Dos.

La fameux soir est arrivé et nous sommes tous installés autour des tables que nous avons montés avec les villageois. Alors que la fête bat son plein, Chaussett est assit à ma droite tandis que son collègue se tient à l'autre bout du banquet. Tandis que je discute tranquillement avec le protecteur des portes de la ville, celui-ci me fait une étrange confession.

« Savais-tu qu'à cause de notre métier, nous n'avons pas le temps d'avoir une vie privée et surtout, que nous souffrons de quelques soucis de santé ?

- Pour la vie privée, c'est bien parce que vous le voulez mais pour votre santé, j'ignorais que vous avez des problèmes.

- Tu sais, à force de se tenir debout, notre dos en souffre et comme nous évitons de nous reposer, cela ne s'arrange pas du tout. »

Cela me désolé de l'apprendre. Toutefois, je sais qu'il doit y avoir une solution et je suis étonne que lui ou son collègue n'y ont pas songé. C'est aussi pour cette raison que je m'adresse au maire qui se tient face à moi.

« Monsieur le maire, vous auriez pu recruter d'autres gardiens afin de procéder à des roulements.

- Je veux bien mais où aurais-je pu trouver l'argent pour les payer ?

- Il faudrait qu'on en discute dès le début de l'année pour voir les idées qu'on pourrait trouver. En tout cas, vous avez de la chance que nos deux lascars n'aient pas songé à vous traîner en justice.

- Pourquoi l'auraient-ils fait ?

- Chez moi, le travail répond à des clauses strictes et la santé en fait parti. Si des employés développent des maladies liés à leur emploi, ils peuvent attaquer leur patron.

- Tu es sérieux ? » Me demande la tortue en se montrant très étonnée.

Je me contente de répondre positivement avant d'attraper une assiette vide et une petite cuillère. Ensuite, je coupe un morceau de bûche pâtissière et je décide d'aller la porter à Angus. Celui-ci n'est pas encore parti et j'aimerais bien qu'il sache qu'une personne pense à lui ce soir même si son absence est le résultat de sa propre décision. Tandis que je m'éloigne des tables afin de descendre le village, je suis très vite rattrapé par Chaussett. Celui-ci tient une assiette de gibier dans ses mains et je constate que je ne suis pas le seul à songer à l'être qui s'est volontairement isolé afin de préparer son départ.

Quelques secondes plus tard, nous sommes plusieurs à marcher sur le sentier qui doit mener à la maison du taureau, chacun tenant un petit morceau de la soirée. En fait, si nous sommes reçus favorablement, Angus passera un merveilleux et j'espère que notre cadeau lui fera plaisir. Si ce n'est pas le cas, tant pis, nous aurons essayé et comme ce soir, c'est Noël, je ne lui ferais aucun reproche. Par contre, j'ignore de quelle façon vont réagir les autres si jamais il nous reçoit d'une manière pas très amicale.