, éclairaient la forêt telle une lumière éclairant une pièce, la rendant ainsi là plus éclairé que possible. Je ne percevais aucune zone sombre, même aucune zone d'ombre. Je ne voyais que de la lumière et de la clarté. Comment cela était-il possible ? Comment cette forêt pouvait-elle jouir d'une si mauvaise réputation ?
Je conviens que nous ne sommes pas dans la partie dite interdite, mais quand même, face à une telle beauté je n'ai qu'une envie y retourner, explorer et percer le moindre de ses secrets. J'étais comme fascinée par cet endroit.
« Clarke ? »
…
« Clarke, ça va ? »
- « Oui oui, excuse-moi j'étais un peu ailleurs. »
- « Tu es prête ? »
- « Ne t'en fais pas, je suis prête Bellamy! »
- « C'est juste que j'ai envie de gagner, tu comprends »
- « Je comprends, ne t'en fais pas ! Bon par où doit-on aller ? »
Nous prîmes la direction de l'Est. Bellamy était formel, le premier ruban ne devrait plus être bien loin mais plus nous avancions plus mon fond intérieur me pousser à croire le contraire. Cela devait faire bientôt une demi heure que nous parcourrions la forêt dans la direction imposée par Bellamy est toujours aucun ruban en vue.
J'entendais derrière moi des réclamations de la part d'Octavia mais aussi de Raven, qui en reprenant ses propres termes, pensait que Bellamy était un « incapable ». Et plus je voyais ce qui nous attendait droit devant plus je me mettais à penser comme elle. Monty quant à lui, faisait preuve d'une grande sagesse. Il nous disait qu'il fallait suivre Bellamy sans discuter car c'était lui qui tenait la carte et qu'il fallait donc lui faire confiance. Bien entendu, je me retins de lui rétorquer que nous n'avions pas vraiment le choix de croire en lui ou non car seul Bellamy savait lire une carte, enfin, c'est ce qu'il clamait haut et fort dès que le sujet était abordé.
« Bellamy, tu es sûr que l'on va dans la bonne direction ? » Demanda soudain Octavia.
- « J'en suis plus que certain, fais-moi confiance » Lui répond-il, un sourire aux lèvres. Il ne semblait pas prendre cette demande de justification bien au sérieux.
- « Si je te demande cela, c'est que je connais assez bien cette forêt et j'ai remarqué que depuis tout à l'heure nous marchons vers l'Est, et j'ai bien peur qu'à ce rythme là nous arrivions aux limites autorisées. »
- « Mais non, pourquoi penses-tu une chose pareille, je sais où nous allons et ce n'est pas du tout dans cette direction ! »
- « Très bien, je te fais confiance alors mais tu ne pourras pas dire que je ne t'ai pas prévenu. »
L'annonce d'Octavia me fit froid dans le dos, et si elle avait raison ? Et si nous nous dirigions tout droit vers le territoire des solitaires. Que ferions nous arrivés là bas ? Demi tour ? Ou oserions nous franchir la frontière afin d'avoir une bonne dose d'adrénaline ? Et si par mal chance la légende était vraie, que se passerait-il si, sur notre chemin, nous croisions un des solitaires ? Rêverais-je un jour ma mère, mon frère ? Referais-je à ma famille ce que Daniel à fait à la sienne ?
Décidé à chasser ces mauvaises pensées de mon esprit, je me mis à fredonner quelque chose de joyeux afin de redonner du courage à notre petit groupe.
« On peut faire une pause ? » Demanda Raven.
Un soulagement collectif retenti, et l'un après l'autre nous nous posèrent sur ceux qui pouvaient faire office de siège dans de telles conditions. Bellamy n'arborait plus son beau sourire. Dans son regard je réussissais à capter une onde d'inquiétude. Doutait-il ?
Cela faisait maintenant plus d'une heure que nous marchions sans avoir croiser un seul ruban ni même une autre personne de l'école. L'endroit était des plus silencieux, aucun bruit si ce n'est celui du vent soufflant sur les feuilles se faisait entendre.
Pendant que j'observais plus attentivement Bellamy, les autres s'étaient littéralement vautrés par terre et déjeuner.
« Que Dieu bénisse le sandwich beurre de cacahouète confiture après un tel effort physique ! » S'exclama Jasper.
Je ne pus refreiner un sourire.
« Je dirai même plus, que Dieu bénisse le sandwich beurre de cacahouète confiture et la magnifique bouteille d'eau qui l'accompagne ! » S'écria Octavia.
