Lacets.

Je poursuis ma promenade et je dois avouer que mes rencontres ne sont pas nombreuses aujourd'hui. Tant mieux, j'aime bien me balader sans être dérangé pour profiter à fond des décors qui se dressent autour de moi. Toutefois, depuis le temps que je réside dans ce village, j'ai eu le temps de mémoriser le moindre de ses recoins et forcément, l'effet de surprise n'est plus vraiment là. Soudain, manque d'attention sans doute, je marche sur quelque chose et quelques secondes plus tard, me voilà allonger sur le sol. Très vite, je rassemble mes esprits pour tenter de comprendre le mystère qui vient de s'abattre sur moi et lorsque je roule sur mon dos, je porte mes yeux sur mes chaussures.

Celle de droite à ses lacets totalement dénoués et j'ai du marcher dessus sans le faire exprès. En tout cas, j'espère que personne ne m'a vu tomber comme une loque car je n'ose imaginer les bruits qui risquent de courir au sein de la bourgade.

« Tu es toujours aussi gauche à ce que je vois. »

Je tourne ma tête sur ma gauche et je remarque ma sœur qui arrive, traversant tranquillement le pont. La connaissant, elle va sûrement se foutre de ma poire et mes craintes se vérifient presque aussitôt. Alors que je me relève et que je retire la poussière qui s'est déposée sur mes vêtements, ma sœur éclate de rire et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Sur le coup, je ne dis rien car je pense que j'en aurais fait autant mais voilà qu'elle me raconte comment elle a vu la chute.

« Franchement, c'était trop drôle. Tu marchais en regardant autour de toi et là, paf ! Plus personne. Quand je vais raconter ça à maman, je suis sûre qu'elle rigolera en lisant ma lettre. »

Et c'est bien le souci. Ma mère et ma sœur adorent lorsqu'ils arrivent des misères de ce type, aux autres. Lorsque l'occasion se présente et qu'elles sont aux premières loges, elles ne se privent pas pour exprimer leur hilarité. Sur le coup, je suis bien content que ma daronne ne vit pas dans les parages parce que j'en aurais entendu parler des semaines. Maintenant, reste à savoir si ma sœur a l'intention de le raconter à tout le monde.

« Je compte sur ta discrétion hein ?

- Oui, ne t'inquiète pas. »

Bien sûr, elle me donne cette réponse en affichant un joli sourire sur ses lèvres. Pourquoi lui ai-je demandé ? Visiblement, ma frangine n'a pas beaucoup changé sur le plan du caractère et je vais l'apprendre à mes dépens, dans les jours qui vont arriver. Encore heureux qu'elle soit agréable lorsqu'on rentre chez moi pour se reposer, une fois les heures tardives arrivées. Voulant me changer les idées, je la quitte pour traverser le pont afin de regagner l'autre partie du village.

Quelques minutes plus tard, j'arrive à proximité de la mairie dans laquelle je dois trouver Opélie pour lui parler de mon idée. Je sais qu'elle sera emballée.