Boutons.

Dans le courant de la matinée, Herbert le coq au plumage jaune rencontre Colvert, le canard au pelage vert. Les deux oiseaux s'entendent très bien puisqu'ils ont le même caractère mais surtout, la même faiblesse concernant la nourriture. Je ne dirais pas que ce sont des goinfres mais comme je les apprécies beaucoup, je dirais plutôt de fins gourmets. Cependant, il m'arrive de les entendre parler de plats dont j'ignorais l'existence et par moment, je dois refuser leur invitation pour venir les goûter. Mon estomac n'est pas aussi blindé que le leur et je ne sais pas si je dois le regretter ou son contraire.

En tout les cas, les deux garçons discutent lorsque le palmipède remarque un bouton au centre du front du coq. Aussitôt, il s'empresse de lui faire la remarque.

« Tu as remarqué le bouton que tu as au front ?

- Oui.

- Et tu es sorti comme ça ?

- Ben oui. Il me fait encore un peu mal et j'attends que sa pousse soit terminée pour l'éclater.

- Mais tu risques d'en mettre partout vu la taille de ton bouton ?

- Je sais mais comme je serais chez moi, je ne ferais pas trop de dégâts je pense. »

Colvert n'est pas aussi sûr que son ami mais se garde de lui dire. En tout cas, on remarque bien ce bouton et cela m'étonnerait que les filles approchent le coq pour la journée. Peut-être que les choses s'arrangeront lorsque cette horreur ne sera plus sur le front de l'oiseau jaune.

« Et tu comptes te promener dans le village toute la journée ?

- Ben oui. Tu sais, ce n'est qu'un bouton et cela peut arriver à tout le monde d'en avoir un. Je ne vais pas m'empêcher de vivre et puis je viens de recevoir une nouvelle recette que je me dois d'essayer.

- Quoi comme recette ?

- Un bouillon de canard. »

Sur le coup, Colvert ignore si son ami plaisante suite à la réponse qu'il vient de lui donner ou s'il est sérieux. Depuis quand Herbert mange du canard ? Si le volatile de basse-cour a dit la vérité, cela voudrait dire que c'est un assassin et qu'il est peut-être en train de courir un grand danger. Ne sachant quoi faire, le canard ne bouge pas lorsque le coq l'interroge à son tour.

« Et toi, tu vas te faire quoi pour ton déjeuner et ton dîner ?

- Je vais me faire un coq à l'orange.

- Quoi ? »

Herbert se montre choqué suite à cette réponse car il ne s'attendait pas à ce que son ami s'en prenne à ceux de sa race. Craignant d'être en danger, les deux oiseaux ne tardent pas à s'éloigner l'un de l'autre tout en courant afin de se mettre en sécurité. Sur le moment, j'ignore si leur amitié est menacée ou non mais si c'est le cas, je vais devoir intervenir pour les réconcilier. J'ai vraiment que ça à faire en ce moment.