L'ambiance était bon enfant, tout le monde semblait s'évacuait l'esprit, seul Bellamy restait seul dans son coin sans rien dire ni bouger.
« Allez viens Bellamy, ne reste pas tout seul ! » Lança Octavia,
- « C'est gentille mais je préfère rester ici, j'examine le plan ! » Répondit-il poliment.
- « D'accord mais si change d'avis il y a une place tout près de moi qui n'attend que toi ! » Dit-elle en tapotant le tas de feuille qui se trouvait à sa droite.
Bellamy lui sourit et lui fit un signe positif de la tête avant de se replonger dans son étude cartographique.
« A ce rythme là, on n'est pas prêt de gagner cette année ! » Remarqua Raven.
- « Comme te dirais tout bon perdant, l'important c'est de participer ! » Lui répondit Octavia tout en éclatant de rire.
- « Moi je pense que l'on a encore une chance, il suffit de trouver le premier ruban et le tour est joué » Répondis-je.
Vingt minutes plus tard, Bellamy fit retentir l'alarme annonçant le départ. Nous nous remîmes tous en route, suivant toujours les indications données par notre chef Bellamy.
A chaque pas que nous faisions, je ne pouvais pas m'empêcher d'admirer les arbres, les fleures, les oiseaux, la moindre parcelle de cet endroit. Je m'amusais à inspirer et expirer le plus qu'il m'était possible de faire, sentant en moi les bienfaits de cet aire non pollué ou beaucoup moins qu'il ne l'était en ville.
Je n'ai jamais été ce que l'on pourrait appeler une écologiste mais ce n'est pas pour autant que je me permets de faire tout ce dont il me plait tel que jeter un papier par terre au lieu de prendre le temps de le déposer dans une poubelle prévue à cet effet. Dans un autre exemple, trier les déchets était devenu quelque chose de naturelle, certes au début je n'y voyais pas grand intérêt si ce n'est une légère perte de temps. Mais que vaut ces quelques minutes perdues à mettre tel ou tel objet à sa bonne place comparée à ce qu'il risque de nous arriver s'il l'on ne change pas nos habitudes dans les années à venir ? Ainsi, j'arrivais contrairement à d'autres personnes de mon âge à apprécier un endroit aussi pur, aussi sain que peut l'être une forêt. Soudain un cri d'effroi me sorti de mes songeries.
« Non mais tu rigoles ? Bellamy dis-moi que ce n'est pas vrai ?! » S'exclama Octavia.
- « Je…Je suis désolé, sincèrement. Je pensais que l'on marchait dans la bonne direction ! » Lui répondit Bellamy sur la défensive.
- « Non mais tu te rends compte de où nous sommes ? »
- « Je sais Octavia, pas la peine de me crier dessus et je te répète que je suis sincèrement désolé ! »
- « Tu peux les garder tes excuses, ça ne change en rien notre problème ! »
Aucun des autres ni même moi ne comprenais ce dont ils parlaient. Un silence de mort s'était installé, chacun regardant l'autre espérant qu'il prenne la parole et brise enfin à ce calme pesant. Prenant mon courage à deux mains et, sous les regards suppliant de mes chers amis, je pris la parole.
- « Hum, est ce que l'on pourrait savoir quel est le problème ? »
- « Il s'avère que je… »
- « Que rien du tout ! Bellamy nous a emmené directement dans la partie interdite de la forêt. Je lui avais pourtant dis que la direction qu'il avait pris nous y conduirait mais Monsieur soutenait le contraire et maintenant voilà le résultat. Non mais je vous jure, je n'en reviens pas, comment peut-on être aussi stupide ! Tu as beau être mon frère parfois j'ai vraiment envie de te tuer ! » S'énerva Octavia.
Sa rage était-elle que l'on pouvait la voir serrer des points, des dents et même apercevoir quelque tremblement sur ces avants bras.
- « Oh… d'accord je vois ! Mais ça ne doit pas être si terrible que cela Octavia, il suffit de faire demi tour et tout reviendra dans l'ordre ! »
- « Justement non Clarke, ce n'est pas aussi simple. Nous ne sommes pas simplement aux frontières du périmètre interdit mais en son centre ! Nous sommes au cœur du territoire des solitaires. Si la légende dit vraie nous sommes tous perdus. » Dit-elle avec beaucoup d'émotion mais aussi de peur.
