Sors !
Au bout de quelques minutes, j'arrive devant la mairie et je m'apprête à ouvrir la porte lorsque celle-ci se met en mouvement sans une quelconque aide de ma part. Aussitôt, je vois la frimousse d'Opélie et à l'expression de son visage, je comprends que quelque chose ne va pas. De suite, je me montre curieux et si je peux lui apporter mon aide, je n'hésiterai pas une seule seconde.
« Bonjour Opélie, on dirait que tu n'as pas le moral aujourd'hui.
- Bonjour Jaysher et pour être franche avec toi, c'est exactement ça.
- Qu'est-ce qui se passe ? »
L'oiseau reste à l'intérieur du bâtiment mais risque sa tête à l'extérieur et regarde des deux côtés. Devant ce comportement, je m'interroge et mes doutes persistent lorsqu'elle m'explique la raison de sa tristesse.
« Nous nous sommes fait cambrioler ce matin et même si la police a réussit à mettre la main sur le malfaiteur, j'ai peur.
- Peur de quoi ?
- Que l'un de ses copains me fasse la peau. »
Parce ce mec était accompagné d'un complice ou c'est juste l'imagination d'Opélie qui lui joue des tours ? Pour le savoir, je dois me montrer curieux.
« Mais il était seul lorsque cette personne s'est glissée chez vous ?
- Oui.
- Dans ce cas, pourquoi crois-tu qu'il a un complice ?
- Disons que je fais partie de ces individus qui n'ont guère de chance et puis avec toutes ses séries que je regarde à la télévision, je dois avouer que cela joue un peu sur mon imagination.
- Je vois. »
Personnellement, je regarde beaucoup de séries et ce n'est pas pour autant que je n'arrive pas à distinguer la réalité de ce qui est fictif. Si Opélie n'y arrive pas, c'est assez inquiétant. En tout cas, je ne vois pas pourquoi elle devrait rester à l'intérieur du bâtiment et rapidement, je recule de plusieurs pas. Une fois que je me suis immobilisé, je m'adresse à la sœur d'Elisabec.
« Viens Opélie, je te fais la promesse que tu ne risques rien.
- Tu en es sûr ?
- Puisque je te le dis. Sors ! »
Encouragée par mon attitude, l'oiseau prend son courage à deux mains et peu de temps après, la voilà qui foule les dalles qui recouvrent le sol se situant devant la structure administrative. Par contre, elle continue de regarder dans toutes les directions possibles pour se rassurer sur l'inexistence d'un quelconque danger.
« Tu as envisagé d'aller consulter un psy ?
- Non et puis avec mon travail, je n'ai pas vraiment le temps.
- Je vois et si quelqu'un pouvait te remplacer derrière le comptoir ?
- Si cela pouvait arriver, je pourrais m'y rendre à la moindre envie.
- Dans ce cas, allons toucher deux mots au maire à ce sujet. Je suis sûr qu'il serait d'accord pour que je te remplace le temps que tu ailles beaucoup mieux car tu ne peux pas vivre ainsi. »