La peur se lisait à présent sur tous les visages, même celui de Bellamy à qui la faute revenait. Plus personne n'osait bouger, personne n'osait même parler. On se contentait de se regarder, certain d'un regard accusateur comme celui de Jasper sur Bellamy, d'autre de peur comme on pouvait le voir chez Raven mais aussi Octavia. D'autres au contraire semblaient calmes ni apeurés ni terrifiés par la situation. C'était le cas de Monty et de moi-même. On se regardait tous les deux, se lançant quelques sourires.
Cette tranquillité reflétait un léger paradoxe. En effet, si ce que Octavia m'avait raconté quelques heures plus tôt était vrai, nous devrions courir le plus vite possible en dehors de ce lieu, mais à la place, nous restions là, stoïques. Soudain un bruit survînt de derrière un buisson.
- « Oh mon Dieu nous sommes perdus » Clama Amy en faisant un signe de croix.
Il n'en fallut pas plus pour nous mettre à courir. Chacun prenant une direction différente des autres. Etant une adepte des films d'horreurs je savais que cette décision n'amènerait rien de bon. En effet, dans n'importe quel film où l'on peut voir un groupe de personnes pris au piège d'un tueur, la dispersion se révèle souvent être synonyme de mort pour chacun. D'ailleurs ne dit-on pas, l'union fait la force.
Et pourtant, j'étais là, protagoniste d'une situation horrifique et je m'éloignais le plus possible de ce site jugé dangereux pour qui conque osait y pénétrer. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que je me rendis compte que j'étais seule. Seule perdue au milieu des bois, sans carte ni boussole pour me guider. La mousse des arbres pousse au Nord… or selon Bellamy et Octavia nous avons pris la direction de l'Est, peut-être qu'en suivant le Nord je trouverais la route et par chance une voiture.
C'est alors que je pris mon courage à deux mains. En même temps avais-je vraiment le choix ? J'étais seule, perdue, dans un endroit qui m'était entièrement étranger, dont je connaissais rien si ce n'est cette légende qui l'habite.
Et si Octavia avait raison, et si les solitaires existaient. Reverrais-je un jour ma mère ? Reverrais-je un jour mon frère ? Il y encore tellement de chose que je ne leur ai pas dit. Je ne veux pas mourir sans avoir dit à ma famille que je l'aime. Sans que je m'en rende vraiment compte, la peur pris peu à peu possession de mon corps. Mes mains, mes bras, mes jambes, tout mon corps se mit à trembler. Mes yeux se remplirent de larmes brouillant ma vue. J'étais inquiète, j'avais peur, j'étais même terrifiée. Qu'allait-il advenir de moi ?
N'arrivant plus à avancer, je me blottis contre le long d'un arbre priant le ciel de bien vouloir m'envoyer de l'aide. Je me mis à penser aux autres. Où étaient-ils ? Que faisaient-ils ? Etaient-ils aussi apeurés que je l'étais ? Avaient-ils réussis à rejoindre le reste de l'école ? Mon dieu, et s'ils avaient croisés le chemin de l'un de ces solitaires ? Amy, Judith, Octavia, Marc et Bellamy, je vous en prie faite qu'ils ne leur soient rien arrivée. Ils ne le méritent pas, ils ont été si gentil avec moi depuis mon arrivée.
Les secondent continuèrent de défiler, je sentais la forêt se rafraîchir un peu plus que le ciel s'assombrissait. Les derniers rayons du soleil laissèrent leurs places aux nuages, un orage pointait à l'horizon. Il ne manquait plus que cela. En plus d'avoir peur, je commençais à avoir froid.
CRACK
Qu'est-ce que c'était ? Je n'ai pas rêvé, j'ai bien entendu un bruit, comme le craquement d'une branche. Je ne sais même pas où je suis, je ne sais même pas si je suis encore du mauvais côté de la frontière. Peut-être un écureuil, peut-être le vent…Oui c'est sûrement cela, le vent ! Et si c'est c'était quelque chose d'autre ? Une créature assoiffée de sang attendant le moment propice pour me sauter à la gorge. Et si c'était la même chose que ce qu'avait croisé Daniel lors de son périple ? Et si cette créature me transformait en un monstre sans limite, obnubilée que par sa soif d'hémoglobine ?
C'est amusant de voir à quel point la peur peut transformer notre perception de la réalité. On se met à voir des choses qui n'existent pas, on se met à imaginer le pire scénario qu'il soit possible de créer. Mais ce qui m'amuse le plus ici c'est de voir à quel point ce que je pensais être se révéla être faux. En effet, je n'aurai jamais cru que l'hypothèse de voire une créature mystique m'effraie autant. Car lorsque l'on me connaît réellement, on se rend compte assez facilement que je suis fascinée par le monde occulte, par toutes ces créatures sensées n'être issues que de notre imagination, hantant nos pires cauchemars. Pour ma part, les créatures qui se cachent sous nos lits, attendant la nuit tombée pour nous chatouiller les doigts de pied, ont toujours eut un certain charme, un certain envoûtement. Et voici qu'aujourd'hui, le simple fait d'entendre une branche se briser me fait sursauter. Comme quoi la vie nous révèle chaque jour des surprises plus ou moins inattendues.
Ce qui m'inquiétait le plus à vrai dire ce n'est pas tant le fait que je sois seule au milieu de nul part mais que je sois seule ici depuis beaucoup trop longtemps. Je n'ai pas de montre mais je pourrais parier que je suis ici depuis plus de deux heures et je ne vois toujours aucun signe de vie à l'horizon. J'avais arrêté de croire que je pourrai trouver toute seule le chemin de la maison, j'avais donc préféré rester en un point fixe afin de ne pas louper les secours mais à en croire la situation, les secours n'étaient pas en route et j'avais encore de longues heures devant moi de solitude extrême.
Soudain, comme un coup de vent balayant l'atmosphère, je sentie l'air venir caresser mon visage. Cet air avait quelque chose d'étrange, il n'était pas doux, plutôt dur, pesant et loin d'être rafraîchissant. Non, il était glacial. A son contact, des milliers de petites lames de glaces transpercèrent ma peau, mes organes, saccadant mon souffle. Je n'arrivais plus à respirer normalement, j'haletais désespérément à la recherche d'oxygène. Les lames persistèrent jusqu'à percer mon âme de leur froideur. Je n'avais jamais ressenti une telle souffrance, j'avais l'impression de mourir à petit feu. Je me recroquevillée sur moi-même, en position de fœtus, espérant que la douleur cesse. Mais il n'en était rien. Cet air glacial continuait d'abonder perçant un peu plus ma peau. J'avais renoncé à faire disparaître cette sensation de mort lente et continuait mes minces efforts à respirer convenablement. Mes poumons brûlaient, ils réclamaient l'oxygène dont ils avaient besoin pour me garder en vie, mon cœur s'emballa, j'avais peur. De fines larmes coulèrent sur mon visage. C'était la fin. Du moins, je le croyais.
Un seconde vague d'air glacial parvint jusqu'à moi, encore plus froid, plus perçant que la première fois. Je n'aurai jamais cru que mon corps soit si résistant. D'où pouvait-il provenir ? Certes, nous n'habitions pas la région la plus chaude des Etats-Unis mais pas non plus la plus froide. En règle générale, la température à Borval ne baissait pas en dessous des 10° et il lui arrivait d'atteindre facilement les 25°. Alors comment se faisait-il quand ce beau mois de Novembre la température extérieure atteigne les températures négatives. Car oui, je ne suis peut-être pas météorologiste mais j'en ai vu assez pour affirmer qu'à l'heure actuelle il devait faire dans les moins quelques choses. Et moi j'étais là, assise ou plutôt recroquevillée sur moi-même attendant des secours qui n'avaient pas l'air de vouloir se montrer sous ce froid hivernal.
Je me remis à penser à Newkert, à son soleil, à sa chaleur. Je me voyais me baignant dans le lac à l'entrée de la ville, à me dorer au soleil afin de prendre des couleurs et de perdre mon teint blanchâtre dont mes amis adoraient se moquer. Ce n'est pourtant pas ma faute si je suis blanche enfin extrêmement blanche de naissance. Ce n'est pourtant pas l'envie de bronzer qui me manque, dès que le soleil pointe le bout de son nez je me précipite, m'allonge sur un transat afin de prendre des couleurs. Mais parfois l'envie n'est pas suffisante et notre code génétique l'emporte. Rares ont été les fois où j'ai réussi à perdre un peu de cette pâleur qui m'ennui tant. Mais à force, au bout de seize années d'existence on finit par s'y habituer.
Ce petit voyage dans mes souvenirs calma ma crise et mon cœur repris un rythme plus ou moins normal. Pourtant je n'étais pas rassurée. J'avais l'impression étrange d'être observée, de ne plus être seule dans ces bois. Observant attentivement les lieux, j'espérais apercevoir quelque chose, quelqu'un mais il n'en fut rien. Quelle que soit la chose ou la personne qui était près de moi, il avait un don inné pour le cache-cache. Ou alors c'était moi qui perdais l'esprit. Seulement quelques heures de solitude et je me retrouve déjà entrain d'avoir des hallucinations. C'est plutôt pathétique comme réaction. Mais j'avais beau essayer de me convaincre que c'était mon esprit qui me jouait des tours je n'étais pas tranquille. Je n'étais pas seule, j'en étais certaine.
« Ho hooo ? Il y'a quelqu'un ? » Demandai-je en prenant mon courage à deux mains.
Pas de réponse.
« Ho hooo ? S'il y'a quelqu'un montrez-vous ce n'est pas drôle ? »
Non mais qu'est-ce que je faisais ? J'agissais exactement comme dans ces fameux films d'épouvantes vus et revus des milliers de fois. Ne jamais demander s'il y a quelqu'un car le quelqu'un en question est bien souvent le tueur psychopathe qui n'a qu'une envie nous égorger. Et quelle leçon avais-je retiré de cet enseignement ? Aucune. J'agissais comme une de ces idiotes d'actrices blondes platines embauchées juste pour mourir et faire de l'audience.
Cette simple constations fit grimper mon taux de stress, j'avais peur et j'étais obnubilée par l'idée qu'un psychopathe, un tueur assoiffé de sang rodait dans les parages et que j'étais sa future proie.
J'étais si inquiète que je n'avais pas remarqué que la température avait encore baissé, apparemment mon organisme s'y était habitué. La sensation de brûlure qu'engendraient mes poumons avait pratiquement disparue et j'arrivais de nouveau à respirer d'une manière des plus convenable selon moi. Pourtant, quand bien même ce froid m'était moins insupportable, je sentais le poids de toutes ces émotions ressenties en si peu de temps retomber sur mes épaules. J'étais fatiguée, exténuée à vrai dire, j'avais besoin de dormir.
Clarke, Clarke c'est moi…
Le moment est venu
Que notre volonté commune triomphe
Que ta véritable nature l'emporte
Et qu'à ton réveil elle te transporte…
En ouvrant les yeux elle était là… devant moi… celle qui hantait mon esprit depuis plusieurs nuits. Celle que j'avais croisé lors de mon repérage des lieux. Bizarrement sa présence ne m'effraya pas, au contraire la voir, là à deux pas de moi me réconforta. Peut-être parce que sa présence signifiait que je n'étais plus seule. Quoi qu'il en soit cette inconnue m'observait un petit rictus en guise de sourire.
Je m'installai confortablement devant elle, assise en tailleur j'attendais que mon visiteur prenne la parole.
« Bonjour Clarke ! »
Comment connaissait-il mon nom ? Je ne l'avais jamais vu au part avant.
- « Comment est-ce possible, d'où connaissez-vous mon nom ? »
- « Je connais ton nom, comment ça n'a pas vraiment d'importance ! »
Pas d'importance ? Selon elle mais pour moi cela en avait. Voyant que j'étais perdue dans mes réflexion elle repris la parole.
« Je m'appelle Lexa, enchanté de te rencontrer Clarke ! »
Je ne sais pas pourquoi mais elle insista en prononçant mon prénom. Avait-elle peur de se tromper, de m'appeler par un mauvais nom. Rendait-elle visite à de nombreuses filles dans leurs rêves ou étais-je la seule ?
Je n'arrivais pas à parler, son regard…son regard m'hypnotisait. J'étais prisonnière de ses yeux.
« Tu n'es pas très bavarde dis moi, tu n'as donc aucune question à me poser ? Si c'est cela je vais pouvoir t'expliquer tout de suite de quoi il retourne ! »
- « Non, heu attend. Pourquoi es-tu là ? Pourquoi là avec moi au milieu de ces bois ? »
- « Je suis là parce qu'il faut que je te parle. »
Qu'elle me parle ? De quoi ? On ne se connaît même pas.
- « Que l'on parle ? De quoi on ne se connaît pas ? »
- « De toi ! »
- « De moi ? »
Ma réponse aussi saute qu'elle puisse être la fit rire. J'aimais son sourire.
- « Oui de toi, tu es une personne fascinante Clarke ! »
Moi fascinante ? On ne doit pas parler de la même Clarke.
- « Et en quoi suis-je fascinante ? »
- « Par ton attitude, par ton passé, par ton avenir. »
Cette étrange Lexa était condamnée à me répondre que par des phrases courtes et à plusieurs significations.
- « Excuse moi mais je n'ai rien de très fascinant en moi, quand à mon avenir ou mon passé là encore tu te trompes. Mon passé est semblable à celui de millier d'adolescente. Pour mon avenir… il est encore trop flou pour y trouver quelque chose d'intéressant. Revient dans une dizaine d'années, peut-être que là je pourrais être d'accord avec toi. »
- « Ne te dévalorise pas aussi facilement, crois-moi tu es très intéressante comme personne. Et je sais de quoi je parle. Je t'ai observé depuis ton arrivée et j'ai compris pas mal de chose sur toi, sur qui tu es en réalité. Et tu es loin d'être semblable aux filles de ton âge. »
Normalement, le seul fait qu'elle mentionne m'avoir observé donc suivit depuis mon arrivée aurait du me faire paniquer or il en était tout autre. Je n'en tenais même par rigueur.
- « Et que penses-tu de moi dans ce cas ? »
- « Je pense que tu es une âme solitaire. Tu te renfermes sur toi-même, dans un monde virtuel pour fuir ce qui t'oppresse dans le monde réel. Tu as peur de ce que peuvent penser les gens sur toi-même, même si tu t'obstines à penser le contraire. Tu cherches à fuir le plus possible la souffrance en refusant là plus part du temps la réalité. Comme avec ton père par exemple, tu prétends ne plus rien avoir à faire avec lui mais je sais qu'au fond de toi, le seul fait d'évoquer son nom, son existence, te transperce le cœur un peu plus à chaque fois. De plus l'avenir te fait peur car il n'a rien de concret, tu aimes pouvoir diriger les choses or l'inconnu n'est pas manipulable alors tu essayes de ne pas y penser et de vivre au jour le jour. Chose qui n'est pas facile quand on est une fille comme toi, une fille qui réfléchie énormément avant d'agir de peur de blesser quelqu'un de son entourage. Quant à l'amour tu penses que l'amour vrai n'existe pas, que l'amour n'est que mensonge et manipulation. Définition qui te vient surtout du divorce ou plutôt de la séparation de tes parents que tu analyses comme étant un échec personnel alors que tu n'y es pour rien. Voilà en quelque phrase ce que je sais de toi. Ce n'est pas grand-chose j'en conviens, mais crois-moi, cette simple biographie est des plus fascinante pour une personne comme moi. »
Je n'en revenais pas. Comment un individu, une inconnue pouvait-elle connaître autant de chose sur moi en si peu de temps et sans jamais m'avoir adressé la parole ? Elle avait réussi à me percer, à dénicher des secrets, des réflexions personnelles que j'avais faites à l'égard de mon père, de l'amour de moi-même. J'étais tellement choquée que j'en restais bouche baie.
« Je sais que cela peut te paraître étrange voire même effrayant de la part d'une personne que tu ne connais pas mais j'ai vu tellement de chose dans ma vie que j'arrive assez facilement à percer la carapace des gens. »
- « Comment as-tu fais ? Je veux dire, il y a certaine chose que je n'ai jamais dite à personne ni même écrit, je les ai juste pensés ou ressentis. Alors comment est-ce possible dis moi ? »
- « Je ne suis pas comme tout le monde, je ressens ce que les personnes ressentent. Et je te l'ai déjà dit, j'arrive facilement à percer la carapace de protection que les hommes se fabrique afin de se protéger de leur semblable. La tienne n'était pas plus solide que les autres. »
- « Tu ressens ce que les autres ressens ? Tu es télépathe ? »
Ma question lui arrache un nouveau sourire.
- « Pas exactement, je ne lis pas dans les pensées des gens. Je ressens juste ce qu'ils ressentent ainsi je les comprends plus facilement. Lorsque je perçois leur douleur, leur tristesse, leur joie, j'en apprend un peu plus chaque jour et cela m'aide à dresser un descriptif de leur personnalité. »
- « Ce que tu as dis de moi tout à l'heure tu l'as appris rien qu'avec mes ressentis ? »
- « Oui et non, je t'ai suivi aussi. Je t'ai observé et j'en ai tiré des conclusions, comme celle qui me pousse à dire que tu fuis la réalité pour l'irréel car le monde extérieur te faire peur, te fait souffrir. Tu repousses la réalité afin de te protéger. C'est pour cela que je sais que tu n'auras pas peur de moi car mon univers, le monde dans lequel je ère, en quelque sorte te fascine. »
De quoi voulait-elle parler, pourquoi devrais-je ne pas avoir peur d'elle ? Le devrais-je d'ailleurs. Cette Lexa m'avait observé, suivit, analysé même sondé mon âme afin d'en apprendre plus sur moi et pouvoir me percer. Elle connaissait donc toutes mes failles, mes faiblesses, mes peurs, mes joies, mes envies. Comment cela était-il possible ? Et de quel univers parlait-elle ?
- « Peur ? Pourquoi devrais-je avoir peur de toi ? Si ce n'est à part le fait que tu ressembles étrangement à un voyeur ? »
Elle rit. Ma comparaison l'avait donc fait sourire. Ce n'est pas possible que j'aie peur d'elle. Comment pourrais-je avoir peur d'une personne comme elle. Souriante comme jamais, un regard envoûtant et qui plus est, elle était très charmante.
- « Tu ne me connais pas Clarke, mais moi je te connais. Et si je te disais là, à l'instant même où nos regards viennent de se croiser qui je suis en réalité tu n'aurais pas peur, et au lieu de courir à toute enjambé comme le ferai la plupart de tes amis dans pareil situation, tu resterais là face à moi attendant la suite de mon histoire. »
- « Si tu es si certain de ce que tu avances alors dis moi qui tu es et je te promets de ne pas m'enfuir ! »
- « JE vais d'abord te raconter une histoire si tu le veux bien. »
- « Je suis toute ouï »
- « Avant de te dire toute la vérité, il faut que tu saches que cette forêt n'a rien d'une forêt ordinaire. Dans le passé d'horribles crimes y ont été commis. De nombreux meurtres entre autres mais aussi de nombreuses disparitions. En effet, de nombreuses personnes de toutes âges sont un jour venu au cœur de la forêt pour ne plus jamais en ressortir. Mais comme toute histoire intéressante il y a une exception… »
- « Daniel ! »
Ma réponse le surpris.
- « Tu connais déjà cette histoire ? »
- « Je sais que ce jeune homme est venu une fois dans cette forêt et à disparu durant plusieurs jours jusqu'à sa réapparition. Mais il avait changé, ce n'était plus le même et un jour on le trouva le sourire aux lèvres près de cadavres de membres de sa famille. »
- « C'est exact, mais ce que tu ne sais pas c'est que ce Daniel n'était pas censé revenir. Il avait échappé à la surveillance d'un homme appelé Darius. Cette négligence engendra une monté de revendication de la part des autres personnes présentent, et le chef Marius destitua Darius de ses fonctions et l'envoya en exil. »
- « Je vois, mais en quoi cette histoire et censé m'en apprendre plus sur toi Lexa? »
- « J'étais présente à cette l'époque, lorsque Marius exila Darius de son territoire ! »
- « Heu…Comm.…Comment cela présente ? C'est impossible cela s'est passé il a des… »
- « Des centaines d'années je le sais. »
Ça y est, je commençais à avoir peur.
- « Je ne suis pas comme toi Clarke. On se ressemble, notre enveloppe charnelle est semblable mais nous sommes très différentes enfin pas pour longtemps. »
- « Je ne comprends pas ! »
- « A l'époque, une légende racontait que la forêt était assiégée par une armée d'individus qui se faisait appelée les Solitaires. Daniel avait été enlevé par ces individus, ou plutôt il avait été enrôlé par eux. En effet, les Solitaires étaient une horde de créatures mystiques, créature que tu connais bien. Autrefois appelée suceur de sang, les individus ayant peur d'eux les appelèrent les solitaires car ils restaient entre eux, n'approchant de la population que pour assouvir leur soif. As-tu une idée de quoi je parle Clarke ? »
J'avais bien une idée mais l'idée même qu'elle m'est traversée l'esprit me semblait impossible. Pourtant il n'y avait pas de nombreuses créatures dites suceuses de sang à l'exception des vampires. Mais je ne pouvais pas me résoudre à accepter cette explication.
Elle me toisait d'un regard perçant. Je sentais monter en elle une forme d'excitation. Peut-être qu'elle aimait faire peur aux jeunes filles sans défense comme je le suis en ce moment, ou peut-être éprouvait-elle une sorte de sadisme à me regarder formuler des hypothèses plus loufoques les unes que les autres.
- « Vampires ? »
J'avais osé. J'avais prononcé ce mot, ce terme sans grande difficulté, attendant maintenant qu'elle me rie au nez comme l'aurait fait n'importe quelle personne saine d'esprit. Mais elle ne le faisait pas. Elle me regardait, observait ma réaction. Qu'attendait-elle réellement ? Espérait-elle que je me mette à courir, à rire, à frissonner…Je ne savais même pas comment je devais réagir. Je venais de lui parler de vampire, vampire comme Dracula, donc un personnage de fiction et Lexa ne souriait même pas. Elle avait là un visage des plus sérieux, j'avais même l'impression qu'elle cherchait ses mots dans l'attention de ne pas m'effrayer sur ce qu'elle s'apprêtait à me dire. Nous nous regardâmes ainsi, sans parler, sans bouger durant de longues minutes quand elle décida enfin à reprendre la parole.
- « Dit moi Clarke, que connais-tu des vampires ? »
Au lieu de me réconforter, cette demande sonna comme une réponse positive à mon hypothèse antérieure. Pourquoi me questionnait-elle sur les vampires ? Quel était l'intérêt ?
- « Je sais que les vampires sont des créatures ayant une apparence humaine, qu'ils se nourrissent de sang humain. Ils ne sont ni mort ni vivant, tiraillés entre deux mondes. Le folklore veut que les vampires sortent de leurs tombeaux à la tombée de la nuit à la recherche du sang des mortels, d'autres légendes disent qu'ils vivent parmi nous. On dit même que les vampires sont en réalités des personnes normales, humaines se nourrissant de sang humain pour sa vertue thérapeutique. N'appartenant à aucun monde, le temps n'a pas d'effet sur eux, il reste tel quel, à l'âge de leur transformation. »
- « C'est intéressant, tu en sais des choses pour une fille de la campagne. Et toi que penses-tu des vampires ? S'ils existaient, tu serais plutôt attiré ou apeuré par eux ? »
Pourquoi cette question ?
- « Je…Je pense que je serais plutôt fascinée en réalité. Certes j'aurai quand même peur car qui dit vampire dit mort… souffrance ! Mais je serais intriguée par ce qu'ils sont. Ni mort ni vivant, errant parmi les humains comme bon leur semble, n'ayant aucun compte à rendre. »
- « Et si je te disais que je ne suis pas ce que tu crois ? Si je te dis que les apparences sont trompeuses et qu'il ne faut jamais se contenter de ce que l'on voit. Que dirai-tu si là maintenant, je te disais que je suis l'un d'eux. Que je fais parti des Solitaires et ce depuis des centaines d'années. Serais-tu toujours aussi fascinée par ce que je suis ? »
Durant sa tirade, mon cœur s'accéléra, se jouait-elle de moi ou était-elle s'incère ? Comment cela était-il possible, même imaginable ?
Mon silence la fit sourire.
« Quand la fiction devient réalité il est difficile de se tenir à nos résolutions. Je te fais peur Clarke ? »
Et bizarrement non, j'étais toujours aussi fasciné par elle, par son regard. Je ne savais pas si ce qu'elle me disait était vrai mais j'avais envie d'y croire.
- « Non ! »
Une fois encore elle rie.
- « Tu devrais pourtant. »
- « Je n'ai pas peur, mais qui me dit que tu ne me mens pas ? »
Sans que j'aie eu vraiment le temps de finir ma phrase, Lexa se retrouva à deux centimètres de ma nuque. Je sentie une douleur aigue à l'endroit même où elle avait posé ses lèvres. Puis elle se retira et je vis alors s'écouler de ses lèvres une larme de sang. Elle m'avait mordu.
- « Ne t'en fais pas, tu ne deviendras pas un vampire avec le peu de sang que je t'ai pris et puis ça ne marche pas comme ça. Pour ce qui est des deux petits trous, ils partiront très vite crois moi. »
Lexa venait de me mordre et je ne ressentais ni rage, ni douleur, ni haine envers elle. A la place j'avais envie de la remercier, de lui dire merci d'être aussi franche avec moi, de m'ouvrir les yeux sur ce qui m'entoure.
- « Tu es spécial Clarke, très spécial ! »
- « Qu'est ce qui te fait penser ça ? »
- « Tu n'as pas frissonné quand je t'ai dis que j'étais une solitaire et donc un vampire. Hors je ne pense pas que tous tes congénères accepteraient si bien la situation s'ils apprenaient que des minis Dracula déambulent dans leur ville à la nuit tombée.
- « Et que penses-tu d'autres ? »
- « En fait, je n'ai pas vraiment le temps, je dois y aller. La chasse m'attend. Mais ne t'en fais pas, nous serons amenées à nous revoir. Au revoir Clarke. »
- « Au revoir Lexa. »
Mais Lexa était déjà partie, laissant Clarke seule au milieu de la forêt.
